« L’enfant avril est le frère »

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Œuvres complètes : Les Chansons des rues et des boisOllendorf30 (p. 114-115).


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L’enfant avril est le frère
De l’enfant amour ; tous deux
Travaillent en sens contraire
À notre cœur hasardeux.

L’enfant amour nous rend traîtres,
L’enfant avril nous rend fous.
Ce sont les deux petits prêtres
Du supplice immense et doux.

La mousse des prés exhale
Avril, qui chante drinn drinn,
Et met une succursale
De Cythère à Gretna-Green.

Avril, dont la fraîche embûche
À nos vices pour claqueurs,
De ses petits doigts épluche
Nos scrupules dans nos cœurs.

Cependant il est immense ;
Cet enfant est un géant ;
Il se mêle à la démence
Qu’a l’Éternel en créant.

Lorsqu’il faut que tout rayonne,
Et que tout paye un tribut,
Avril se proportionne
À l’énormité du but.


La rosée est son mystère ;
Travail profond ! sa lueur
Au front sacré de la terre
Fait perler cette sueur.


18 août.