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Analyse du Kandjour/Mdo/24-25

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Csoma de Körös
Traduction par Léon Feer.
Texte établi par Musée Guimet, Paris (Tome 2p. 277-279).


VOLUME XXIV. — (Ya)

Matières : Continuation des histoires sur des sujets semblables à ceux qui sont traités dans les deux volumes précédents. Les dieux des cieux Hthab-bral (Sk. Yâmâ) ; leurs actions et les fruits de leurs œuvres. Description des plaisirs dont les dieux y jouissent. Par quelles actions vertueuses on peut y naître dans de futures transmigrations. Exhortation aux bonnes œuvres (en vers). Éloge de la charité, de la moralité, de la chasteté, etc. Bonnes œuvres et œuvres mauvaises. Les dix actions immorales. Paradis et enfer. Description de l’un et de l’autre. Morale de plusieurs histoires. Plusieurs histoires ou contes moraux, narrés à propos de bonnes et de mauvaises actions. Convoitise, passion, ignorance, sources de la douleur. Vers pour exciter à la vertu ; description du vice.


VOLUME XXV. — (Ra)

Matières : Continuation d’histoires semblables à celles des trois volumes précédents jusqu’au feuillet 348, où finit l’ouvrage commencé au 118e feuillet du volume XXII (20).

Du folio 348 à 474, fin du volume ; on y trouve les ouvrages suivants : 1. Mâyâ-jâlam, tib. Sgyu-mahi-dra-va. སྒྱུ་མའི་དྲ་བ. Le réseau (ou l’enveloppe ornée) de l’illusion. Folios 348-373 Çâkya à Mñan-yod (Sk. Çrâvasti). Son instruction aux prêtres sur les diverses erreurs des hommes dans leurs jugements relativement à la réalité des objets extérieurs et de l’âme.

2. Bimbasâra protyudgamana, tib. Gzugs-can-sñing-pos-vsu-va, གཟུགས་ཅན་སྙིང་པོས་བསུ་བ, folios 373-383. Description d’une visite faite à Çâkya, dans un parc près de Râjagṛha par le roi de Magadha Çreṇika (ou Çreṇa) Bimbisara. Invitation et réception solennelle faite par ce roi à Çâkya. Instructions qu’il lui adresse sur la manière de se faire des notions exactes et de bien juger les objets extérieurs et l’âme. — Sur l’enchaînement complexe (ou mutuel) des choses. — Offres faites par le roi de Magadha à Çâkya et à ses disciples relativement aux moyens de subsistance.

3. Çunyatâ, tib. Stong-pa-ñid. སྟོང་པ་ཉིད​. « La vacuité », folios 383-389. Çâkya parle sur ce sujet à Kun-dgah-vo.

4. Mahâ Çunyatâ, tib. stong-pa-ñid-chen-po. སྟོང་པ་ཉིད་ཆེན་པོ. Dito[1].

5. Dhvajâgra, tib. Rgyal mts’an-mchog. རྒྱལ་མཚན་མཆོག​. « Bannière ou signe de premier ordre » (folios 402-411). Instructions données par Çâkya a quelques marchands de Yangs-pa-can (Sk. Vaiçâli) sur les bons effets de se rappeler le Buddha, la loi et les prêtres. (Sk. Buddha-dharma-sangha).

6. Pañca-trayam (pour Tri-pañcâçaka, tib. Lnga-gsum-pa, ལྔ་གསུམ་པ : « Traité en cinquante-trois çlokas » (folios 411-425). Çâkya entretient ses disciples de quelques distinctions relativement à l’âme et à la délivrance.

7. Çila xipata-sûtra, tib. Rdo hphangs-pahi-mdo, རྡོ་འཕངས་པའི་མདོ : « Sûtra sur l’enlèvement d’une pierre » (folios 425-438).

On raconte comment les habitants de la ville de Kuça firent des préparatifs pour retenir Çâkya et s’efforcèrent de débarrasser, la route d’un gros bloc en pierre, sans pouvoir l’ébranler. Çâkya arrive, et, à leur demande, écarte la pierre ou fait avec elle plusieurs prodiges, et leur donne des leçons sur les différentes espèces de facultés des Tathâgatas, sur leur omniscience — car ils connaissent les diverses divisions et résidences des différentes espèces d’êtres, — et aussi sur la création, la durée, la destruction du monde. Plus loin il y a une instruction sur la transmigration et la délivrance finale.

8. Kumâra-drṣtânta sûtra, tib. Gjon-nu dpehi mdo, གཞོན་ནུ་དཔེའི་མདོ : « Sûtra sur l’exemple des jeunes gens » (folios 458-460). Gautama (Çâkya), à la demande du roi de Koçala (Sk. Prasenajit, tib. Gsal rgyal), lui dit qu'il est très vrai, conformément à ce qu’on dit de lui. qu'il est arrivé à la perfection suprême, quoiqu’il ne soit pas vieux[2].

9. Dhâtu-bahulaka-sûtra, tib. Khams-mang-pohi mdo, ཁམས་མང་པོའི་མདོ : Sûtra sur les diverses régions ou royaumes (des sens) (folios 460-468). Çâkya dit à Kun-dgah-vo que les sages qui sont familiarisés avec la nature de ces divers royaumes, peuvent être affranchis de toute crainte.

10. Gandi sûtra, tib. Gandihi-mdo, གནཌྰིའི་མདོ (folios 468-471) : Sûtra sur la Gandi (Plaque de métal d’alliage qu’on frappe en guise de sonnette). Çâkya, à la demande du roi de Koçala (Gsal-rgyal), lui enseigne la fabrication et l’usage de la Gandi.

11. Gandi samaya-sûtra, tib. Gandihi dus-kyi-mdo, གནཌྰིའི་དུས་ཀྱི་མདོ (folios 471-473). Sûtra sur le moment de faire usage de la Gandi.

12. Kalyâna-mitra-sevanam, tib. Dge-vahi-çes-gñen vsten-pa, དགེ་བའི་བཤེས་གཉེན་བསྟེན་པ (folios 473-474) : Sur l’action de prendre un guide religieux. Çâkya expose à Kun-dgah-vo les avantages d’avoir un précepteur spirituel[3].


  1. Il y a aussi dans le canon pâli deux Sûtras sur le « vide » (çunyatâ) dont l’un est qualitié « grand » (Majjhima-Nikâya-Uparipaññasa III, 1, 2). (L. F.) 
  2. Ce texte est cité sous le titre de Dahara sûtra dans l’Avadâna-çataka (voir Burnouf, Introd. à l’Hist. du Buddh. indien. p. 178, réimpr.) C’est également sous ce titre qu’il figure dans le recueil pâli Sanyutta-nikâya (Sagatha III, ii, 1) le sûtra pâli correspond très bien au sûtra tibétain ; néanmoins il n’y a pas coïncidence parfaite ; ce sont deux versions très semblables, mais distinctes d’un texte primitif unique. J’ai donné la traduction parallèle de ces deux textes dans le Journal Asiatique (1874 oct. nov.). (L. K.) 
  3. Le texte de ce Sûtra termine deux des récits de l’Avadâna-Çataka (Mdo XXIX, 1) sans y être qualifié de « Sûtra ». L’équivalent pali n’en diffère que par une phrase et revient aussi plus d'une fois dans le recueil du Canon pali. Je me suis occupé de ces textes dans le Journal Asiatique (janvier 1873).