Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850/F

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E Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850 G


FABRE (FRANÇOIS, baron)[modifier]

Son père, qui était lieutenant de grenadiers dans le régiment de Soissonnais-Infanterie, et qui avait obtenu par sa bravoure la croix de Saint-Louis, fut tué au siège de Manon en 1756 (1).

François Favre naquit dans un cantonnement près de Monaco le 27 septembre 1755 ; mais le colonel de Soissonnais, voulant- le faire participer immédiatement à la solde d’enfant de troupe, fit antidater l’époque de sa naissance.

(1) Son grand-père, gendarme de la Maison du Roi, chevalier de Saint-Louis, a été tué à la bataille d’Etlingen. Son bisaïeul, lieutenant au régiment de Soissonnais, fut tué au siège de Fontarabie. Cette curieuse filiation se trouve consignée dans les registres matricules du régiment de Soissonnais.

Enrôlé dans la brigade d’artillerie de Cosne, devenue régiment de Toul (7e d’artillerie) le 1er janvier 1763, il y devint sergent le 1er octobre.1770. Il fit partie en 1778, du camp de Vaussière, commandé par le maréchal de Broglie. Embarqué au Havre, en juin 1779, pour faire partie de l’expédition dirigée par le maréchal de Vaux, il fut nommé lieutenant le 7 juillet même année. Cette expédition n’ayant pas eu lieu, Favre fut dirigé sur les côtes de Normandie, où il servit de 1780 à 1782.

Le 18 août 1768, le conseil d’administration de son régiment lui confia l’emploi de quartier-maître-trésorier, qu’il occupa avec zèle et probité jusqu’au 1" avril 1791, époque à laquelle il fut promu au grade de capitaine. Passé en

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1792 au commandement en troisième de ’■ l’École des élèves, il y fut utilement employé pendant deux ans. Il avait reçu, le Ie’ janvier 1791, la croix de chevalier de Saint-Louis.

Nommé chef de bataillon sous-directeur d’artillerie à Strasbourg, le 10. brumaire an II, et chef de brigade directeur des forges le 15 ventôse même année, Favre a fait les guerres des ans II, III et IV dans la Vendée, où il fut, en outre, employé extraordinairement, pendant cette période, par le Comité de salut public, par le ministre de la guerre et par celui de la marine : il s’est trouvé aux attaques dirigées contre les insurgés aux environs de Gholtet et de Saint-André.

Dans l’incendie de Meudon, en germinal an IV, il fut grièvement blessé au pied droit, en se précipitant au milieu d’une explosion de 164 obus, aGn d’intercepter une communication qui allait, porter le feu à 170 mille de ces projectiles et à un magasin contenant 30 milliers de poudre. Ce fait a été considéré comme une action d’éclat par le Comité de salut public, qui le consigna dans le registre de ses délibérations, et en fit faire une mention honorable dans les journaux du temps. Passé à l’armée de Sambre-et-Meuse, il s’y fit remarquer, en l’an V et en l’an VI, aux batailles de Neuwied, à l’assaut de la redoute d’Esterdorff, au.blocus d’Erhenbreistein et de Mayence, et dans toutes les affaires partielles qui eurent lieu devant ces deux places. La campagne d’Allemagne de l’an VII ne lui fit pas moins d’honneur : il s’y signala dans les diverses rencontres avec l’ennemi et reçut les encouragements les plus flatteurs de la part des officiers généraux sous les ordres desquels il servait.

Rentré dans l’intérieur au commencement de l’an VIII, il fut chargé par le ministre de la guerre de l’inspection des

forges de la République. Envoyé à l’armée des côtes de l’Océan en l’an XI, il y reçut le 19 frimaire an XII, la croix de la Légion-d’Honneur et le 25 prairial suivant celle d’officier du même ordre. Pendant ces dernières campagnes, il s’empara, sur les côtes de Calais, d’une chaloupe canonnière anglaise, la Woid-lar, armée de 18 caronades de vingt-quatre. Le colonel Fabre était employé à Maëstricht à la fin de l’an XIII, lorsqu’il reçutl’ordre de se rendre à la.grande armée, où il fit les campagnes de l’an XIV à 1807 avec le 1" corps de l’armée de réserve.

Désigné pour faire partie de l’armée d’Espagne, il assista au siège de Girone en juillet et août 1808, et y fut blessé deux fois. La même année, il fit prendre le large, avec 2 seules pièces de bataille bien dirigées, à une frégate anglaise et à 3 chaloupes canonnières espagnoles qui interceptaient le passage des colonnes françaises ; il s’est trouvé dans les combats et affaires partielles qui ont précédé et suivi le blocus et l’attaque de la place de Barcelone ; il y reçut une blessure, eut ses habits criblés de balles et un cheval tué sous lui. Le 4 février 1811, il se défendit corps à corps contre trois Espagnols qui cherchaient à le faire prisonnier, et reçut dans cette lutte cinq blessures à la tête et au genou. Vers ce temps, Napoléon le nomma baron de l’Empire. Après les guerres de 1809 à 1811, il passa à l’armée de Catalogne, où il servit jusqu’en 1814.

Rentré enFrance àla fin de cette année, il adressa sa soumission à Louis XVIII, qui le nomma commandeur de la Légion-d’Honneur le 17 mars 1815. Mis à la retraite de maréchal de camp le 6 octobre suivant, il reçut, le 11 décembre 1816, le brevet honorifique de ce grade. 11 avait, lors de sa mise à la retraite,

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cinquante-deux ans de service, non compris huit années d’enfant de troupe. Il est mort le 21 décembre 1827.

FABVIER (CHARLES-NICOLAS, baron)[modifier]

né à Pont-à-Mousson en 1783. Élève de l’École polytechnique, il entra au let régiment d’artillerie en 1804, fit ses premières armes en Allemagne et fut blessé à l’affaire de Crems et Diernstein, ce qui lui valut, si jeune encore, la croix d’honneur. 11 fut chargé d’une mission de confiance en 1807, et fut au nombre des officiers que l’Empereur envoya au sultan Selim pour défendre sa capitale contre les Anglais.

Le lieutenant Fabvier obtint de se joindre au général Gardanne, plénipotentiaire près du Shah de Perse que Napoléon voulait dérober à l’influence de l’Angleterre et de la Russie. On l’envoya à Ispahan pour y fonder un arsenal et y créer un matériel d’artillerie. Le Shah récompensa ses succès et son zèle par la décoration de l’ordre du Soleil.

Fabvier rentra en Europe par la Russie. A la fin de 1809, il servit comme volontaire à l’armée polonaise, sous Po-. niatowski. Arrivé à Vienne, il fut nommé capitaine dans la garde impériale. Aide-de-camp du duc de Raguse en 1811, ce maréchal l’envoya, quoique blessé, en Russie, rendre compte à l’Empereur de la bataille de Salamanque. Il arriva au quartier général le 6 septembre 1812, veille de la bataille de la Moskowa. Il y fut blessé grièvement à l’assaut de la grande redoule. On l’avait vu s’arracher au sommeil au bruit du canon, s’armer d’un fusil, combattre au premier rang de nos tirailleurs, remplacer le premier chef qui venait de tomber et aller recevoir deux balles en s’élançant au plus fort du danger. L’Empereur le récompensa en le nommant chef d’escadron au 6e corps. Il fit la cam-

pagne de Saxe en 1813, fut élevé au grade de colonel d’état-major et nommé baron de l’Empire ; servit avec distinction dans la campagne de France, et signa, le 31 mars 1814, la capitulation de Paris, au nom de Mortier et Marmont.

Au retour de l’Empereur, il fit partie comme volontaire des corps de partisans qui se levèrent pour défendre les frontières.

En 1817, il accompagna le duc de Raguse à Lyon, comme chef d’état-major.

Misa la réforme, et quelque temps après en disponibilité pour cause de libéralisme, il fut arrêté au mois d’août 1820, comme prévenu d’avoir pris part à la conspiration militaire que jugeait alors la Cour des pairs, mais il fut remis en liberté par défaut de charges. Cité ensuite à la requête du ministère public, comme témoin, il fit une déposition remarquable, et refusa de faire connaître un nom qui lui était demandé par le procureur général La Cour le condamna pour refus à 500 fr. d’amende.

En 1822, accusé d’avoir tenlé de favoriser l’évasion des quatre sergents de La Rochelle, il fut acquitté ; mais, découragé, il quitta la France en 1823 et alla porter aux Grecs le secours de son épée et de ses conseils. Débarqué à Navarin, il y établit aussitôt un magasin à poudre et indiqua les réparations à faire aux fortifications de la citadelle.

Il fit ensuite un voyage en Angleterre pour y ranimer l’intérêt attiédi des philhellènes. Il en ramena plusieurs officiers français. Arrivé dans le Péloponnèse, le gouvernement lui offrit, avec le titre de général, le, commandement supérieur des troupes régulières. Le colonel refusa ; il se contenta d’organiser, comme volontaires, quelques bataillons. Quant aux services qu’il rendit aux Grecs, il en fut payé par l’ingratitude et les dégoûts de toute espèce.

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De retour en France en 1828, il fut chargé en 1829 d’accompagner l’expédition de Morée. En 1830 (26 juillet), il revenait d’Italie lorsqu’il fut entraîné à prendre une part active aux événements des trois jours. D’abord chef d’état-major du général Gérard, il fut nommé le 4 août commandant de la place de Paris, donna sa démission en 1831, rentra en disponibilité avec le titre de lieutenant-général.

M. le général Fabvier est aujourd’hui représentant du peuple à l’Assemblée législative.

FARINE (PIERRE-JOSEPH)[modifier]

né à Danri-chard (Franche-Comté ), le 2 octobre 1770 ; il entra, le 9 octobre 91, dans le 2e bataillon des volontaires du Doubs, se distingua au blocus de Landau, était déjà adjudant-général (division Saint-Cyr) au blocus de Mayence, passa le Rhin avec Moreau, se fit remarquer à Rendchen, Radstadt, Hotlingen, Neu-bourg, etc., etc. 11 fut assez heureux pour établir une communication avec l’armée de Sambre-et-Meuse, d’après l’ordre qu’il en avait reçu de Desaix. Chargé, dans la retraite de Moreau, de ramener à Huningue le parc général, les prisonniers, les bagages, etc., il fut rencontré par l’avant-garde du général autrichien, Meerfeld, combattit à outrance contre des forces bien supérieures, reçut dans la mêlée plusieurs coups de sabre si violents, qu’il fut renversé de cheval, fait prisonnier et conduit en Bohême ; mais il avait sauvé le convoi. Il fut six mois captif à Thérésienstadt, fut échangé, nommé aide-de-camp du général Michaud en 97, se distingua avec lui en 1800, au passage du Mincio. Il fit, comme chef d’escadron au 23° dragons, la campagne de -1805 sous Masséna, et se distingua au passage du Tagliamento. En 1806, il fit la campagne de Naples.

Commandant de place à Salerne, major du 59e dragons en 1807, et colonel du 4e de même arme le 7 avril 1809, il appartenait au 1er corps de l’année d’Espagne. Après un grand nombre d’actions d’éclat au siège de Badajoz (1811 ), à la bataille d’Albuera, etc., il eut deux chevaux tués sous lui à Usagré, tomba au pouvoir de l’ennemi, fut conduit en Angleterre, s’en échappa bientôt ; servait au mois de mars 4814 en Russie, sous le maréchal Macdonald, dont il protégea la retraite. Il eut part à la belle et longue défense de Dantzig. Fut nommé, le 26 juin 1813, général de brigade, commanda la première ligne de cavalerie, qui chargea si rapidement les quatre redoutes russes à Pitzkendorf, et qui s’en empara. Le 2 janvier 1814, la garnison ayant été forcée de se rendre prisonnière, le général Farine suivit son sort et fut emmené à Kiew en Ukraine, d’où il envoya, le 4 juin, son adhésion à la déchéance de Napoléon.

Le Roi le nomma chevalier de Saint-Louis et commandant de la Légion-d’Hon-neur.

L’Empereur lui confia, en 1815, la 4e brigade de la 3e division de cuirassiers. Le 16 juin, à la bataille deFleurus, cette brigade et une partie de la division Le-fort firent une charge qui décida la retraite des Prussiens. Le général Farine y fut blessé. A Waterloo il eut trois chevaux tués sous lui, et fut blessé de nouveau. Dans cet état il se retira dans ses foyers. En décembre 1815, il fut chargé du licenciement de plusieurs corps de cavalerie dans la 21e division.

Il fut inspecteur de cavalerie en 1816 et 1817. En 1818 il commandait le dépôt général des remontes à Caen ; il reçut, le 1er mai 1821, le titre de vicomte, et fut nommé, en 1822, inspecteur d’armes pour la cavalerie.

Il est mort en 1833.


FAUCHER (CÉSAR et CONSTANTIN, frères)

généraux de brigade, nés jumeaux à la Réole, le 12 septembre 1760. Ils étaient, en naissant, d’une ressemblance si parfaite, qu’elle trompait quelquefois leurs parents eux-mêmes. Plus tard, dans leurs garnisons, ils furent obligés de porter à leur boutonnière une fleur différente. Ils étaient bons, braves, aimables, instruits, éloquents, Ils reçurent des leçons de Voltaire ; et Necker, Bailly, Mirabeau, les honorèrent de leur estime et de leur amitié. Jamais ils ne se quittèrent, ni dans leurs jeux, ni dans leurs études, ni dans les combats. Leur esprit, comme leurs traits, avait une ressemblance parfaite.

Au 1" janvier 1775, ils entrèrent aux chevau-légers ; un peu plus tard, ils passèrent comme lieutenants dans un régiment de dragons. À cette époque, ils se firent tous deux recevoir avocats. En 1791, César fut élu président de l’administration et commandant des gardes nationales de la Réole, et Constantin, commissaire du Roi, puis président’de la municipalité du chef-lieu de ce district.

En 1793, ils formèrent un corps franc d’infanterie, sous la désignation à’enfants de la Réole, et se dirigèrent sur la Vendée où ils recommencèrent leur carrière militaire. Leurs talents, leur bravoure, les firent parcourir rapidement tous les grades ; on les nomma en même temps généraux de brigade ; mais les nombreuses blessures qu’ils avaient reçues les obligèrent à quitter le service. Au moment de quitter l’armée, on les accusa de fédéralisme, et déjà on les conduisait à l’échafaud, lorsqu’un représentant osa leur faire grâce en faisant casser le jugement qui les avait condamnés à mort. Rendus à la liberté, ils se firent transporter en litière à la Réole où leur convalescence fut très-longue.

En 1800, Constantin fut nommé sous-

i ) FAU préfet de la Réole, et César membre du conseil général de la Gironde.

Démissionnaires en 1803, ils restèrent élrangers aux affaires publiques jusqu’en 1814. Durant les Cent-Jours, ils furent nommés chevaliers de la Légion-d’Hon-neur et employés en qualité de maréchaux de camp à l’armée des Pyrénées-Orientales.

Bientôt après, César fut nommé représentant par les électeurs de la Réole, et Constantin maire de la même ville ; puis,’ lors de l’état de siège du département de la Gironde, commandant des arrondissements de la Réole et de Bazas.

Le 22 juillet 18-15, le général Clausel ordonna aux frères Faucher de cesser leurs fonctions, le drapeau blanc venant d’être arboré à Bordeaux. Bientôt ils furent arrêtés et emprisonnés comme convaincus d’avoir formé un dépôt d’armes. Le 9 août, ils furent transférés à Bordeaux ^interrogés le. 18 et le 19, ils furent, le 22 septembre, traduits-devant un conseil de guerre. On leur refusa le délai nécessaire pour trouver un défenseur ; plusieurs avocats s’étaient refusés, ils se défendirent mutuellement ; ils le firent avec une grande éloquence et n’eurent pas de peine à réduire à leur juste valeur les charges que l’on faisait peser sur eux. Cependant ils furent condamnés à mort. Le 26, le conseil de révision confirma le jugement qui fut exécuté le lendemain. Les frères Faucher s’embrassèrent avant de sortirde prison, craignant qu’au dernier moment leur sensibilité n’affaiblit leur courage. Ils allèrent à pied en se donnant le bras jusqu’à une prairie désignée pour le lieu du supplice. Pendant le trajet, qui fut au moins d’une heure, ils conservèrent le même sang-froid. Ils saluaient en souriant les personnes de leur connaissance qui s’étaient mises aux croisées pour les voir passer ;

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ils refusèrent de se laisser bander les yeux et de se mettre à genoux. César commanda le feu. Tous deux tombèrent sous les balles, et une même mort réunit ceux qu’aucune circonstance n’avait séparés.

FAUCONNET (JKAN-LOUIS-FRANÇOIS, baron)[modifier]

général de division, né à Revi-gny (Meuse), le 24 décembre 1750, prit du service dans la compagnie des gendarmes d’Artois, le 29 mars 1766, eut le rang de sous-lieutenant de cavalerie le 18 juin 1770, fut incorporé dans les gendarmes de Monsieur le Ie’ avril 1776, eut le rang de lieutenant de cavalerie le 29 mars 1781, et, réformé avec le corps le 1er avril 1788, mis à la suite des carabiniers le 15 du même mors, devint lieutenant surnuméraire au 2e régiment de cette arme le 19 avril 1789, lieutenant le 1" avril 1791, capitaine le 15 mai 1792, et chef de brigade du 6e régiment de dragons le 13 prairial an II.

Il servit, de 1792 à l’an II, aux armées de Belgique, de la Moselle, de Rhin-et-Moselle et du Nord. En l’an III, il passa de l’armée du Rhin à celle de Sambre-et-Meuse, et, en l’an VI, à l’armée du Rhin, sousPichegru, Jourdan etMoreau. Il se trouva à un grand nombre d’affaires et se conduisit toujours en brave soldat.

Lors du premier passage du Rhin, faisant partie de la division Baupuy, il marcha sur Welstadt ; mais, surpris et vigoureusement chargé par les cuirassiers d’Anspach, il voulut, au milieu de la mêlée, secourir le général Baupuy, déjà blessé de quelques coups de sabre, le ramena en effet et reçut plusieurs blessures qui le mirent hors de combat. « Si le beau dévouement est louable quand on est victorieux, quels éloges ne mérite-t-il pas dans une circonstance difficile où celui qui s’immole sait bien qu’on par-

lera peu de lui (1) ! » II reprit deux jours après, malgré l’état de ses blessures, le commandement de son régiment, et combattit, le 10 du même mois, à la bataille de Renchen, où, par une charge impétueuse faite de front, il porta le désordre dans les rangs des Autrichiens, et les força d’abandonner un grand nombre de morts sur le champ de bataille. A la demande du général Baupuy, et sur le rapport du général Moreau, Fauconnel fut nommé, le 22, général de brigade. 11 fit encore la campagne de l’année suivante.

