Album des missions catholiques, tome IV, Océanie et Amérique/L'épiscopat canadien

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Collectif
Société de Saint-Augustin (p. 80-89).

L'ÉPISCOPAT CANADIEN.

UVRONS cette nouvelle série de biographies épiscopales par le nom de S. É. le cardinal Taschereau, archevêque de Québec.

Né à Sainte-Maris de la Beauce (Canada), le 17 février 1820, il fit ses premières études au séminaire de Québec et vint à Rome, à l’âge de seize ans, pour suivre les cours de philosophie et de théologie de l’Université Grégorienne. De retour au Canada, il fut d’abord professeur au séminaire de Québec ; en 1847, il fut nommé missionnaire de la Grosse-Isle, ravagée à cette époque par la fièvre typhoïde. Il s’y dévoua avec un si grand zèle, qu’il fut frappé par la terrible épidémie. Au mois de septembre de la même année, le séminaire de Québec le comptait de nouveau parmi ses professeurs les plus distingués. Voulant compléter ses études de droit canonique, il revint à Rome, en 1852. Il entra alors au Séminaire français, fondé depuis peu et dont il fut l’un des premiers et des plus brillants élèves. A son retour de la Ville-Sainte, en 1856, il fut nommé


Son Éminece le Cardinal Éléazar-Alexandre TASCHEREAU, archevêque de Québec.


directeur du petit séminaire de Québec, puis recteur du Grand Séminaire et, en 1860, recteur de l'Université Laval. Deux ans après, Mgr Baillargeon, alors métropolitain de Québec, le nomma vicaire général. A la mort de ce prélat, tous les regards de l'épiscopat canadien tombèrent sur M. Taschereau, qui fut élu archevêque de Québec le 24 décembre 1870. Les bulles pontificales arrivèrent en cette ville le 23 février 1871. Mgr Taschereau fut sacré le 19 mars.

L’annonce de la promotion au cardinalat du digne pontife en 1886 fut saluée à Québec avec une explosion de joie à laquelle se sont associés tous les catholiques du Dominion. Cette promotion à la plus haute dignité de l’Église, juste récompense des travaux et des vertus du cardinal Taschereau, était aussi un honneur pour l’Église du Canada,qui n’avait pas encore fourni de membre au Sacré-Collège.




Mgr Lynch (Jean-Joseph),
Laszariste, archevêque de Toronto.

Avant de gouverner le diocèse de Toronto, Mgr Lynch prêta, soit comme vicaire-général, soit comme évêque coadjuteur, le plus actif concours à Mgr Armand-François-Marie de Charbonel, né à Monistrol en 1802, aujourd’hui capucin et archevêque titulaire de Sozopolis.

C’est en 1860 que Mgr Lynch succéda à Mgr de Charbonel démissionnaire et fut préconisé évêque de Toronto. Dix ans plus tard, il en était promu archevêque par suite de l’érection de ce siège en métropole.




Mgr BOURGET (Ignace),
ancien évêque de Montréal, archevêque titulaire de Martianopolis.
(1799-1885.)

« Soixante et treize ans ; trente-quatre d’épiscopat, et cinquante de sacerdoce. » C’est par ces mots que, en 1873, on saluait le 509 anniversaire de l’ordination de Mgr Bourget. « Ce saint vieillard, écrivait alors le Nouveau Monde de Montréal, a les cheveux blancs et soyeux ; les yeux bleu pâle, le regard doux et placide que donnent la vertu et l’habitude de la méditation ; le front haut, saillant, tous les signes de l’énergie dans le haut de la figure, et de la douceur dans la bouche, dans le sourire ; le teint frais et coloré de la jeunesse ; une physionomie pleine de bienveillance. »

C’est en 1821 que commença la vie publique de Mgr Bourget. Mgr Plessis ayant obtenu la division de son vaste diocèse, M. Lartigue, prêtre du séminaire de Saint-Sulpice, fut nommé évêque auxiliaire. Le nouveau prélat demanda à Mgr Plessis un secrétaire, et l’évêque de Québec lui indiqua un jeune ecclésiastique du collège de Nicolet. « On le dit un peu scrupuleux, ajoutait Mgr Plessis, mais nul ne fera mieux votre affaire. »

