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Ballade de l’appel de Villon

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Œuvres complètes de François Villon, Texte établi par éd. préparée par La Monnoye, mise à jour, avec notes et glossaire par M. Pierre JannetA. Lemerre éd. (p. 104-105).
BALLADE
DE L’APPEL DE VILLON.


Que dites-yous de mon appel,
Garnier ? Feis-je sens ou follie ?
Toute beste garde sa pel ;
Qui la contrainct, efforce ou lye,
S’elle peult, elle se deslie.
Quand à ceste peine arbitraire
On me jugea par tricherie,
Estoit-il lors temps de me taire ?

Se fusse des hoirs Hue Capel,
Qui fut extraict de boucherie,
On ne m’eust, parmy ce drapel,
Faict boyre à celle escorcherie :
Vous entendez bien joncherie ?
Ce fut son plaisir voluntaire

De me juger par fausserie.
Etoit-il lors temps de me taire ?

Cuidez-vous que soubz mon cappel
N’y eust tant de philosophie
Comme de dire : « J’en appel » ?
Si avoit, je vous certifie,
Combien que point trop ne m’y fie.
Quand on me dit, présent notaire :
« Pendu serez ! » je vous affie,
Estoit-il lors temps de me taire ?

ENVOI.

Prince, si j’eusse eu la pepie,
Pieça je fusse où est Clotaire,
Aux champs debout comme ung espie.
Estoit-il lors temps de me taire ?