Le Directoire décida, par arrêté du 23 fructidor an V, que cet officier général cesserait d’être employé. La décision du Directoire reposait sur les relations que le général Fauconnet était accusé d’avoir entretenues avec des émigrés. Il expliqua, dans un mémoire justificatif du mois de nivôse an VI, que ces prétendues relations se bornaient à la rencontre qu’il avait faite à une table d’hôte, à Neustadt, d’un envoyé du prince de Hohenlohe à l’ambassadeur de Prusse à Paris, au retour de sa mission. Le Directoire maintint sa décision, quant à l’activité, mais il lui rendit une demi-justice en l’admettant, le 13 ventôse an VI, au traitement de réforme de son grade.

Lors du Consulat, il demanda à rentrer dans l’armée, il s’appuya des bons témoignages de plusieurs généraux, et de certificats souscrits par des corps entiers qui attestaient la franchise et la loyauté de son caractère et la solidité de ses principes républicains ; Desaix et Moreau joignirent leurs démarches aux siennes, et il fut appelé à l’activité le 7 germinal an VIII. Dans une de ses lettres au ministre, Desaix disait que le général Fauconnet « avait acquis des connaissances parfaites dans l’arme de la cavalerie. » En non-activité de nouveau le 1" vendé- (1) Spectateur militaire, t. V, p. 200.

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miaire an X, le premier Consul l’employa, le 7 frimaire suivant, dans la 7e division militaire, puis dans la ¥ le ■T’ vendémiaire an XI.

En l’an XII, le 10 frimaire, il fut nommé membre de la Légion-d’Honneur, et commandeur le 25 prairial suivant ; il était alors à la tête de la réserve de cavalerie rassemblée à Saint-Omer. Il fit la campagne de l’an XIV à la grande armée, 2e division de grosse cavalerie, et fut élevé au grade de général de division, le 7 janvier 1807, pour être employé dans le service des places. Inspecteur de cavalerie dans la 25e division militaire, le 11 novembre suivant, il reçut le commandement d’armes d’Anvers, le 29 janvier 1808, fut créé baron de l’Empire quelques mois après, resta à Anvers jusqu’à la fin du blocus, revint en France, et fut mis en demi-solde le 1" juin 18J4. Envoyé à Lille, le 31 décembre 1814, comme commandant d’armes de la place, il organisa, pendant les Cent-Jours, les gardes nationales actives de Dunkerque. Admis à la retraite le 1" août 1819, il mourut à Lille le 22 octobre 1819.

FAULTRIER (SIMON de)[modifier]

général de brigade, né à Metz (Moselle), le 22 août 1763, d’un père officier général d’artillerie, se destina de bonne heure à la carrière des armes, subit un examen à l’École de cette ville, puis entra dans un régiment d’artillerie, où il devint lieutenant en 1781, et capitaine en 1790. Les armées du Nord, de la Moselle et de Sambre-et-Meuse lui fournirent, pendant les ans II, III et IV de la République, de nombreuses occasions de signaler sa valeur et d’acquérir de l’avancement.

Promu au grade de chef de bataillon en récompense ode l’habileté avec laquelle il avait dirigé l’artillerie aux batailles d’Arlon et de Fleurus, Fautif trier continua de servir en Allemagne T. I.

jusqu’en l’an VIII, époque à laquelle on l’envoya à l’armée d’Italie avec le grade de colonel, qui lui avait été accordé en l’an Vt.

Ce fut lui qui, au siège de Vérone, en l’an IX, fit sauter un magasin à poudre au moyen d’un obus adroitement dirigé. Grièvement blessé à ce siège par un boulet de canon, le colonel Faultrier revint en France, reçut le commandement de l’artillerie à Bruges, fut nommé général de brigade en l’an X, et en l’an XI commandant de l’artillerie à Valence.

Il devint membre de la Légion-d’Honneur le 19 frimaire an XII, et officier de l’Ordre le 25 prairial de la même année.

En 1807, il se rendit à Strasbourg pour y remplir les mêmes fonctions, commanda en 1808 l’artillerie du 2e corps d’observation de la Gironde, sous les ordres du général Dupont, et fit ensuite partie de l’armée d’Espagne, où il rendit des services importants.

Appelé de nouveau à Strasbourg en 1810, pour y commander l’artillerie, il y resta jusqu’en 1812, époque à laquelle il fut mis à la retraite. Le général Faultrier est mort en 1815.

FAURE DE GIÈRE (CHRETIEN-FRANÇOIS-ANTOINE, baron)[modifier]

né le 20 janvier 1769 à Lille (Nord).

Entré comme élève à l’École d’artillerie le 1" septembre 1783, il en sortit le 1er septembre 1785 avec le grade de lieutenant en second dans le régiment d’arlillerie de Strasbourg (5e), et fut successivement nommé lieutenant en premier dans le 6’ régiment d’artillerie à pied le 1er avril 1791, capitaine en second dans le 4e le 6 février 1792, et capitaine commandant le 1" avril 1793. Sa conduite distinguée à l’armée des Alpes et à celle d’Italie, de 1793 à l’an V, le fit mettre souvent à l’ordre de l’armée.

Chef de bataillon le 5 thermidor an

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VI, il fit partie de l’armée d’Orient et se signala pendant les campagnes d’Égypte et de Syrie, notamment à la bataille des Pyramides, où il se battit corps à corps avec un chef de Mamelucks, s’empara de son sabre et le força à la retraite. Le 11 floréal an VII, Faure reçut les épaulettes de colonel, et passa, le 1" pluviôse an X, au commandement du 4e régiment d’artillerie à cheval.

Il devint membre de laLégion-d’Hon-neur le 19 frimaire an XII, officier du même ordre le 25 prairial suivant, et fut nommé, peu de temps après, électeur du département de l’Isère. Il fit les campagnes de la grande armée de l’an XIV à 1807, et fut désigné, l’année suivante’, pour prendre le commandement de la 2e division d’artillerie, sous les ordres du général Macdonald. Napoléon, sur le compte qui lui fut rendu de sa conduite à la journée de Wagram, lui conféra le titre de baron de l’Empire ; il reçut vers le même temps la décoration de la Couronne de Fer.

Nommé général de brigade le 23 juin 1811, il fit la campagne de Russie, et mourut de fatigue à Berlin, le 2 février 1813.

FAVEROT (FRANÇOIS-JACQUES-GUÏ, baron)[modifier]

naquit le 7 décembre 1773 à Pontivy (Morbihan). Grenadier au premier bataillon du Morbihan le 1" septembre 1791, caporal le 15 octobre, sergent le 10 novembre, il passa comme sous-lieutenant, le 1er décembre de la môme année, dans le 41« régiment d’infanterie (ci-devant de la Reine) avec lequel il fit les campagnes de 1792,1793 et de l’an II à Saint-Domingue. • Lieutenant de grenadiers et capitaine au même corps les 21 février et 6 septembre 1793, prisonnier de guerre, par les Espagnols, au fort Dauphin le 10 pluviôse an II, et rentré en France par

échange vers la fin de l’an III, il fut envoyé, le 26 messidor de cette année, à l’armée des côles de l’Océan, où il servit comme capitaine-adjoint à l’état-major pendant les campagnes des ans III et IV. Il reçut du général Hoche, comme témoignage de sa satisfaction, un sabre d’honneur.

Passé avec son grade dans les chasseurs à cheval de Lamoureux, le. 22 brumaire an V, il prit part, en l’an V et en l’an VI, aux expéditions d’Irlande. Fait prisonnier par les Anglais sur la frégate l’Immortalité, le 29 vendémiaire an VII, il demeura en captivité jusqu’à l’échange, qui eut lieu quelque temps après.

Placé comme capitaine-adjoint à l’état-major de l’armée de l’Ouest le 11 floréal suivant, il passa avec son grade à la suite du 3e régiment de dragons le 2 prairial de la même année, et fit les campagnes des ans VIII et IX dans l’Ouest et dans les 14e et lo° divisions militaires. Entré comme chef d’escadron titulaire au 42e régiment de chasseurs à cheval le 6 fructidor an IX. il devint major du 25e de la même arme le 6 brumaire an XII, et membre de la Légion-d’Honneur le 4 germinal suivant.

Il servit en l’an XIV à l’armée d’Italie et en Allemagne. Officier de la Légion-d’Honneur le 22 août de cetle dernière année, il fit la guerre en lllyrie et en Dalmatie pendant l’année 1810, obtint le grade de colonel du 15" régiment de chasseurs à cheval le 14 octobre 1811, et le titre de baron de l’Empire vers la même époque.

Employé en Espagne de 1812 à 1814, il fut blessé de trois coups de sabre, à la tête, à l’épaule et au bras gauche, en chargeant la cavalerie anglaise devant Villadrigo le. 28 octobre 1812. Maintenu à la tête de son régiment à la réorganisation du 15 octobre 1814, il reçut la croix de Saint-Louis le 26 du

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même mois. Colonel des hussards du Haut-Rhin ( 6e régiment ) le 24 janvier 1816, chargé de l’organisation de ce corps et fait commandeur de la Légion-d’Honneur le 1" mai 1821, il fut promu au grade de maréchal de camp le 13 octobre suivant ; le roi lui confia une inspection de cavalerie en 1823.

Attaché en 1823 au 2e corps de l’armée des Pyrénées, il reçut la plaque de •4e classe de l’ordre de Saint-Ferdinand d’Espagne le 23 novembre d823.

Mis en disponibilité à la révolution de juillet 4830, il commanda le département de la Haute-Marne en 1832 et 1833, passa dans le cadre de vétérânce le 7 décembre 1835, dans celui de non-activité le 28 août 1836, et enfin, le 4 août 1839, dans celui de réserve.

FÉLIX DE SAINT-MAIME (JEAN-BAPTISTE-LOUIS-PHILIPPE de)[modifier]

comte Du MUÏ, barnn de l’Empire, né le 21 décembre 1755 à Ollières (Var).

D’abord connu sous le nom de comte de Saint-Maime, il entra au service comme chevau-léger surnuméraire de la garde du roi, avec rang de sous-lieutenant le 16 décembre 1766, et passa avec ce grade dans le régiment mestre-de-camp général de cavalerie le 16 juillet 1769. Ayant obtenu le brevet de capitaine le 19 juin 1771, il fut nommé titulaire de ce grade le 5 mai 1772, et fut fait colonel du régiment de Soissonnais-Infanterie le 29 janvier 1775, à peine âgé de 19 ans.

Le 5 août suivant, le roi accorda au jeune colonel une pension annuelle et viagère de 760 livres, sur les fonds de l’extraordinaire des guerres, et le 9 novembre, il lui fit don, sur les mêmes fonds d’une gratification annuelle de 4,000 livres, qui fut convertie en pension viagère par brevet dû 30 janvier 1778.

Un nouveau brevet du 1" avril 1779

confondit ces deux pensions en une seule de 4,760 livres.

Le comte de Saint-Maime servit au camp de Saint-Roch pendant l’hiver de 1779 à 1780, et fit les guerres de 1780 à 1783 inclusivement dans l’Amérique Septentrionale, sous les%ordres de Ro-chambeau. Les services qu’il rendit au siège d’York (Virginie), lui valurent, le 5 décembre 1781, une lettre de satisfaction de la part du ministre de la guerre, la croix de chevalier de Saint-Louis le 2 avril 1782, et une nouvelle pension viagère de 3,000 livres sur le trésor royal, par décision du 13 avril 1783.

Le 13 juin suivant, le ministre, en lui adressant encore des témoignages de satisfaction de la part du roi, lui donna l’assurance qu’il serait compris dans la promotion des brigadiers d’infanterie avec les colonels de 1772, et à son retour en France, il en reçut en effet le brevet, qui lui fut conféré par le roi le 8 janvier 178-i. C’est à dater du 22 mai suivant que le comte de Saint-Maime prit le titre de comte du Muy, nom de la branche aînée de sa famille, et qui depuis la mort du maréchal du Muy, son oncle, devait s’étendre en la personne de Madame de Créqui.

Promu au grade de maréchal de camp le 9 mars 1778, il en exerça les fonctions pendant cette même année au camp de Saint-Omer, commandé par le prince de Condé, et à celui de^Frascati, sous les ordres du maréchal de Broglie.

Lorsque la Révolution éclata, le général du Muy, tout imbu des idées libérales qu’il avait puisées en Amérique, adopta franchement les principes de cette régénération de la société française. Chargé comme inspecteur général de la vérification des comptes des régiments, le 12 août 1790, il fut investi du commandement en chef du département du Finistère le 19 février 1791, et s’acquitta avec

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zèle et dévouement de la mission qui lui avait été confiée. Employé ensuite avec son grade dans la 8e division militaire, il fut nommé lieutenant-général le 6 février 1792, et fut pourvu du commandement de la 7* division militaire le 15 du même mois.

Quelques troubles ayant eu lieu dans le Midi vers cette époque, et le gouvernement craignant que le rassemblement de Marseillais qui s’était porté sur Aix avec de l’artillerie et y avait désarmé le régiment suisse d’Ernest, ne voulût marcher sur Avignon, prescrivit le 6 mars suivant au général du Muy, de se rendre immédiatement à son poste et d’établir son quartier général dans cette ville, et autorisa cet officier général à tirer des T, 8’, 9e et 19e divisions militaires toutes les troupes qui lui seraient nécessaires. Le général du Muy eut à peine le temps de se rendre à son poste ; par décision du 25 du même mois, le roi nomma Witgenstein au commandement de cette réunion de troupes, qui prit le nom d1’armée du Midi.

Le général du Muy retourna dans sa division et fut chargé, au mois d’avril suivant, du commandement en chef des neuf départements qui devaient former l’armée des Pyrénées.

Mais bientôt après, le ministre de la guerre lui donna la mission délicate de ramener en Suisse le régiment d’Ernest, et il lui fut prescrit d’en prendre le commandement et de le conduire lui-même jusqu’à la frontière, où il le remettrait ensuite entre les mains de de Diesbach, qui devait venir le recevoir.

Les instructions du ministre lui enjoignaient en outre de le ramener en France, ou, si cela ne se pouvait, d’empêcher au moins qu’il n’entrât au service d’aucune puissance ennemie, ainsi que le désir en avait déjà été manifesté par plusieurs ambassadeurs étrangers. Le général du Muy exécuta fidèlement les intentions du ministre et obtint que le régiment d’Ernest, devenu Watteville, ne serait engagé au service d’aucun souverain étranger.

Pendant le temps qu’il négociait cette affaire, le général Montesquiou, commandant en chef l’armée des Alpes, sous les ordres duquel avait été placé le général du Muy, signala son absence aux commissaires de l’Assemblée nationale, qui, sans en examiner les motifs, prononcèrent sa suspension et le remplacèrent dans le commandement qui lui avait été conféré. Le ministre de la guerre adressa à l’Assemblée nationale uue réclamation conçue dans les termes suivants :

« Monsieur le président, j’ai appris avec peine que les commissaires de l’Assemblée nationale à l’armée du Midi ont destitué M. Félix du Muy, lieutenant-général, sous le prétexte qu’il était absent. Ils ignorent sans doute qu’il avait une mission particulière en Suisse. Par une. dépêche que je reçois aujourd’hui, datée de Huningue, il m’apprend qu’il sera bientôt à Paris pour rendre compte de sa mission. Je prie l’Assemblée de regarder la destitution de cet officier comme une erreur involontaire et en conséquence non avenue.

« SERVAN. »

L’Assemblée fit droit à ces justes observations, et il ne fut donné aucune suite à l’arrêté des commissaires. Vers la fin de septembre, le général du Muy fut chargé du licenciement des régiments suisses de Vigier et de Steigner. Porté sur la liste.des candidats pour le ministère de la guerre, il fut dénoncé à la Convention nationale, dans sa séance du 3 octobre 1792, parle représentant Chabot, comme ayant excité la guerre civile à Avignon. Cette accusation absurde, que démentaient d’ailleurs les faits et la conduite du général, fut cependant accueillie ; il fut rayé de la liste, et ce fut Pache qui fut nommé.

De retour à Paris, le général du Muy s’empressa de demander de l’activité, et il fut envoyé, au mois de mars i793, à l’armée des Alpes, où il commanda le département du Mont-Blanc et l’avant-garde de l’armée dans la Tarentaise et la Maurienne.

Détaché au siège de Lyon, il prit le commandement en chef des troupes, le 23 août, en remplacement du général Kellermann, qui était parti pour s’opposer aux progrès des Piémontais.

Pendant la courte durée de son commandement, quelques affaires assez importantes eurent lieu, et le général du Muy trouva l’occasion de faire preuve de courage en entrant deux fois le premier dans les redoutes qui furent enlevées de vive force, et dans l’une desquelles il fut blessé d’un coup de feu. Tandis qu’il témoignait ainsi de son dévouement, un arrêté du 19 du même mois le suspendait de ses fonctions comme suspect. Indigné d’un pareil procédé, il réclama vivement contre un acte que ne motivaient ni ses antécédents, ni son patriotisme éprouvé ; mais il ne put obtenir justice et fut même admis à prendre sa retraite par un arrêté du 7 pluviôse an III.

Cependant, à force de persévérance, il parvint enfin à se faire réintégrer, et, par arrêté du 25 ventôse suivant, le Comité de salut public décida qu’il serait employé comme commandant en chef les forces militaires destinées à agir dans les Indes-Occidentales.

Il se rendit aussitôt à Brest et fit tous les préparatifs convenables pour l’embarquement des troupes qui devaient faire partie de l’expédition. Il n’attendait plus que les derniers ordres, lorsqu’un nouvel arrêté du Comité de salut public, en date du 14 fructidor de la même année, vint lui conférer provisoirement le commandement de l’armée du Midi, qui devait être formée dans le département du Gard ; mais cette dernière nomination fut annulée par la lettre suivante, qui lui fut adressée le l’jour complémentaire an III :

a Général, le Comité de salut public a reçu des renseignements qui lui prouvent la nécessité de revenir sur la mesure qu’il avait prise de vous envoyer dans le Midi pour y commander provisoirement en chef, jusqu’à l’arrivée du général Canclaux, les troupes destinées à contenir les malveillants. L’expédition de Saint-Domingue paraît être beaucoup moins reculée qu’elle ne le semblait d’abord, et comme vous y êtes destiné, il est essentiel que vous ne vous éloigniez pas. Vous voudrez bien, en conséquence, remettre au Comité les instructions qui vous avaient été données pour le commandement provisoire de l’armée du Midi, et regarder comme non avenu l’arrêté relatif à l’échange de vos chevaux de Brest, contre d’autres à prendre dans les dépôts de la République. « Salut et fraternité, « Les membres, du Comité de salut public,

« CAMBACERES, président ; MERLIN de Douai, L.-M. REVEILLERE-LEPEAUX, LETOURNKUR (de la Manche), C. BERLIER, MAREC. »

L’expédition ayant été indéfiniment ajournée, le général du Muy, après être resté quelque temps encore à Brest, fut nommé le 15 germinal an IV, inspecteur général des troupes d’infanterie de l’armée de Sambre-et-Meuse. A son arrivée au quartier général, le général en chef lui confia le commandement du corps qui était dans le Hundsrùck, et qui formait l’aile droite de l’armée.

