Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850/G

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GALITZIN (DMITRI)[modifier]

général en chef de cavalerie, gouverneur militaire de Moscou, etc. Fils du prince Wladimir Ga-litzin, petit-fils du prince Galitzin, ambassadeur à Londres, et descendant de Guedemyn, grand-duc de Lithuanie, le prince Dmitri Galitzin naquit le 29 octobre 1771 dans le gouvernement de Moscou. Il vint en France terminer ses études commencées dans son pays. La Révolution de 1789, dont il vit les premiers événements, le forcèrent à retourner en Russie, où il embrassa la carrière des armes’ ; Catherine II occupait alors le trône. Entré dans le régiment de la garde à cheval, le prince Galitzin se trouva, avec le célèbre général Souwaroff à la prise de Prague, et y fit preuve d’un grand courage. A 28 ans il était lieutenant-général. Il commandait le régiment de cuirassiers de Saint-Georges à Mittau. Il entra, en cette occasion, dans l’intimité de Louis XVIII. Lorsque la Russie associa ses armes à celles de la Prusse contre Napoléon, en 1807, le prince Galitzin reçut le commandement d’une division de l’armée russe ; il prit part à la grande bataille d’Eylau et à plusieurs autres affaires où il se signala par ses talents militaires et son intrépidité. Sa conduite au combat de Golomyn lui fit obtenir la croix de Saint-Georges. Il fit ensuite la campagne de Finlande, en 1809, celles de 1812 et de 1813, où il commanda un corps de grosse cavalerie ; il était à la sanglante bataille de Leipzig, et se trouva mêlé à toutes les opérations militaires de la campagne de 18lû. D’une ardeur infatigable, il fut constamment sur le champ de bataille, à Mont-mirail, à Champ-Aubert, à Saint-Dizier. Après la prise de Paris, l’empereur Alexandre lui conféra le titre de général en chef.

En 1820 le prince Galitzin fut nommé gouverneur général militaire de Moscou ; son administration a laissé les traces les plus marquées de sa capacité et de la sollicitude avec laquelle il embrassa tous les intérêts confiés à sa garde. Les Français résidant à Moscou furent l’objet de la protection spéciale du gouverneur général.

En 1832, lors de l’invasion du choléra, son dévouement et sa conduite en général furent tels que la ville lui éleva un monument destiné à en perpétuer le souvenir.

Le prince quitta la Russie en mai 1843 et se rendit aux eaux de Carlsbad, puis de là à Paris, où il mourut le 8 avril 1844.

Il a laissé deux fils : les princes Wal-demar et Boris Galitzin.

GALZ DE MALVIRADE (LEONARD-JACQUES-STANISLAS, baron de)[modifier]

maréchal de camp, commandant le département de Lot-et-Garonne, commandeur de l’ordre de la Légion-d’Honneur, chevalier de Saint-Louis, chevalier de Saint-Ferdinand d’Espagne.

Le baron de Malvirade était premier Page de l’Empereur à 18 ans ; après l’avoir vu couronner en France et en Italie, il le suivit au camp de Boulogne et sur tous les champs de bataille de la grande armée dans la campagne de 1805. A Austerlitz, l’Empereur lui donna l’épée du premier général russe qui fut pris, et le nomma lieutenant. Il gagna le grade de capitaine sur le champ de bataille d’Eckmùhl, d’Essling et de Wagram.

Après avoir servi deux ans dans le 7e hussards, il fut nommé officier d’ordonnance de l’Empereur.

Ce fut pendant la campagne de Russie qu’il reçut la croix d’Honneur et fut fait chef d’escadron. Après la campagne de Saxe il partagea le sort de la garnison de Dresde dont la capitulation fut violée par l’ennemi. Après sa captivité, il fut nommé officier de la Légion-d’Honneur.

Sous la Restauration, devenu lieutenant-colonel, il se distingua au combat de Calders en 1823, et fut reçu dans les grenadiers de la garde. Après 1830 il fit encore la campagne de Belgique, et il était à la tête du 10e de dragons lorsqu’il fut nommé maréchal de camp.

