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Évangile d’une grand’mère/79

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Librairie de L. Hachette et Cie (p. 210-212).

LXXIX

PARABOLE DU FESTIN.



Un de ceux qui étaient à table avec Jésus et que l’Évangile ne nomme pas, dit : « Heureux celui qui mangera le pain dans le royaume de Dieu ! »

Notre-Seigneur répondit par une parabole :

« Un homme fit un grand souper et y invita beaucoup de monde. Et à l’heure du souper, il envoya son serviteur dire aux invités de venir, parce que tout était prêt.

« Et tous commencèrent à s’excuser. Le premier dit : « J’ai acheté une maison de campagne, et il faut que j’aille la voir ; je vous prie de m’excuser. »

Le second dit : « J’ai acheté cinq paires de bœufs pour mes labours et je vais les essayer ; je vous prie de m’excuser. »

« Et un autre dit : « Je viens de me marier, et c’est pourquoi je ne puis venir. »

« Le serviteur, étant revenu, rapporta tout ceci à son maître. Alors le père de famille, irrité, dit à ses serviteurs :

« Allez vite dans les places et les rues de la ville et amenez ici les pauvres et les faibles, les boiteux et les aveugles. »

« Et le serviteur dit au maître :

« Seigneur, il a été fait comme vous l’avez commandé, et il y a encore de la place. »

« Et le maître dit au serviteur :

« Allez dans les chemins et le long des haies, et pressez tout le monde d’entrer, afin que ma maison soit remplie. Car je vous le dis, aucun de ceux qui ont été invités ne goûtera de mon souper. »

Jacques. Qu’est-ce que Notre-Seigneur veut dire par là ? Est-ce qu’il faut réellement forcer les gens de venir souper quand les invités ne viennent pas ?

Grand’mère. Non, cher enfant ; c’est une parabole qui signifie que le bon Dieu nous invite tous à un festin, c’est-à-dire au bonheur du Paradis au Ciel.

Les Juifs sont les premiers qui ont eu le bonheur d’être invités à ce festin ; au lieu de s’y rendre avec empressement, ils se sont laissés entraîner comme nous par les plaisirs et les intérêts de ce monde ; l’un n’a pas le temps de faire le bien, de vivre selon les commandements de Dieu, parce qu’il a des affaires qui l’occupent ; l’autre a des bals, des spectacles, des courses, des fêtes qui lui prennent tout son temps ; l’autre a des livres intéressants, des promenades agréables, des amis charmants qui ne lui laissent pas une heure de liberté ; un autre a une santé délicate, une nombreuse famille, des enfants à élever ; et ainsi de suite.

Le maître, qui est le bon Dieu, envoie ses serviteurs, c’est-à-dire ses Prêtres, pour les avertir, leur rappeler que le festin est prêt, ce qui veut dire que le moment de la grâce est arrivé, et qu’ils doivent se tenir prêts à répondre à l’invitation du Seigneur. Mais ils n’écoutent pas les paroles des Prêtres envoyés, et persistent à ne pas se rendre à l’appel du Maître.

Alors Notre-Seigneur envoie ses ministres, ses Prêtres, dans les pays voisins pour convertir les païens, les infidèles, et ils en amènent, c’est-à-dire en convertissent un grand nombre.

Armand. Qu’est-ce que c’est, convertissent ?

Grand’mère. Convertir quelqu’un veut dire le ramener au bien, le rendre bon chrétien.

Il se trouve encore beaucoup de places vides ; alors le Maître renvoie de nouveau ses serviteurs les Prêtres, dans les pays lointains, pour convertir les nations les plus éloignées du bon Dieu, les plus pauvres de sagesse et de bons sentiments, les plus aveugles de la vérité, les plus boiteux dans le chemin du Ciel, et pour leur prêcher la parole de Dieu, pour les obliger à reconnaître la vérité et à marcher vers le festin du Royaume Céleste.