Ignace Bourget était né, le 30 octobre 1799, dans une concession de la Pointe-Lévis, connue sous le nom de « Arlaka ». L’humble maison où il vit le jour est devenue célèbre ; les gens de l’endroit la montrent avec orgueil au touriste curieux, en disant : « C’est là qu’est né Mgr Bourget. »

Son père, Pierre Bourget, était à la tête d’une famille de treize enfants ; Ignace était le onzième. Après avoir été à une école de la paroisse de Beaumont, il entra au séminaire de Québec et fut ordonné prêtre le 29 novembre 1822.

Le jeune secrétaire fut d’un grand secours à Mgr Lartigue ; son zèle, son activité et son dévouement lui gagnèrent en peu de temps la confiance de tous. Aussi lorsque, en 1836, Mgr Lartigue fut nommé évêque de Montréal, il se hâta de s'adjoindre comme coadjuteur celui qui, depuis dix ans, partageait ses labeurs. Le 25 juillet 1837, le modeste enfant de Lévis était consacré évêque de Telmesse, dans la nouvelle cathédrale, au milieu d’un concours immense du peuple et du clergé. Ce fut un grand jour, une fête brillante pour le diocèse.

Trois ans plus tard, la population de Montréal se pressait dans la même enceinte pour rendre ses derniers devoirs aux restes mortels de son premier évêque.

Son successeur était tout nommé d’avance. Mgr Bourget prit possession du siège épiscopal, le 23 avril 1840.

Il faudrait bien des pages pour raconter tous les bienfaits et les événements glorieux de son épiscopat, la fondation de nombreuses communautés, de maisons de charité et d’éducation, et d’une vingtaine de pieuses congrégations ; l’établissement dans le diocèse des membres de la Compagnie de Jésus et des RR. PP. Oblats, des Dames de la Providence, du Bon-Pasteur, de la Miséricorde, des Frères Joséphites et de Saint-Viateur, des Pères et Religieuses de Sainte-Croix ; l’institut des Sourds-Muets, la Société Sainte-Blandine, l’Hospice Saint-Joseph pour les prêtres vieux et infirmes, plusieurs salles d’asiles, etc.

En 1873, le vénérable vieillard demandait et obtenait un coadjuteur dans la personne de Mgr Fabre. Trois ans plus tard, il donnait sa démission comme évêque de Montréal, était nommé archevêque de Martianopolis et laissait à Mgr Fabre le soin de gouverner le diocèse.

Depuis lors Mgr Bourget vécut dans sa retraite du Sault-au-Récollet, retraite qui ne fut interrompue que par un voyage de quelques mois à la Ville Éternelle en 1881, et où il est mort le 8 juin 1885.

Mgr Bourget laisse après lui une mémoire impérissable et vénérée de tous ; les fidèles du diocèse de Montréal, en particulier, l’invoquent avec une confiance d’autant plus grande que, de son vivant même, ils attachaient à sa personne la vénération qu’on attribue aux saints.




Mgr LA ROCQUE (Charles),
évêque de Saint-Hyacinthe.
(1809-1875.)

Né au Canada, le 15 novembre 1809, et ordonné prêtre en 1832, Mgr La Rocque avait été nommé

Mgr BOURGET, archevêque titulaire de Martianipolis, ancien évêque de Montréal (Voir p. 79.)


Mgr LA ROCQUE, ancien évêque de Saint-Hyacinthe. (Voir p. 79.)


Mgr HORAN, ancien évêque de Kingston. (Voir p. 81.)


Mgr HORAN, ancien évêque de Kingston. (Voir p. 81.)

évêque de Saint-Hyacinthe le 20 mars 1866 et sacré le 29 juillet suivant. Il a légué à la corporation de l’évêché de Saint-Hyacinthe tous ses biens immobiliers.

