25%.png

Au service de la France/T7/Ch I

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Plon-Nourrit et Cie (7p. 1-74).


CHAPITRE PREMIER

Sur le front franco-belge. — Visite au roi Albert et à la reine Élisabeth. — L’incident Sarrail et la question des Dardanelles. — En Alsace avec Pierre Loti. — Les cimetières de Moosch et de Thânn. — Le gouvernement, les commissions et les Chambres. — Conférences avec les ministres et avec le général Joffre. — Le roi des Belges sur le front français. — L’empereur Nicolas II songe à prendre le commandement de ses armées.


Dimanche 1er août 1915.

On se bat toujours de tranchées à tranchées. Nous restons immobilisés dans une interminable guerre de siège.

Parti hier soir de Paris avec Millerand, Duparge, Pénelon, Doumayrou, j’arrive ce matin dans la petite place de Bergues, qui est aux trois quarts déserte et dont beaucoup de maisons ont été détruites ou endommagées par le bombardement. Foch y est venu au-devant de nous. Ensemble, Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/7 Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/8 Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/9 Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/10 Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/11 Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/12 des soldats, qui prennent un bain de mer, ne se gênent pas pour accourir vers nous en caleçon. Des musiques jouent la Marseillaise et la Brabançonne. Après avoir pris congé de la famille royale, nous partons et traversons de nouveau Dunkerque. Nous faisons halte à Gravelines, où nous visitons des hangars d’approvisionnements établis en France par l’intendance belge. Puis, nous stationnons un peu plus longuement à Calais, dans l’arsenal belge, dans les beaux pavillons où les Anglais accumulent des denrées pour leurs troupes, dans les gares réservées à chacune des deux armées alliées. La pluie tombe. Nous reprenons mon train.

Mardi 3 août.

Rentrée à Paris dès huit heures du matin. Avant le Conseil, je m’enquiers de ce qui s’est passé en mon absence. La Douma a rouvert avant-hier sa session. Les déclarations énergiques du gouvernement russe ont reçu sur tous les bancs la plus ferme approbation. Paléologue s’est entretenu avec des députés des divers groupes. Ils lui ont affirmé que le peuple est résolu à poursuivre la guerre à outrance jusqu’à la victoire complète. (Petrograd, n° 943.)

Les conversations continuent avec la Bulgarie, la Grèce, la Serbie, la Roumanie. On remanie les formules, on multiplie les démarches. Mais plus la victoire se dérobe, plus la diplomatie reste impuissante. Le sous-chef d’état-major général de l’armée bulgare, ancien attaché militaire en Allemagne et homme de confiance du roi Ferdinand, est parti samedi en grand mystère pour Berlin, où le nouveau ministre de Bulgarie, M. Rizoff, dont les sympathies sont bien connues, doit travailler à préparer une entente avec l’Allemagne. (Sofia, n° 351.)

J’ai pensé que l’anniversaire de la séance du 4 août 1914 me faisait un devoir d’adresser aux Chambres un message. Mais elles ne siègent pas demain. La prochaine séance n’a lieu que jeudi. D’autre part, quelques ministres paraissent redouter l’inconvénient constitutionnel de messages trop fréquents.

Mercredi 4 août.

Dubost et Deschanel sont tous deux d’avis de célébrer l’anniversaire. Le roi d’Angleterre m’a, du reste, envoyé à cette occasion un télégramme très confiant et très ferme. Il est bon qu’en France les pouvoirs publics montrent, aux yeux des ennemis et des neutres, la même persévérance et la même sérénité.

Jeudi 5 août.

