Page:Vivien - Évocations, 1903.djvu/124

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Le duvet délicat de l’herbe du printemps
Qu’effleurent les pieds nus et souples des Prêtresses :
Et tu chantas le soir aux regrets persistants,
Le rossignol d’été qui pleure par saccades,
Le sommeil enfiévré, lorsque la lune fuit,
Que sombre le rayon nébuleux des Pléiades,
L’Érôs amer et doux qui ravage et détruit,
Perséphoné qui rêve à la vie ancienne,
L’Aphrodita changeante à l’âme d’arc-en-ciel,
Aux terribles baisers de venin et de miel,
Toi qui glorifias la Lyre Lesbienne !

Songeant.

De myrte et de laurier Phoibos te couronna…

Des voix confuses s’élèvent au dehors.

… La voix de Gurînnô, le rire d’Éranna…

Chœur des vierges :

« Va vers le jardin clair où tu te reposes,
Pare tes cheveux de verdure et de fleurs,
Choisis les parfums, Dika, tisse les roses,
Mêle les couleurs.