Page:Wilde - Le Crime de Lord Arthur Savile, trad. Savine, 1905.djvu/21

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son crédit, mais comme elle n’avait jamais changé d’amant, le monde avait depuis longtemps cessé de jaser scandaleusement sur son compte.

Maintenant, elle avait quarante ans, pas d’enfants, et cette passion désordonnée du plaisir qui est le secret de ceux qui sont restés jeunes.

Soudain, elle regarda curieusement tout autour du salon et dit de sa claire voix de contralto :

— Où est mon chiromancien ?

— Votre quoi, Gladys ? s’exclama la duchesse avec un tressaillement involontaire.

— Mon chiromancien, duchesse. Je ne puis vivre sans lui maintenant.

— Chère Gladys, vous êtes toujours si originale, murmura la duchesse, essayant de se rappeler ce que c’est en réalité qu’un chiromancien et espérant que ce n’était pas tout à fait la même chose qu’un chiropodist.

— Il vient voir ma main régulièrement deux fois chaque semaine, poursuivit lady Windermere, et il y prend beaucoup d’intérêt.