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Analyse du Kandjour/Mdo/29

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Csoma de Körös
Traduction par Léon Feer.
Texte établi par Musée Guimet, Paris (Tome 2p. 286-287).


VOLUME XXIX. — (Ha)

1. Pûrṇa mukha-avadâna-çataka, tib. Gang po-la sogs-pahi rtogs-pa-brod pa brgya-pa, གང་པོ་ལ་སོགས་པའི་རྟོགས་པ་བརྗོད་པ་བརྒྱ་པ. « Cent histoires légendaires de Gang-po (Sk. Pûrṇa), etc., etc., et d’autres ». Gang-po, riche et respectable brahmane, invite et reçoit Çâkya avec ses disciples, écoute ses instructions et, convaincu de sa puissance surnaturelle, prend refuge en lui. Dans ce volume il est dit à plusieurs reprises que, vers ce temps « toutes sortes de dieux et demi-dieux, rois et grands officiers, riches marchands et beaucoup d’autres hommes considérables témoignaient au Buddha et aux prêtres du Buddha un respect particulier et leur fournissaient libéralement tout ce qui était nécessaire à leur subsistance[1]. »

2. Jñânaka-sutra Buddha-avadâna, tib. Ces-ldan-gyi-mdo sangs-rgyas kyi rtogs-pa-brjod-pa, ཤེས་ལྡན་གྱི་མདོ་སངས་རྒྱས་ཀྱི་རྟོགས་པ་བརྗོད་པ, Histoire de Jñânaka, autrefois dieu, revenu ensuite à la vie parmi les hommes, et récit de la manière dont le Buddha (Çâkya), étant allé au ciel des dieux pour y instruire sa mère, avait dissipé les craintes de ce dieu envisageant avec épouvante sa future naissance dans un animal impur.

3. Sukârikâ-avadâna, tib. Phag-mohi-rtogs-pa-brjod-pa, ཕག་མོའི་རྟོགས་པ་བརྗོད་པ : « Histoire de Sukârikâ. » Un dieu, s’apercevant que sa prochaine incarnation et naissance s’accomplira parmi les porcs, pousse de grandes lamentations, à la pensée de quitter les plaisirs du ciel pour devenir un animal impur, un porc. Mais Indra lui ayant donné le conseil de prendre refuge en Buddha, il suit cet avis et, à sa mort, il renaît parmi les dieux d’un ciel plus élevé, dans Galdan (Sk. Tuṣita)[2].

4. Sumagadhâ-avadâna, tib. Magadha-bzang-mohi-rtogs-pa-vrjod-pa, མ་ག་དྷ་བཟང་མོའི་རྟོགས་པ་བརྗོད་པ. Histoire de Sumagadha, fille de ce riche et respectable maître de maison de Çrâvasti en Koçala[3] qui avait doté Çâkya d’un vaste établissement religieux dans un parc. Elle est mariée dans un pays éloigné de sa demeure, où il n’y a pas de bouddhistes. Profondément dégoûtée des mœurs grossières des prêtres brahmanes nus, et désirant initier son mari et la famille de son mari aux mœurs des bouddhistes, elle invite solennellement par une prière Çâkya et ses disciples à une réception ou fête religieuse. Ils apparaissent le lendemain, à la suite les uns des autres, d’une manière surnaturelle. À mesure que chacun des principaux disciples de Çâkya arrive, elle dit à son époux les qualités qui le caractérisent. — Sa piété et sa pénétration. — Ses mérites moraux antérieurs racontés par Çâkya. — Ancienne prédiction relative à la dégénération des prêtres et au déclin de la doctrine de Çâkya[4].

  1. La première partie des remarques de Csoma, sur ce recueil désigné habituellement sous le nom d’Avadâna çataka titre de l’original sanscrit, se rapporte au premier des cent récits. La seconde partie est relative à une phrase initiale qui se trouve en tête de chaque récit, comme aussi de plusieurs autres légendes étrangères au recueil. Cette phrase, devenue banale par ces répétitions multiples, n’a pas la valeur d’un témoignage historique que Csoma semble lui attribuer : c’est une de ces formules par lesquelles on exalte le Buddha.

    Burnouf a fait de nombreux emprunts à l’original sanscrit de ce recueil pour son Introd. à l’hist. du Budd. ind. ; il en a traduit plusieurs fragments et un récit tout entier. Il en avait entrepris une traduction complète qu’il n’a jamais publiée ni même probablement achevée.

    De mon côté, j’ai fait une traduction de ces cent légendes : j’en ai publié quelques-unes dans le Journal Asiatique, et j’ai inséré dans ce recueil une analyse sommaire, un résumé des cent légendes.

  2. L’original sanscrit se trouve dans le Divya avadâna. (L. F.) 
  3. Anathâpiṇḍada, maintenant bien connu, mais que Csoma évite toujours de nommer, tout simplement peut-être, parce qu’il ignorait l’original sanscrit de ce nom très complexe (voir ci-dessus p. 177, note, et 180 note 1).
  4. Il existe un Sumagadhâ-avadâna sanscrit, semblable à ce texte tibétain, mais qui est d’une rédaction différente. Burnouf a cité le texte sanscrit. Intr. à l’hist. du Buddh. ind., p. 278, réimpr.). — Vassilief cite un Sûtra Sumagadhi, très probablement le nôtre, où il est dit que « c’est une naissance que de ne pas naître », (Le Bouddhisme, p. 176) (L. F.)