« Mgr La Rocque, lisons-nous dans l’Année dominicaine (numéro de septembre 1875), a des titres spéciaux à notre reconnaissance, puisque c’est lui qui, reprenant les négociations commencées par ses deux prédécesseurs, nous a appelés à Saint-Hyacinthe. Si la Providence lui en eût laissé le temps, il aurait, sans aucun doute, donné un rapide essor à une œuvre qu’il avait tant à cœur d’asseoir et de développer. La mort l’en a empêché ; mais nous aimons à penser que le sentiment du bien qu’il avait souhaité l’aura soutenu et consolé à ses derniers moments. Il se plaisait à dire que l’installation des Frères-Prêcheurs dans son diocèse et au Canada, serait l’une des œuvres les plus importantes de son épiscopat. »

Il est mort dans sa résidence épiscopale, le 15 juillet 1875.

Ses obsèques ont eu lieu à Saint-Hyacinthe, au milieu d’un concours immense de clergé et de fidèles. Mgr Taschereau, archevêque de Québec, a célébré la messe, et Mgr Racine, évêque de Sherbrooke, a prononcé l’oraison funèbre.




Mgr HORAN (Édouard-Jean),
ancien évêque de Kingston.
(1817-1875.)

Mgr Édouard-Jean Horan, ancien évêque de Kingston (Canada), évêque de Chrysopolis in partibus, est mort à Kingston, le 15 février 1875.

Né à Québec, d’une famille irlandaise, le 26 octobre 1817, Mgr Horan fut ordonné prêtre le 22 septembre 1842. Il remplit successivement les fonctions de professeur et de directeur au séminaire de Québec, puis de supérieur de l’école normale. Lors de la création de l’université de Laval, il fut attaché à cet établissement. Après avoir rempli pendant plusieurs années les fonctions de secrétaire, il en fut nommé recteur en 1856.

Préconisé évêque de Kingston dans le Consistoire du 8 janvier 1858, en remplacement de Mgr Phelan, décédé, Mgr Horan fut sacré à Québec, dans l’église de Saint-Patrick, le 1er mai de la même année.

Au mois d’avril 1874, par suite du mauvais état de sa santé, il donna sa démission et reçut le titre d’évéque de Chrysopolis in partibus.

Les funérailles de l’ancien évêque de Kingston ont eu lieu à la cathédrale de Kingston le 19 février 1875. Mgr Lynch, archevêque de Toronto, administrateur provisoire du diocèse, a célébré l’office.




Mgr FARRELL (Jean Patrice),
ancien évêque d’Hamilton.
(1820-1873)

« C’était, disait un journal de Montréal, le jour de sa mort, un Irlandais de cœur et d’esprit, un amant de l’antique et toujours chère île d’émeraude, et un partisan très chaud de tout ce qui pouvait lui servir. Mais il détestait les agitateursqui trafiquent du patriotisme et de la générosité irlandaise, et voilà pourquoi le fénianisme américain avait en lui un ennemi déclaré. La mort d’un tel homme est une calamité publique, et lorsque le service funèbre sera chanté sur son cercueil, tous ceux qui l’ont connu sentiront qu’avec lui le Canada perd un de ses fils d’adoption les plus fidèles et les plus dévoués. »

Mgr Farrell naquit dans la ville d’Armagh (Irlande), le 2 juin 1820. Il demeura en cette ville jusqu’au jour où il émigra au Canada avec sa famille, qui alla se fixer à Kingston, en 1832.

Il fut ordonné prêtre à l’Assomption, en 1846.

Son évêque, remarquant en lui le génie d’un administrateur distingué, le nomma à la cure de Peterboro où il gouverna avec le plus grand zèle les âmes qui lui étaient confiées.

Les catholiques de Peterboro ont exprimé, dans une adresse qu’ils lui ont présentée lors de sa promotion à l’épiscopat, toute leur reconnaissance pour le bien immense qu’il avait fait, pendant son séjour au milieu d’eux.

En 1856, l’Église catholique de Toronto, trop considérable pour qu’un seul évêque pût l’administrer, fut divisée en trois diocèses, savoir : Toronto, Hamilton et London. Et, par un vote unanime des prélats du Canada, M. John Farrell, fut jugé digne d’être élu à l’un de ces nouveaux sièges épiscopaux. En conséquence, son nom pour le diocèse d’Hamilton et celui de M. Pinsonnault pour celui de London furent envoyés à Rome. Puis, en vertu des lettres apostoliques du Souverain Pontife, le poste d’évêque du diocèse d’Hamilton lui fut donné, et il fut sacré dans la cathédrale de Kingston, le 11 mai 1856.

