Analyse du Kandjour/Mdo/26

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Texte établi par Musée Guimet, Paris (Tome 2p. 279-284).
VOLUME XXVI. — (La)

Trente-cinq ouvrages séparés.

1. Abhiniṣkramana-sûtra, tib. Mngon-par-hbyung-vahi-mdo, མངོན་པར་འབྱུང་བའི་མདོ : « Sûtra sur l’apparition » (de Çâkya dans la vie religieuse) (folios 1-189). Récit de la vie de Çâkya et sur l’origine de la race Çâkya.

Nota. — C’est, pour la plus grande partie, la répétition de ce qui a été dit dans le troisième volume du Dulva (folio 419-446) et dans le Lalita-Vistara. Voir le deuxième volume de la classe Mdo[1].

2. Bhixu-prareju sûtra, tib. Dje-slong-la rab-tu gees-pahi-mdo, དགེ་སློང་ལ་རབ་ཏུ་གཙེས་པའི་མདོ : « Sûtra très agréable à un Gelong ou prêtre (folios 189-11)2). Çâkya, à la demande de Ñe-var-hkhor (Sk. Upâli), compilateur de la classe Dul-va, dit ce qui caractérise un bon et un mauvais Gelong. Il recommande la chasteté et la moralité.

3. Çîla-samyala sûtra, tib. Ts’ul-khrims-yang-dag-par-ldan-pahi-mdo, ཚུལ་ཁྲིམས་ཡང་དག་པར་ལྡན་པའི་མདོ. Sûtra sur la pureté des mœurs (folios 192-193). Éloge de la moralité.

4. Çûbhâcubha phala parixa, tib. Dge-va-dang-mi dgé-vahi bras-bu-brtag-pa, དགེ་བ་དང་མི་དགེ་བའི་འབྲས་བུ་བརྟག་པ (folios 193-197) : Examen des fruits des bonnes œuvres et des mauvaises.

5. Vimukta mârga dhuta (ou bhûta) guna nirdeça, tib. Rnam-par-grol-vahi lam-las-sbyangs pahi yon-tan bstan-pa, རྣམ་པར་གྲོལ་བའི་ལམ་ལས་སྦྱངས་པའི་ཡོན་ཏན་བསྟན་པ (folios 198-217). Description des bonnes qualités acquises par un jugement analytique.

6. Ayuṣparyanta-sûtra, tib. Ts’ehi-mthahi mdo. ཚེའི་མཐའི་མདོ « Fin de la vie » (folios 217-228). Évaluation de la durée de la vie des six espèces d’êtres animés, selon la durée des jours et des années de chacune d’elles.

7. Ayupatti yathâkâro paripṛccha, tib. Ts’e pho-va-ji-ltar-gyur-pa-jus pahi-mdo, ཚེ་འཔོ་བ་ཇི་ལྟར་གྱུར་པ་ཞུས་པའི་མདོ (folios 228-243) : Sûtra où l’on demande (et où l’on dit en réponse) ce qui arrivera après la mort. Prononcé par Çâkya, à la demande de Zas gtsang, roi de Ser-skya (Sk. Kapila) à l’occasion de funérailles célébrées avec une grande solennité.

8. Anityatâ-sûtra, tib. Mi-rtag-pa ñid-kyi-mdo, མི་རྟག་པ་ཉིད་ཀྱི་མདོ : Sûtra sur l’instabilité (folios 243-244). Plusieurs exemples d’instabilité, — santé, jeunesse, richesse, vie, etc.

9. Même sujet (folios 244-246). Énumération de plusieurs choses périssables.

10. Sañjñâna-ekadaça-nirdeça, tib. Hdu-çes-vcu gcig-vstan-pa, འདུ་ཤེས་བཅུ་གཙིག་བསྟན་པ. Énumération de onze choses dont il faut se souvenir (folios 246-247), ou réflexions au moment de la mort.

11. Vaiçali praveça-sûtra, tib. Yangs-pahi grong-khyer-du hjug-pahi-mdo, ཡངས་པའི་གྲོང་ཁྱེར་དུ་འཇུག་པའི་མདོ (folios 247-253). Entrée à Vaiçalî, ville située où est maintenant Allahabad. Çâkya, étant dans un parc près de cette ville dans le temps d’une épidémie, charge Kun-dgah-vo (Sk. Ananda) d’aller à la porte de la ville et d’y répéter quelques Mantras et vers de bénédiction[2].

Nota. — Cet épisode a été développé plus haut. Voir Dulva, Kha (folios 120-133).

12. Bhadrakâ-râtri. tib. Mts’an-mo bzang-po, མཚན་མོ་བཟང་པོ : « Bonne nuit » (folios 253-257). Comment considérer le passé, le présent et l’avenir avec accompagnement de quelques Mantras. Autre Sûtra 265. Dito. Il faut honorer ses parents, folio 267.

13. Catus satya sûtra, tib. Vden-pa-vjihi mdo, བདེན་པ་བཞིའི་མདོ (folios 267-268). Sur les quatre vérités.

14. Artha viniçcaya, tib. Don-rnam par-nges-pa, དོན་རྣམ་པར་ངེས་པ (folios 268-295). Sur la vraie signification de certains termes, tels que les cinq agrégats d’éléments corporels, les dix-huit régions des sens, et autres lieux communs du système bouddhique.