La communication faite hier à Nisch par les Alliés a été assez mal accueillie par M. Pachitch, qui a trouvé les avantages promis à la Bulgarie nuisibles à l’existence même de la Serbie et qui a réservé sa réponse. (Nisch, n° 558.) Pour essayer d’atténuer ce mécontentement, je télégraphie, d’accord avec le Conseil des ministres, au prince régent de Serbie : « À l’expiration de la première année de guerre, je tiens à envoyer mes vœux à Votre Altesse Royale et au vaillant peuple serbe. Voici de longs mois que nos alliés et nous, nous combattons avec la Serbie contre les ennemis de son indépendance et nous avons encore de grands efforts à faire pour assurer une victoire complète. Je prie Votre Altesse Royale de croire que, dans toutes les négociations diplomatiques nécessitées par les événements, la France et ses Alliés continuent d’avoir en vue les intérêts de la Serbie. Si nous lui demandons de consentir à certains sacrifices, c’est parce qu’ils peuvent être la condition du succès définitif. Ils seront, d’ailleurs, grandement compensés par les avantages considérables que les Alliés ont l’intention d’assurer à la Serbie et qui comprendront, au moins, l’annexion de la Bosnie et de l’Herzégovine, avec un large accès sur l’Adriatique… »

Je communique au Conseil, qui l’approuve, un projet de message, destiné à recommander la constance et l’union. « Vous trouverez naturel, dis-je notamment, qu’après une année de guerre, le président de la République tienne à honneur de s’associer au gouvernement et aux Chambres pour rendre un hommage d’admiration et de reconnaissance à la nation et à l’armée. Lorsque, il y a douze mois, j’ai recommandé au pays cette union sacrée qui était et qui demeure une des conditions de la victoire, je ne doutais pas que mon appel ne fût immédiatement entendu. Seuls, nos ennemis, qui ont toujours méconnu la France, pouvaient croire que nous offririons à leur brutale agression le concours de nos dissentiments… » Après avoir fait l’éloge de nos soldats, j’ajoute « Dans l’égarement de son orgueil, l’Allemagne s’était représenté une France légère, impressionnable, mobile, incapable de persévérance dans les desseins et de ténacité dans l’effort. Le peuple et l’armée continuent d’opposer à ce jugement calomnieux la réalité de leur force tranquille… » Et je termine par ces mots : « La seule paix que puisse accepter la République est celle qui garantira la sécurité de l’Europe, qui nous permettra de respirer, de vivre et de travailler, qui reconstituera la patrie démembrée, qui réparera nos ruines et qui nous protégera avec efficacité contre tout retour offensif des ambitions germaniques. Les générations actuelles sont comptables de la France vis-à-vis de la postérité. Elles ne laisseront pas profaner ou amoindrir le dépôt que nos ancêtres ont confié à leur garde passagère. La France veut vaincre. Elle vaincra[1]. »

Viviani annonce au Conseil que l’accord s’est fait avec les Chambres sur le fonctionnement du contrôle. Le président du Conseil a nettement stipulé que pour l’accomplissement des missions parlementaires, il devrait y avoir entente entre le gouvernement et les commissions. Les délégués des groupes, réunis sous la présidence de Jules Siegfried, ont voté à l’unanimité un ordre du jour où il est pris acte de cet arrangement.

