« Je ressemble en aimant au valeureux Persee »

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XLI.


Je ressemble en aimant au valeureux Persee,
Que sa belle entreprise a fait si glorieux,
Ayant d’un vol nouveau pris la route des Dieux,
Et sur tous les mortels sa poursuite haussee.

Emporté tout ainsi de ma haute pensee
Je vole aventureux aux soleils de vos yeux,
Et voy mille beautez qui m’elevent aux Cieux,
Et me font oublier toute peine passee.

Mais, helas ! je n’ay pas le bouclier renommé,
Dont contre tous perils Vulcan l’avoit armé,
Par lequel sans danger il peût voir la Gorgonne :

Au contraire à l’instant que je m’ose approcher
De ma belle Meduse, inhumaine et felonne,
Un traict de ses regards me transforme en rocher.