15. Artha-viguṣṭâ, tib. Don-rgyas-pa, དོན་རྒྱས་པ (folios 295-303). Expressions compréhensives. Çârihibu, s’adressant aux prêtres (Gelongs), énumère plusieurs points de la doctrine bouddhique relatifs aux prêtres qui doivent ou les éviter, ou les mettre en pratique, ou les retenir dans leur mémoire.

16. Adbhûta-dharma paryâya, tib. Rmad-du byung-va-jes bya-va chos-kyi rnam-grangs, རྨད་དུ་བྱུང་བྱ་བ་ཆོས་ཀྱི་རྣམ་གྲངས​ (folios 303-308). Énumération de plusieurs choses merveilleuses, par Çâkya à Kun-dgah-vo.

17. Tathâgata-prativi-nba pratiṣta-aniçamsa tib. De vjin-gçegs-pahi-gzugs-brñan vjag-pahi phan-yon, དེ་བཞིན་གཤེགས་པའི་གཟུགས་བརྙན་བཞག་པའི་ཕན་ཡོན​ (folios 308-311). Avantages résultant de ce qu’on garde avec soin l’image du Tathâgata ; prononcé par Çâkya.

18. Caitya-pradaxina-gâthâ, tib. Mchod-rten vskor vahi ts’igs-su vcad-pa, མཅོད་རྟེན་བསྐོར་བའི་ཚིགས་སུ་བཅད་པ (folios 311-315). Vers sur les avantages qu’on obtient en faisant le tour d’un Caitya.

19. Prasenajita-gâthâ, tib. Gsal-rgyal-gyi-ts’igs-su vcad-pa, གསལ་རྒྱལ་གྱི་ཚིགས་སུ་བཅད་པ (folios 315-321. Vers de Prasenajit (roi de Koçala) contenant une réponse de Çâkya à la question qu’il lui a posée, sur les avantages de bâtir un Catya au Tathâgata et de reproduire son image.

20. Eka gâthâ, tib. Tsigs-su vcad-pa-gcig-pa, ཚིགས་སུ་བཅད་པ་གཅིག་པ. Stance unique contenant cet éloge de Çâkya, que nulle part on ne peut trouver son égal.

21. Catur-gâthâ, tib. Ts’igs-su vcad-pa vji-pa, ཚིགས་སུ་བཅད་པ་བཞི་པ. Quatre stances sur l’adoration des Tathâgatas.

22. Nâga-râjâ bheri gâthâ, tib. Kluhi-rgyal-po-rnga-sgrahi-ts’igs-su vcad-pa, ཀླུའི་རྒྱལ་པོ་རྔ་སྒྲའི་ཚིགས་སུ་བཅད་པ. Quelques vers ou stances sur l’histoire de Bheri (un Nâgarâja), folios 321-329. Par Çâkya, pour l’instruction des prêtres.

23. Udâna-varga, tib. Ched-du-brjod-pahi-ts’oms, ཆེད་དུ་བརྗོད་པའི་ཚོམས (folios 329-400). Pensées versifiées sur divers sujets, renfermant plusieurs maximes de morale et de sagesse pratique, en trente-trois chapitres. Les sujets ou titres des chapitres sont dans le genre de ceux-ci : Instabilité, cupidité, affection, chasteté, choses agréables, moralité, bonnes œuvres, paroles ou discours, foi ou piété, prêtre, voie, honneur ou respect, injustice, recueillement, colère, Tathâgata, expérience, connaissance, délivrance de la douleur, vice, bonheur, esprit ou âme, etc.[3]. Ces pensées ont été recueillies par Dgra-vcom-pa-chos-skyob (Sk. Arhan-dharma-raxita)[4].

24. Sad-jana-purusa, tib. Skyes-bu-dams-pa. སྐྱེས​་བུ་དམ་པ. L’homme saint ou excellent. » Le caractère de sa charité exposé par Çâkya à ses prêtres (folio 401).

25. Nanda-pravrajya-sûtra, tib. Dgah-vo-rab-tu-byung-vahi-mdo, དགའ​་བོ་རབ་ཏུ་བྱུང་བའི་མདོ. Sûtra sur l’entrée de Nanda dans l’ordre religieux de Çâkya (folios 401-405).

Il demande à Çâkya ce qu’on peut obtenir en adoptant la vie religieuse, et Çâkya lui énumère les divers avantages qui en résultent[5].

26. Devatâ-sûtra, tib. Lhahi-mdo. ལྷའི་མདོ (folio 405-408). Maximes morales versifiées exprimées sous forme de dialogue entre Çâkya et un dieu qui était venu le visiter pendant la nuit.

27. Alpa-devatâ-sûtra, tib. Lhahi-mdo ñung-gu, ལྷའི་མདོ་ཉུང་གུ Petit Sûtra d’un dieu. » Un dieu, visitant Çâkya, lui demande, en vers, par quelles œuvres ou quels mérites on peut obtenir le ciel ; et il lui répond (toujours en vers) que c’est en ne commettant aucune des actions immorales qu’on peut gagner le ciel ou le paradis (folios 408-409).