Il remplissait ces fonctions, lorsque le nommé Alexandre, ancien commissaire

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des guerres à l’armée des Alpes, et en ce moment commissaire du gouvernement, celui-là même qui avait déjà été cause de la suspension du général en 1793, par sa dénonciation calomnieuse, renouvela ses attaques contre lui avec plus de perfidie. Il adressa le 25 vendémiaire an V,. au ministre de la guerre, une lettre dans laquelle se trouvaient articulés quinze chefs d’accusation contre le général du Muy.

Ce tissu de mensonges présentait le général comme ayant pris des objets de toutenature dans les magasins de l’État pour les appliquer à son usage personnel, et l’accusait d’avoir échangé contre du numéraire les mandats qui lui avaient été délivrés pour ses frais de poste, d’avoir fait repeindre par réquisition sa voiture à Nuremberg, de s’être fait donner âSchwenfurth deux foudres de viu, d’avoir pris quelques boisseaux de braise à la manutention de Bonn, lors de son passage dans cette ville, etc. Imputations toutes aussi absurdes que mensongères, et qui cependant furent accueillies par le ministre de la guerre, mais avec une légèreté telle que, sans examiner le plus ou moins de fondement de la dénonciation dont le commissaire Alexandre se rendait coupable, il provoqua par un rapport l’arrêté dont le texte est ainsi conçu :

« Le Directoire exécutif arrête ce qui suit : Le général de division du Muy, employé comme inspecteur général près l’armée de Sambre-et-Meuse, est destitué de ses fonctions. Le ministre de la guerre fera examiner sa conduite et le traduira sur-le-champ par-devant un conseil de guerre, pour y être jugé sans délai d’après les pièces que le Directoire lui transmet et celles que l’examen de sa conduite pourra lui procurer.

« L.-M. REVEILLERE-LEPEAUX. »

Le général du Muy comparut donc

devant un conseil de guerre tenu à Dus-seldorf, le 13 nivôse an V, sous la présidence du général de division Desjardin ; et l’adjudant-commandant Maurice Ma-thu, rapporteur, déclara à l’unanimité que cet officier général était pleinement déchargé des aôcusations portées contre lui, et que d’après les débats et les pièces produites, lesdi’.es accusations étaient fausses et calomnieuses. Par arrêté du 7 pluviôse suivant, le Directoire exécutif réintégra le général du Muy dans son grade, et ordonna au ministre de la guerre de proposer sa mise en activité lorsque l’occasion s’en présenterait. Néanmoins il resta en disponibilité jusqu’au 24 prairial an VI, époque à laquelle il fut employé par le général en chef Bonaparte à l’armée d’Orient.

Il s’embarqua, le 30 du même mois, sur le vaisseau le Guerrier, fit les campagnes des ans VI, VU et VIII en Égypte et en Syrie, et fut chargé de l’organisation des légions nautique et maltaise pendant son séjour en Afrique.

Rentré en France le 1er messidor an VIII, le premier Consul lui confia le commandement de la 21e division militaire (Poitiers), par décision du 21 vendémiaire an IX, et il en prit possession le ■12 brumaire suivant.

L’état de sa santé exigeant qu’il fît usage des eaux, le ministre de la Guerre lui adressa l’autorisation nécessaire à cet effet le 16 floréal ; mais il ne voulut point en profiter, et voici en quels termes il faisait connaître le 26 du même mois les motifs qui l’empêchaient de s’absenter. « Ce qui me retient plus encore au quartier général, c’est l’intention de m’unir par un vœu public et solennel au suffrage qui doit perpétuer la reconnaissance nationale envers le premier Consul en perpétuant son autorité. Quoiqu’un dévouement général assure à Bonaparte

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ce témoignage d’estime et de gratitude, je serais fâché que mon vœu et ma satisfaction personnelle ne- servissent pas d’exemple dans un pays où m’a placé la confiance du gouvernement. »

Le 20 messidor de la même année, le premier Consul lui donna le commandement de la douzième division militaire (Nantes), et il se rendit immédiatement à son poste. Membre de laLégion-d’Hon-neur, le 49 frimaire an XII, il en fut créé commandant le 25 prairial suivant, et fut désigné par l’Empereur pour faire partie du collège électoral du département du Var, où il possédait de grandes propriétés. Le 21 ventôse an XIII, il fut appelé au commandement de la subdivision de Seine-et-Oise, faisant partie de la 1" division militaire.

Le général du Muy exerçait encore ces fonctions lorsque l’armée, rassemblée sur les côtes de l’Océan, fut dirigée à marches forcées contre l’Autriche qui voulait tenter de nouveau la chance des combats. Plein de patriotisme et de dévouement à l’Empereur, il demanda à être employé plus activement, et lui adressa à cet effet une supplique le 28 fructidor an XIII.

Cette demande n’eut pas le -résultat qu’il s’en était promis ; mais le 23 novembre 1806, le major général, prince de Neufchâtel, lui expédia de Berlin l’ordre de se rendre sur-le-champ au quartier général de la grande armée. A son arrivée, il fut très-bien accueilli par l’Empereur, qui le nomma gouverneur général de la Silésie. Pendant son séjour dans cette province, le général du Muy travailla avec une bienveillance infatigable à soulager les habitants des maux que la guerre lui avait fait souffrir ; il protégea leur industrie et leurs propriétés, et s’acquit, par sa conduite équitable, leur estime et leur reconnaissance. „

Le 13 mai 1807, le général Kliest qui, mis en déroute la veille, avait rallié ses troupes, vint attaquer le prince Jérôme Napoléon, et reprit sur les Bavarois le village de Canth. Il se disposait à poursuivre ce premier avantage, lorsque le général du Muy, sorti de Breslau à la tête d’environ 1,100 Français, dragons, chasseurs et hussards qui étaient venus pour se remonter en Silésie, tomba à l’improviste sur la colonne prussienne et la mit en déroute. 150 hussards à pied reprirent Canth de vive force et délivrèrent les prisonniers bavarois que l’ennemi avait faits le matin. Le général du Muy conserva son gouvernement jusqu’à la formation de l’armée du Rhin, vers la fin de 1808, époque à laquelle il fut créé baron de l’Empire..

Par décret du 9 novembre 1808, l’Empereur lui confia le commandement de la 7e division militaire (Grenoble), et le 14. avril 1809 il lui donna celui de la 8e division (Marseille), qu’il conserva pendant les premiers temps de la Restauration.

Louis XVIII le nomma grand officier de laLégion-d’Honneurle29juillet 1814, et commandeur de Saint-Louis le 23 août suivant. Mais s’éfant rendu à Paris dans les premiers jours de décembre, il apprit que par décision royale du même mois il était admis à la retraite, et qu’il était remplacé dans le commandement de la 8e division par le général Lapoype.

Cette retraite, motivée sur son âge et sur l’ancienneté de ses services, quand l’officier appelé aie remplacer se trouvait dans les mêmes conditions que lui, le blessa profondément. Néanmoins, lors du débarquement de l’Empereur, au mois de mai 1815, on lui donna le commandement de la 18e compagnie de volontaires royaux dits Gardes du roi, composée d’officiers en non-activité. Ce retour tardif du pouvoir ne cicatrisa point la blessure faite à l’amour-propre du général, aussi,

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dès le 24 du même mois écrivait-il à l’Empereur une demande de réintégration dans ses anciennes fonctions de commandant de la 8e division militaire.

Mais l’Empereur en avait déjà disposé en faveur du maréchal Brune, et, d’ailleurs, le nombre d’officiers généraux portés sur le tableau d’activité et qui se trouvaient encore sans destination ne permettait pas de rappeler au service les généraux en retraite ; il demeura dans sa position. A la seconde rentrée des Bourbons, le général du Muy fut nommé pair de France par ordonnance royale du i7 août 1815. Depuis lors, il prit part aux travaux de la Chambre et s’y fit remarquer par la sagesse de ses opinions et par les sentiments de patriotisme qui l’animaient. 11 est mort à Paris le 6 juin 1820.

FÉLIX (DOMINIQUE-XAVIER, baron)[modifier]

né le 29 novembre 1763 à Vézelise (Meur-the), entra comme canonnier, le 12 février 1779, dans le régiment de Besançon-Artillerie, devenu 3e régiment d’artillerie à pied.

Il fit les campagnes de 1779 à 1783 sur les côtes de Bretagne et de Normandie, pendant la guerre d’Amérique, et obtint le grade de sergent le 15 juin 1785.

Lorsqu’en 1791, les bataillons de volontaires s’organisèrent pour voler à la défense de nos frontières menacées, ses camarades du 3e bataillon du Nord relurent, le 4 septembre, premier lieutenant-colonel.

Il fit, en cette qualité, la campagne de 1792 à l’armée du Nord, fut promu adjudant-général le 19 août, et prit une part glorieuse à la bataille de Valmy et à celle de Jemmapes, où il commandait l’infanterie de l’aile droite. Passé à l’armée de la Moselle, il devint colonel du 22° régiment d’infanterie ; et fut nommé général de brigade le 8 mars.

Suspendu le 1er juin de la même année, et réintégré le 13 prairial an III, on l’employa dans la 1" division militaire, et il obtint sa retraite le 19 thermidor an III.

Relevé de sa position de retraite, et admis au traitement de réforme le 3 thermidor an V, il se vit plus lard appelé au service actif comme administrateur militaire.

Inspecteur aux revues le 9 ventôse an VIII, il servit en cette qualité à l’armée d’Italie, pendant les ans VIII et IX.

Passé à cette époque dans la 2e division militaire (Mézières), et créé membre de la Légion-d’Honneur le 4 germinal an XII, il alla reprendre les mêmes fonctions à l’armée d’Italie pendant les campagnes des ans XIII, XIV et 1806, et fut nommé officier de la Légion-d’Honneur et maître des requêtes au conseil d’État le 22 décembre 1807.

Le 19 mars 1808, l’Empereur l’appela dans la Garde impériale, avec le rang d’inspecteur en chef. Depuis ce moment, il prit part à toutes les campagnes de la Garde, reçut le titre de baron de l’Empire et, avec la croix de la Couronne de Fer, celle de commandeur de la Légion-d’Honneur le 24 janvier 1814.

Au retour des Bourbons, le comte d’Artois l’attacha, le 23 avril, à la commission chargée de donner son avis sur les propositions et les affaires que le ministre de la guerre lui renvoyait. Louis XVIII le confirma dans ses fonctions de- maître des requêtes au conseil d’État, le fit chevalier de Saint-Louis le 28 juin de la même année,et lui conféra en outre l’emploi d’inspecteur aux revues des quatre compagnies rouges de sa maison militaire.

Après le 20 mars 1815, Napoléon lui confia de nouvelles fonctions ; mais, au second retour du roi, il cessa d’être em-

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ployé, et on l’admit à la retraite le 1er janvier 1816.

Elevé à la dignité de grand officier de la Légion - d’Honneur par ordonnance royale du 1" novembre 1828, il vivait retiré dans sa terre de Rouge-Maison, près de Vailly (Aisne), lorsqu’il fut assassiné, à coups de couteau, par un de ses domestiques, le nommé Venturim (Jean-Pierre), le 6 décembre 1839.

Il ne succomba pas de suite à ses nombreuses blessures, et mourut le lendemain 7, après avoir légué, par son testament, une somme de 20,000 francs à la ville de Vailly, 4,000 francs à l’église, et chargé le général vicomte de Latour-Foissac, son légataire universel, de remettre 10,000 francs au département de l’Aisne pour la direction à donner sur le territoire de Vailly, au chemin de grande vicinalité d’Urcel à Fère-en-Tardenois.

FEREY (CLAUDE-FRANÇOIS, baron de Rozengalh)[modifier]

naquit à Auvet ( Haute-Saône), le 201 septembre 1771. Le -19 mars 1787, il entra comme soldat dans le Ile régiment de chasseurs à cheval.

Brigadier le 20 février 1788, maré-chal-des-logis le 20 juillet 1790, il passa le 9 décembre 1791 dans la garde constitutionnelle de Louis XVI, où, d’abord simple garde, il devint rapidement brigadier et maréchal-des-logis.

Ce corps ayant été dissous le 30 mai 1792, Ferey, nommé, le 9 juillet suivant sous-lieutenant au régiment du roi, fut élu, le 12 du même mois, adjudant-major au 9e bataillon des volontaires de la Haute-Saône, avec lequel il fit à l’armée du Rhin la campagne de cette année et se trouva dans Mayence lorsque, le 22 avril 1793, les Prussiens formèrent le blocus de cette place. Blessé pendant ce siège d’un coup de feu au genou gauche, il fut nommé, le 1er juillet, capitaine de grenadiers du bataillon des chasseurs francs de Mayence, que l’on dirigea sur la Vendée aussilôt après la capitulation qui eut lieu le 23. Le 4 août, choisi pour aide-de-camp par le général Mari-gny, il n’en remplit les fonctions que durant peu de jours.

A la suite d’un combat entre Tiffauge et Clisson, pendant lequel, remplaçant les deux commandants de son bataillon, mortellement blessés, il soutint la retraite de l’armée, les généraux Canclaux et Kléber lui décernèrent, le 1" septembre, le grade de chef de bataillon. Il fit les campagnes de l’an II à l’an V, aux armées dé l’Ouest et des côtes de l’Océan, et celle de l’an VI à l’armée Ae Sambre- et-Meuse.

Le 23 germinal, il se distingua au passage du Rhin, à Neuwied ainsi qu’au combat devant Wisbaden. A cette dernière affaire, il fit mettre bas les armes au bataillon des chasseurs du Loup et à 300 Croates.

Employé l’année suivante à l’armée d’Angleterre en l’an VIII et en l’an IX, et celle d’Italie, il se signala de nouveau à la bataille de Montebello, et, quelques jours après, devant Alexandrie. Envoyé en l’an X à l’armée du Portugal, il fut nommé, le 11 fructidor, général de brigade, etattaché enl’anXIà la2e division d’infanterie au camp de Saiht-Omer. En l’an XII, il devint membre et commandant de la Légion-d’Honneur les 19 frimaire et 25 prairial. Il fit partie du 4" corps de la grande armée en l’an XIV, et prit part aux glorieuses campagnes d’Allemagne et de Pologne.

Promu le 3 octobre 1810, au grade de général de division, il montra une grande valeur au combat de Fuentès-da-Onara et à celui de Foz-Arunce les 15 mars et 5 mai 1811, et fut tué le 22 juillet 1812 à la bataille des Arapyles.

Son nom est inscrit sur le côté Ouest de l’arc de triomphe de l’Étoile.

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FËRINO (PIERRE-MARIE-BARTHELEMY, comte)[modifier]

né à Caravaggio, dans le Milanais, en 1747, était fils d’un sous-officier du régiment de Bender ; il servit très-jeune dans ce corps, et fil la guerre de Sept-Ans. Entré au service en-1768, il obtint en 1779 le brevet de capitaine. Dix ans plus tard, une injustice commise envers lui, et l’explosion de la Révolution française, dont il partageait les principes, le détermina à venir en France. Il avait alors 42 ans.

Le Ie’ août 1792, il fut nommé lieutenant-colonel de la ci-devant légion de Biron, qui prit le nom de chasseurs du Rhin, et partit avec son régiment le 13 décembre 1792 pour l’armée du général Custine.

Nommé général de brigade au mois de décembre de la même année et général de division le 23 août 1793, il fut destitué quelque temps après pour avoir, dit le duc de Rovigo dans ses Mémoires, fait observer trop rigoureusement la discipline par les troupes qui étaient sous ses ordres : étrange cause de destitution pour un général ; aussi se vit-il bientôt réintégré dans ses fonctions. En l’an IV, il fut employé à l’armée de Rhin-et-Moselle, commandée par Mo-reau. Le 2o thermidor, la division Férino, forte de 23 bataillons et de 17 escadrons, qui formaient le tiers de l’armée, après avoir traversé les montagnes de la Forêt-Noire, s’était emparée de Lindau et de Bregentz, sur le lac de Constance, et s’était avancée par Stobach, avec 16 ba^ taillons et 14 escadrons, sur Memmingen.

A Bregentz, on prit 5 mortiers, 4 cou-levrines, 22 pièces de canon et 40,000 sacs d’avoine, d’orge et de farine. Ce fut dans cette journée que Férino eut, avec le corps de Condé, une affaire extrêmement vive ; on se battit avec acharnement, mais les bonnes dispositions faites par Férino donnèrent la victoire auxRépu-r

blicains. Durant la fameuse retraite de Bavière, après être resté seul avec sa division pendant quarante-huit jours, il rejoignit le corps de l’armée sans avoir perdu un seul de ses canons, et emmenant avec lui des prisonniers.

De retour en France après cette immortelle campagne, Férino reçut l’ordre du général Hoche de marcher sur Paris avec ses troupes, afin de favoriser les projets du Directoire. Férino opposa un ordre du ministre de la guerre. Ce trait lui fit honneur ; il voulait bien combattre les ennemis de la patrie, mais non se faire un instrument de discorde et de guerre civile.

Le 9 ventôse an VIII, il commandait la première division de l’armée de Mayence aux ordres du général Jourdan. Le il germinal, la division Férino se porta sur Neustadt, et se plaça de manière à interdire à l’ennemi l’entrée de la vallée de ce nom ; mais le 14, les Autrichiens ayant attaqué avec avantage, Férino opéra sa retraite avec ordre surFreybourg etNeuf-brisach.

Bonaparte, bon juge du mérite de ses généraux, donna à Férino, immédiatement après le 18 brumaire, le commandement de la 8e division militaire. Il purgea le département de l’Ardèche des brigands dont il était infesté, service qui lui valut de la part de Berthier, ministre de la guerre, les éloges les plus flatteurs.

Nommé en l’an XII, membre et grand officier de la Légion-d’Honneur les 19 frimaire et 25 prairial, il devint sénateur Iel6pluviôs-e anXIII.Napoléon lui donna la sénatorerie de Florence, puis le nomma gouverneur de la ville d’Anvers et le fit comte de l’Empire en 1808.

