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432 LE DÉPOSITAIRE.
I. ’avocat placet.
Oui, j’ai mon éloquence, Mon étude, ma voix, les plaideurs, audience,
I.E JEUNE GOUU VILLE.
Madame, je vous plains ; j’avoue ingénument
Qu’on devait respecter un tel engagement.
Mon frère a fait sans doute une grande sottise
D’enlever la future à ce futur promise ;
Il n’en peut résulter qu’une triste union,
Pleine de jalousie et de dissension ;
Les deux futurs ensemble à peine pourraient vivre.
MADAME AGNA.\T.
J’en ai peur en effet.
M. AG.XANT.
Il parle comme un livre, Il a toujours raison.
LE JEUNE GOURVILLE.
Par un destin fatal Vous voyez que mon frère a seul fait tout le mal ; C’est votre propre sang, c’est l’honneur qu’il vous ôte : Madame, c’est à moi de réparer sa faute ; Pour Sophie, il est vrai, je n’eus aucun désir, Mais je l’épouserai pour vous faire plaisir.
M. AG.NANT,
Parbleu, je le voudrais.
l’avocat placet.
Moi, non. madame agnant.
Quelle folie ! Tu n’as rien, un cadet de Basse-Normandie Est plus riche que toi.
LE JEUNE GOURVILLE.
D’aujourd’hui seulement Notre belle Ninon m’a fait voir clairement Que j’ai cent mille francs que m’a laissés mon père ; Monsieur Garant lui-même en est dépositaire.
MADAME AGNANT.
Cent mille francs ? grand Dieu !
M. AGNANT.
Ma foi, j’en suis charmé.
LE JEUNE GOURVILLE.
De Sophie, il est vrai, je ne suis point aimé ;