Longue discussion sur l’affaire des Dardanelles. D’une part, Millerand a reçu de Joffre une lettre datée du 3 août et remplie d’objections contre le plan des généraux Gouraud et Bailloud ; d’autre part, Sarrail paraît peu disposé à accepter le commandement de l’expédition, si elle ne comprend pas des unités nouvelles. Or, plusieurs membres du Conseil ont peur de paraître « humilier un général républicain ». Marcel Sembat déclare tout net que, si l’on commettait cette faute, le cabinet serait renversé. Je supplie le Conseil d’examiner la question des Dardanelles en elle-même, sans s’arrêter aux considérations de personnes ; et finalement, c’est ce que le Conseil se décide à faire. Mais voici que la lettre de Joffre au ministre, lue par Millerand, agite de nouveau les esprits, « Malgré une supériorité marquée, écrit le général en chef au ministre, les Russes reculent devant les Austro-Allemands, ce fait s’expliquant évidemment par leur pénurie en armes et en munitions. En ce qui concerne l’avenir, il importe de ne pas nous leurrer de fausses espérances. La reconstitution des puissantes armées modernes ne s’improvise pas du jour au lendemain ; on ne crée pas des cadres, on ne fabrique pas en grand nombre des obus et des fusils ; il peut donc se passer des mois avant que les Russes soient en état de reprendre l’offensive… N’oublions pas que nous avons atteint le maximum de notre état militaire. Si les Anglais doivent, au cours de l’hiver prochain, nous amener des forces nouvelles, nous ne pouvons plus, nous, que décroître au point de vue des effectifs. Or les faits sont là pour démontrer (et actuellement le monde entier le sait) que seule l’armée française peut tenir tête à l’armée allemande et la battre. Non seulement l’occasion d’agir est favorable, mais c’est pour nous un étroit devoir envers les Russes, devoir auquel ils n’ont pas failli dans des circonstances analogues. Enfin, nous sommes formellement engagés par le protocole de la Conférence du 7 juillet dernier, approuvé par les représentants militaires de toutes les puissances alliées et je considère que votre signature et la mienne comportent l’engagement de la France. En définitive, les circonstances sont trop incertaines actuellement pour que nous puissions prélever sur nos armées du nord-est des forcés à diriger sur les Dardanelles. » Bref, l’opinion du général en chef se résume en trois ou quatre mots, dont le premier n’est peut-être pas très juste pour nos alliés : l’armée française est seule capable de battre l’armée allemande, l’armée française ira désormais en diminuant, il faut donc agir tant qu’elle est forte et il le faut d’autant plus que nous l’avons promis.

Au sujet de cette promesse, les renseignements qui m’ont été donnés sur la Conférence du 7 juillet ne m’ont pas permis jusqu’ici de savoir exactement à quoi m’en tenir. Le colonel Buat vient seulement de m’envoyer, au nom du ministre, le procès-verbal de la séance qui s’est tenue à Chantilly et à laquelle assistaient Millerand, Joffre, le colonel italien di Breganze, le colonel serbe Stephanovitch, le colonel russe Ignatieff, le maréchal French, le général major belge Wielemans. II a été effectivement décidé que, pendant la continuation de la manœuvre en cours sur le théâtre oriental, c’est-à-dire durant la retraite russe, les forces françaises poursuivraient une série d’actions localisées et reprendraient le plus tôt possible des opérations offensives d’ensemble ; que l’armée britannique, bientôt grossie de divisions nouvelles, prêterait son concours le plus complet à ces opérations offensives ; que l’armée belge y participerait dans la mesure de ses moyens ; que l’armée italienne développerait ses opérations en direction de Laybach-Villach ; qu’enfin l’armée serbe, de son côté, s’efforcerait de coordonner son action avec celle de l’armée italienne.

J’ignorais ces intentions, au courant desquelles le gouvernement n’a pas été mis plus que moi, et qui me paraissent tout à fait contraires aux avis que j’ai recueillis dans mes entretiens avec la plupart des généraux. Un télégramme chiffré, Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/19 Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/20 Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/21 Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/22

Dimanche 8 août.

Nous sommes partis de Paris hier soir, par la gare de l’Est. Pierre Loti m’accompagne. J’espère qu’il va trouver dans les Vosges et en Alsace une opulente collection d’images et qu’il rapportera de son voyage quelques-unes de ces pages que seul il sait écrire.

Nous arrivons, vers huit heures du matin, dans la coquette ville de Gérardmer, où m’attend le général de Maud’huy, commandant de la 7e armée. Nous montons dans une automobile. Loti y installe auprès de lui une discrète valise, qui contient, nous dit-il, « ses fétiches » et, si je ne me trompe, ses plus précieux objets de toilette.

