Berceuse d’ombre

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Les Hortensias bleus
Georges Richard (p. 30-31).

XVI

BERCEUSE D’OMBRE


Des formes, des formes, des formes,
Blanche, bleue, et rose, et d’or,
Descendront, du haut des ormes,
Sur l’enfant qui se rendort.
Des formes !

Des plumes, des plumes, des plumes,
Pour composer un doux nid.
Midi sonne ; les enclumes
Cessent ; la rumeur finit…
Des plumes !

Des roses, des roses, des roses,
Pour embaumer son sommeil.
Vos pétales sont moroses,
Près du sourire vermeil,
Ô roses !


Des ailes, des ailes, des ailes,
Pour bourdonner à son front,
Abeilles et demoiselles,
Des rythmes qui berceront.
Des ailes !

Des branches, des branches, des branches,
Pour tresser un pavillon,
Par où les clartés, moins franches,
Descendront sur l’oisillon,
Des branches !

Des songes, des songes, des songes !
Dans ses pensers entr’ouverts
Glissez un peu de mensonges
À voir la vie au travers
Des songes.

Des fées, des fées, des fées,
Pour filer leurs écheveaux
De mirages, de bouffées,
Dans tous ces petits cerveaux.
Des fées !

Des anges, des anges, des anges,
Pour emporter dans l’éther
Les petits enfants étranges
Qui ne veulent pas rester
Nos anges !