Mgr Farrell arriva à Hamilton le 24 mai de la même année. Quand il prit possession du siège

Mgr TACHÉ, des Oblats de Marie-Immaculée, archevêque de Saint-Boniface. (Voir p. 69, 70, 71 et 83.


Mgr GRANDIN, des Oblats de Marie-Immaculée, évêque de St-Albert. (Voir p. 71 et 85.)


Mgr GUIGUES, des Oblats de Marie-Immaculée, ancien évêque d'Ottawa. (Voir p. 83.)


Mgr Louis d'HERBOMEZ, des Oblats de Marie-Immaculée, vicaire apostolique de la Colombie britannique. (Voir p. 69 et 85.)

épiscopal, il n’y avait, à l’endroit où s’élève aujourd’hui la cathédrale Sainte-Marie, qu’une petite église. Il fit alors circuler des listes de souscription dans son diocèse, et, en 1859, il était prêt à commencer le splendide édifice qui fait aujourd’hui l’un des plus beaux ornements d’Hamilton.

En mars 1862, il fit sa première visite officielle à Rome et y retourna en 1865. Il était présent aux cérémonies du centenaire des saints apôtres Pierre et Paul, en 1867. Son dernier voyage à Rome eut lieu en 1869, pour assister au concile du Vatican. Dans toutes ces occasions, les fidèles qui composaient son troupeau lui ont présenté des adresses d’adieu et de bienvenue, dans lesquelles ils exprimaient tout l’amour qu’ils lui portaient.




Mgr TACHÉ (Alexandre),
des Oblats de Marie Immaculée,
archevêque de Saint-Boniface.

Ce prélat, qui gouverne depuis trente-cinq ans l’Église de Manitoba, est Canadien de naissance. Né à Rivière du Loup (diocèse de Québec) le 23 juillet 1823,il fut élevé à l’épiscopat à l’âge de 27 ans, sur la demande du vénérable Mgr Provencher qui le voulait pour coadjuteur. Deux ans après, il succédait au pieux prélat. En 1871 il fut promu archevêque.

M. H. de Lamothe, dans son livre intitulé : Cinq mois chez les Français d’Amérique, fait de larges emprunts aux ouvrages de Mgr Taché, et il nous donne le portrait suivant de l’archevêque de Saint-Boniface :

« L’archevêque catholique romain de Saint-Boniface, Mgr Taché, frère du ministre de l’Agriculture et de l’Émigration à Ottawa, ne se trouvait point à la Rivière-Rouge, lors de mon voyage. Je l’avais vu à Montréal et à Ottawa où il était allé rétablir une santé ébranlée par vingt et quelques années de missions dans la région du Nord-Ouest. À mon sentiment, et ceci, je le dis en dehors de toute préoccupation religieuse, ce prélat, dont l’influence s’étend sur toute la population canadienne et métisse française, ainsi que sur une bonne partie des Indiens de son immense diocèse, est un de ces hommes vraiment supérieurs dont la rencontre laisse une impression aussi durable que profonde. Si notre nationalité représentée par douze ou quinze mille métis, hier encore sans cohésion, sans instruction, sans vue d’avenir, parvient à se maintenir entre la rivière Winnipeg et les Montagnes-Rocheuses, l’histoire dira sans doute un jour dans quelle large mesure l’archevêque de Saint-Boniface aura contribué à ce résultat. Ce qu’il a conçu, tenté, opéré pour l’amélioration morale et matérielle du pays au temps où gouvernait la Compagnie de la baie d’Hudson : ce qu’il a dépensé d’énergie, pendant les troubles occasionnés par l’annexion, pour maintenir sur le terrain de la légalité une résistance que des provocations insensées pouvaient d'un moment à l’autre faire dégénérer en lutte ouverte ; demanderait, pour être exposé fidèlement, plus d’espace que n’en comporte ce livre. Peu d’hommes connaissent aussi complètement que lui l'immense réseau de forêts et de prairies dont se composent son diocèse et ceux de ses deux suffragants, l’évêque de Saint-Albert sur la Saskatchewan et le vicaire apostolique du fleuve Mackensie. Le petit opuscule d’une grande simplicité de forme qu’il a publié en 1868, sous le modeste titre d’Esquisse sur le Nord-Ouest de l’Amérique, est très certainement le recueil le plus complet et le plus exact de renseignements hydrographiques, ethnologiques, botaniques, zoologiques, sur cette vaste région, qui ait jamais été publié dans notre langue, et je doute que, parmi les nombreux ouvrages anglais sur le même sujet, il en existe qui lui soient réellement supérieurs. Ajoutons dans son ministère, Mgr Taché a pour collaborateurs des hommes d'un zèle et d'un savoir remarquables.