28. Candra sûtra. tib. Zla-vahi mdo. ཟླ་བའི་མདོ (folio 409). (Çâkya à Campaka (Sk. Campa-vati). La lune étant saisie par Ràhu, un dieu qui réside a recours à Çâkya et implore sa protection. Instruction que lui adresse Çâkya[6].

29. Kûtâgâra-sûtra, tib. Khang-bu brtsegs-pahi mdo. ཁང་བུ་བརྩེགས་པའི་མདོ (folios 410-4151. À la demande de Kun-dgah-vo, Çâkya dit les mérites qu’on acquiert en observant certaines cérémonies religieuses.

30. Point de titre sanskrit, tib. Gnas-hjog-gi-mdo, གནས་འཇོག་གི་མདོ folio (421). Sûtra sur un brahmane de ce nom ou Kapila le Ṛṣi. Sa conversation avec Çâkya à Ser-skya (Sk. Kapila). Après une instruction donnée par Çâkya, il prend son refuge en Buddha.

31. Nandika-sûtra. tib. Dgah-va-can-gyi mdo, དགའ་བ་ཅན་གྱི་མདོ (folio 415). À la requête de Nandika, sectateur du Buddha, Çâkya énumère les conséquences funestes des dix actions immorales.

32. Point de titre sanskrit, tib. Hkhar-gsil-gyi-mdo, འཁར་གསིལ་གྱི་མདོ. Sur l’emploi par les prêtres d’un bâton chargé de quelques ornements sonores.

33. Dharma-cakra-sûtra, tib. Chos-kyi hkhor-lohi-mdo, ཆོས་ཀྱི་འཁོར་ ལོའི་མདོ, (folios 425-431) Çâkya, à Vârânasî, dit à ses premiers disciples comment son esprit s’est développé de manière à voir la vérité et comment il a trouvé la suprême sagesse[7].

34. Karma-vibhâga, tib. Las-rnam-par hbyed-pa, ལས་རྣམ་པར་འབྱེད་པ. Explication sur les conséquences des actions morales, adressée par Çâkya à Çuka, jeune brahmane.

35. Karma-vibhâga-nâma dharma-grantha, tib. Las-kyi-rnam-par-hgyur-va jes bya-va chos-kyi gjung ལས་ཀྱི་རྣམ་པར་འགྱུར་བ་ཞེས་བྱ་བ་ཆོས་ཀྱི་གཞུང​ (folios 464-481). Traité religieux sur l’explication des causes et des conséquences des œuvres ou actions morales par Çàkya, à Mñan-yod (Sk. Çrâvasti), à la requête de Çukomanava (Brahmane), qui lui avait demandé d’où viennent le mal et le bien parmi les hommes. On y trouve une énumération de divers mérites religieux et muraux. Avantages qu’on peut recueillir par tels et tels mérites[8].


  1. L'Abhiniskramana-sûtra a beaucoup plus de ressemblance avec le Dulva qu’avec le Latitavistara ; c’est en majeure partie la reproduction textuelle du Dulva. (L. F.) 
  2. Ce même texte se retrouve plus loin sous un titre un peu différent, qui fait l’effet d’une simple variante : Rgyud, XI, 4. (L. F.) 
  3. Feu Anton Schiefner a reconnu que ce recueil de sentences correspond au célèbre recueil pali intitulé Dhammupada. Sur un millier de sentences comprises dans les trente-trois chapitres de l’Udâna-varga, un quart se retrouve dans le Dhammapada, ce qui fait un peu plus de la moitié du recueil pali. Peut-être découvrira-t-on dans le reste les cinquante stances dont se compose le recueil pali intilulé Udâna comme dans le présent texte tibétain. - M. Beal a trouvé et traduit en anglais la compilation chinoise qui correspond à l’Udâna-varga du Kandjour et au Dhammapada pali. (L. F.) 
  4. Vassilief donne à l’auteur de l’Udâna-varga le nom de Dharma-trâta. (Le Bouddhisme, p. 270.) (L. F.) 
  5. Il y a, tant dans le Kandjour et les livres népalais que dans le Tipitaka pali, des récits dont Nanda est le héros ; il ne s’agit pas toujours du même individu. (L.F.) 
  6. La version pâlie de ce sûtra a été traduite en tibétain et insérée dans le Kandjour. Voir vol. XXX, 24. (L.F.) 
  7. La version palie de ce sûtra célèbre et capital a été traduite en tibétain et incorporée dans le Kandjour : voir vol. XXX, 13. J’ai publié parallèlement la traduction de ces deux textes dans le Journal Asiatique (mai-juin 1870). (L. F.) 
  8. Il y a aussi en pâli deux Karma-Vibhaga un petit et un grand (Majjh. III, iv, 5-6) ; le commencement du premier des deux correspond assez exactement, mais non textuellement, au n° 35 ci-dessus, — Somme toute, la différence entre les textes tibétains et les textes sanscrits est considérable, quoiqu’il y ait entre eux des rapports évidents. (L. F.)