Mort au mois de mars 1847.

GAMBIN (JEAN-HUGUES, comte)[modifier]

Naquit le 15 mai 1764 à Paris (Seine), soldat le 25 juillet 1785 dans le régiment d’Angoulême (34e d’infanterie), caporal le 19 mars 1786, sergent le 7 octobre 1787, et sergent-major le 11 novembre 1791, il passa avec son grade, le 22 décembre suivant, dans la garde constitutionnelle du roi, y resta jusqu’au 30 mai 1792, et le 4 septembre suivant il entra comme sergent-major dans le 1er bataillon des Gravilliers, où il fut nommé capitaine adjudant-major, le 15 du même mois. Il fit les campagnes de 1792 à l’an IX aux armées des Ardennes, du Nord, des Alpes, d’Italie et des Grisons, et donna des preuves de courage et de dévouement, le 1er décembre 1792, lors de l’in-cendie qui éclata dans le parc d’artillerie de Louvain. Chef de bataillon le 1er avril 1793, il servit au siège de Valenciennes, où, l’ennemi s’était empa-ré dans la nuit du 25 au 26 juillet du chemin couvert et de quelques ouvrages extérieurs qui cou-vraient le corps de la place. Plusieurs compagnies de grenadiers, commandées pour chasser l’ennemi des postes qu’il oc-cupait entre la porte de Cardon et celle de Mars, intimidées par la grandeur du péril, restent un mo-ment indécises. Le chef de bataillon Gambin, remplissant les fonctions de commandant temporaire, saisit le fusil d’un grenadier et leur dit : « Eh. quoi ! grenadiers ! vous craignez ces gens-là. Suivez-moi ! » En même temps il s’élance dans les retranchements, et animés par son exemple, les grenadiers imitent son intrépidité, et les ouvrages sont emportés en un instant ; mais le brave commandant est atteint d’un coup de feu qui lui traverse la cuisse droite et le met hors de combat. Amalgamé dans la 80e demi-brigade, le 10 brumaire an VI, il se fit remarquer en l’an VII aux affaires du poste des Barricades et de Fossano. Après avoir tenu garnison à Wissembourg, pendant l’an X, il servit en l’an XI en Helvétie, et passa par incorporation dans le 34e régiment d’infanterie de ligne le 1er brumaire an XII. Major du 53e de ligne le 30 frimaire, et membre de la Légion d’honneur le 4 germinal de la même année, il fit les campagnes de l’an XIV et de 1806 avec la 5e division d’infanterie de l’armée d’Italie. Promu colonel à la suite du 53e de ligne le 24 décembre 1807, et placé le 1er mai 1808 comme colonel titulaire à la tête du 84e de même arme, il fit en cette qualité la campagne de 1809 en Italie et en Allemagne, et c’est sous ses ordres que le corps qu’il commandait ajouta à son illustration par un des faits d’armes les plus éclatants de cette époque. Deux bataillons du 84e, forts au plus de 1 100 combattants, avaient été laissés dans la ville de Gratz ; le 26 juin, le général autrichien Giulay se présenta devant cette place avec un corps de 10 à 12 000 hommes. Le colonel Gambin plaça ses deux bataillons dans un des faubourgs de la ville, repoussa toutes les attaques de l’ennemi, le culbuta partout, lui prit 500 hommes, 2 drapeaux, et se maintint dans sa position pendant 14 heures. C’est sur le champ de bataille de Wagram qu’il présenta à l’Empereur les drapeaux pris à Gratz : « Colonel, lui dit Napoléon, je suis content de la bravoure de votre régiment et de la vôtre, vous ferez graver sur vos aigles : UN CONTRE DIX ». Le 84e régiment reçut en outre 96 décorations de la Légion d’honneur et un décret impérial du 15 août conféra au colonel le titre de comte, avec une dotation de 10 000 francs de rente. Général de brigade commandant d’armes le 5 mars 1811, et employé en cette qualité à Rome le 19 juin suivant, il exerça ces fonctions jusqu’au 16 mars 1813, époque à laquelle il obtint sa retraite. Le 25 avril 1821 il reçut la croix de Saint-Louis, et le 19 août 1823 celle d’officier de la Légion d’honneur. Il est mort le 18 mai 1835 à Toulon (Var).