« Tels sont, entre autres, Mgr Grandin, un Oblat français, aujourd’hui évêque de Saint-Albert, le Père Lacombe, auteur de travaux consciencieux sur les idiomes de diverses tribus indiennes, Mgr Faraud, vicaire apostolique de la Rivière Mackenzie. »




Mgr GUIGUES (Joseph-Eugène-Bruno),
des Oblats de Marie Immaculée,
ancien évêque d’Ollawa.
(1805-1874.)

Ce prélat distingué fut véritablement le fondateur de l’évêché d’Ottawa. Placé à ce moment dans une ville relativement pauvre, il dut déployer toutes les ressources de son génie pratique et administratif pour établir sur des bases solides le siège épiscopal de son diocèse. C’est grâce à lui que tant d’églises se sont élevées dans les campagnes de la rive nord de l’Ottawa. Aujourd’hui, ces clochers de village qui frappent les yeux sur toute l'étendue du plateau des Laurentides,

Mgr FARAUD, des Oblats de Marie-Immaculée, vicaire apostolique de l'Athabaska Mackenzie. (Voir p. 71 et 85.


Mgr CLUT, des Oblats de Marie-Immaculée, auxiliaire de Mgr Faraud. (Voir p. 71, 73 et 85.)


Mgr LORRAIN, vicaire apostolique de Pontiac. (Voir p. 75.)


Mgr LA FLÈCHE, évêque des Trois-Rivières. (Voir p. 85.)


entre Saint-André d'Argenteuil et ottawa, sont autant de monuments destinés à perpétuer son souvenir et à le graver dans le cœur de la population canadienne.

Joseph-Eugène-Bruno Guigues était né à Gap, le 26 août 1805. Il entra dans la Congrégation naissante des Oblats de Marie- Immaculée, où il fit profession le 4 octobre 1824. Ordonné prêtre le 26 mai 1828, le R. P. Guigues évangélisa, pendant vingt-cinq ans, les diocèses de Marseille, d'Aix, de Fréjus, de Digne, de Gap, de Valence et de Grenoble. Il était supérieur de la résidence de Notre-Dame de l'Osier (diocèse de Grenoble), lorsque Mgr de Mazenod, supérieur général des Oblats, l'envoya au Canada, en qualité de visiteur de la Congrégation. Le R. P. Guigues arriva au Canada au mois d'août 1844. Trois ans plus tard, le 9 juillet 1847, il était élevé à la dignité épiscopale, et, le 30 juillet 1848, Mgr Gaulin, de Kingston, le consacrait premier évêque de Bytown ou Ottawa dans la cathédrale de cette ville. Il y est mort le 8 février 1874.




Mgr GRANDIN (Vital-Justin)
des Oblats de Marie-Immaculée,
évêque de Saint-Albert.

Né à Saint-Pierre-la-Tour, diocèse du Mans, le 8 février 1829, il fut élevé à l'épiscopat sous le titre de Satala, le 21 décembre 1857 et transféré au siège de Saint-Albert, le 22 septembre 1871.




Mgr FARAUD (Henri-Joseph),
des Oblats de Marie-Immaculée,
évêque titulaire d'Anemour, vicaire apostolique
de l'Athabaska-Mackenzie.

