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Évangile d’une grand’mère/Dédicace

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Librairie de L. Hachette et Cie (p. 1-7).

À MES CHERS PETITS-ENFANTS

PIERRE, HENRI, MARIE-THÉRÈSE DE SÉGUR
VALENTINE, LOUIS, MATHILDE DE SÉGUR-LAMOIGNON
CAMILLE, MADELEINE, LOUIS, GASTON DE MALARET
ÉLISABETH, SABINE, HENRIETTE, ARMAND FRESNEAU
JACQUES, JEANNE, MARGUERITE, PAUL ET FRANÇOISE
DE PITRAY

À vous tous, très-chers enfants, je dédie cet ouvrage. Deux d’entre vous ont déjà quitté ce monde et vivent de la vie éternelle. À ces deux chères petites âmes, je demande de bénir ce livre et de le rendre utile et profitable à vous, chers enfants, qui pouvez en profiter. En le lisant, pensez à votre Grand’mère qui vous aime si tendrement et si profondément.

Comtesse DE SÉGUR,
Née Rostopchine.xx







ÉVANGILE

D’UNE GRAND’MÈRE




PERSONNAGES.


     La Grand’mère, 65 ans.

     Camille, 17 ans.

     Madeleine, 15 ans.

     Élisabeth, 13 ans.

     Pierre, 12 ans.

     Henri, 9 ans.

     Louis, 8 ans.

     Jacques, 8 ans.

     Henriette, 7 ans.

     Jeanne, 6 ans.

     Valentine, 6 ans.

     Marie-Thérèse, 6 ans.

     Armand, 4 ans.

     Louis (dit Petit-Louis), 4 ans.

Les enfants réunis jouent et s’amusent dans une grande salle d’étude.







« Élisabeth, Élisabeth, s’écria joyeusement Henriette à sa sœur, qui entrait avec Camille, Madeleine et Pierre, tu sais que Grand’mère nous a promis de nous raconter l’Évangile. Elle va venir. »

Armand. Qu’est-ce que c’est, l’Évangile ?

Henriette. C’est la vie de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Armand. Qu’est-ce que c’est, Jésus-Christ ?

Henriette. Tu ne sais rien, toi ! Moi, qui n’ai que sept ans, je sais que Jésus-Christ c’est le Fils de Dieu.

Petit-Louis. Comment ! le bon Dieu a un fils !

Henriette. Certainement, puisque Jésus-Christ est son fils.

Camille. Henriette a raison. Notre-Seigneur Jésus-Christ est bien réellement le Fils de Dieu, comme vous l’expliquera tout à l’heure Grand’mère. Et l’Évangile est le récit des actions et des paroles de Notre-Seigneur pendant qu’il a été dans ce monde. Mais voilà Grand’mère ; arrangeons-lui son fauteuil, sa table, pour qu’elle soit commodément placée. (Grand’mère entre ; tous les enfants courent à elle et l’embrassent.)

Grand’mère. Bonjour, chers enfants ; je viens vous raconter la vie de Notre-Seigneur Jésus-Christ, et je tâcherai de vous faire bien comprendre que Jésus-Christ est le Fils de Dieu et Dieu lui-même, et qu’il s’est fait homme comme nous, par amour pour nous, pour expier nos péchés et pour nous sauver de l’enfer ; mais si je dis des choses que vous ne compreniez pas, il faudra m’interrompre et en demander l’explication.

Les Enfants, ensemble. Oui, oui, Grand’mère ; commençons, commençons vite.

Grand’mère. Avant de commencer, mes enfants, il faut faire partir les petits, qui ne comprendraient rien et qui s’ennuieraient, et puis donner aux grands la permission de s’en aller ; c’est trop enfant pour eux.

Camille. Oh non ! Grand’mère, je vous en prie, laissez-moi écouter ; ce ne sera pas trop enfant, je vous assure !

Grand’mère. Reste si tu veux, chère petite ; c’est dans ton intérêt que je le disais. Et toi, Madeleine ! et toi, Élisabeth ! et toi, Pierre !

Élisabeth, Madeleine et Pierre. Moi aussi, moi aussi, Grand’mère.

Grand’mère. Bon ! À présent, faisons partir les petits. D’abord Paul, Gaston et Françoise vont s’en aller ! Armand et Petit-Louis, quatre ans, c’est bien jeune. Allez, mes petits chéris, allez jouer avec vos bonnes dans le jardin.

Armand. Oh non ! non ! Ça m’amusera beaucoup ; je voudrais rester avec vous, Grand’mère.

Petit-Louis. Moi aussi, je veux rester avec les autres, comme Armand. Je serai bien sage : je ne bougerai pas.

Grand’mère. Allons, je veux bien. Seulement, si vous vous ennuyez, vous vous en irez.

Camille. Tenez, Grand’mère, voici votre fauteuil.

Madeleine. Et un tabouret sous vos pieds.

Élisabeth. Et une petite table avec un verre d’eau sucrée.

(La Grand’mère les embrasse, s’assied. Les enfants se placent tous en demi-cercle devant elle.)