Page:Wilde - Le Crime de Lord Arthur Savile, trad. Savine, 1905.djvu/55

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Bien qu’il aimât ardemment cette jeune fille, bien que le seul contact de ses doigts quand ils étaient assis l’un près de l’autre, fit tressaillir tous les nerfs de son corps d’une joie exquise, il n’en reconnut pas moins clairement où était son devoir et eut pleine conscience de ce fait qu’il n’avait pas le droit de l’épouser jusqu’à ce qu’il eût commis le meurtre.

Cela fait, il pourrait se présenter devant les autels avec Sybil Merton et remettre sa vie aux mains de la femme qu’il aimait, sans crainte de mal agir.

Cela fait, il pourrait la prendre dans ses bras, sachant qu’elle n’aurait jamais à courber sa tête sous la honte.

Mais avant, il fallait faire cela et le plus tôt serait le meilleur pour tous deux.

Bien des gens dans sa situation auraient préféré le sentier fleuri du plaisir aux montées escarpées du devoir ; mais lord Arthur était trop consciencieux pour placer le plaisir au-dessus des principes.

Dans son amour, il n’y avait plus qu’une