Nous allons, d’abord, au Valtin, où le lieutenant-colonel Messimy a son poste de commandement. J’y trouve aussi le colonel Brissaud-Desmaillet, qui commande la 3e brigade de chasseurs et qui, me dit Maud’huy, s’est admirablement conduit dans les opérations du Linge. Messimy est encore couché, mais la blessure qu’il a reçue à la cuisse est en voie de guérison, et il supporte son mal avec bonne humeur. Il me répète ce qu’il m’a écrit. L’affaire du Linge a été, suivant lui, gâtée par les officiers de liaison du G. Q. G., qui n’ont pas voulu tenir compte de l’avis des exécutants. Les positions que nous occupons près du sommet sont intenables à cause du bombardement. Il faut avancer ou reculer et, pour avancer, on aurait besoin d’une division fraîche. Le colonel Brissaud-Desmaillet, appelé par Messimy auprès de son lit, me confirme les impressions de l’ancien ministre et, tout à coup, en me parlant, ce mâle soldat éclate en sanglots et me dit : « Quand je pense qu’on fait tuer nos chasseurs pour rien et qu’ils sont si braves ! » Gagné moi-même par cette émotion, je me promets de signaler, à nouveau, au général Joffre les défauts de méthode dont se plaignent tant de combattants.

Je quitte le Valtin avec le général Pouydraguin, commandant de la 47e division, qui me donne des renseignements confirmatifs. Je sais bien que le 3 août, Joffre vient d’envoyer aux officiers de liaison du quartier général des instructions pour qu’ils se rendent un compte plus exact des nécessités de la guerre et poussent toujours leurs inspections jusqu’aux lignes avancées. Mais le contact paraît encore insuffisant entre le G. Q. G. et le front.

Par la jolie vallée de la Moselotte, nous descendons jusqu’à Cornincourt, pour remonter aussitôt au col de Bramont, merveilleusement décoré de sapins et d’herbages. Les Vosges franchies, nous voici en Alsace et, par une belle route en lacets, nous suivons la haute vallée de la Thur, jusqu’au petit village de Krüt. Là, nous nous arrêtons, pour entrer dans quelques cantonnements. Des soldats se précipitent vers nous, et aussi des enfants, garçons et fillettes, qui nous offrent des fleurs. Mais Loti, qui n’est jamais venu en Alsace ni même dans les Vosges, s’étonne d’entendre ces jeunes écoliers parler un dialecte germanique. Ils savent, en effet, beaucoup moins le français que les élèves du bas de la vallée.

A Krüt, nous quittons nos automobiles fermées pour en prendre de plus légères, découvertes, et monter plus aisément les pentes du Griebkopf. Par une route nouvelle, que viennent d’ouvrir les officiers du génie militaire et qui grimpe lestement au milieu des sapins et des hêtres, nous poussons jusqu’à Mittlach. C’est un village traversé par un torrent qui va se jeter dans la Fecht, en amont de Metzeral. Lorsque nous avons été forcés d’abandonner Münster, les Allemands se sont avancée, non seulement jusqu’à Muhlbach et à Metzeral, mais jusqu’à Mittlach et ils y sont restés jusqu’au 26 avril. À cette date, ils ont failli y être surpris par nos troupes et se sont enfuis. L’école des filles a été installée dans l’église. Nous entrons. Une soixantaine de fillettes sont là. Deux seulement savent quelques mots de français. Deux me demandent, l’une en demi-français, l’autre en allemand, de faire revenir leurs pères, qui, suivant les procédés qu’a justement dénoncés Barrés et qui n’ont pas tout à fait cessé, ont été évacués et internés. Je prends note des noms et ferai le nécessaire. Une dizaine d’élèves sont costumées en Alsaciennes et me remettent des bouquets. La classe des petits garçons ne fonctionne elle-même que depuis une dizaine de jours. Je m’y arrête quelques instants, puis le maire, qui parle français, m’introduit dans la salle de la mairie et j’y lis, sur un mur, un écriteau qui porte ces simples mots : « La commune de Mittlach est redevenue française le 26 avril 1915. » Tout auprès, ma photographie avec un flot tricolore. La population, d’ailleurs peu nombreuse, m’accueille avec une curiosité sympathique, mais elle est beaucoup plus réservée que celle de la basse vallée de la Thur. Elle se demande, sans doute, si les faits ne démentiront pas demain l’écriteau d’aujourd’hui.

