Arnoldiana/Notice sur Sophie Arnould

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Albéric Deville
Gérard (p. 43-98).



NOTICE SUR SOPHIE ARNOULD.


Sophie Arnould naquit à Paris le 14 février 1740. Son père tenait rue des Fossés-S.-Germ.-l’Auxerrois une vaste hôtellerie, connue sous le nom d’hôtel de Lisieux[1]. Page:Deville - Arnoldiana.djvu/54 Page:Deville - Arnoldiana.djvu/55 Page:Deville - Arnoldiana.djvu/56 Page:Deville - Arnoldiana.djvu/57 Page:Deville - Arnoldiana.djvu/58 Page:Deville - Arnoldiana.djvu/59 Page:Deville - Arnoldiana.djvu/60 Page:Deville - Arnoldiana.djvu/61 Page:Deville - Arnoldiana.djvu/62 Page:Deville - Arnoldiana.djvu/63 Page:Deville - Arnoldiana.djvu/64 Page:Deville - Arnoldiana.djvu/65 Page:Deville - Arnoldiana.djvu/66 Page:Deville - Arnoldiana.djvu/67 Page:Deville - Arnoldiana.djvu/68 Page:Deville - Arnoldiana.djvu/69 Page:Deville - Arnoldiana.djvu/70 Page:Deville - Arnoldiana.djvu/71 Page:Deville - Arnoldiana.djvu/72 Page:Deville - Arnoldiana.djvu/73 Page:Deville - Arnoldiana.djvu/74 Page:Deville - Arnoldiana.djvu/75 Page:Deville - Arnoldiana.djvu/76 Page:Deville - Arnoldiana.djvu/77 Page:Deville - Arnoldiana.djvu/78 Page:Deville - Arnoldiana.djvu/79 Page:Deville - Arnoldiana.djvu/80 Page:Deville - Arnoldiana.djvu/81 Page:Deville - Arnoldiana.djvu/82 Page:Deville - Arnoldiana.djvu/83 Page:Deville - Arnoldiana.djvu/84 Page:Deville - Arnoldiana.djvu/85 Page:Deville - Arnoldiana.djvu/86 Page:Deville - Arnoldiana.djvu/87 Page:Deville - Arnoldiana.djvu/88 Page:Deville - Arnoldiana.djvu/89 Page:Deville - Arnoldiana.djvu/90 Page:Deville - Arnoldiana.djvu/91 Page:Deville - Arnoldiana.djvu/92 Page:Deville - Arnoldiana.djvu/93 Page:Deville - Arnoldiana.djvu/94 Page:Deville - Arnoldiana.djvu/95 Page:Deville - Arnoldiana.djvu/96 Page:Deville - Arnoldiana.djvu/97 Page:Deville - Arnoldiana.djvu/98 Page:Deville - Arnoldiana.djvu/99 Page:Deville - Arnoldiana.djvu/100 Page:Deville - Arnoldiana.djvu/101 Page:Deville - Arnoldiana.djvu/102 Page:Deville - Arnoldiana.djvu/103 Page:Deville - Arnoldiana.djvu/104 Page:Deville - Arnoldiana.djvu/105 viendrait bientôt à son secours ; elle lui fît part de sa position pénible, et il l’invita à dîner pour le lendemain. Mme D., présente à cette réunion, fut enchantée de rencontrer Sophie Arnould, qu elle ne connaissait que de réputation ; elle alla lui faire une visite, et, la voyant misérablement logée chez un perruquier de la rue du Petit-Lion , elle lui proposa un appartement dans sa maison. Sophie accepta avec la plus vive reconnaissance une offre aussi généreuse, et trouva bientôt près de sa nouvelle amie tous les charmes que les bons cœurs répandent autour d’eux. M. F., redevenu ministre en Ï798, fit obtenir à Sophie une pension de 2,400 fr. et un logement à l’hôtel d’Angivilliers, près le Louvre. Alors quelques amis se rapprochèrent d’elle ; des gens de lettres et des artistes lui formèrent encore une société agréable.

Sophie Arnould conserva jusqu’au dernier instant tout l’enjouement de son esprit ; les grâces semblaient avoir effacé la date de son âge, et la vivacité de ses saillies faisait oublier les ravages que le temps avait fait à ses charmes. Elle était attaquée d’un squirrhe au rectum, qui lui était survenu à la suite d’une chute : un jour, qu’elle avait rassemblé plusieurs docteurs pour examiner le siége secret de ce mal douloureux, elle dit : « Faut-il que je paie maintenant pour faire voir cette chose-là, tandis qu’autrefois… »

Elle mourut à l’hôtel d’Angivilliers sur la fin de 1802 ; sa dépouille mortelle fut portée dans le champ du repos de Montmartre ; aucune pompe funèbre ne l’accompagna, aucun marbre ne lui servit de tombe : un de ses amis, témoin de cette modeste sépulture, s’écria douloureusement :

Ainsi tout passe sur la terre,
Esprit, beauté, grâces, talens,
Et, comme une fleur éphémère,
Tout ne brille que peu d’instans !

  1. C’est dans cette maison que périt l’amiral de Coliguy pendant le massacre de la Saint-Barthélemi, et non dans l’hôtel Montbazon, rue Bétizi, comme le racontent plusieurs annalistes. L’hôtel de