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Analyse du Kandjour/Gyut/01

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Traduction par Léon Feer.
Texte établi par Musée Guimet, Paris (Tome 2p. 293-295).
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VII. GYUT

La dernière division du Kah-gyur est celle du Rgyud-sde ou simplement Rgyud, Sk. Tantra, ou la section Tantra, en vingt-deux volumes.

Ces volumes contiennent, en général, une théologie mystique. Il y a des descriptions de plusieurs dieux et déesses. Instructions pour préparer les manḍalas ou cercles, pour la réception de ces divinités. Offrandes ou sacrifices qu’on leur fait afin d’obtenir leur faveur. Prières, hymnes, incantations, etc., qui leur sont adressées. Il y aussi quelques ouvrages sur l’astronomie, l’astrologie, la chronologie, la médecine et la philosophie naturelle. Voici les titres sanskrits et tibétains des divers ouvrages de ces volumes dont chacun est marqué d’une lettre de l’alphabet tibétain :

VOLUME I. — (Ka)
Quatorze ouvrages distincts :

1. Mañjuçri jnâna sattvasaya paramârthana sangîtî, tib. Hjam-dpal-ye-ces-sems-dpahi-don-dam-pahi-mts’an-yangdag-par-brjod-pa ; འཇམ་དཔལ་ཡེ་ཤེས་སེམས་དཔའི་དོན་དམ་པའི་མཙན་ཡང་དག་པར་བརྗོད་པ (folios 1-18). Énumération de plusieurs noms ou épithètes de Manjuçri, le dieu de la sagesse, ou l’essence de tous les Buddhas. Prononcé par Çâkya à la demande de Rdorje hchang (Sk. Vajra-dhara ou Pani). Ces noms ou épithètes expriment les attributs du premier être moral.

2. Çakti-deça, tib. Dvang-mdor-bstan-pa དབང་མདོར་བསྟན་པ (folios 18-28). Sur l’acte par lequel une divinité donne du pouvoir à quelqu’un, confère à quelqu’un une puissance surnaturelle. Çâkya explique les différentes manières de le faire, à la demande de Dava-zang-po, roi de Çambhala.

3. Paramâdhibudha-uddhṛta cri kâla cakra (nâma Tantra-râja), tib. Mchog-gi dang-pohi sangs rgyas las byung-va rgyud-gyi-rgyal-po dpal dus-kyi hkhor-lo, མཆོག་གི་དང་པོའི་སངས་རྒྱས་ལས་བྱུང་བ་རྒྱུད་གི་རྒྱལ་པོ་དཔལ་དུས་ཀྱི་འཁོར་ལོ. « Tantra de premier ordre, appelé le vénérable Kâla-cakra, émané du suprême ou premier Buddha. » C’est le premier ouvrage original d’un système tantrika qui a pris naissance dans le Nord, au pays fabuleux de Çambhala. Il fut introduit dans l’Inde au dixième siècle, par Chilupa et dans le Tibet au douzième. Il y a dans cet ouvrage, des calculs de certaines époques ; il y est fait mention de Makha, et de quelques prédictions relatives à la naissance, au progrès, au déclin de la religion mahométane. Ce sûtra fut aussi prononcé par Çâkya à la demande de Da-Bzang, ཟྰ་བཟང roi de Çambhala. On trouve, dans ce volume, de la cosmographie, de l’astronomie, de la chronologie, et la description de quelques dieux.

4. Çrî Kâla-cakra uttara tantra râjâ tantra hṛdaya nâma, tib. Dpal dus-kyihkhor lohi rgyud-kyi-rgyal pohi-phyi-ma-rgyud-kyi sñing-po jes bya-va, དཔལ་དུས་ཀྱི་འཁོར་ལོའི་རྒྱུད་ཀྱི་རྒྱལ་པོའི་ཕྱི་མ་རྒྱུད་ཀྱི་སྙིང་པོ་ཞེས་བྱ་བ་. Le dernier Kâla-cakra ou l’essence du Kâla-cakra-tantra. Enseigné par Çâkya, à la requête de Dava-zang-po.

5. Çeka-prakriya, tib. Dvang-gi rab-tu byed-pa, དབང་གི་རབ་ཏུ་བྱེ་པ. Explication sur l’action de donner du pouvoir à quelqu’un, de conférer à quelqu’un une puissance surnaturelle.

6. Sarva Buddha sama-yoga dâkini jâla-sambara, tib. Sangs rgyas thams-cad rnam-par sbyor-va-mkhah-hgro-sgya-ma-bde-vahi mchog, སངས་རྒྱས་ཐམས་ཙད་རྣམ་པར་སྦྱོར་བ་མཁའ་འགྲོ་སྒྱ་མ་བདེ་བའི་མཆོག​. Union de la Dâkini Sambara, avec tous les Buddhas ; traité sur les puissances secrètes de la nature. L’identité de tous les Buddhas avec le premier être moral.

7. Sarva-kalpa samuccaya, tib. Rtogs-pa-thams-cad-hdus-pa, ཊོགས་པ་ཐམས་ཙད་འདུས་པ. « Recueil de toutes sortes de jugements, etc. » Tantra sur Sambara[1].

8. He Vajra, tib. Kye-rdo-rje, ཀྱེ་རྡོ་རྗེ་. Tantra sur un dieu ou une série de dieux de ce nom[2].

9. Dâkini vajra pañjara, tib. Mkhah-hgro-ma-rdo-rje-gur, མཁའ་འགྲོ་མ་རྡོ་རྗེ་གུར​. Tantra sur une divinité de ce nom.

10. Mahâ mudrâ tilakam, tib. Phyag-rgya-chen-pohi-thig-le, ཕྱག་རྒྱ་ཆེན་པོའི་ཐིག་ལེ. Tantra où l’on décrit l’Être suprême ou la cause de toutes les causes.

Questions : D’où sont provenus Brahma, Visnu, Çiva, Rudra, etc. ? Quel est le plus grand être ? Combien y en a-t-il ?

11. Jñâna-garbha, tib : Ye-çes-sñing-po, ཡེ་ཤེས་སྙིང་པོ ; Essence de la sagesse. Tantra de l’espèce appelée Mahâ-yoginî.

12. Jñâna-tilakam, tib. Ye-çes-thig-le, ཡེ་ཤེས་ཐིག་ལེ. Marque ou signe de la sagesse (Yoginî Tantra).

13. Dito, autre Tantra analogue.

14. Tattva-pradipam, tib. De kho-na ñid kyi-sgron-ma, དེ་ཁོ་ན་ཉིད་ཀྱི་སྒྲོན་མ : « Lumière pour trouver la nature ou l’essence divine » ; sur l’identité de l’âme humaine avec l’essence divine.


  1. Il existe un texte sanskrit portant le même intitulé et dont celui-ci est sans doute la traduction. (L. F.).
  2. Ce texte est sans doute aussi la traduction d’un ouvrage sanscrit de même titre qui a été conservé. (L. F.).