Nous déjeunons, le général de Pouydraguin et nous, au poste de commandement du lieutenant-colonel Boussat, qui commande le groupe de chasseurs de la 66e division. Nous sommes, en réalité, dans le secteur du général Serret, notre ancien attaché militaire à Berlin, commandant de cette division[2]. Il est venu nous voir un instant à Krüt, mais il a dû partir aussitôt pour Saint-Amarin, où il préside une grande fête donnée à l’occasion de la distribution des prix. Le général de Pouydraguin est resté avec nous pour le suppléer. Le poste de commandement du lieutenant-colonel Boussat est installé dans le presbytère, que le curé de Mittlach, Allemand immigré, s’est empressé d’abandonner. Le lieutenant-colonel a pour cuisinier le propre « chef » du roi d’Angleterre, Français mobilisé, et le repas est succulent. Nous ne pouvions nous attendre à pareille chère dans ce petit village alsacien, difficilement ravitaillé par des routes de montagne.

Après le déjeuner, nous visitons l’ambulance, le cimetière militaire, une compagnie de mitrailleuses, et nous allons enfin saluer le conseil municipal réuni par le maire. Deux conseillers seulement savent le français. Ce sont des vétérans de 1870. Nous montons ensuite, au sud de Mittlach, à un camp de chasseurs et à l’observatoire de Breitfirst, d’où nous découvrons les tranchées du Linge et du Barrenkopf et très loin, à l’horizon, l’Oberland et les Alpes. La journée paraît calme. Une forte contre-attaque allemande a été repoussée hier soir et les deux partis semblent maintenant au repos. Loti n’est pas tenté par l’ascension de l’observatoire ; il va rêver sur les pentes, dans la fraîcheur d’un petit bois.

Nous revenons directement sur Krüt, où nous attendent soldats et habitants. L’accueil de la population est, cette fois, très chaleureux. Nos automobiles partent chargées de bouquets. Nous prenons, par un temps splendide, le col du Ventron, et, de là, gagnons le Thillot, Ramonchamp et Létraye, où mon ami Maurice Bernard nous a invités, Loti et moi, dans sa paisible maison de campagne.Nous y passons, dans l’intimité, devant un beau panorama vosgien, une soirée qui, en d’autres circonstances, serait délicieuse.

Lundi 9 août.

Réveil devant le spectacle presque révoltant d’une nature calme et sereine. Longue causerie avec Maurice. Nous partons ensuite, par le col de Bussang, pour Urbès et Wesserling. Le général Serret nous attend à l’extrémité de la belle allée qui monte au château et à l’usine. De chaque côté, derrière les rangées des troupes, sont massés des habitants enthousiastes. On m’accueille déjà comme une vieille connaissance, et avec plus de liberté qu’il y a quelques mois. Tout est pavoisé, les maisons et les arbres. Ce ne sont que cris de « Vive la France ! » En compagnie du général Serret, nous nous rendons à Saint-Amarin, où la réception est encore plus chaleureuse. Des femmes se précipitent vers moi, me remettent des brassées de fleurs. J’entre à la mairie. Le maire me lit un compliment de bienvenue. Je réponds tant bien que mal, d’une voix étranglée. Dehors, devant l’école, petits garçons et petites filles sont debout chantant la Marseillaise. Je reconnais la plupart d’entre eux. Je les remercie, je les félicite, je Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/28 Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/29 Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/30 Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/31 Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/32 Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/33 Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/34 Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/35 Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/36 Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/37 Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/38 Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/39 Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/40 Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/41 Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/42 Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/43 Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/44 Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/45 Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/46 Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/47 Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/48 Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/49 Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/50 Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/51 Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/52 Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/53 Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/54 Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/55 Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/56 Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/57 Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/58 Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/59 Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/60 Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/61 Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/62 Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/63 Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/64 Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/65 Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/66 Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/67 Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/68 Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/69 Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/70 Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/71 Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/72 Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/73 Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/74 Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/75 Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/76 Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/77 Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/78 Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/79 Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/80 Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 7, 1931.djvu/81

  1. Messages et discours, Bloud et Gay, p. 63 et s.
  2. Vie et mort du général Serret, par Henry Bordeaux, Plon édit., p. 173 et s.