En 1813, il fut chargé de l’organisation des gardes nationales de la Hollande, et adhéra en 1814 aux actes du Sénat.

Maintenu par Louis XVIII dans tous ses honneurs et ses’ grades, Férino reçut

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FËRNIG (LOUIS-JOSEPH de)[modifier]

né en 1735 d’une famille noble d’Alsace, fit avec distinction les campagnes du Hanovre (1755-1762), et quitta le service pour se livrer aux lettres. Ce fut à Mortagne, où il demeurait, que se tirèrent les premiers coups de fusil entre les Français et les Autrichiens. Fernig y avait été nommé, en 1789, commandantde la garde nationale. Lors de la formation du camp de Maulde, Dumouriez le nomma capitaine-commandant les Guides. Fernig combattit à Valmy, à Jemmapes et à Nerwinde. Il suivit Dumouriez dans sa fuite, rentra en France en 1802 et mourut en 1816.

FERNIG (JEAN-LOUIS-JOSEPH-CESAR, fils du précédent, comte de)[modifier]

né le 12 août 1772, à Mortagne (Nord), était lieutenant-colonel lorsqu’en 92 il passa à l’ennemi avec Dumouriez. Il servit en Danemark, rentra en 1798, et fit, comme volontaire à l’état - major de l’armée du Rhin, les campagnes des années VI, VII, VIII. Chef de bataillon à l’armée des Grisons, il obtint sa radiation de la liste des émigrés. Nommé lieutenant-colonel, il commanda en Zélande, en Espagne, et, en 1811, à la grande armée, il fit, comme adjudant-commandant et sous-, chef d’élat-major de Berthier, la campa^ gne de Russie. Pendant la retraite, il fit partie de l’Escadron sacré. En Pologne, il servit sous Eugène avec les mêmes fonctions, et rendit de grands services à Lut’/.en en enfonçant la réserve des alliés. Il fut promu, le U juin 1813, au grade de général de brigade.

Les Bourbons le mirent d’abord en disponibilité et lui confièrent ensuite une brigade à la campagne d’Espagne de 1823 et le titre de gouverneur de Barcelone. Rentré en France après dix-huit mois d’une sage administration, il parcourut toute l’Europe, de 1826 à 1828, et les notes qu’il recueillit rendirent de grands


en outre la croix de Saint-Louis. Dans une audience qu’il obtint du roi le 17 juin 1814, il eut avec ce monarque une conversation qui mérite de devenir historique : « Je vois avec grand plaisir, lui dit le roi, un aussi bon général, un homme aussi recommandable, quoique vous ayez refusé de me servir dans une conjoncture importante, et que vous ayez même désobéi à votre général en chef. » Férino témoignant toute la surprise que lui causait un pareil reproche, le roi s’empressa d’ajouter : « Vous rappelez-vous, général, l’ordre qui vous fut donné à ***, par M***, aide-de-camp de Moreau, de faire faire à votre division un mouvement en avant des Autrichiens ? vous refusâtes de l’exécuter. — Oui, Sire ; mais cet ordre m’était donné de vive voix et me paraissait d’ailleurs tout à fait contraire aux premières règles de l’art militaire. Je répondis à l’aide-de-camp que je n’effectuerais pas le mouvement à moins d’un ordre formel de la main même de Moreau.— Son aide-de-camp revint auprès de vous, reprit Louis XVIII, avec l’injonction formelle de prendre les positions prescrites, et vous refusâtes d’obéir.— Cela est vrai, Sire, et j’admire à quel point Votre Majesté connaît et se rappelle des détails aussi particuliers ; mais le général Moreau ne voulut jamais donner cet ordre par écrit, et dans la position qu’il m’était enjoint de prendre, le sort de la division,que je commandais était compromis à tel point que je regardai comme un devoir de ne pas obtempérer ; car un général qui eût été d’accord avec les Autrichiens pour nie faire battre, ne m’eût pas prescrit d’autres mesures. — Vous avez deviné, dit Louis XVIII, j’étais d’accord avec Moreau ; il était à moi depuis l’an IV. »

Férino mourut à Paris le 28 juin 1816. Son nom est gravé sur l’arc de triomphe de l’Etoile, côté Est.

FER En moins de quatre mois, cette colonie fut soumise, mais, en novembre 1802, une insurrection générale éclata ; la lièvre jaune emporta le général Leclerc, Fer-rand fut chargé de défendre la partie française de la colonie. Investi par Dessalines à la tête de 22,000 noirs, il le battit le 18 mars 1803.

Ferrand se maintint pendant près de cinq ans, et se montra administrateur et guerrier. A la rupture entre la France et l ! Espagne, le gouverneur de Porto-Rico lui suscita une insurrection, le 7 novembre 1808, Ferrand, à la tête de 500 soldats, fut attaqué par plus de 2,000 rebelles. Le premier choc fut terrible. Bientôt la cavalerie ennemie débordant les deux ailes de la colonne française, les rangs furent rompus, la plupart des officiers et des soldats furent tués, et le reste s’enfuit. Ferrand, réduit au désespoir, se fit alors sauter la cervelle d’un coup de pistolet. ■

FERRAND DE LA CAUSSADE (JEAN-MARIE-BEGAIS)[modifier]

né à Montflanquien en 1736, était, à 20 ans, lieutenant au régiment de Normandie-Infanterie, assista au siège de Berg-op-Zoom, à la prise du fort Hillo, à la bataille de Laufelt ; àCloster-camp, il se signala par sa bravoure, et fut grièvement blessé. Cette belle conduite lui valut le grade de capitaine. Il devint ensuite major-commandant de Valenciennes en 1792 ; les habitants de Valenciennes, qui l’avaient pris en affection, le nommèrent commandant de la garde nationale. Maréchal de camp dans la même année, il commanda l’aile gauche de l’armée du Nord à la bataille de Jemmapes, et contribua au succès de cette journée par l’intrépidité avec laquelle il emporta à la baïonnette les villages de Carignan et de Jemmapes, et par l’habileté qu’il déploya en manœuvrant sur le flanc droit de l’ennemi. FER ( 524 ) services à la science. En 1829, il y eut une mission à.Naples, fut mis en disponibilité en 1831 et à la retraite le 8 mai 1835.

FERNIG (FELICITE et THEOPHILE de)[modifier]

sœurs du précédent, étaient âgées l’une de seize ans et l’autre de treize, lorsqu’elles se placèrent en 92 dans les rangs de la garde nationale de Mortagne, et se battirent contre les Autrichiens. Instruite par Bournonville, la Convention leur envoya deux chevaux richement caparaçonnés. Ces deux sœurs, douées d’une grande beauté, s’attachèrent à la fortune de J$umouriez qui leur donna deux commissions d’officiers d’état-major et les prit pour aides-de-camp. Elles combattirent en cette qualité à Valmy, à Jem-mapes, à Anderlecht, à Nerwinde, et firent plusieurs actions glorieuses. Entraînées dans la fuite de Dumou-riez, elles reprirent le costume de leur sexe. Plus tard elles vinrent à Paris demander leur radiation de la liste des émigrés, furent mal reçues et ne rentrèrent qu’en 1802.

Théophile mourut en 1818 à Bruxelles où sa sœur s’était mariée.

Le général Guilleminot a épousé une autre sœur plus jeune du général Fernig.

FERRAND (MARIE-LOUIS)[modifier]

né à Besançon en 1753, fit, comme volontaire, en Amérique, les guerres de l’indépendance. De retour en France, il entra dans un régiment de dragons ; il était chef d’escadron en 93. Arrêté alors comme Fayettiste, il fut mis en liberté après le 9 thermidor. Nommé bientôt général de brigade, il commanda aux armées de l’Ouest, des Ardennes et de Sambre-et-Meuse.

A la paix d’Amiens, il commanda le département du Pas-de-Calais, et fit partie de l’expédition de Saint-Domingue.

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Après la victoire il fut nommé commandant de Mons.

Général de division le lo mars 93, il reçut de Dumouriez l’ordre de se rendre à Condé et à Valenciennes ; mais il ferma les portes de ces places aux troupes du général transfuge, et les conserva ainsi à la France. Bientôt Ferrand fut investi par 150,000 coalisés commandés par le prince de Cobourg, le duc d’York, et le général Ferraris ; il n’avait avec lui que 9,000 hommes. Avec une si faible garnison, il défendit Valenciennes pendant trois mois, et ne capitula qu’en désespoir d’être secouru, après avoir soutenu quatre assauts et défendu trois brèches praticables dans le corps de la place.

Ferrand, destitué comme ancien noble, fut-arrêté et détenu jusqu’après le 9 thermidor. Le premier Consul le nomma préfet de la Meuse-Inférieure, mais ses infirmités le forcèrent à la retraite en 1804.

Il mourut à la Planchette, près Paris, en 1805. Il a publié : Précis de la défense de Valenciennes.

FÉRY (MICHEL)[modifier]

général de brigade, né à Châlons (Marne), le 18 juin 1757, s’enrôla dans le régiment de dragons d’Artois, le 24 août 1781.

Lorsque la Révolution éclata, le jeune Féry fut nommé capitaine de la garde nationale de Chaurou (Creuse), et en remplit les fonctions jusqu’au 15 mars 1792. De retour dans sa ville natale, au moment où s’opérait l’organisation des bataillons de volontaires qui devaient marcher aux frontières, il obtint, le 8 septembre de la même année, le grade d’adjudant-major dans les quatre premières compagnies du bataillon de la Marne, et devint chef de ce.bataillon, le 11 novembre suivant.

Féry combattit en 1792 et 1793 à l’armée de la Moselle ; il avait déjà fait, en l’an II, la guerre de la Vendée, lorsque les insurgés de ce pays, au nombre de 400 hommes de cavalerie, et de 3,000 fantassins vinrent l’attaquer au bivouac d’Emoutiers-les-Moufflets. Cet officier n’avait sous ses ordres qu’une dizaine de chasseurs du 15* régiment et 400 hommes d’infanterie dont la plupart n’avaient pas encore vu le feu. Forcé de céder au nombre, il effectua en bon ordre sa retraite sur Saint-Cyr, en arrêtant plusieurs fois l’ennemi, à qui il tua un de ses chefs. Cette belle conduite lui mérita le grade de chef de la 143e demi-brigade, qui lui fut conféré le 1" jour complémentaire de l’an III.

En l’an IV il se rendit à l’armée de l’Ouest, où il servit jusqu’en l’an VIII. Le 5 pluviôse, Féry repoussa à Grand-champ, près de Vannes, avec 300 hommes de la 52e demi-brigade, dont il avait alors le commandement, 1,200 rebelles, soutenus par 2 pièces de canon. Le corps qui était sous ses ordres fut désigné, le 5 fructidor, pour se rendre à l’armée d’Italie. La solde des troupes était arriérée. Les ennemis de la République, profitant de cette circonstance, entraînent une partie de la demi-brigade à la révolte. Un grand nombre de soldats du Ie* bataillon arrachent le drapeau des mains de leur commandant et vont camper sur la place de l’église de Vannes. Informé de ce désordre, le ’ chef de brigade Féry monte à cheval, quoique malade, se présente aux factieux, leur ordonne de rendre le drapeau et de rentrer dans leurs rangs. Les coupables persistent dans leur rébellion. Indigné de cette résistance, Féry met pied à terre et s’élance vers le drapeau le pistolet à la main. A l’instant, 60 baïonnettes sont croisées sur sa poitrine. Loin de se laisser intimider par ces démonstrations menaçantes, il s’efforce de se frayer jour jusqu’au drapeau, fait feu sur les re-

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belles, en tue un, en blesse un autre, et est aussitôt percé de trois coups de-baïonnette. Les soldats de la demi-brigade qui ne soutenaient pas la cause des révoltés, s’indignent de cet horrible alten-tat. Le chef de brigade Féry se rend aussitôt auprès des deux autres bataillons qui avaient élé rassemblés, et leur adresse l’allocution suivante : « Le 1" bataillon vient de se déshonorer- mais vous resterez fidèles au gouvernement, et vous saurez apprécier justement ces misérables instigateurs, éternels ennemis de nos lois, de la paix, et qui n’ont pas rougi d’entasser les mensonges et les calomnies pour vous écarter de l’honorable sentier que vous avez parcouru jusqu’à ce jour. » Intimidés par l’énergie de leur chef et par le nombre de leurs camarades restés fidèles, les rebelles rendent le drapeau et rentrent dans le devoir.

En récompense de son généreux dévouement, Féry fut promu au grade de général de brigade p : ir le général Ber-nadotte, et fut confirmé dans ce grade, par le premier Consul, le 10 vendémiaire an IX. Lorsque l’armée d’Italie passait le Mincio, le o nivôse an IX, le général Féry, qui commandait toujours la 52° demi-brigade, marcha sur Valeggio, où se trouvait une division autrichienne de 14,000 hommes, sous les ordres du général Bèllegarde, fondit sur l’ennemi avec impétuosité, lui enleva 4 pièces de canon, un obusier, fit prisonniers 8 à 900 hommes, en tua presque autant, et entra à Valeggio après avoir perdu lui-même 400 combattants.

De retour en France, Féry fut employé, en l’an XI, dans la 18e division militaire, devint membre de la Légion-d’Honneur le 19 frimaire an XII, et •commandant de l’Ordre le 25 prairial de la même année. Investi, en l’an XIV, du commandement de la 15’ division

militaire, il en exerça les fonctions pendant deux.ans, fut ensuite mis à la retraite, et mourut en 1811 à la suite d’une longue et douloureuse maladie.

FEZENZAC (RAYMOND-AIMERY-PHILIPPE-JOSEPH, DE MONTESQMOIJ, duc de)[modifier]

descendant de l’ancienne famille des MOSTESQUIOU-FEZENZAC, dont l’origine remonte à 890, et qui a produit plusieurs hommes remarquables dans les armes et dans la diplomatie ; le duc Raymond de Fezenzac est né à Paris le 26 janvier ■1784. il s’engagea en 1804 comme simple soldat ; il avait à peine vingt ans, il passa par tous les grades et devint lieutenant pendant la campagne d’Allemagne de 1805. Choisi comme aide-de-camp par le maréchal Ney, il le suivit dans la campagne de Prusse, se trouva aux journées d’Eylau et d’Iéna, puis en Espagne, en 1808, assista aux sièges de Saragosse et de Madrid, à l’affaire de laCorogne et remplit dans cette campagne les missions les plus périlleuses. Après avoir rejoint en 1809 la grande armée en Autriche, il fut nommé capitaine, puis chef d’escadron ; l’Empereur, en récompense de ses services, le créa baron de l’Empire. Lors de l’expédition de Russie, il commanda le 4° régiment de ligne à la bataille de la Moskowa. Pendant la retraite il faisait partie du corps du maréchal Ney. Quoique son régiment, décimé par la rigueur du.climat et par l’ennemi, se trouvât réduit à 30 officiers et 200 soldats, le duc de Fezenzac repoussa les attaques incessantes de l’ennemi avec un courage héroïque ; il fut alors créé colonel.

Le maréchal Ney écrivit au ministre de la guerre une lettre dans laquelle il rendait l’hommage le plus honorable à la bravoure du duc de Fezenzac.

Élevé au grade de général de brigade par l’Empereur, il prit part à la prise de Hambourg par Vandamrne, qui rendit également le témoignage le plus flatteur de sa conduite. A la bataille de Kulm, en 1813, le général de Fezenzac donna de nouvelles preuves de valeur. La brigade qu’il commandait fut presque entièrement détruite par le feu de l’ennemi. Il fut fait prisonnier à Dresde, et rentra en France lors de la paix de 1814.

Après la seconde Restauration’ il fut nommé major général de la garde royale, en 181 S ; promu au grade de lieutenant-général, le 23 juillet 1823, et appelé, en 1830, au commandement de la division de réserve de l’armée d’Afrique.

Les services éminents rendus au pays par le duc de Fezenzac l’ont fait élever à la Pairie en 1832. Il fut nommé, en 1838, ambassadeur en Espagne, poste qu’il occupa jusqu’en 1839.

A la tribune de la Chambre des pairs, le duc de Fezenzac a prononcé plusieurs discours extrêmement remarquables, notamment sur la question algérienne, sur les affaires d’Espagne en 1840, et les fortifications dé Paris en 1841.

Le roi l’a nommé grand-croix de la LégionTd’Honneur en 1839.

FILANGIERI (CHARLES)[modifier]

prince de Satriano, lieutenant-général, directeur général du génie, de l’artillerie, du dépôt de la guerre et des écoles militaires du royaume des Deux-Siciles.

Descendant d’un de ces preux normands qui, avec les fils de Tancrède de Hauteville, s’emparèrent du royaume des Deux-Siciles ; vers le xie siècle, Charles Filangieri a eu pour père le célèbre Gaétan Filangieri, auteur de l’ouvrage intitulé Science de la législation, et qui est regardé comme le Montesquieu de l’Italie.

La conquête du royaume dé Naples par les Français en 1799, détermina le dé-

part du jeune Filangieri pour la France ; à son arrivée à Paris, le premier Consul, voulant honorer la mémoire de l’illustre auteur de la Science de la législation, le fit admettre au Prytanée, pour y achever ses études. Le jeune élève s’y fit remarquer par de grands succès, principalement dans les sciences mathématiques. Au commencement de 1802, nommé sous-lieutenant dans une demi-brigade d’infanterie de ligne, il fit, d’une manière brillante, les campagnes auxquelles son régiment prit part, et se distingua surtout à la grande journée d’Austerlitz, où il reçut (rois blessures. Le royaume de Naples ayant été occupé une seconde fois par les armées françaises, Charles Filangieri fut mis par Napoléon, en 1806, à la disposition de Murât qui venait de monter sur le trône, de Naples’. Filangieri fut d’abord envoyé au siège de Gaëte, puis au corps chargé de la conquête des Calabres. Appelé ensuite auprès de Joseph Bonaparte) devenu roi d’Espagne, il fit la guerre de la Péninsule avec le grade de lieutenant-colonel ; mais un duel qu’il eut àBurgos, avec le général Franceschi, et dans lequel ce dernier fut tué, ayant fait encourir à Filangieri la disgrâce du roi Joseph, il revint à Naples. Muratl’y accueillit avec empressement, lui confia le commandement d’un régiment et ne tarda pas à remarquer en lui les qualités d’un officier de la plus haute distinction. Élevé au grade de général de brigade en 1813, il reçut le commandement de l’avant-garde de l’armée napolitaine qui, par suite de la défection de Murât, vint combattre les Français et le prince Eugène jusque sur la rive droite du Pô. Mais de nouveaux événements, le retour de l’île d’Elbe et la déchéance de Murât arrêtée au congrès de Vienne, rallièrent les armes de ce dernier à la cause de la France..Dans la campagne de 1815, au

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passage du Panaro, dans le duché de Mo-dène, passage que l’armée autrichienne, sous les ordres du général Bianchi, défendit avec une grande opiniâtreté,’ le général Filangieri se signala d’une manière héroïque. Comme Bonaparte à Ar-cole, on le vit s’élancer et franchir le premier le pont si vigoureusement défendu ; il fut retrouvé couvert de blessures et presque mort sur le champ de bataille, où Murât le nomma lieutenant-général, grade qui est’ le plus élevé dans l’armée napolitaine.

