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Anthologie japonaise ; poésies anciennes et modernes/Hyakou-nin-is-syou/Mon pays !

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MON PAYS









Ama-no hara furi-sake mireba Kasŭ-ga naru
Mikasa-no yama-ni idesi tsŭki kamo[1].



Sur la voûte céleste, en ce moment où j’élève mon regard, n’est-ce pas au-dessus de la montagne de Mikasa du pays de Kasouga que la lune se lève[2] ?

Extrait du 古今集 Ko-kin-siû. L’auteur de cette pièce de vers, Abe-no Naka-maro, qui vivait sous le règne de Gen-syô Ten-ô, quarante-quatrième mikado du Japon, fit partie d’une ambassade envoyée en Chine dans la seconde année de l’ère Rei-ki (716 de notre ère). Il y demeura plus de dix ans et y étudia les sciences et la littérature. Comme il se disposait à quitter cet empire, il arriva à Mingtcheou où des lettrés chinois lui offrirent un festin d’adieu. Pendant la nuit de ce festin, il y eut un clair de lune magnifique. C’est pourquoi Abéno Nakamaro composa ces vers où il faisait allusion à sa patrie, qu’il croyait déjà revoir.
  1. Hyakŭ-nin-is-syu, pièce vii ; Hito-yo gatari, vol. I, fo 44. ; Si-ka-zen-yô, p. 13.
  2. On a imité cette petite pièce de la manière suivante :

    C’est bientôt le temps du retour :
    À mon pays mon âme rêve ;
    J’y songe et la nuit et le jour
    Sans trêve.
    Déjà je crois voir le contour
    De la montagne qui s’élève
    Autour,
    Et la lune qui sur la grève
    Se lève.