Page:Von Moltke - La Guerre de 1870.djvu/118

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110 LA GUERRE DE 1870. par un épais brouillard, les ponts de pontons à sa lÈ° bri- gade et la porta sur Bazeilles. Elle pénétra dans le village, mais elle trouva toutes les rues barricadées et de toutes les maisons on tirait sur elle. La compagnie qui tenait la tête atteignit, il est vrai, la lisière nord de la localité, tout en essuyant des pertes graves; les autres compagnies, au contraire, ayant engagé une lutte violente avec les dé- fenseurs des maisons, furent refoulées hors de la partie occidentale du bourg, après que les Français eurent été renforcés par une deuxième brigade du 12** corps. Mais elles se maintinrent dans les fermes de la lisière sud et, de celles-ci, elles exécutaient des retours offensifs. Gomme il arrivait sans cesse des troupes fraiches, alle- _ mandes et françaises, que les défenseurs se virent même renforcés par une brigade du l" corps et une autre du 5°, la lutte continua pendant des heures, avec des alternatives de succès et de revers, surtout aux alentours de la villa Beurmann, située en avant du débouché et commandant la rue principale dans toute sa longueur. Les habitants pre- naient une part fort vive à la lutte : il fallut donc tourner les armes contre eux aussi. ' La forte position d’artillerie établie sur le bord gauche . de la vallée de la Meuse n’avait pu, cela va de soi; ouvrir le feu sur Bazeilles, qui était bondé de troupes, et dont quelques maisons brûlaient déjà. Mais quand, à 8 heures, la 8* division eut atteint Remilly, le général von der Tann engagea ses dernières brigades. Le parc de Monvillers, clos de murs, fut pris d’assaut, et l’on força lïentrée de la villa Beurmann. A 9 heures, l’artillerie franchit le pont, et la 8° division fut invitée at fournir des secours aux troupes engagées; l’aile droite des Bavarois avait attaqué de son côté les Francais à la Moncelle, au sud de Bazeilles.