Le roi Ferdinand et ses successeurs appréciant les talents militaires du général Filangieri, sa longue expérience et l’estime dont il jouit lui ont successivement confié l’inspection générale de l’infanterie, celle de la garde royale et, depuis 4834., la direction générale de l’artillerie, du génie, du dépôt de la guerre et des Écoles militaires. Les progrès rapides dont ces armes spéciales lui sont redevables, ont rendu désormais européenne la réputation du général Filangieri. En 1819, ce brave militaire a pris le titre de Satriano à la mort de son oncle dont il était l’héritier.

FITEAU (EDME-NICOLAS, comte de Saint-Etienne)[modifier]

général de brigade, né le 9 août 1792 à Saint-Léger-le-Petit (Cher), entra au service comme enrôlé volontaire dans le 4e régiment de chasseurs à cheval le 19 août 1789, et fit, en cette qualité, la campagne de 1792 à l’armée des Alpes, fut nommé brigadier-fourrier le 15 juillet 1793, et entra avec ce grade dans les partisans de l’armée du Rhin.

Il fit à cette armée les guerres de 1793 et des ans II etIII. Promu maréchal-des-logis le 18 nivôse an II, il fut fait lieutenant-quartier-maître le 10 pluviôse suivant, et le 6 ventôse, à la tête de 4

hommes, dans les bois de Kayserlautern, il se fit.jour à travers quinze cavaliers qui fermaient le défilé, et les mit en fuite. Incorporé comme lieutenant dans le 7e régiment bis de hussards le 11 prairial de la même année, il servit avec distinction à l’armée d’Italie pendant les ans IV, V et VI ; le 12 prairial an V, près de Valeggio, avec un peloton de 25 hommes il mit en déroute deux escadrons napolitains et fit prisonnier le prince Cutto qui les commandait.

Le let ventôse an VI, il fut nommé capitaine, et s’embarqua avec l’armée expéditionnaire d’Orient le 25 floréal suivant. Il prit part aux opérations de l’armée en Égypte et en Syrie pendant les ans VI, VII, VIII et IX, et se distingua surtout dans une expédition dirigée par le général Lagrange, dans laquelle il montra la plus grande résolution en se lançant intrépidement,,avec vingUcinq hussards seulement, dans le camp des Mamelucks, qu’il mit en fuite et auxquels il enleva tous leurs bagages.

Nommé chef d’escadron provisoire le 21 vendémiaire an VII, il se fit encore remarquer, le 3 pluviôse suivant au combat de Samananhout et dans plusieurs autres rencontres avec les Arabes et les Mamelucks, et fut promu, par le général en chef, au grade de chef de brigade provisoire du 3e régiment de dragons le 1" vendémiaire an IX. Le 19 ventôse suivant, il rallia un peloton de tirailleurs qui battait en retraite, le ramena au combat, fit à sa tête plusieurs charges vigoureuses, et fit quelques prisonniers. Le 21, il soutint avec une grande énergie la retraite de l’armée et chargea au-dacieusement les tirailleurs jusque dans le camp ennemi. Enfin, le 30 du même mois, à la bataille d’Alexandrie, à la tête de son régiment, il culbuta la première ligne et fut blessé de deux coups de feu au,bras droit.

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Rentré en France après la capitulation d’Alexandrie, le 3e régiment de dragons. vint tenir garnison à Versailles pendant les ansXet XI ; et fit partie de la deuxième réserve de l’armée des côtes de l’Océan, pendant les ans XII et XIII. Confirmé dans ces deux derniers grades par arrêté du premier Consul, du 10 vendémiaire an XII, et maintenu comme colonel à la tête du 3" dragons, Fiteau fut créé membre et officier de la Légion-d’Honneur les 19 frimaire et 25 prairial an XII. 11 fit les campagnes de l’an XIV et de 1806, en Autriche et en Prusse, avec la 1" brigade de la 2e division de dragons, à la réserve de cavalerie de la grande armée. Il se trouva au passage du Lech, à la prise de Wels, au passage de la Traunn et à la mémorable journée d’Austerlitz, et partout il fit preuve de bravoure et de capacité.

Créé commandeur de la Légion-d’Honneur le 4 nivôse an XIV, en récompense ce ses brillants services, il fut appelé à exercer les fonctions de colonel-major dès dragons de la Garde impériale le 13 septembre 1806, peu de temps après la création de ce corps d’élite, dans lequel il servit jusqu’au 25 mars 1809, époque à laquelle il fut nommé général de brigade et commandant de la 2e brigade de la 2e division de cuirassiers ( général Saint-Sulpice), à la, réserve de cavalerie de l’armée d’Allemagne.

Blessé grièvement le 6 juillet suivant, à la bataille de Wagram, où il se couvrit de gloire, l’Empereur lui conféra le titre de comte de Saint-Étienné, avec une dotation. A peine convalescent, il fut appelé au commandement du département du Léman (7e division militaire), le 5 août 1810. Mais le général Fiteau était d’une organisation très-faible, et les souffrances que lui occasionnaient ses blessures avaient encore altéré ses facultés intellectuelles ; dans un moment d’alié- T. 1.

nation, il se tua d’un coup dé pistolet dans son appartement, à Genève, le 14 décembre de la même année.

FLAHAUT DE LA BILLARDERIE (AUGUSTE-CHARLES-JOSEPH, comte de)[modifier]

né à Paris, le 20 avril 1785, {ils d’un officier général, il entra à l’âge de 15 ans dans un corps de volontaires à cheval, organisé pour accompagner le premier Consul en Italie. Il devint capitaine aide-de-camp de Murât, puis chef d’escadron dans un régiment de chasseurs à cheval, colonel aide-de-camp du prince de Neuf-châtel ; il combattit, avec distinction, en Portugal, en Allemagne, en Espagne et en Russie. Promu au grade de général de brigade en 1813, il devint aide-de-camp de Napoléon, se signala à la bataille de Dresde et fut alors élevé au grade de général de division (24 octobre 1813). Il se rendit le 22 février 1814 auprès des plénipotentiaires russes, autrichiens et prussiens pour traiter d’un armistice, mais ses propositions ne furent pas acceptées. Le titre de comte et le grade de commandeur de la Légion-d’Honneur lui furent accordés dans la même année. Le général Flahaut, après le retour de l’île d’Elbe, avait repris son service auprès de l’Empereur ; il fut nommé Pair de France, et défendit à la Chambre, après le désastre de Waterloo, le rapport du ministre de la guerre attaque par Ney, donna des détails sur les opérations de Grouchy, certifia que ce maréchal avait alors,40,000 hommes sous ses ordres, et appuya avec chaleur la proposition de Lucien en faveur de Napoléon II.

Après la seconde Restau ration, Talley-rand fit rayer son nom de la liste des personnes qui devaient être exilées de France. Toutefois on engagea M. de Flahaut à s’éloigner pour quelque temps. En 1830, il réprit sa place à la Chambre des Pairs et dans les rangs de l’armée ; 54

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il a depuis exercé quelques missions diplomatiques, il est grand-croix de la Lé-gion-d’Honneur. Madame de Flahaut, dont les romans ont obtenu tant de succès, et qui épousa en seconde noces M. de Souza, était la mère du général.

FLAYELLE (LOUIS-FRANÇOIS-JOSEPH)[modifier]

baron de Bourdonchamp, né le 29 novembre 1762 àVendégisaux-Bois (Nord). Après avoir servi pendant deux ans dans la garde nationale de Lille, il suivit pendant trois autres années un cours de mathématiques dans cette ville, fit quelques études préliminaires à l’École du génie, et entra dans cette arme en qualité d’adjoint le 29 avril 1792 ; il se trouva au siège de Lille, aux attaques du pont Rouge, de Warneton et de Warvick, sur la Lys ; au siège de la citadelle d’Anvers, au passage de la Meuse, à Wessin, et à la prise de Ruremonde.

A la suite de cette glorieuse campagne, Flayelle fut nommé lieutenant de 1" classe le 28 novembre 1792, et capitaine de 5’ classe le Ie" janvier 1793. Chargé, dans le mois de mars suivant, de soutenir la retraite de Dumouriez, il s’acquitta de cette mission avec autant de courage que de talent.

Passé à l’armée du Midi en l’an If, il partagea les dangers et les privations des troupes chargées du siège de Toulon, fut nommé capitaine de 4e classe le 16 brumaire, et se distingua le 17 frimaire aux trois assauts de la redoute anglaise, où il conduisait la colonne de gauche à la tête des chasseurs des Vosges. Le 18 pluviôse, il reçut l’ordre de se rendre à Maubeuge, menacé par l’ennemi, qui déjà avait ouvert la tranchée sur la rive gauche de la Sambre, où il fut atteint d’une balle à la jambe droite. Le 4 fructidor, il obtint le brevet de chef de bataillon. Dans le cours de cette campagne, il s’était trouvé aux sièges de Charleroi, de Landrecies et du

Quesnoy, et à la prise de Valenciennes, où il commandait la principale attaque. Passé à l’armée de Sambre-et-Meuse le Ie’ vendémiaire an 111, il se signala au siège de Maëstricht, pendant lequel il conduisit avec sa bravoure accoutumée l’attaque de Wick.

Chef de brigade le 19 brumaire, il était retourné dans la place du Quesnoy, lorsqu’un arrêté du Comité de salut public, du 14 floréal, lui prescrivit de se rendre à l’armée des Pyrénées-Occidentales. Il y commanda la ville et la citadelle de Saint-Sébastien, les ports du passage de Guataria et le camp retranché établi sous les murs de la place. Aux combats de Salvatiéra, avec 2o dragons qu’il fit embusquer, il prit deux bâtiments anglais chargés de 400 tonneaux remplis de chanvre et d’eau-de-vie, et se distingua encore aux affaires de Miranda, de Fuente-Alaro, lors de l’expédition de la Biscaye et de la vieille Castille sur les bords de l’Elbe. Rappelé par ordre de la commission du mouvement des armées, il arriva à Lille, le 20 frimaire an IV, pour y remplir lès fonctions de sous-directeur des fortifications. Désigné, le 4 floréal an V, pour faire partie de l’armée de Rhin-et-Moselle, il se rendit immédiatement à son poste ; mais le repos de cette armée ayant permis au colonel Flayelle de continuer son service à Lille, il y resta jusqu’au Ie* vendémiaire an VI, époque à laquelle il obtint du ministre de la guerre l’autorisation de se rendre à Metz, avec la faculté de suivre l’instruction de l’École du génie. Il avait été quelque temps auparavant employé aux travaux du fort de Kehl et dans les avant-postes.

Le 25 messidor an VII, il alla prendre à l’armée du Rhin le commandement du génie du centre, fut nommé sous-directeur des fortifications le 14 thermidor

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suivant, et fit partie des armées du Danube et d’Helvétie. Il fut attaché à l’armée de réserve de Dijon, depuis le 7 germinal jusqu’au 18 thermidor an "VIII. Il se trouva à la bataille de Ghâtillon, dans la vallée d’Aoste, avec le général Lannes.

Le 5 prairial, il reçut du général Ber-thier l’ordre de faire une reconnaissance sur le fort de Bard et de s’assurer du point le plus praticable en cas d’assaut. Il s’acquitta de cette mission sous le feu de l’ennemi, et le général en chef, au retour de cette reconnaissance, lui promit une paire de pistolets d’honneur.

Le 13, il établit avec une grande célérité un pont volant destiné au passage du Tésin à Buffalo. Le premier Consul en fit témoigner sa satisfaction au colonel Flayelle. Il assista, le 24 floréal, à la célèbre bataille de Marengo. A la fin de cette brillante campagne, il fut envoyé à Mézières en qualité de sous-directeur des fortifications, et le 9 frimaire an X à Givet, avec le titre de directeur.

Membre de la Légion-d’Honneur le 19 frimaire an XH, et officier de cet ordre le 25 prairial suivant, il fut nommé électeur du département du Nord, et président du collège électoral du premier arrondissement de celui des Ardennes, le 14 fructidor de la même année.

Il a fait depuis les campagnes de l’an XII, à l’armée des côtes de.l’Océan ; celles de l’an XIV et 1806 à la grande armée ; s’est signalé aux batailles d’Olla-brunn et’d'Austerlitz, les 24 brumaire et 11 frimaire an XIV, et aux affaires de Znaïm, de Wischau et de Rausnitz. Il rentra en 1808 à sa résidence de Givel.

En 1809 et 1810, il fit de nouveau partie de l’armée des côtes de l’Océan. L’Empereur l’avait décoré, le 31 juillet 1809, de la croix de commandeur de la Légion-d’Honneur, et lui avait conféré, l’année suivante, le titre de baron de Bourdonchamp. Le 1" novembre 1814, Louis XVIII lui donna la décoration de chevalier de Saint-Louis. Il commandait encore le génie à Givet et à Charlemont pendant les blocus de ces places en 1814 et 1815.

Le colonel Flayelle a été nommé chevalier de l’ordre de Sain te-Anne de Russie (2e classe), en novembre 1818. Admis à la retraite le 30 janvier 1822, il mourut le 22 mars 1830.

FONTAINE (Louis-OCTAVE, baron)[modifier]

naquit le 7 novembre 1762 à Saint-Ré-my (Haute-Saône).

Il s’engagea en 1778, et prit part à la guerre d’Amérique de 1779 à 1782, sous les ordres de Rochambeau, et se distingua au siège de Pensacola en 1781.

Brigadier-fourrier dans la 32" division de gendarmerie le 7 août 1792, il partit immédiatement pour l’armée du Nord.

Blessé au siège de Menin d’un coup de baïonnette à la poitrine, il fut nommé sous-lieutenant dans le 19° régiment de chasseurs achevai le 1" mai 1793, et fit les guerres de la Vendée aux différentes armées de l’Ouest, depuis l’an II jusqu’à l’an V..

Capitaine adjoint aux adjudants-généraux le 28 brumaire an II, adjudant-général chef de brigade le 25 prairial an Illi il fit partie de l’expédition d’Irlande.

Il se fit principalement remarquer le 20 fructidor, à la bataille de Castelbar où, à la tête de 40 chasseurs à cheval du 3e régiment, il fit mettre bas les armes à un régiment anglais et lui enleva 4 pièces de canon.

Sa conduite dans cette journée lui mérita le grade de général de brigade, qui lui fut conféré par le général en chef sur le champ de bataille.

Le Directoire ne confirma point cette nomination, quoiqu’il eût donné des pouvoirs au général Humbert pour récoin-

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penser les braves qui se distingueraient.

Fait prisonnier quelques jours après au combat de Connangen,, où le général en chef n’ayant plus avec lui que 4,000 hommes environ, fut forcé de capituler, Fontaine revint en France le A nivôse au VII, par suite d’échange.

Il fut aussitôt envoyé à l’armée du Danube, sous les ordres du général Jour-dan.

Le 30 ventôse, à la bataille d’Ostrach, le général Lefebvre comptait encore, outre les troupes qu’il avait directemeut sous ses ordres pour la défense de sa position, sur un bataillon de la 58e, 4 compagnies de la 25e légère, 3 escadrons du 5e hussards, un du 1" de chasseurs, et 2 du 17’ de dragons ; ces troupes, commandées par l’adjudanl-général Fontaine, avaient été dirigées la veille sur Hoskirch.

Fontaine ayant reçu l’ordre de se replier sur Ostrach, mais ayant été prévenu par l’ennemi, il se trouva à l’entrée du village pris entre deux feux.

Ne pouvant tenter le passage sans être entièrement défait, il profita d’une brume épaisse qui dérobait sa colonne aux yeux de l’ennemi, et remontant l’Ostrach par la rive droite de ce ruisseau, sur lequel il ne trouva aucune issue praticable, il fut forcé de s’avancer jusqu’à Riedhausen où, après avoir soutenu un combat avec une forte colonne autrichienne, il parvint à opérer sa jonction avec la 2" division.

Cette retraite, à la fois dangereuse et difficile, et qui exigeait un grand sang-froid et beaucoup de courage, fit infiniment d’honneur à l’adjudant-général Fontaine, qui reçut à cet égard les éloges les plus flatteurs de la part du général en chef.

Passé à l’armée du Rhin, il se trouvait au blocus de Philisbourg, lorsque, le 10 fructidor de la même année, l’ennemi

fit une sortie avec l’intention de détruire les ouvrages qui se trouvaient à Klein-Hollande, sur la rive gauche du Rhin.

Le général Laborde envoya à sa rencontre l’adjudant-général Fontaine, avec 125 hommes d’infanterie et 22 cavaliers, pour repousser cette tentative.

Après un combat de deux heures, dans lequel il montra beaucoup de zèle et de talent, cet officier força l’ennemi à rentrer dans la place avec une perte de 25 hommes tués et de 30 faits prisonniers. Aux affaires de Bruchshall et de Dour-lacii, il fut blessé de plusieurs coups de sabre.

Se trouvant à Paris, le 18brumaire an VIII, les services qu’il rendit dans le cours de cette mémorable journée lui valurent un sabre de la manufacture de Versailles, dont le premier Consul lui fit présent comme un témoignage de sa reconnaissance et de sa satisfaction.

Employé le 20 pluviôse suivant à la 26e division militaire, commandée par le général Lovai, qui.fut chargé, pendant cette campagne, de la direction supérieure de la défense des places d’Ehreim-brestein, de Cassel, de Mayence, de Dus-seldorff, Fontaine fut plusieurs fois chargé de missions importantes qui furent couronnées d’un plein succès.

Le 1" vendémiaire an X, il reçut des lettres de service comme chef d’état-major de la 24" division militaire, et il en exerça les fonctions jusqu’au 5 brumaire an XII, époque à laquelle il fut employé au carnp de Saint-Omer, d’où H passa à celui de Brest le 5 frimaire suivant.

Membre de la Légion-d’Honneur le 23 vendémiaire, il passa comme chef d’état-major de la 2e ■division de grosse cavalerie de la grande armée, le troisième jour complémentaire de l’an XII, et fit en cette qualité les compagnes d’Autri-

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che, de Prusse et de Pologne, de l’an XIV à 1807.

Il se distingua à Austerlitz et fut nommé, en récompense, officier de la Légion-d’Honneur le 4 nivôse an XIV.

