Aime et tu renaîtras/3

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Librairie Plon, Plon-Nourrit et Cie, imprimeurs-éditeurs (p. 193-264).


TROISIÈME PARTIE




I


C’est un des côtés les plus fâcheux de la destinée humaine que nos satisfactions d’amour-propre soient accompagnées presque immanquablement de mesquines avanies qui en diminuent le prix. Point de triomphe dont les guirlandes ne recèlent des épines !

Ainsi en advenait-il pour Mme Jouvenet. La mère, qui avait pu voir sa fille devenir Mme Jean Marescaux et, installée au château, être traitée en sœur par la châtelaine, devait, semble-t-il, toucher à l’apogée de ses rêves ! Établie elle-même dans une gentille maison neuve, à l’entrée du bourg, une jeune bonne à son service, la douce Lilette restant sa compagne attentive et enjouée, visitée assidûment par Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/208 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/209 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/210 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/211 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/212 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/213 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/214 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/215 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/216 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/217 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/218 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/219 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/220 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/221 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/222 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/223 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/224 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/225 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/226 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/227 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/228 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/229 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/230 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/231 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/232 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/233 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/234 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/235 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/236 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/237 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/238 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/239 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/240 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/241 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/242 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/243 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/244 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/245 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/246 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/247 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/248 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/249 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/250 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/251 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/252 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/253 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/254 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/255 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/256 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/257 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/258 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/259 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/260 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/261 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/262 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/263 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/264 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/265 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/266 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/267 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/268 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/269 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/270 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/271 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/272 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/273 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/274 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/275 de l’accabler et de lui enlever ses dernières forces.

En cet état de dépression absolue, il ne lui fut pas davantage possible de commander à son âme, et de maintenir la fière réserve dont il se cuirassait d’habitude. Le secret, maîtrisé avec un si dur stoïcisme, rompait toute entrave et se révéla, éclatant, dans la rougeur qui embrasait le front, dans la flamme des prunelles agrandies. Tandis qu’Hélène avançait, lentement, la physionomie de Fabert s’imprégnait d’extase. Ainsi un visionnaire qui contemple, éperdu, doutant du miracle, la divinité qu’il implore, glissant vers lui dans un rayon céleste de clarté.

Elle approchait sans secousses, comme attirée par une fascination d’hypnose, les yeux rivés aux yeux qui l’adoraient.

— Je voulais vous remercier de l’immense service, commença-t-elle, balbutiante.

Tous deux s’aperçurent alors que les autres s’étaient éclipsés, les laissant seule à seul. Ils ne s’en troublèrent pas. Cette complicité évidente de l’entourage bien intentionné leur fit seulement mieux comprendre à quelle inévitable fin tout les conviait. Subjugués par la fatalité immanente, ils ne songèrent pas à se révolter.

Ils touchaient à l’heure élue, l’heure qui ne passe qu’une fois, et qu’il importe de saisir. Les scrupules, les atermoiements, les anxiétés, dont ils s’étaient suppliciés, leur parurent, à cet instant, des futilités sans portée. Rien ne comptait plus, que la nécessité de se joindre, que le désir de continuer ensemble la marche en avant et de soutenir, de leurs efforts unis, le poids de l’existence.

Vaines et impuissantes eussent été les paroles ! L’inexprimable rayonnait de leurs regards éblouis. Leurs âmes, dans ce silence, se livraient leurs confiants espoirs.

Néanmoins, un dernier sursaut des longues inquiétudes agita encore Fabert.

— J’ai redouté… après ma confession d’une faute de jeunesse, de m’être amoindri dans votre estime ! Avais-je raison de le supposer ?

— Non, fit-elle très bas, plus confuse encore que l’homme n’était craintif. Jamais vous ne m’avez paru plus digne et plus généreux qu’au moment où vous acheviez cet aveu… qui devait atténuer les torts d’un autre… et expliquait votre fidèle dévouement.

Sans hâte, avec une infinie délicatesse, comme s’il eût cueilli une fleur, Armand Fabert prit la douce main pendante, et la porta vers ses lèvres.

— Depuis toujours ! murmura-t-il avec ferveur. Et, que vous le vouliez ou non, à toujours ! Croyez en moi !

Deux larmes au bord des cils, elle répondit simplement :

— Je crois ! À toujours !


FIN