Aime et tu renaîtras/2

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Librairie Plon, Plon-Nourrit et Cie, imprimeurs-éditeurs (p. 107-192).


DEUXIÈME PARTIE




I


— Un an déjà !

Ainsi Mme Boulommiers s’ébahissait au retour de la date funèbre. Et sa nièce répondait avec quelque amertume à cette exclamation inconsciente :

— Déjà, oui !

Le temps, léger aux insouciants, se traîne lourdement pour les affligés.

Cependant, on pouvait s’étonner, ainsi que Mme Boulommiers, — mais dans un sens diamétralement opposé, — lorsqu’en supputant la durée, on estimait le formidable travail accompli depuis la catastrophe qui avait privé l’usine de son chef.

Une intense activité avait augmenté et Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/122 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/123 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/124 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/125 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/126 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/127 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/128 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/129 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/130 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/131 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/132 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/133 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/134 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/135 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/136 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/137 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/138 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/139 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/140 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/141 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/142 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/143 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/144 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/145 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/146 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/147 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/148 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/149 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/150 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/151 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/152 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/153 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/154 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/155 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/156 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/157 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/158 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/159 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/160 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/161 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/162 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/163 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/164 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/165 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/166 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/167 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/168 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/169 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/170 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/171 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/172 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/173 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/174 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/175 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/176 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/177 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/178 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/179 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/180 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/181 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/182 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/183 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/184 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/185 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/186 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/187 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/188 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/189 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/190 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/191 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/192 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/193 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/194 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/195 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/196 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/197 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/198 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/199 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/200 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/201 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/202 Page:Alanic - Aime et tu renaitras.djvu/203

— Pourquoi pas, en somme ? N’est-il pas désirable qu’elle reprenne pied dans la vie ! Je ne vois guère d’homme qui soit plus digne d’elle que celui-là.

Instinctivement, il se retourna vers ceux qui suivaient. Mais Hélène ne marchait plus parmi eux. Entre les baliveaux d’un sentier de la futaie, Jean distingua la forme noire, svelte et rapide, qui s’éloignait.

— Elle aussi nous fuit !… Bizarre, en vérité ! Par l’allée obscurcie déjà, la jeune femme fuyait réellement. Mais, délivrée de ses compagnons, elle ne parvenait pas à rejeter l’idée qui la tourmentait. Tandis que Fabert parlait là-bas, sur le pont, avec un feu inaccoutumé, confessant les aspirations de jouvenceau que développait sa laborieuse maturité, Hélène, soudain, reconnaissait quelle voix la guidait depuis plus de quatre ans.

La haine de Mme Boulommiers avait donc été clairvoyante. Quand la veuve de Serge croyait obéir à des suggestions d’outre-tombe, c’était un être vivant qui la dirigeait, au nom du disparu…

En vain, de toute sa fierté révoltée, essaierait-elle de secouer l’influence établie ! Sa personnalité resterait profondément et complètement modifiée par les conceptions qu’un autre esprit y avait infusées. Oh ! la sournoise emprise dont elle n’avait jamais eu conscience, et grandie maintenant jusqu’à la souveraine domination !

Alors ? Alors ? Comment se retrouver soi-même, démêler en sa mentalité ce qui lui appartenait en propre ? Inquiétante et humiliante confusion !

Lasse et essoufflée, Hélène voulut interrompre sa course par un repos qui prolongerait son isolement, avant de revenir près de ses hôtes. Mais, du banc de pierre vers lequel elle se dirigeait, se dressa une forme, indistincte dans le crépuscule.

— N’aie pas peur, sœurette ! Ce n’est que moi ! fit la voix blanche du jeune Edmond.

Ils s’assirent l’un près de l’autre. Et le cadet s’excusa d’être resté invisible, cette fin d’après-midi. Des lettres à écrire — une surtout qui importait ! Sans doute arriverait-il à Paris avant l’épître. Du moins, prouverait-il que sa pensée, dans l’éloignement, avait été fidèle…

« Mon Dieu ! faudrait-il encore entendre parler d’amour ? » Mais le pauvre enfant brûlait visiblement du désir d’épancher son cœur naïf. La grande sœur se résigna.

Et dans l’ombre épaissie, longuement, elle dut écouter l’éloge de la femme idéale et captivante, blonde, musicienne, exquisement charitable, aimant si passionnément la France, quoique née en Amérique !

— Ah ! elle n’est pas de notre race ! observa Hélène avec regret. Tant pis ! Enfin, les Américains sont nos alliés, à présent !