Employé à la division de réserve de cavalerie le lo mars 1808, il fut envoyé en Espagne le 17 octobre suivant, et le 11 mars 1809, ayant été attaché à l’ëtat-major du prince de Neufchâtel (Alexandre Berthier), major général de la grande armée, il prit part aux opérations de l’armée d’Allemagne pendant la guerre de 1809.

Baron de l’Empire et dirigé sur l’Es-r pagne le 19 mai 1810, il rentra en France quelque temps après pour y soigner sa santé, délabrée par suite des fatigues de la guerre et fut employé auprès du géné^ rai Bailly de Monthion, aide-major gér-néral de l’armée.

Il est mort à Paris le 17-mai 1812 :

FORESTIER (GASPARD-FRANÇOIS, baron)[modifier]

naquit à Âix (Savoie), le 14 mars 1767.

Volontaire le 24 septembre 1792 dans le 1" bataillon du Mont-Blanc, sergent le 1" février 1793, il fut élu capitaine le 5 avril suivant dans ce même bataillon, bientôt après 5e demi-brigade provisoire qui passa de l’armée des Alpes à celle des Pyrénées-Orientales.

A l’affaire du 27 frimaire an II, sur la montagne des Alberès, au poste appelé la Tour de la Massane, il se défendit avec 150 hommes contre une colonne de 500 Espagnols, et les empêcha de se porter sur les derrières de la division, déjà aux prises avec un ennemi supérieur.

Le 30 du même mois, au combat livré sous le fort Saint-Elme, son bataillon avait perdu beaucoup de monde, et le drapeau, après être passé entre les mains de plusieurs officiers et sergents, qui tous.avaient été tués, était tombé au

pouvoir des gardes wallonnes, lorsque le capitaine Forestier s’élança au milieu des ennemis, saisit l’étendard français et le rapporta au bataillon.

Après la paix avec l’Espagne, il alla en Italie avec sa demi-brigade (18* de bataille), y devint adjoint provisoire à l’adjudant-général Guillet, et fut employé dans la 9’ division militaire le 21 pluviôse an V.

Confirmé dans cet emploi le Ie’ prairial suivant, placé successivement dans les 7e et 8* divisions militaires, et le 11 vendémiaire an ’IX, aide-de-camp auprès du, général Frégeville, : inspecteur de cavalerie, qu’il accompagna, cette année’ en Italie, il se rendit dans la 9’ division en l’an XI, fut compris comme membre de la Légion-d’Honneur dans la promotion du’25 prairial an XII, et obtint le grade de chef d’escadron, en conservant ses fonctions, le 3 messidor de la même année. A la fin de l’an XIII, il suivit de nouveau son général en Italie, fit la campagne de 1806 dans le pays de Naples,et fut assez gravement blessé au bras et au genou en montant à l’assaut de Civitta del Tronto.

Rentré en France avec l’autorisation du roi de Naples pour y rétablir sa santé, il rejoignit la grande armée le 16 mai 1807, assista en qualité de major de tranchée au siège de Stralsund, où il reçut un coup de feu à la jambe droite, revint à Paris à la fin de février de 1808, et partit au mois de juillet pour rejoindre le corps d’observation des Pyrénées Orientales, devenu 2 » corps de l’armée d’Espagne.

Adjudant-commandant le 28 août et officier de la Légion - d’Honneur le 4 septembre de la même année, à la suite de l’affaire de Rio-Seco, il fut grièvement blessé d’une balle dans le cou à la bataille d’Oporto lé 29 mai 1809, et se

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rendit à Madrid, où il resta employé en vertu d’un ordre du roi du mois de février 1810 :

Employé au 5e corps d’Espagne en 1810, il devint sous-cbef de l’état-major général de l’armée du Midi en janvier 1812, et l’Empereur l’ayant nommé général de brigade le 30 mai 1813, il rentra en France au mois de juillet, et fut désigné le 22 octobre pour servir au corps d’observation d’Italie. Pendant la campagne de 1814, il commandait une partie de l’avant-garde de l’armée du Vice-Roi, et dans une affaire où ce prince s’était réfugié au milieu d’un bataillon carré cerné par une cavalerie nombreuse, et manquant de cartouches, il parvint à se dégager par un mouvement hardi. Dans l’après-midi du même jour, il enleva, à la tête du 84e régiment, le village de Pozzolo, sur le Mincio, défendu avec opiniâtreté par 6,000 Autrichiens.

De retour en France à la paix, il fut nommé chevalier de Saint-Louis le 29 juillet 1814, rentra dans ses foyers le 1er septembre, obtint le 27 décembre la décoration de commandeur de la Légion-d’Honneur, et fut investi le 30 du même mois des fonctions d’inspecteur d’infanterie dans la 16e division militaire (Lille).

Commandant du département de l’Hérault le 10 juin 1815, il sut y maintenir l’ordre dans ces temps difficiles et se vit classer de nouveau dans la non-activité le 1er septembre. Naturalisé Français le 26 mars 1817, il fut admis à la retraite le 1er janvier 1825.

Le général Forestier est mort à Paris le 24 avril 1832.

FORESTIER (FRANÇOIS-LOUIS, baron)[modifier]

naquit le 3 mars 1776 à Aix (Savoie). Chasseur le 13 août dans l’infanterie légère de la légion des Allobroges à l’armée des Alpes, fourrier le 14 septembre,

sergent-major le 8 octobre et lieutenant le 9 décembre de la même année, il fut blessé à la jambe droite par un éclat d’obus pendant le siège de Toulon, le 15 vendémiaire an II, en défendant avec une compagnie de chasseurs qu’il commandait, le poste de la Grille-de-Fer, en face du fort Rouge, attaqué par un bataillon piémontais.

Fait capitaine dans les carabiniers à pied de sa légion le 14 prairial an II, à l’armée des Pyrénées-Occidentales, il soutint, le 30 messidor, avec deux compagnies d’élite, la retraite de la division Charlet par les montagnes de Canigou, défendit Campredon et empêcha dans la nuit une colonne considérable d’Espagnols de pénétrer dans cette ville avant qu’elle n’eût été complètement- évacuée par les Français.

Amalgamé dans la 4e demi-brigade de troupes légères le 16 brumaire an IV, il passa en Italie bientôt après, et se trouva le 25 germinal à l’assaut de la redoute de Saint-Jean, sur les hauteurs de Céva, où il eut la jambe gauche cassée d’un coup de feu, en tête de sa compagnie.

Incorporé dans la 27e légère le 16 vendémiaire an V, sans quitter l’armée d’Italie, il fit partie des expéditions de Rome et de Naples, et chargé, en qualité d’adjoint à l’état-major, le 6 pluviôse an VII, par le général Duhesme de se rendre en mission de Pescaro dans’ les Abruzzes, au quartier général de Cham-pionnet, dans les environs de Capoue, il traversa la ligne ennemie et 80 lieues de pays insurgé, et, après avoir perdu la moitié de son escorte, il parvint à sa destination. Dès cette époque, le général en chef lui promit le grade de chef d’escadron.

Employé à l’armée des Alpes après la retraite de l’armée deNaples, il se trouva, le 6 frimaire an VIII, à l’affaire de Pigne-rolla, où, sous les ordres de Duhesme il

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fit prisonniers, avec une dizaine de hussards, 300 Autrichiens qu’il ramena sous le feu de l’ennemi ; il eut en outre un cheval tué sous lui et fut cité à l’ordre de l’armée. Le 18 prairial, ayant rejoint l’armée de réserve,il fut envoyé en partisan de Crémone à Brescia, et surprit en route un poste autrichien considérable auquel il enleva 25 chevaux qu’il ramena au quartier général. Quelques jours-après, il passa le premier l’Adda en tête d’un détachement de soixante hommes, surprit les bagages et une partie des ponts volants de l’ennemi, et facilita ainsi le passage de la division française.

Enfin, dans la même campagne, il se trouva aux différentes charges de cavalerie devant Crémone et à Marengo.

Devenu aide-de-camp du général Du-hesme le 23 fructidor, il fit la campagne de l’an IX à l’armée gallo-batave et se distingua le 30 frimaire à l’affaire de Neukischen, en traversant la ligne autrichienne pour aller au secours d’un bataillon de la 29e légère cerné de tous côtés, et le ramena sans avoir été entamé.

Promu au grade de chef d’escadron et maintenu auprès de son général par arrêté du Ie’ fructidor an XI, membre de la Légion-d’Honneur dans la promotion du 25 prairial an XII, il resta auprès du général Duhesme à Lyon pendant les ans XIII, XIV et partie de 1806. Envoyé cette année dans le royaume de Naples, il y devint aide-de-camp du général César Berthier le 22 juillet, et passa dans la division des Sept-Ues, où il fut créé adjudant-commandant le 22 juin 1807. Au commencement de 1809, il était à l’armée d’Italie ; il rejoignit avec elle la grande armée d’Allemagne, reçut un coup de feu à la cuisse droite à la bataille de Raab, et fut créé baron de l’Empire le

15 août, puis officier de la Légion-d’Honneur le 22 du même mois.

Après la paix de Vienne, il revint en Italie avec le corps d’armée du Vice-Roi, repartit avec le 4e corps en 1812 pour l’expédition de Russie, reçut un coup de biscaïen à la jambe gauche à Krasnoë, prit le 18 octobre 1813, à l’armée d’Allemagne, et à la mort du général Vial, le commandement de la 6edivision du 2° corps, et se trouva le 30 au sanglant combat de Hanau où, malgré ses pertes récentes’, il parvint à faire 900 prisonniers.

Promu au grade de général de brigade le 19 novembre 1813, il suivit le mouvement de retraite de -Frankenthal en France, fut grièvement blessé au combat de Brienne le 29 janvier 1814, et succomba peu de temps après à ses blessures.

FOUCHER (JOSEPH-DÉSMÉ)[modifier]

né à Quélaineil (Mayenne), le 17 avril 1786. Entra dans les vélites grenadiers à pied de la Garde impériale le 4 juillet 1804 ; devint caporal des fusiliers grenadiers de la Garde le 15 juillet 1807 ; sergent le 1er mai 1808 ; sergent-major au 1" régiment des tirailleurs de la Garde le 11 juin 1809 ; lieutenant au 2e des tirailleurs de la Garde le 22 juin 1809-, lieutenant en premier, sous-adjudant-major aux grenadiers à pied de la Garde impériale le 28 février 1813 ; capitaine adjudant-major ayant rang de chef de bataillon le 22 janvier 1814 ; chef de bataillon de la légion de l’Orne le 5 août 1817 ; lieutenant-colonel du 11’ léger le 20 novembre 1823 ; colonel’du 45e de ligne le 27 décembre 1829^ maréchal de camp le 31 décembre 1835, lieutenant-général le 22 avril 1846.

M. le général Foucher a commandé la \" division le 4 mai 1848 ; il passa au commandement de la 2e le 10 juillet suivant. Il est membre de la commission de défense nationale depuis le 17 mai 1848.

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II a été-nommé membre de la Légion-d’Honneur le 5 juin d809, officier le 22 février 1814, commandeur le 18 avril 1834.

Il est chevalier de l’ordre (de Saint-Louis et de celui de Saint-Ferdinand d’Espagne (2e classe). M. le général Foucher est l’une des plus belles gloires militaires de cette époque. Il a fait avec beaucoup de distinction les campagnes de 180-4 au camp de Boulogne ; celle de l’an XIV en Autriche (campagne double), de 1806 et 1807 en Prusse et en Pologne, de 1808 en Espagne, de 1809 en Autriche et en Espagne, de 4810 et 1811 en Espagne (il fut. blessé le 18 octobre 1810 à Viana), celle de 1812 en Russie, de 1813 en Saxe, de 1814 en France où il fut blessé au combai d’Arcis-sur-Aube, la campagne de 1815 en Belgique, de 1823 en Espagne, et enfin de 1830, 1831, 1832 aux Colonies.

M. le général Foucher a une tenue et un physique militaire des plus remarquables.

FOULER (ALBERT-Louis-EMMANUEL, comte de RELINGUE)[modifier]

né le 9 février 1769 à Lillers (Pas-de-Calais), entra aux Petites-Écuries comme Page du roi le ! «’ avril 1786, et passa comme sous-lieutenant de remplacement dans le régiment de Navarre (5e d’infanterie) le 12 septembre 1787. Devenu sous-lieutenant titulaire au même corps le l’r mai 1788, il fut fait lieutenant le 1" septembre 1791 et obtint le grade de capitaine le 1er mai 1792.

Employé à l’armée du Nord, il y fit la campagne de 1792, sous Luckner, et passa en qualité d’aide-de-camp auprès du général de division Pully le 23 mars 1793. Il fit avec cet officier général les guerres de 1793, ans II et III, aux armées de la Moselle et de Sambre-et-

Meusc, et fut nommé adjoint aux adjudants-généraux Mortier et Drouet le 26 ventôse an III. Il servit en cette qualité pendant les ans IV, V et VI à l’armée de Sambre-et-Meuse.

Le 6 thermidor an IV, • à l’affaire de Schweinfurt, il fut blessé d’un coup de feu au pied droit. Capitaine dans le 19° régiment de cavalerie le 26 ventôse an VII, il fut envoyé à l’armée de Mayence et fait prisonnier le 27 floréal de la même année, à Meinbischoffsheim, par un parti de hussards de Sekler. Échangé quelque temps après, il fut nommé chef d’escadron au 21e régiment de chasseurs à cheval le 29 brumaire an VIII, et fit la campagne de cette année à l’armée d’Italie.

Promu au grade de chef de brigade du 24e régiment de cavalerie le 4 brumaire an IX, il commanda ce corps à l’armée gallo-balave et passa en la même qualité, le 29 brumaire an X, dans le 11e régiment de cavalerie, devenu 11° de cuirassiers. Membre de la Légion-d’Hon-neur le 19 frimaire an XII, il en fut créé officier le 2o prairial suivant, et fut désigné pour faire partie du collège électoral du département du Pas-de-Calais.

Lors de l’organisation de la maison militaire de l’Empereur, le colonel Fouler fut nommé écuyer, et il fit les campagnes d’Autriche, de Prusse et de Pologne de l’an XIV à 1807, avec la 2° division de grosse cavalerie de la grande armée. La brillante conduite qu’il tint à Austerlitz lui valut la croix de commandeur de la Légion-d’Honneur le 4 nivôse an XIV. Nommé général de brigade le 31 décembre 1806, et employé àla grande armée, il se distingua à Heilsberg, où il fut blessé d’un coup de lance. Créé ccmte de l’Empire sous le litre de comte de Relingue le 23 mars 1808, il prit le commandement d’une brigade de la division de cuirassiers du général d’Espa-

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gne pendant la campagne de 1809 en Allemagne.

Le 21 mai, à Essling, il fit plusieurs belles charges, enfonça deux carrés,-s’empara de plusieurs pièces de canon ; mais ayant été blessé de plusieurs coups de sabre à la tête et renversé de son cheval, il fut fait prisonnier. C’est cette circonstance qui fit annoncer sa mort dans le 10’ bulletin. Revenu au quartier général le 22 juillet, l’Empereur le chargea, le 30 octobre suivant, de la formation.des régiments de cavalerie de la- 2e division de réserve de l’armée d’Espagne ; cette mission, heureusement accomplie, il reprit son service d’écuyer près de l’Empereur le 2 février 1810.

Il fit encore la ca’mpagne de 1814 en France, il reçut le grade de général de divisionsur le champ de bataillede Saint-Dizier. Mis en non-activité au retour des Bourbons, il fut nommé commandant d’escadron danâ la lre compagnie de mousquelaires de la maison du roi. le S juillet 1814., et confirmé dans son grade de général de division le 19 du même mois.

Chevalier de Saint-Louis et grand officier, de la Légion-d’Honneur le 19 mars 1815, il fut admis à la retraite le 9 septembre de la même année.

Il est mort le, 17 juin 1831. Son nom est inscrit sûr l’arc de triomphe dé l’Étoile, côté Nord.

FOURNIER (JOSEPH-AUGUSTIN)[modifier]

marquis d’AULTANNE, général de division, naquit à Valréus (Vaucluse), le 18 août 17S9. En 1775, il entra comme cadet-gentilhomme au régiment de Conli-In-fanterie, devint capitaine en 1790, et fit en cette qualité’les premières campagnes de la Révolution. Adjudant-général en l’an IV, et attaché à Tétat-major général de l’armée de Sambre-et-Meuse, il se trouva, le 16 messidor, à l’affaire de Salzberg et le 4 fructidor au combat d’Amberg.

En l’an VIII, il remplit les fonctions de chef d’étatrmajor d’une division de l’armée en Helvélie," combattit, le 3 vendémiaire, à la bataille de Zurich, et fut nommé, le 16 nivôse, général de brigade.

A la tête d’une brigade de cavalerie de la division Montrichard, le 12 floréal, il culbuta, à la bataille d’Engen, l’infanterie autrichienne, la poursuivit jusqu’au delà de Stockach et lui fit mettre bas les armes. Il se trouva, le 12 frimaire an IX, à la bataille de Hohenlinden.

Investi en l’an X du commandement de Sarre-Libre (13e division militaire), il occupait encore ce poste les 19 frimaire et 25 prairial an XII, dates de sa nomination dans la Légion-d’Honneur comme membre et commandeur. Lié avec Mo^ reau, il cessa d’être employé lors de la condamnation de ce général.

Remis en activité à l’ouverture de la campagne- d’Autriche de l’an- XIV, il se distingua, le 11 frimaire, à la bataille d’Austerlitz. En 1806, il se signala de nouveau, le 14 octobre, à léna-, et le 26 décembre à Pulstuck. Nommé le 31 du même mois général de division, il assista, le 8 février 1807 àEylau, et le 14 juin à Friedland.

Après le traité de Tilsitt, l’Empereur le nomma gouverneur de Varsovie, le fit baron de l’Empire en 1808, et l’envoya en Espagne en qualité d’aide-major général de l’armée. Il commanda Tolède. Il se fit ensuite remarquer, le 11 janvier 1813, à l’attaque de Sairit-Étienne de Baïgorry, et le 10 avril 1814 à la bataille de Toulouse. 11 envoya son adhésion aux actes du.Sénat, reçut la croix de Saintr Louis le 13 août, et fut nommé l’un des inspecteurs généraux de l’armée.

Louis XVIII lui conféra le titre de marquis. Rallié sincèrement à la cause royale, d’Aultanne y demeura fidèle au 20 mars 1815. Il suivit dans le Midi le duc d’An-gouléme, et stipula, comme chef d’état-major de ce prince, les conditions de la capitulation de Pont-Saint-Esprit. Appelé le 10 avril à Paris par ordre du ministre de la guerre, il fut envoyé en surveillance à Saint-Marcellin (Isère). Le roi, quoique absent, voulut récompenser sa fidélité, et par une ordonnance datée deGand, le 4 avril, l’avait fait grand officier de la Légion-d’Honneur.

