À Maurice Barrès (Guaita)

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Rosa MysticaAlphonse Lemerre, éditeur (p. 158-159).
Collin - Trente poésies russes, 1894.djvu63.png


À Maurice Barrès


 
Maurice, ô mon ami, je t’aime et te ressemble
Tantôt joyeux sans cause ou tristes sans raison,
Nous allons, par la main, vers le même horizon,
Nous qu’un commun destin côte à côte rassemble.

Si notre tempe brûle, ou si notre pied tremble,
Frère, glorifions ce mal sans guérison :
À la coupe où distille un savoureux poison,
Nos lèvres d’insensés s’abreuvèrent ensemble !


Par la fièvre du Beau consumés, sans blêmir,
Et sans désavouer notre belle folie,
(Que le soleil nous arde, ou que le vent nous plie,)

Rêveurs et fraternels, marchons vers l’Avenir !…
Mais la grande Erato ne veut pas qu’on oublie,
Et change en perles d’or les pleurs du Souvenir.


Juin 1884.


Collin - Trente poésies russes, 1894.djvu36.png