À André, Vicomte de Guerne

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AnonymeJosé-Maria de Heredia

À André, Vicomte de Guerne
Sonnet


 
André, contre le temps en vain nous nous liguons.
Je chante les héros d’Atlantide ou de Lerne
Et tu lis sur la brique et sur le granit terne,
La gloire des Baals et celle des Dagons.

Par la porte de corne aux infrangibles gonds
Le Florentin pensif n’entre plus dans l’Averne ;
La Vierge ne tord plus au seuil de la caverne
Son corps épouvanté que lèchent les dragons.

Vers un ciel constellé de nouvelles étoiles
Les Conquérants hardis ne hissent plus leurs voiles.
Ce Siècle est plein d’oublis et de grands abandons.

Et nous, fils de dompteurs d’hippogriffes et d’hydres,
Poète, c’est en vain que nous nous attardons
À compter l’heure antique aux larmes des clepsydres.