Beautés de la poésie anglaise/Les Nénuphars

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Traduction par François Chatelain.
Beautés de la poésie anglaiseRolandivolume 1 (p. 8-9).


Les Nénuphars.


Venez lutins, venez ! gentiment attifées,
Voilà qu’en nos vallons se rassemblent les fées,
C’est que les nénuphars ont sur tous les étangs
Dans les coins et recoins posé leurs petits bancs,
Et là légèrement chacun place son vase
Sur le sein palpitant de l’eau qui flotte et jase,
Happant les chauds rayons du soleil radieux
Qui vient les féconder ces nénuphars heureux,
Et d’une étoile d’or s’en vient doter leur couche,
Étoile qui bientôt elle aussi fera souche,
Et qui le nez au vent scintillant vers l’azur,
Semble y chercher sa sœur l’étoile au front si pur.
Venez lutins, venez ! nos mignonnes nacelles
Ont rames de roseaux, ont voiles de dentelles,
Et nous ferons pour vous amuser en chemin
Une douce musique, un chant suave enfin,

Le soupir de la flute ou la voix de la brise,
Ou de la goutte d’eau caressant le cytise.
Venez lutins, venez ! la vie est courte, car
Un seul coup de soleil, c’est fait du nénuphar !