2 Novembre (Guaita)

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Rosa MysticaAlphonse Lemerre, éditeur (p. 171-172).
Collin - Trente poésies russes, 1894.djvu39.png


2 Novembre


Dans les peupliers nus le vent pleure. — En l’église
Toute de noir tendue, une foule à genoux
Psalmodie un chant d’ombre. — « Ayez pitié de nous »,
Semblent clamer des Voix errantes dans la bise.

La cloche de la tour tinte le glas. — Un deuil
Fatidique gémit sous le ciel gris d’automne,
Comme le sanglot sourd, dolent et monotone
Des ifs sombres, tordus au vent sur un cercueil.


Et mon cœur se lamente, où monte une bouffée
Des choses de naguère — et la voix étouffée
Des morts chéris revient à ma mémoire encor…

Cœur frivole ! Autrefois est-il si vieux ?… — Écoute
Ce long glas, plus plaintif qu’un son lointain de cor
Ta défunte existence, en ce glas, revit toute !


2 novembre 1883.


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