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École des arts et métiers mise à la portée de la jeunesse/Le Peintre

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Anonyme
Traduction par T. P. Bertin.
L. Duprat-Duverger, libraire (2p. 50-54).


LE PEINTRE.





Cet artiste peint des portraits, des tableaux historiques, des paysages, des marines, etc. Il est des peintres qui ont un talent décidé pour un genre, d’autres qui se distinguent dans un autre ; mais il est rare qu’un peintre excelle dans tous, ou même dans plus d’un ou de deux.
Le Peintre.

Un peintre en portraits de grandeur naturelle peut quelquefois peindre l’histoire ; mais un artiste qui peint en miniature ne connaît souvent aucun autre genre de sa profession ; d’autres peintres, qui excellent dans presque tous les genres, n’ont aucune idée des marines, qui exigent beaucoup de connaissances nautiques.

Les instrumens nécessaires dans cet art sont un marbre et une molette pour broyer les couleurs, opération qui se fait quelquefois avec de l’huile et quelquefois avec de l’eau ; de là la distinction de peinture à l’huile et de peinture en pastel. Le peintre a aussi besoin d’une palette et d’un couteau ; celui-ci sert à enlever la couleur du marbre, et la palette, qui est formée d’acajou ou de coudrier, est cette tablette sur laquelle l’artiste met ses couleurs pour s’en servir. Les pinceaux se font avec du poil de chameau, de putois ou de blaireau.

La baguette que le peintre tient dans sa main a environ une verge de long ; à son extrémité est du coton, enveloppé d’un morceau de peau très-douce, de peur qu’elle n’écorche le tableau ; le peintre appuie sa main droite sur cette baguette pour la soutenir. Le canevas ou la toile sur laquelle se peint le tableau se place sur un châssis de bois appelé chevalet, et qui au moyen de trous et de chevilles, se lève et se baisse à la hauteur désirée.

Les bénéfices d’un peintre ne peuvent être limités ; il est payé suivant son talent et la célébrité qu’il a acquise. Il est des artistes de cette profession qui demandent cent guinées d’un morceau de leur composition, dont un autre peintre d’un mérite inférieur ou moins connu du public se trouverait fort heureux d’obtenir la vingtième partie.

On dit proverbialement d’un homme qui est fort mal dans ses affaires, quil est gueux comme un peintre. On dit encore familièrement et proverbialement d’un homme qui après avoir bu recommence à boire, quil s’achève de peindre.