A sou retour à Paris, il lui donna le commandement dé la 7e division militaire, puis, le 16 juillet, celui de la 2e division ; mais il le refusa, demanda sa retraite et se retira dans ses propriétés du département de Vaucluse, où il mourut le 7 janvier 1828. Son nom est inscrit sur l’arc de triomphé, côté Ouest.

FOY (MAXIMILIEN-STANISLAS)[modifier]

né à Ham (Somme), le 3 février 1775. Admis à l’École d’artillerie de La Fère dès l’âge de 15 ans, il en sortit sous-lieutenant en second au 3e régiment d’arlillerie. Il fit ses premières armes en 1792, sous Du-mouriez, et obtint successivement par sa bravoure et sa belle conduite les grades de capitaine et de chef d’escadron ; il fut nommé adjudant-général sur le champ de bataille de Diessenoffen en 1800, et justifia de plus en plus cet avancement dans les campagnes suivantes. Lors de la mise en jugement du général Moreau, une adresse où la conduite politique de ce dernier était incriminée fut présentée à la signature du colonel Foy, qui refusa de l’apposer en disant : « Qu’il était militaire et non pas juge. » Peu de temps après, il vota négativement pour l’établissement du gouvernement impérial, lorsque le suffrage de l’armée fut invoqué. Il continua de signaler sa valeur, ses talents et ses vertus militaires en Italie, en Allemagne et en Portugal.

Nommé général de ’brigade en 1809, Foy fut choisi par le maréchal Masséna pour défendre auprès de Napoléon la cause de l’armée de Portugal arrêtée sur les bords du Tage par des obstacles qu’il ne dépendait pas de sa valeur et de son dévouement de surmonter. C’est à la manière non moins noble qu’habile, dont il remplit cetie mission honorable, qu’il dut d’être mieux apprécié par le chef du gouvernement, qui le renvoya à l’armée avec le grade de général de division. Placé dans une position plus avantageuse, le général Foy, pendant la retraite de Portugal et les campagnes suivantes en Espagne, notamment à la bataille des Arapyles ou de Sajamanque, 22 juillet 1812, au passage du Duero, à Torde-Sillas, dans les affaires qu’il eut à soutenir après la catastrophe de Vittoria ; le général Foy, disons-nous, quelque temps investi d’un commandement en chef, développa toute l’étendue de ses connaissances et des ressources de son génie, et obtint un rang distingué parmi les habiles lieutenants du plus grand capitaine du siècle. Blessé pour la quinzième fois sur le champ de bataille de Waterloo, il resta à son poste jusqu’à la fin de cette désastreuse journée. Nommé en 1819 inspecteur général d’infanterie dans les 2e et 16e divisions militaires, le général Foy fut élu le 11 septembre de la même année membre de la Chambre des députés par le dépaç-tement de l’Aisne.

Sur ce nouveau théâtre parurent avec le plus vif éclat le savoir et l’éloquence du guerrier citoyen, dont l’étude avait été l’unique délassement sous la tente. Foy en consacra les fruits à la défense des principes constitutionnels, des libertés publiques, et jusqu’à sa mort, arrivée le 28 novembre 1825, il ne cessa de justifier les promesses qu’ilavait faites à ses FRA

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commettants. Un concours immense de citoyens de tous les rangs accompagna spontanément le.convoi du général distingué, de l’illustre orateur.

Une souscription fut ouverte, dans toute la France pour doter ses enfants et pour l’érection d’un monument à sa mémoire. Cette souscription atteignit un million.

« Les généraux qui semblaient réservés au plus brillant avenir étaient Gérard, Clausel, Foy, Lamarque, etc., c’étaient mes nouveaux maréchaux. »

(Napoléon à Sainte-Hélène.)

FRANCESCHI-LOSIO (FRANÇOIS)[modifier]

naquit le 3 juillet 1770 à Milan. Nommé., sur la demande du général Bonaparte, sous-lieuténant adjoint à l’état-major de l’armée d’Italie le -13 frimaire an IV, et entré comme lieutenant dans le 15e régiment de dragons le 4 prairial an V, il devint capitaine aide-de-camp du général Masséna, en Helvétie, le 21 prairial an VI, fut grièvement blessé à l’affaire de Feldkirch, et le premier franchit le Rhin à la nage, près d’Aymos, lors de la,prise de Coire, dans les Grisons, le 17 ventôse an VII.

Chef d’escadron en conservant ses fonctions auprès de Masséna, le 22 prairial suivant, il vint à l’aile droite de l’armée d’Italie, où, par sa fermeté et à l’aide d’un détachement de la 25e demi-brigade et de quelques Guides du général en chef, il arrêta la déserlion de deux demi-brigades auxquelles le dénûment avait fait oublier leur devoir.

Pendant le blocus de Gênes, il prit part à toutes les sorties, eut un cheval tué sous lui en chargeant les Autrichiens à Cdgoletto, et fut le seul officier de l’état-major de Masséna qui réussit à porter des ordres au général de division Soult, qui se trouvait coupé du reste de î’arméeau poste de la Madone.

Rentré d’Italie en France après la paix

de Lunéville, et compris comme officier de la Légion-d’Honneur dans la promotion du 25 prairial an XII, Franceschi- fut nommé colonel par l’Empereur le 3 ventôse an XIII, et passa au service de Naples, en 1806, avec le titre d’écuyer du roi Joseph qu’il suivit en Espagne en 1808. Nommé aide-de-camp de ce prince, il parvint au grade de général de brigade et fut, quelques temps après, tué en duel à Vittoria par le fils du célèbre Filan-gieri, comme lui aide-de-camp du roi,-par suite de quelques discussions sur les affaires de service.

FRÉGEVILLE (CHARLES-LOUIS-JOSEPH, marquis de)[modifier]

est né au château de Fré-geville (Tarn), le i" novembre 1765. Son frère, plus âgé de quatre ans, venait d’être nommé cadet au régiment des Dragons-Condé, lorsqu’il périt victime d’une affreuse catastrophe. Charles de Frégeville, âgé de 12 ans seulement, lui fut-substitué et joignit son régiment sur les côtes de Bretagne. Le jeune soldat fit le service dans les grades subalternes pendant deux ans, et fut nommé sous-lieutenant le ll.juillet 1779.

En 1781, il acheta une compagnie et fut créé capitaine au régiment des Dragons-Condé. Il employa dès lors une partie de ses semestres à voyager en’Prusse et en Allemagne ; il apprit la langue de ces pays et étudia principalement la stratégie de leurs armées. De retour en France, il se mit, le 17 mai 1790, à la tête de la garde nationale à cheval de Montpellier pour réprimer des troubles à Nîmes et à Beaucaire.

Nommé, en 1785, capitaine de remplacement, c’est-à dire saris traitement, il fut nommé en 1792 (20 janvier), capitaine au 3e régiment de chasseurs à cheval, et le 20 avril suivant, lieutenant-colonel du régiment modèle Chamborant-Hussards, 2e de l’arme.

FRE FRE (. 540 ) marche qu’il reçut un second ordre de Dumouriez pour l’arrestation de Bou-chotte, alors officier supérieur de hussards et depuis peu commandant de la place de Cambrai, où il présidait le club populaire. Frégeville s’apprêtait à s’acquitter de cette commission lorsqu’un courrier extraordinaire instruisit les autorités que Dumouriez avait émigré, qu’il était déclaré traître à la patrie, mis hors la loi, et que tout officier qui exécuterait des ordres de lui serait condamné à mort. Frégeville se contenta de déchirer le mandat d’arrestation qu’il avait reçu ; mais un colonel, qui avait connu cet ordre, fit part à Bouchotte des dangers qu’il avait courus. Ce commandant de place se borna à écrire au général Dampierre, successeur de Dumouriez, de délivrer Cambrai d’un régiment qu’il considérait comme très-suspect. Dampierre qui comptait sur le patriotisme du 2’ hussards, confia àFrégeville le commandement de toutes les troupes qui couvraient Valen-ciennes ; ce colonel s’y conduisit de la manière la plus distinguée ; mais bientôt rappelé au quartier général, Dampierre lui communiqua un ordre qui lui prescrivait de l’envoyer à Paris pour rendre compte de sa conduite. On sait ce qu’étaient alors ces sortes d’appel à Paris : c’étaitl’échafaud en perspective, et cependant il partit. Heureusement le Çomilé de salut public avait été prévenu avantageusement par les représentants du peuple, il renvoya Frégeville à son régiment.

Le 15 mai 1793, il fut nommé général de brigade à l’.avant-garde de l’armée des Pyrénées-Orientales. Cette avant-garde était de 3,000 hommes et l’armée de 11,000 à peine. Avec des forces si inférieures, le général Frégeville fit souvent tête à l’ennemi et remporta divers avantages ; mais un jour, n’ayant avec lui que 400 hommes, il fut enveloppé par environ 3,000 hommes et fait : pri- Charles de Frégeville fit la campagne suivante sous Lafayette et y commença sa réputation. Le colonel Halzan et le premier lieutenant-colonel Hock, tous deux hostiles aux idées nouvelles, avaient résolu de passer à l’ennemi avec tout le régiment qui se trouvait alors sur la frontière des Ardennes. Lafayette était absent • ; on avait éloigné Frégeville comme patriote, mais celui-ci averti à temps, accourut, et fittantquelerégiment,uninstantébranlé, refusa de partir et de suivre au camp autrichien son Colonel, le lieutenant-colonel en premier et huit officiers qui émi-grèrent seuls. En récompense, Charles de Frégeville fut nommé colonel de ce même régiment. Il ne tarda pas à se signaler par sa belle conduite : ainsi, sous Dumouriez, lors de la retraite de Grand-Pré, il conduisit ses hussards en habile capitaine et se battit en soldat intrépide. On sait que Dumouriez avait, en cette occasion, 20,000 hommes en retraite devant une armée de 100,000 Prussiens ou Autrichiens ; Frégeville qui formait l’arrière-garde, chargea plusieurs fois la cavalerie ennemie et la tint en échec. Peu de jours après, il se couvrit de gloire à Valmy, de même qu’à Jem-mapes,à Halle, à Bruxelles, à Tirlemont et devint l’exemple de l’armée.

Peu de temps avant sa fuite, Dumouriez’alla le trouver au camp de Maulde et lui confia ses desseins : son plan consistait à ’enlever le Dauphin du Temple, à le proclamer roi au milieu de son armée et,à confier la régence au duc de Chartres (général Égalité) aujourd’hui Louis-Philippe. Le colonel Frégeville consentit à se prêter à ses vues. Sous prétexte de refaire son régiment, de prendre des hommes du dépôt,ou d’empêcher la désertion, il fut convenu que le colonel se rendrait à Cambrai, puis à Pont-Saint-Maxence : à peine était-il en

FRE ( 5 sonniér avec ses aides-de-camp. Après ; deux ans d’une dure captivité, il fut rendu et alla résider à Montpellier en attendant un ordre de service. A peine arrivé dans^cette ville, une insurrection y éclata, le général parvint à l’apaiser à force de sagesse et par les voies de conciliation. La ville reconnaissante le nomma député de l’Hérault au conseil des Cinq-Cents.

Au 18 brumaire et danslesjournéesqui suivirent, le général Frégeville joua un rôle très-actif. Le 19 brumaire, on le vit, aidé de deux de ses collègues, enlever le président Lucien de son fauteuil et le porter dans la cour, pour le soustraire aux vengeances de la faction anarchiste ; Le même jour, ce fut lui qui décida Bonaparte à paraître devant environ cent cinquante membres du conseil des Çinq-Cenls, réunis dans une salle pour prendre une décision quelconque sur l’événement de la veille. C’est dans cette réunion, que l’on décida qu’un décret nommant trois Consuls, parmi lesquels serait le général Bonaparte serait soumis à l’approbation du conseil des Anciens.— Séance tenante on.nomma une commission de vingt-cinq membres pris dans chaque conseil, chargée de rédiger une constitution et on lui accorda trois mois pour la formuler. Frégeville fut du nombre de ceux que choisit le conseil des Anciens. La constitution acceptée, le général passa au Corps législatif. Nommé général de division le 28 mars 1800, il reçut la mission d’organiser vingt-cinqrégiments dans un rayon de trente-huit lieues de Paris. Toutes ces forcespromptement réunies furent dirigées vers l’Italie. CependantFré-gê ville préférant le service actif à la législature, alla prendre le commandement des troupes légères du général Brune, et se distingua par des charges brillantes au passage du Mincio et du Tagliamento. On le vit ensuite gouverneur de la 9" di-

( ) FRE. vision militaire, commandant une division sous Masséna, et quand le roi Joseph réunit sous ses ordres les armées de Masséna et de Gouvion-Saint-Cyr, ce fut Frégeville qui commanda en chef toute la cavalerie composée de quatre divisions. Pendant que Gouvion-Saint-Cyr faisait le siège de Gaëte, il réussit à s’emparer de Civitella del Tronto, située dans une position inexpugnable.

Ainsi, en un seul jour et avec neuf cents combattants et quelques pièces de quatre, il enleva une place que le duc de Guise avait en vain assiégée à la tête de 6,000 hommes et d’une artillerie formidable. La prise de Civitella del Tronto et celle de Gaëte, entraînèrent la soumission du royaume. Le général Frégeville fut nommé gouverneur de tout le pays comprenant l’Adriatique, depuis les États Romains jusqu’aux côtes de la.Calabre, et le roi Joseph demanda pour lui le cordon de grand officier. Après la paix de Tilsitt (4807), Frégeville tomba dans la disgrâce de l’Empereur et resta sans emploi jusqu’en 181 û. LouisXVIII le nomma le 8 juillet chevalier de Saint-Louis, et, le 27.décembre grand officier de la Lé-gion-d’Honneur dont il était commandeur depuis \ 804. Il dut sa faveur aux Tuileries àsa conduite en 1793, conduite qu’il eut soin de faire constater par le duc d’Orléans et par Dumouriez alors à Londres. On laissa seulement ignorer à Louis XYIII la question de régence.

Pendant les Cent-Jours, Napoléon lui confia la cavalerie du 2’ corps d’observation des Pyrénées-Orientales.

A la seconde Restauration, ce commandement lui fut ôté par le duc d’An-goulême irrité de ce qu’il refusait de procéder au licenciement du corps de cavalerie. Le ministre de la guerre, maréchal Gouvion-Saint-Cyr à qui il se plaignit, lui donna l’inspection générale de vingt-cinq régiments de l’armée delà,

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Loire. Le général Frégeville eut à combattre les ordres occultes du duc d’An-goulême et de son chef d’état-major, le duc de Damas. Le projet du prince était de désorganiser l’armée ; il réussit, et le général Frégeville fut mis à la retraite.

On sait que le duc d’Angoulême était soupçonné à cette époque de vouloir se former un royaume indépendant sous le nom de royaume de l’Occitanie.

Le général Frégeville fut remis en disponibilité ; en 1833, il reçut définitivement sa retraite. Il était à Parjs en 1834, et se trouva à la revue du 28 juillet, à cinq pas du roi et derrière le général Lachasse-Vérigny, au moment de l’explosion de la machine Fieschi.

Le marquis Charles de Frégeville avait inspiré une passion très-vive à la baronne de Krudner, la fameuse illuminée à qui appartient l’idée de la sainte-alliance.

Le général de Frégeville est mort à Paris en avril 1841. Son nom est inscrit sur l’arc de triomphe, côté Ouest.

FRÈRE (le comte GEORGES)[modifier]

né le 2 octobre 1764, à Montréal (Aude). Il était pharmacien au commencement de< la Révolution. Entré au service en 91, il mérita deux ans après le commandement du 2e bataillon de l’Aude.

Les armées des Pyrénées et d’Italie où il fit les campagnes qui précédèrent le traité de Campo-Formio furent témoins de sa valeur. Il fut blessé aux redoutes de Sezia, à l’entrée dans le Piémont. Chef de bataillon à la lpe demi-brigade de ligne, il fut encore blessé au combat de Bassano, en 1796, lorsque ce régiment se’précipitant sur les pièces qui défendaient le pont de la Brenta, les enleva, passa le pont et pénétra dans la ville malgré la résistance opiniâtre des bataillons de grenadiers, élite de l’armée autrichienne. Le général Bonaparte’cita

honorablement le commandant Frère dans son rapport au Directoire et le fit colonel de son régiment. Il passa en cette qualité à l’armée de l’Ouest, en Hollande, à 1,’armée du Rhin, qu’il quitta pour venir commander la Garde des consuls. Promu le 12 septembre 1802 au grade de général de brigade, il fit partie du corps d’armée qui s’empara du Hanovre en 1803.

Il combattit en Autriche, en Prusse et en Pologne, dans les campagnes de 1804 à 1807, et fut cité avec distinction dans les bulletins de l’armée. Le général contribua à la prise de Lubeck et entra un des premiers dans cette place. Dans la campagne de Pologne, il fut chargé de défendre le passage important du pont de Spanden, sur la Passarge ; sept fois la droite des alliés, forte de dix mille hommes, marcha sur les retranchements, et sept fois elle en fui repoussée par le général Frère qui n’avait avec lui que le 27e régiment d’infanterie légère et quatre pièces de canon. Cette glorieuse défense qui coûta à l’ennemi plus de mille hommes, eut lieu le 5 juin 1807 et fut un des plus brillants faits d’armes de la campagne. Le général Frère reçut l’année suivante le titre de comte de l’Empire, la croix de commandeur, le grade de général de division et un commandement en Espagne. Le 7 juin il marcha sur Ségovie, et arrivé à un quart de lieue de cette ville, il envoya un parlementaire pour inviter les magistrats à faire rentrer les insurgés dans le devoir. Les Espagnols, forts de cinq mille hommes et soutenus par trente pièces d’artillerie, ayant accueilli le- parlementaire à coups de canon, le comte Frère ordonna aussitôt l’attaque. La place fut emportée de vive force ; beaucoup ’ d’Espagnols périrent dans le combat, un grand nombre furent pris et l’on s’empara des canons.

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Le général Frère prit part au siège de Saragosse en qualité de chef d’état-major du maréchal Lannes, avec lequel il retourna en Autriche. Il y donna dec nouvelles preuves de valeur et de talent, et fut grièvement blessé à la bataille de Wagram. De retour dans la Péninsule, il se signala encore aux sièges de Tor-tose et de Tarragone, revint en France en 4813, fut appelé au commandement de la 13e division (Rennes), et ensuite de la 46° à Lille.