Né à Gigondas (diocèse d’Avignon), le 17 mars 1823, il fut nommé le 8 mai 1862 vicaire apostolique de l’Athabaska-Mackenzie et sacré évêque d’Anemour sur le tombeau de saint Martin à Tours, le 30 novembre 1863. Depuis quarante ans ce vénéré prélat évangélise les sauvages tribus du nord de l’Amérique. (Voir p. 71 et 72.)




Mgr CLur (Isidore),
des Oblats de Marie Immaculée,
évêque titulaire d’Arindel, auxiliaire de Mer Faraud.

Nous avons cité au chapitre précédent d’intéressants extraits d'une lettre de ce vaillant prélat qui travaille depuis de si longues années dans la mission de l'Athabaska-Mackenzie et rappelé, page 71, ses débuts dans le ministère apostolique.

Né dans le diocèse de Valence, le 11 février 1822, il fut nommé, le 3 août 1864, auxiliaire de Mgr Faraud et sacré, le 15 août 1867, à la mission de la Providence, sur les bords du Grand Lac des Esclaves.




Mgr D’HERBOMEZ (Louis-Joseph),
des Oblats de Marie-Immaculée,
évêque titulaire de Mélitopolis et vicaire apostolique de la Colombie britannique.

La Colombie britannique faisait partie du diocèse de Saint-Albert, lorsque y arrivèrent les premiers Pères Oblats. En 1863, le R. P. d’Herbomez qui dirigeait les diverses missions fondées par les religieux de Sa Congrégation, fut choisi par le Saint-Siège pour être le premier évêque de cette grande province.

Né à Brillon (diocèse de Cambrai), le 17 janvier 1822, Mgr d’Herbomez fut nommé vicaire apostolique le 22 décembre et sacré le 9 octobre 1864.




Mgr La FLÈCHE (Louis),
évêque de Trois Rivières.

D’abord coadjuteur du premier évêque de Trois Rivières, Mgr Cooke (1852-1870), Mgr La Flèche gouverne depuis dix-sept ans le beau diocèse enclavé entre les archevêchés de Québec et de Montréal.




Mgr Connozzy (Thomas-Louis),
de l’Ordre des Frères-Mineurs Capucins,
archevêque d’Halifax.
(1814-1876.)

Il était né à Cork (Irlande), en 1814. Après avoir fait ses études à Rome, où il entra dans l’Ordre des Frères Mineurs Capucins, il vint en France et fut ordonné prêtre à Lyon, en 1838. Il remplit ensuite, pendant quatre années, les fonctions du ministère paroissial à Dublin, et, en 1842, il partit pour Halifax, en qualité de secrétaire de Mgr Walsh, archevêque. Nommé vicaire général et administrateur de ce diocèse en 1845, il fut, le 5 mai 1852, appelé par Pie IX au siège épiscopal de Saint-Jean du Nouveau-Brunswick, en remplacement de Mgr Dollard. Le 15 avril 1850, il était transféré à l’archevêché d’Halifax.

En 1876, Mgr Connolly mourut.
Mgr CONNOLLY, ancien archevêque d'Halifax. (Voir p. 85.)


Mgr MAC-KINNON, archev. d'Amida, ancien évêque d'Arichat. (Voir p. 87.)


Mgr MAC-INTYRE, évêque de Charlottetown. (Voir p. 87.)


Mgr SWEENY, évêque de St-Jean du Nouveau-Brunswick. (Voir p. 87.)

Ses obsèques eurent lieu le 31 juillet, à la cathédrale Sainte-Marie, à Halifax, avec un concours immense de clergé, de fidèles et de Protestants. On y remarquait NN. SS. Sweeny, évêque de Saint-Jean du Nouveau-Brunswick, Rogers, évêque de Chatam, Mac-Intyre, évêque de Charlottetown, Healy, évêque de Portland, et Cameron, coadjuteur de Mgr l’évêque d’Arichat.

Par ses hautes qualités d’intelligence et de cœur, par son zèle et son dévouement, Mgr Connolly s’était acquis le respect et l’affection de tous ; sa mort est un deuil pour les protestants comme pour les catholiques de la Nouvelle-Écosse.




Mgr Mac-Kinxon (Colin),
archevêque titulaire d'Amida, ancien évêque
d’Arichat.
(1811-1870.)

