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Analyse du Kandjour/Mdo/19

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Csoma de Körös
Traduction par Léon Feer.
Texte établi par Musée Guimet, Paris (Tome 2p. 268-269).
VOLUME XIX (Dza)

Cinq ouvrages distincts :

1. Dharma-sangiti, tib. Chos-yang-dag par-sdud-pa, ཆོས་ཡང་དག་པར་སྡུད་པ, «  de plusieurs vertus » (folios 1-154). Énumération de plusieurs vertus et perfections, et après chacune, détermination des avantages qu’on peut obtenir en les pratiquant. — Discussion entre deux Bodhisattvas sur la nature, la naissance, la résidence et la mort des Tathâgatas, dans quel sens ou comment ces termes doivent être employés ou compris. — Énumération de plusieurs perfections des Tathâgatas. — Les dix vertus cardinales, charité, etc., etc. — Théories sur l’âme. — Çûnyatâ et autres lieux communs. Traduit par Manjuçri-garbha, Vijaya-çila, Çilendra-bodhi et Ye-çes-sde.

2. Daça-cakra-xiti-garbha[1], tib. Sahi sñing-pohi hkhor-lo bcu-pa ; སའི་སྣྱིང་པོའི་འཁོར་ལོ་བཆུ་པ (folios 154-367). « Les diverses perfections de Xiti-garbha » Bodhisattva, ou instruction sur plusieurs choses, conformément aux principes bouddhiques, spécialement sur les dix vertus transcendantes ou parfaites : charité, moralité, patience etc. ; — les trois degrés de perfection, les vertus requises pour arriver à chacune d’elles. — Plusieurs instructions nouvelles, tant en prose qu’en vers, pour apprendre comment on peut atteindre au degré de perfection d’un Bodhisattva.

3. Aryavivarta-cakra, tib. Hp’hags-pa phyir-mi-ldog-pahi hkhor-lo འཕགས་པ་ཕྱིར་མི་ལྡོག་པའི་འཁོར་ལོ ! (folios 367-458). Instruction sur l’acte de marcher dans le sentier de la vertu. Çâkya s’adressant à Kun-dgah-vo, lui expose les devoirs d’un Boddhisattva. Il y a là plusieurs enseignements des doctrines du Buddha confomément aux trois différents degrés de perfection des principaux disciples de Çâkya. — À la fin Çâkya constate que ce Sûtra renferme l’essence de ce que les autres Buddhas ont enseigné avant lui, comme aussi les vertus transcendantes.

4. Samâdhi-cakra, tib. Ting-ge-hdzin-gyi-hkhor-lo ཏིང་ངེ་འཛིན་གྱི་འཁོར་ལོ (folios 458-460). Extases de Çâkya ; — ses entretiens avec Manjuçri sur certains points de la métaphysique.

5. Parinata-cakra, th. Yongs-su-bsngo vahi hkhor-lo, ཡོངས་སུ་བསྔོ་བའི་འཁོར་ལོ (folios 460-465). Sur la bénédiction qu’un Buddha accorde à un individu quelconque, pour que, en conséquence de ses mérites religieux et moraux, il trouve à la fin la perfection suprême.

En général, les cinq ouvrages formant ce volume contiennent des spéculations sur la théorie et la conduite des Bodhisattvas, ou saints imaginaires.

  1. La première partie du titre (Daça-cakra) « vient de ce que les dix forces d’un Buddha sont comparées à la roue d’un Çakravartin (monarque universel). La scène est transportée au sud. D’après ce Sûtra, celui qui renonce au monde, lui arrivât-il même de rompre son vœu, ne peut être dédaigné, du moment qu’il possède la capacité contemplative. Par là une supériorité manifeste est accordée à la contemplation sur la morale ; et c'est ce que nous voyons aujourd'hui pleinement admis par les Tibétains. On y trouve aussi l’expression de cette pensée (contraire à ce qui est avancé dans d’antres textes), que, « bien que le Grand Véhicule soit aussi le sentier du Buddha, on ne doit pourtant pas rejeter les deux véhicules inférieurs. » (Vassilief, Le Bouddhisme, p. 171-2.) (L. F.).