Œuvres complètes (Crémazie)/Lettre à M. l’abbé Casgrain (Citry, 18 février 1877)

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Citry, ce 18 février 1877.
« Mon cher abbé,

« Combien je vous dois de reconnaissance pour l’intérêt que vous ne cessez de me porter. La proposition que vous avez faite à mon frère est une nouvelle preuve de la sympathie que vous m’avez toujours témoignée. Je ne pense pas qu’il puisse y avoir danger pour moi à faire connaître à l’honorable M. Ouimet le lieu de ma retraite et le nom sous lequel je m’abrite. Je vous laisse donc carte blanche pour traiter cette affaire et je ratifie d’avance tout ce que vous ferez.

« Je suis depuis quinze jours au château de notre ami commun. Je parle souvent de vous avec M. Bossange, qui vous tient en haute estime et me charge de le rappeler à votre souvenir. Vous devez vous rappeler la vieille madame Brown qui, au temps jadis, rompit avec vous une lance théologique qui vous amusa tant. Elle est morte jeudi, à Paris, chez M. Gustave, à l’âge de 86 ans. Nous l’avons enterrée hier à La Ferté-sous-Jouarre.

« Je retournerai à Paris dans les premiers jourrs de mars.

« Depuis deux mois, je souffre beaucoup de la vue. Quand je serai en meilleurs termes avec mes yeux, je vous écrirai une longue lettre, dans laquelle je bavarderai tout à mon aise. En attendant, je vous renouvelle l’expression de ma reconnaissance pour ce que vous avez déjà fait et ce que vous voulez bien encore faire pour moi.

« Croyez-moi, mon cher abbé,
« Votre tout et toujours dévoué
* * »

Cette note fut bientôt suivie de la lettre suivante :