À Francis Carco

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Nouvelle Revue Française (p. 27-28).


À Francis Carco


Prends ta pipe que vêt, précieuse, la crasse
Des bons tabacs anglais et, fumant, nous irons
Nous asseoir sur le banc où peinent les cirons
Au forage du bois. Sur notre double trace,

Deux filles, dont nos vers ont reflété la grâce,
Viennent. Pour célébrer leurs seins et leurs bras ronds
Il nous faudrait patients, nos mains serrant nos fronts,
Chercher la métaphore — et ce pourchas nous lasse.

Mais le désir nous tient, chaque soir plus brutal,
De caresser à cru leurs cuisses, sur l’étal
De nos cuisses que le banc trop dur exagère…

… Elles s’esquiveront : (« Très chères, vos valets ! »)…
Et nous demeurerons, à la chanson légère
De ta pipe juteuse au doux tabac anglais.