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Évangile d’une grand’mère/133

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Librairie de L. Hachette et Cie (p. 348-349).

CXXXIII

MARIE-MADELEINE AU TOMBEAU.



Marie-Madeleine, la pauvre pécheresse convertie, la fidèle et courageuse chrétienne du Calvaire, poussée par son amour pour Jésus, sortit de Jérusalem le dimanche matin avant même le lever du soleil. Elle voulait aller pleurer près du tombeau de son bon maître, s’exposant ainsi aux insultes des soldats qui gardaient le corps.

Pendant qu’elle allait au tombeau, le Christ était ressuscité ; et lorsque Madeleine arriva au petit jardin qui entourait le sépulcre, les gardes s’étaient déjà enfuis et Madeleine vit avec stupéfaction la porte ouverte et la pierre enlevée.

Elle jeta un regard rapide dans l’intérieur du caveau, et croyant qu’on avait enlevé le corps, elle courut précipitamment au Cénacle avertir Pierre, qui était déjà considéré comme le Chef des Apôtres. Pierre et Jean sortirent aussitôt et coururent vers le tombeau. Madeleine les suivit de loin.

La Sainte Vierge, près de laquelle Madeleine était venue chercher Pierre et Jean, resta seule dans sa demeure ; et ce fut alors que, d’après une pieuse tradition, son Fils adorable lui apparut comme à la première, la plus digne des créatures, et comme ayant droit à la première et à la plus grande part de son amour.

Pierre et Jean couraient au sépulcre, ne comprenant rien aux paroles de Madeleine. Saint Jean, qui était jeune, courait plus vite que saint Pierre. Il arriva le premier, se pencha à l’entrée du caveau, et vit en effet que l’intérieur était vide.

Jean n’osa pas entrer avant Pierre, que Jésus avait désigné d’avance comme Chef de l’Église. Pierre arriva, descendit les marches qui conduisaient au caveau funéraire, et s’assura de la vérité. Le linceul qui avait entouré le corps du Sauveur était encore là, et les linges qui avaient enveloppé la tête du Fils de Dieu étaient pliés et déposés à part.

Les deux Apôtres oubliaient, dans le trouble de leurs pensées, la promesse de la résurrection ; et croyant, eux aussi, qu’on avait emporté le corps de leur Maître, ils furent remplis de frayeur, et ils épouvantèrent les autres disciples en leur racontant ce qu’ils avaient vu.

Remarquez tous ces détails, mes enfants ; ils montrent, jusqu’à l’évidence, l’absurdité des Juifs lorsqu’ils prétendirent que les Apôtres avaient enlevé le corps du Seigneur. Les Apôtres n’y pensaient même pas, et ne voulaient pas croire à la possibilité de la résurrection.