Après la première Restauration, le comte Frère fut nommé chevalier de Saint-Louis, demeura à peu près inactif pendant les Cent-Jours, et n’en perdit pas moins son commandement. Ilmourut, le 46 février 4826, de douleur et de regrets de la mort de son fils unique tué en duel.

Son nom est gravé sur l’arc de triomphe de l’Étoile ; côté Sud.,

FRÉSIA (MAURICE-IGNACE)[modifier]

baron d’O-gliano, d’Oglianto ou d’Oglianico, général de division, issu d’une famille noble du Piémont, naquit à Saluées (Stura), le 4" août 4746.

Admis à l’École militaire de Turin au mois d’octobre 1758, le jeune Frésia entra comme cornette dans le régiment de dragons au service du roi de Sardaigne le 47 avril 4766, et devint aide-major le 26 avril 4776, capitaine le 7 août de la même année, major le 27 septembre 4787, lieutenant-colonel du régiment de Chablais (dragons) le 3 août 1790, et enfin colonel du même régiment le 15 mars 1793. Pendant la guerre que la Sardaigne soutint contre la France, Frésia combattit dans les rangs de l’armée piémon-taise avec toute l’ardeur du guerrier qui se dévoue à la défense de son pays. Il commandait- en l’an IV les chevau-lé-gers du roi avec le grade de brigadier,

lorsque les États du souverain furent en vahis par l’armée française, sous les ordres de Bonaparte. Frésia continua à donner des preuves de dévouement à son prince jusqu’à la paix de Cherasco ; mais quand Charles-Emmanuel fut obligé en l’an VI d’abandonner le Piémont pour se retirer en Sardaigne, Frésia s’em- • pressa d’offrir ses services à la France, qui les accepta, et se rendit à l’armée d’Italie, où ses talents et sa bravoure le firent remarquer.

Chargé, à l’ouverture de la campagne de cette année, du commandement d’une brigade de dragons dans la division du général Halry, il se trouva, le 6 germinal, à la bataille qui eut lieu sous les murs de Vérone. A l’affaire du 46 il culbuta, à la tête de deux faibles escadrons, un régiment autrichien, le mit en désordre et le força de mettre bas les armes. Il obtint alors le commandement de toutes les troupes piémontaises qui ne cessèrent, sous un tel chef, de rivaliser de gloire avec les nôtres.

Après avoir déployé la plus grande valeurau combat de Verdorio, surl’Adda, où il eut à lutter contre les Russes et les Autrichiens,’dont les forces étaient décuples, il fut forcé de céder au nombre et de se rendre avec2,500 hommes, plutôt fatigués que vaincus.

Rendu bientôt à l’armée française, le général Frésia continua de prendre part à ses brillants succès, et fut nommé général de brigade par arrêté du 13 germinal an X. Au mois de germinal an XI, il fut investi, dans la 19* division militaire, du commandement du département de la Haute-Loire jusqu’au moisde messidor suivant, époque à laquelle il se rendit à Montpellier pour y organiser la légion du Midi, composée de Piémontais.-Ce fut lui que le général Fréville, commandant la 9e division militaire, envoya à Paris, le 2 floréal, pour porter à l’Em-

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pereur le vœu des militaires de la division. Le général Frésia se rendit ensuite à Auxonne, y continua ses fonctions,-puis orgauisa dans cette ville 3 bataillons, dont 2 furent embarqués sur la flotte de Rochefort.

Créé membre de la Légion-d’Honneur le 19 frimaire an XII, il fut nommé commandant de l’Ordre le 25 prairial de la même année. L’Italie fut témoin de ses exploits pendant les campagnes de l’an XIV et de 1806,qu’il fit sous les ordres du maréchal Masséna. S’étant rendu peu de temps après à la grande armée en Prusse, avec une division de cuirassiers, Frésia obtint le grade de général de division le 3 juin 1807, et commanda en cette qualité un corps de cavalerie étrangère à la bataille de Friedland. Au mois de décembre de la même année, il reçut l’ordre d’aller prendre le commandement de la cavalerie du 2" corps d’observation de la Gironde, aveclequel il entra en Espagne. Son courage et ses talents ne purent l’empêcher de subir toutefois la funeste capitulation de Bay-len, signée par le général Dupont ; mais il ne fut point enveloppé dans la disgrâce de la plupart des généraux qui avaient assisté à cette malheureuse affaire.

A sa rentrée en France, Napoléon le nomma baron de l’Empire, commandant de la 18° militaire (Dijon), le chargea, en 1809, d’une mission importante près de la cour de Toscane, et lui donna l’ordre de se rendre à la grande armée, à la tête des régiments de cavalerie organisésenltalie.

Après la campagne d’Autriche, il revint dans la Péninsule pour prendre le commandement de la 4e division militaire du royaume. Lors de la mort de l’amiral Villaret-Joyeuse, Frésia obtint le gouvernement provisoire de Venise, fit la campagne de Saxe, en 1813, à la tête d’une division de cavalerie, puis devenu commandant des provinces llly—

riennes, dont Fouché était gouverneur général, il mit dans un état de défense respectable les châteanx de Leybach et de Trieste. Dès que ces provinces eurent été évacuées, il passa en Piémont pour reprendre le commandement de l’une des divisions de l’armée de réserve qui s’organisait dans ce pays.

Chargé, le 1er février 1814, de défendre la ville et la rivière de Gênes, où’il se sou’tint jusqu’au 18 avril, malgré la vigueur des attaques et la faiblesse de ses moyens, il conclut alors, avec.l’amiral anglais Bentink, la convention la plus honorable, et sortit de Gênes avec les honneurs de la guerre. Ayant ramené ses troupes en France, une ordonnance du roi le créa chevalier de Saint-Louis.

Admis à la retraite le 24 décembre de la même année, et naturalisé Français le 7 décembre 181b, il fixa sa résidence à Paris, où il mourut en 1826.

FRESSINET (PHILIBERT, baron)[modifier]

né à Marigny (Saône-et-Loire) en 1769, embrassa de bonne heure l’état militaire. Adjudant-général en 1797 dans les campagnes d’Allemagne, de Suisse et d’Italie en 1799. Sa conduite à la bataille de Taufers lui valut le grade de général de brigade. Après avoir secondé Champion-net en Piémont, et donné de nouvelles preuves de courage et d’habileté dans toutes les rencontrés et surtout à Gênes, au passage du Mincio et sur les bords du Tagliamento, il partit en 1802 avec l’expédition de Saint-Domingue. Ce fut lui qui eut la commission de conclure avec Christophe et Toussaint-Louverture la négociation qui amena leur soumission. Néanmoins Leclerc le renvoya en Europe pour1 des motifs mal connus. A son retour en France, il fut exilé et ne reprit du service.que cinq ans après. Il obtint en 1812 un commandement dans le 6e corps, joignit le prince Eugène et

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FRI contribua puissamment à sauver l’armée, lors de la défection des Prussiens. Le 15 avril 1813 il se signala près de Magde-bourg et parvint, après plusieurs combats glorieux, à opérer la jonction de l’armée du vice-roi avec celle de Napoléon. A Lutzen, avec une poignée d’hommes, il enleva aux Russes le village d’Ersdorf.

Napoléon le fit général de division, baron, commandeur de la Légion-d’Hon-neur (il n’était même pas légionnaire), et commandeur de l’ordre de Wurtz-bourg.

Fressinet se distingua de nouveau au passage de l’Elbe, à Bautzen, à Leipzig. En 1814 il rejoignit l’armée d’Italie et se signala sur le haut Mincio. Pendant les Cent-Jours il rendit de grands services d’organisation daus l’intérieur. Ce fut lui qui, en 181b rédigea l’adresse énergique envoyée par l’armée sous Paris à la Chambre des représentants. Les désastres de Waterloo ne l’avaient pas fait désespérer du salut de la France.

Banni par l’ordonnance du 24 juillet, il se retira à Bruxelles, passa ensuite. à Buenos-Ayres, à Rio-Janeiro, où il connut l’ordonnance de rappel en France ; Mais arrêté en 1820 (3 juin) comme "prévenu d’être suspect, il fut enfermé pendant six semaines à la Conciergerie.

Une maladie de langueur l’enleva en 1821.

FRÎANT(Loms, comte)[modifier]

né à Villers Morlancourt (Picardie) le 18 septembre 17S8, était colonel à la bataille de Fleurus, où il se distingua. Général de brigade à l’armée de Sambre-et-Meuse sous Kléber qui lui confia 12,000 hommes pour le siège de Maëstricht, il coopéra à la prise de Luxembourg, et Jourdan lui donna le commandement de la province de ce nom. Après plusieurs actions d’éclat sur le Rhin, il servit en Italie sous Bernadotte (1796) et se battit avec intrépidité au passage du Tagliamento et à la prise de Gradiska.

En Égypte, le général Friant rendit de grands services, et Kléber le nomma général de division. Il fit la campagne de 1805 sous Davoût, eut quatre chevaux tués sous lui à Austerlitz, se distingua à Àuerstaëdt, à Eylau, à Eckmùhl, et fut créé Comte en 1808. Il assista en 1809 à la bataille de Wàgram, et plus tard commanda les grenadiers à pied de la Garde impériale. En Russie, il commandait une division du 1" corps, contribua à la prise de Smolensk, s’empara du village de Se-minskoe le jour de la bataille de la|Mos-kowa et détruisit une colonne russe. Ses blessures le forcèrent à l’inaction jusqu’au mois d’août 1813. Il prit alors le commandement de la -4e division de la jeune garde, se fit remarquer à Ha-nau, et en 1814àChamp-Aubert et dans plusieurs rencontres.

Le 2 juin, Napoléon le créa Pair. Le 18 à Waterloo il fut blessé en chargeant à la tête d’une division de la Garde.

Louis XVIII le mit à la retraite après 23 ans de service. Il est mort le 24 juin 1829.

Son nom est inscrit sur le monument de l’Étoile, côté Nord.

FRIRION (FRANÇOIS-NICOLAS-MATHUS, baron)[modifier]

né le 7 février 1766, à Vandiè-res (Meurthe), entra au service en 1782, comme volontaire, chef de bataillon en 94 ; adjudant-général en 96 ; il fut en cette qualité envoyé à l’armée d’Helvétie, en Italie, sous Schérer. Rappelé sur le Rhin en 1799, Moreau le nomma général de brigade sur le champ de bataille à Ho-henlinden.

Il était à la paix commandant du département du Bas-Rhin (1802), et servit plus tard à l’armée d’Italie sous Masséna, puis en Danemark. Il commandait une brigade de la grande armée à Essling. Le maréchal Lannes, présent à ses manœuvres pendant cette journée, lui dit : « Général, vous vous couvrez de gloire, vous et votre brigade ; je rendrai compte de votre conduite à l’Empereur. » Fri-rion se distingua encore au passage du Danube, à Wagram et au pont de Znaïm.

L’Empereur lui accorda le brevet de général de division, et le titre de baron avec un supplément de dotation.

En 1810 il était chef de l’état-major général en Portugal.

Rentré en France, il devint inspecteur de la l’6 division militaire. Sous la Restauration, il remplit les fonctions d’inspecteur général d’infanterie.

Il mourut le 24 mai 1821. Son nom est inscrit sur l’arc de triomphe, côté Est.

FRIRION (JOSEPH-FRANÇOIS)[modifier]

né en septembre 1771, à Pont-à-Mousson (Meurthe), entra comme soldat en 1791 au régiment d’Artois (48e d’infanterie). Promu par élection au grade de sous-lieutenant, il se fit remarquer dès les premières campagnes du Rhin, en sauvant la caisse et les papiers de ce corps, déposés dans une maison incendiée par l’ennemi. Après le siège de Kehl, où il fut nommé capitaine des grenadiers, il passa en Italie, arriva au siège de Civita-Yecchia et à la bataille de Trebia, fut appelé en 1800 à l’état-major de l’armée du Rhia et reçut de Moreau le brevet de chef de bataillon sur le champ de bataille de Mœrskirch.

Membre de la Légion-d’Honneur à la création de l’ordre en 1804^ Fririon commanda le 69e de ligne à Gustadt, à Deppen et à Friedland, où un biscaïen le blessa au flanc gauche et fut nommé officier de l’Ordre le 18 février 1808.

Passé en Espagne en 1809 avec le 6e corps, il défit à Carracedo, le 26 avril, les

2,400 guérillas du partisan Norillo, et combattit l’année suivante à Busaco, où il soutint, pendant toute la journée, le feu de l’armée anglo-portugaise. Sa brillante conduite à la bataille de Fuentès de Onoro, où il fut blessé au bras gauche, lui mérita le grade de général de brigade le 22 juin 1811.

Présent en 1812 aux combats d’Ali-cante, de Castelleros, de Huerta et à la malheureuse bataille des Arapyles, Fririon entra ensuite dans la province de Palencia avec l’ordre de lever une contribution de huit millions pour subvenir aux ressources de l’armée de Portugal.

Après la bataille de Vittoria, il couvrit la retraite de l’armée, et remplaça le général Foy, blessé à Orthez, dans le commandement de sa division, qu’il ramena en France, et à la tête de laquelle il combattit à la bataille de Toulouse.

Pendant les Cent-Jours, il eut le commandement d’une brigade à l’armée du Rhin et prit part au combat livré aux Autrichiens devant Strasbourg le 28 juin 1815.

Mis à la retraite à la seconde Restauration, il fut replacé dans le cadre d’activité en 1830 et commanda successivement les déparlements de l’Allier, de la Haute-Saône et du Bas-Rhin. Rentré dans la position de retraite en octobre 1833, il s’était retiré à Strasbourg, où il est mort en mai 1849.

FUGIÈRE (JEAN-URBAIN)[modifier]

naquit le 8 février 1752 à Valence (Drôme). Soldat dans le régiment de Barrois-Infanterie le 22 mai 1770, caporal le 15 février 1773, sergent le 25 avril 1775, il fit sur mer les campagnes de 1780 et 1781, à la suite desquelles il obtint le grade de sergent-major, le 20 juin de cette dernière année.

En cette qualité, chargé d’une classe d’exercice, il s’acquitta de cette tâche de manière à mériter des

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propositions d’avancement ; mais préférant prendre son congé, il rentra dans ses foyers le 15 avril 1784.

Élu capitaine dans le 3e bataillon de volontaires n’ationaux de la Drôme, le 1 2 octobre 1791, il partit bientôt après pour l’armée des Alpes, et, à la tête de 3 compagnies d’élite, il repoussa les troupes piémontaises dans les sept excursions qu’elles firent sur le bourg de Seez, situé au pied du petit Saint-Bernard, les 14, 18, 19, 23 et 30 octobre, S et 12 novem-, bre 1792 : il était alors sous les ordres du général Dubourg.

Chef de bataillon le 4 août 1793, il vint au siège de Lyon, et, le 5 septembre, le directoire du district de Roanne l’envoya mettre en réquisition la force armée, les subsistances, les munitions et les chariots nécessaires à l’armée.

Dans cette mission, il sut respecter les personnes et les propriétés, laissant l’agriculteur et l’artisan à leurs travaux, évitant d’affamer les localités et s’attachant surtout à ne point outre-passer la sévérité de la loi. Il tint la même conduite pendant tout le temps qu’il commanda l’avant-garde à Montbr.isou et à Ville-franche (Aveyron). Il parvint à dissiper, sans coup férir, un rassemblement de 600 individus armés, action qui lui valut un certificat de civisme des représentants Châteauneuf-Randonet JPaganel. Il rejoignit ensuite avec son bataillon l’armée des Pyrénées-Orientales, où il arriva dans les premiers jours de l’an II, et, toujours aux avant-postes, il repoussa le 30 brumaire an III, avec une poignée d’hommes, une forte colonne ennemie qui tentait de prendre en flanc la division Sauzet.

Nommé chef de la 18e de bataille le 2o prairial an III, il assista en cette qualité au combat de Roveredo, où il eut un cheval tué sous lui. A la bataille de Rivoli, le général en chef passant devant sa troupe lui dit : « Brave 18e, je vous

connais, l’ennemi ne tiendra pas devant vous. » La bataille fut gagnée et Fugière obtint l’honneur de faire broder ces paroles sur son drapeau.

Le 13 ventôse an VI, il fut chargé, avec 1,500 braves, d’emporter le pont de Munich, poste formidable défendu par 22 pièces de canon et 7,000 hommes ; Fugière, s’en empara en peu d’instants, et fut fait général "de brigade en considération de sa belle conduite, à cette affaire. Attaché à la division Régnier pendant l’expédition d’Égypte, il assista à tous les combats qui précédèrent la conquête du Caire, ainsi qu’à la bataille des Pyramides, où il fit preuve d’une grande valeur.

Le 7.thermidor an VII, à la bataille d’Aboukir, chargé d’attaquer parla droite les retranchements relevés par l’ennemi au bord de la mer, il fut atteint par une balle à la tête et reçut un autre coup de feu au bras gauche : il se retirait tout sanglant du champ de bataille, lorsqu’un boulet lui emporta ce même bras et nécessita l’amputation immédiate à l’articulation, opération doulom^euse qui le mit un moment en danger de mort, et qu’il subit courageusement au milieu du feu et en présence du général en chef.

En récompense de sa belle conduite, le général en chef lui fit don de son propre sabre, sur lequeljl avait fait graver : « Bataille des Pyramides, bataille d’Aboukir, le général en chef Kléber au général de brigade Fugière, au nom du Directoire exécutif. »

Rentré en France après la capitulation d’Alexandrie, il débarqua à Toulon ayec l’armée, où il apprit que, dès le 29 frimaire an IX, le premier Consul avait pris un arrêté pour lui confier le commandement en chef de la succursale d’invalides qu’on devaitincessammment établir dans la 8e division militaire. Bonaparte lui confirma lui-même cette nouvelle par

GAL

( une lettre datée de Paris du 8 frimaire anX, et ainsi conçue : a J’ai reçu, citoyen général, votre lettre de la quarantaine : au poste d’Avignon, comme à la tête de la 18e, vous ferez toujours votre devoir avec honneur et d’une manière distinguée. Comptez sur mon estime et les sentiments que j’ai pour vous.

« BONAPARTE. »

Le 24 ventôse an X, le général Fugière fut définitivement installé dans son nou-

veau poste, où il reçut les décorations de membre de la Légion-d’Honneur le 25 prairial an XII et d’officier de cet Ordre le 5 nivôse an XIII. Napoléon, à son passage à Lyon, le 24 germinal de la même année, le créa commandeur de la Légion-d’Honneur ; et le 1 8 février 1812, il reçut l’ordre de cumuler son commandement des Invalides avec celui du département de Vauclusè.

Le général Fugière est mort le i 6 décembre 1813.

E Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850 G