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Évangile d’une grand’mère/78

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Librairie de L. Hachette et Cie (p. 207-209).

LXXVIII

PARABOLES.



Un jour Jésus entra dans la maison d’un Pharisien pour y dîner ; et voyant que les convives ou invités se disputaient les premières places, il leur donna une leçon d’humilité.

« Lorsque vous serez conviés à un festin, dit-il, ne vous asseyez pas à la première place de peur qu’un autre plus considérable que vous, ayant été convié aussi, le maître de la maison ne vienne et ne vous dise :

« Donnez-moi cette place » Et qu’alors vous ne descendiez avec confusion à la dernière.

« Mais lorsque vous serez invité, allez vous asseoir à la dernière place, afin que celui qui vous a convié, venant, il vous dise : « Mon ami, montez plus haut. »

« Alors vous serez honoré devant ceux qui seront à table avec vous. Car quiconque s’élève, sera abaissé ; et quiconque s’abaisse, sera élevé. »

Pierre. Grand’mère, vous avez dit que c’est une leçon d’humilité que Notre-Seigneur a donnée ; moi je trouve que c’est une leçon d’orgueil.

Grand’mère. Comment, d’orgueil ? Quel orgueil vois-tu là dedans ?

Pierre. Voilà ! Notre-Seigneur ne lui dit pas de ne pas se mettre à la première place, parce qu’il ne s’en croit pas digne, mais pour ne pas être humilié en étant obligé de changer de place. Et il ne lui dit pas de se mettre à la dernière place par humilité, mais pour être honoré en étant mieux placé par le maître de la maison.

Grand’mère. Ton observation serait juste, cher enfant, si en effet Notre-Seigneur conseillait de faire ce calcul d’orgueil ; mais cette parabole est une comparaison, et toute comparaison est toujours imparfaite ; il faut voir ici la pensée principale du Sauveur, à savoir qu’il ne faut pas chercher les premières places, et que tout homme qui voudra s’élever, sera humilié, toujours devant Dieu et très souvent devant les hommes.

Notre-Seigneur dit aussi à celui qui l’avait invité :

« Lorsque vous donnerez à dîner ou à souper, n’appelez ni vos amis, ni vos parents, ni vos voisins riches, de peur qu’ils ne vous invitent à leur tour, et ne vous rendent ce qu’ils auront reçu de vous.

« Mais lorsque vous faites un festin, appelez-y les pauvres, les faibles, les boiteux, les aveugles. Et vous serez heureux qu’ils n’aient rien à vous rendre, car ce vous sera rendu à la résurrection des justes. »

Henriette. Alors, Grand’mère, pourquoi nous engagez-vous tous à dîner chez vous, et pourquoi engagez-vous des messieurs et des dames du voisinage qui sont riches et qui nous engagent aussi à aller chez eux ? et pourquoi n’engagez-vous pas les pauvres gens du village ?

Grand’mère. Parce que ce n’est pas cela que défend Notre-Seigneur ; il ne parle qu’au figuré ; par dîners et soupers, il veut dire qu’il faut rendre des services, faire du bien. Et il nous fait comprendre qu’il ne faut jamais rendre des services dans la pensée qu’on vous en rendra aussi, mais uniquement pour faire le bien, pour obéir au bon Dieu, qui nous ordonne d’être charitables et bons pour tous les hommes ; et de n’espérer ni désirer de récompense que du bon Dieu.