Page:Zola - Vérité.djvu/32

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page n’a pas encore été corrigée


le cas possible du cachet et du paraphe. Il se contenta dès lors de se faire raconter par les témoins la découverte du crime. Mignot dut dire comment la fenêtre grande ouverte avait attiré son attention et comment il avait crié, en apercevant le petit corps, violenté si atrocement. Mlle Rouzaire expliqua comment elle était accourue, puis donna des détails sur la cérémonie de la veille, sur la façon dont elle avait reconduit Zéphirin jusqu’à la fenêtre, par laquelle il était entré, en sautant. Le père Philibin et le frère Fulgence, à leur tour, contèrent le hasard qui les avait mêlés au drame, décrivant l’état dans lequel ils avaient trouvé la chambre, indiquant l’endroit exact où gisait le tampon de papier, qu’ils s’étaient permis simplement de déplier, avant de le poser sur la table. Et Marc lui-même indiqua enfin les quelques remarques qu’il avait faites, lorsqu’il était arrivé après les autres.

Alors, La Bissonnière se tournant vers Simon, l’interrogea.

— Vous nous avez dit que vous étiez rentré à minuit moins vingt et que toute la maison vous avait paru être dans un grand calme… Votre femme dormait.

Mais Daix se permit d’interrompre.

— Monsieur le procureur de la République, n’y aurait-il pas intérêt à ce que Mme Simon fût présente ? Ne pourrait-elle descendre un instant ?

D’un hochement de tête, La Bissonnière approuva, et Simon monta chercher sa femme, qui parut bientôt avec lui.

En peignoir de toile écrue, très simple, Rachel était si belle, que son entrée, dans le silence, fit passer un léger frisson d’admiration et de tendresse. C’était la beauté juive en fleur, un visage d’un ovale délicieux, une admirable chevelure noire, un teint doré, de grands yeux caressants, une bouche rouge aux dents éclatantes