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Évangile d’une grand’mère/54

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Librairie de L. Hachette et Cie (p. 150-154).

LIV

NOTRE-SEIGNEUR ENVOIE SES APÔTRES POUR PRÊCHER.



Pourtant il alla dans les villages d’alentour, pour continuer à enseigner. Il appela un jour les douze Apôtres, et il

Jésus envoie ses apôtres pour prêcher.


commença à les envoyer deux à deux pour prêcher, et il leur donna la puissance de chasser les esprits immondes.

Petit-Louis. Qu’est-ce que c’est, les esprits immondes ?

Grand’mère. Ce sont les démons. Notre-Seigneur commanda à ses Apôtres de ne rien porter en chemin qu’un bâton seulement pour les aider à marcher ; ni sac, ni pain, ni argent, ni habits de rechange.

Marie-Thérèse. Et comment donc ces pauvres Apôtres pouvaient-ils vivre ?

Grand’mère. Ils vivaient d’aumônes. Notre-Seigneur faisait pour eux ce qu’il fait encore tous les jours pour ceux qui se dévouent à son service et qui ont confiance en lui. Il dispose favorablement le cœur de ceux qui les écoutent et qui les reçoivent avec bonne foi ; c’est-à-dire avec le désir de connaître le bien et de le pratiquer. Maintenant encore, nous avons les sœurs de charité, les petites sœurs des pauvres, les Capucins, qui ne peuvent rien posséder et qui vivent d’aumônes.

Notre-Seigneur, en envoyant ses apôtres dépourvus de tout et à la merci de la charité publique, a donné la première idée et le premier exemple de la vie religieuse et du vœu de pauvreté.

Armand. Qu’est-ce que c’est, vœu ?

Grand’mère. Vœu signifie promesse religieuse à laquelle on ne peut manquer sans faire un péché.

Notre-Seigneur leur dit encore :

« En quelque maison que vous entriez, demeurez-y jusqu’à ce que vous sortiez de ce lieu. Et si quelqu’un ne vous reçoit pas et ne vous écoute pas, sortez de là et secouez la poussière de vos pieds, en témoignage contre eux. »

Henriette. Pourquoi donc secouer la poussière des pieds ? Qu’est-ce que cela peut faire ?

Grand’mère. C’était un signe de malédiction, comme s’ils disaient :

« Vous refusez de recevoir le serviteur de Dieu, vous en serez punis ; et puisque vous me refusez le pain et l’abri que je vous demande, je ne veux rien garder de vous, pas même la poussière que mes pieds ont ramassée dans votre maison. »

Et c’est pourquoi il faut toujours être poli et charitable envers les prêtres, les religieuses, qui sont les serviteurs de Dieu, et qui viennent vous demander des aumônes en son nom, pour une église, ou un couvent, ou une école, etc. Donnez peu si vous avez peu, mais donnez afin de recevoir la bénédiction du bon Dieu, au lieu de mériter sa malédiction.

Notre-Seigneur ajouta :

« Je vous envoie comme des brebis au milieu des loups ; soyez donc prudents comme les serpents et simples comme les colombes. » Il leur dit aussi qu’ils seraient persécutés et haïs à cause de lui ; qu’ils seraient obligés de fuir de ville en ville pour pouvoir prêcher le royaume de Dieu. « Car, dit-il, je ne suis pas venu apporter la paix, mais la guerre. »

Louis. Comment cela ? et pourquoi ?

Grand’mère. Parce que les uns deviendraient de fidèles serviteurs de Dieu, des chrétiens, et que les autres resteraient mauvais et serviteurs du démon ; et que les méchants persécuteraient les bons, les tortureraient, les tueraient, et feraient ainsi la guerre au bon Dieu. Notre-Seigneur leur dit aussi :

« Celui qui vous reçoit me reçoit, c’est-à-dire celui qui fait la charité à son prochain me la fait à moi-même, et celui qui donnera seulement un verre d’eau froide en mon nom au plus petit des hommes, parce qu’il est mon disciple, je vous le dis en vérité, il ne perdra pas sa récompense. »

Les Apôtres partirent d’après l’ordre de leur Maître, et ils prêchaient la pénitence, la charité envers les pauvres et envers le prochain, afin de s’aimer les uns les autres. Ainsi, nous autres chrétiens, quand nous donnons à un pauvre, c’est à Notre-Seigneur Jésus-Christ lui-même que nous donnons, et c’est de là que vient le mérite religieux de nos aumônes.

Et les Apôtres chassaient les démons, et faisaient des onctions d’huile sur les malades et ils se trouvaient guéris.

Valentine. Pourquoi leur mettaient-ils de l’huile ?

Grand’mère. C’était de l’huile qu’ils bénissaient au nom de Jésus-Christ, Fils de Dieu. C’était sans doute l’image du sacrement de l’Extrême-Onction. En outre l’huile représente la douceur et la suavité du Saint-Esprit.

Marie-Thérèse. Qu’est-ce que c’est, l’Extrême-onction ?

Grand’mère. C’est un sacrement institué pour les mourants, pour les aider à bien mourir et à effacer les péchés qu’ils ont commis.

Valentine. Qu’est-ce que c’est, un sacrement ?

Grand’mère. Un sacrement est un signe extérieur institué par Notre-Seigneur pour nous donner sa grâce et pour nous sanctifier dans les moments importants de notre vie.

Valentine. Quels moments importants ?

Grand’mère. 1er Le Baptême, à notre naissance ;

2e La Confirmation, quand nous avons l’âge de raison ;

3e La Communion, quand nous avons besoin de nourrir et de fortifier notre âme.

4e La Confession, quand nous avons péché ;

5e L’Extrême-Onction, quand nous sommes en danger de mort ;

6e L’Ordre, quand on veut se donner à Dieu en se faisant prêtre ;

7e Le Mariage, quand on veut se marier.

Les cinq premiers sont pour tout le monde ; les deux derniers sont : l’Ordre, pour ceux qui veulent être prêtres ; le Mariage, pour ceux qui veulent se marier pour devenir père ou mère de famille.