Le diocèse d’Arichat, démembré d’Halifax en 1844, comprend les trois comtés de la partie Nord-Est de la Nouvelle-Écosse, et l’île du Cap Breton avec ses dépendances. La ville d’Arichat est dans l’île Madame, île petite mais très peuplée, située au sud de l’île du Cap Breton.

Mgr Mac-Kinnon était né dans la Nouvelle-Écosse, en 1811. Il fit ses études ecclésiastiques au collège Urbain de la Propagande. Après la mort de Mgr Fraser, premier évêque d’Arichat, il fut choisi, le 11 novembre 1851, pour lui succéder : il reçut la consécration épiscopale le 24 février 1852. L’activité de son zèle se montra particulièrement dans la construction des églises, dans l’établissement d’un séminaire, d’un collège, de plusieurs couvents de religieuses consacrés à l’éducation, et surtout dans la création d’un très grand nombre d’écoles.

En 1870, Mgr Mac-Kinnon profita de sa présence à Rome, à l’occasion du concile, pour demander au Saint-Père un coadjuteur, que l’affaiblissement déjà ancien de ses forces rendait absolument nécessaire. Son vicaire général, M. Jean Cameron, fut nommé le 17 mars et sacré dans l’église de la Propagande par le cardinal Cullen, le 22 mai 1870, évêque de Titopolis in partibus infidelium, et coadjuteur avec future succession. Mais, quelques années plus tard, l’épuisement de sa santé obligea l’évêque d’Arichat à solliciter la résignation de son siège. Au printemps de 1877, il se rendit à Rome, où il fit agréer sa démission le 17 juillet. Pie IX, désirant reconnaître ses nombreux et importants services rendus à l’Église, l’éleva à la dignité archiépiscopale avec le titre d’archevêque d’Amida.

Mgr Mac-Kinnon continua de résider jusqu’à sa mort à Antigonish, qu’il avait habité durant tout son épiscopat. Il y est mort d’une attaque de paralysie, le 26 septembre 1879. Il était âgé de soixante-neuf ans et comptait vingt-huit ans d’épiscopat.




Mgr MAC-INTYRE (Pierre),
évêque de Charlottetown.

Ce vénérable prélat a été nommé, le 8 mai 1860, évêque du beau diocèse de Charlottetown qui embrasse l’île du Prince-Édouard et les îles Madeleine. Il a été sacré le 15 août de la même année.




Mgr SWEENY (Jean),
évêque de Saint-Jean du Nouveau-Brunswick.

Ce prélat a eu beaucoup à souffrir de l’intolérance des protestants depuis vingt-huit ans qu’il gouverne le diocèse de Saint-Jean du Nouveau-Brunswick.

Mgr Sweeny écrivait, de sa résidence, le 6 février 1872 :

« Mon diocèse a 80 lieues de long sur 60 de large. La population catholique est de 66,000 âmes, le nombre des protestants atteint le double de ce chiffre.

« Nous avons à Saint-Jean, un orphelinat avec 50 enfants, confiés aux soins des Sœurs de la Charité ; les offrandes des fidèles et les aumônes de l’Œuvre de la Propagation de la Foi constituent nos seules ressources. Les écoles gratuites des Sœurs sont fréquentées par 500 petites filles. Les Frères de la Doctrine chrétienne, au nombre de treize, font gratuitement la classe à 650 enfants. Nous avons aussi, à Saint-Jean, un couvent des religieuses du Sacré-Cœur, et une académie commerciale et classique, qui est dirigée par un prêtre et par deux Frères. Le séminaire diocésain compte deux diacres et sept étudiants. Enfin, nous avons trois conférences de la Société de Saint-Vincent de Paul : deux à Saint-Jean, une à Frédérictown.

« Notre législature provinciale a fait, l’an dernier, une loi qui établit les écoles libres et communes où l’enseignement de la doctrine chrétienne est défendu, et d’où sont exclus nos Frères et nos religieuses ; et, par cette loi, les catholiques sont obligés de payer une surtaxe pour faire bâtir et soutenir ces écoles antichrétiennes. »