GANTEAUME (HONORE, comte)[modifier]

vice-amiral, né à laCiotat en 1759, se destina de bonne heure au service de la marine et débuta dans la guerre d’Amérique. Il était officier auxiliaire en 1778, et devint sous-lieutenant de vaisseau en 1786. Élevé au grade de capitaine de vaisseau après sa sortie des prisons d’Angleterre, où il avait été conduit au commencement de 1793, il fut chef de division en 1795 ; contre-amiral sous le Directoire, il fut nommé préfet maritime à Toulon. Quelque temps après vice-amiral, et en 1808 inspecteur général des côtes de l’Océan. Le roi le nomma pair de France le 17 août 1815.

Il mourut à Aubagne le 28 novembre 1818. De tous nos officiers de marine c’est celui qui réunit le plus de titres et d’honneurs. II est vrai qu’il comptait 49 années de service pour l’État ou pour le commerce, plus de 20 campagnes, 10 commandements généraux ou particuliers, plusieurs combats et quatre blessures.

Napoléon en a porté un jugement sévère quand il a dit à Sainte-Hélène : « Ganteaume n’était qu’un matelot, nul et sans moyens. »

[[w: Gaspard Amédée Gardanne|GARDANNE (GASPARD-AMEDEE)]]

né le 24 avril 1758 à Solliers (Var), entra au service, le 1er mars 1779, comme lieutenant dans les canonniers gardes-côtes, et y resta jusqu’au 30 septembre 1780, époque de son passage dans les Gardes du corps du roi. Sorti de ce corps en 1784, il se retira dans ses foyers et ne pensait plus à reprendre les armes lorsque la Révolution éclata.

Une coalition formidable menaçait l’indépendance de la patrie et de nombreux volontaires accouraient aux frontières pour repousser l’agression. Le patriotisme de Gardanne ne fit point défaut dans cette circonstance solennelle ; il offrit ses services, fut élu deuxième chef de bataillon du 1" bataillon du Var, le 16 septembre 1791, et eut le commandement de ce même bataillon le 31 novembre 1792. C’est en cette qualité qu’il fit les campagnes des Alpes, et préluda par des actes de bravoure aux titres nombreux qu’il s’est acquis depuis à la gloire militaire et à la reconnaissance de la patrie.

Adjudant-général chef de brigade par arrêté des représentants du peuple Ri-cord, Fréron, Barras et Robespierre jeune, en date du 13 septembre 1793, il fut confirmé dans ce grade par décret de la Convention du 23 germinal an II, et prit une part active aux opérations du siège de Toulon. Passé à l’armée d’Italie, l’adjudant-général Gardanne se distingua le 9 messidor an III. Envoyé par le général Dalle-magne pour suivre les mouvements de l’ennemi qui avait projeté de s’emparer du camp de Sabion (Piémont), pour descendre ensuite à Tende, cet officier général reconnut qu’il était urgent de faire rétrograder l’ennemi, et il chargea Gardanne de diriger cette opération. Ce dernier partit avec un bataillon de tirailleurs et un détachement de la 165e deini-brigade, franchit avec intrépidité des précipices affreux, chargea les Piémontais, les culbuta avant même qu’ils eussent eu le temps de se reconnaître et leur fit éprouver des pertes considérables.

Nommé provisoirement général de brigade, au mois de brumaire an IV, par le représentant Fréron, il se signala, le 11 prairial suivant, au passage du Mincio. L’avant-garde ennemie, forte de 4,000 fantassins et de 1,800 cavaliers, défendait l’approche de Borghetto. Mis en déroute par notre cavalerie, les Autrichiens se hâtent de passer le pont et d’en couper une arche. L’artillerie légère engage •aussitôt la canonnade. Le pont est raccommodé sous le feu de l’ennemi ; mais une cinquantaine de grenadiers impatients d’aborder l’ennemi, se jettent à la nage tenant leurs armes et leurs fourniments au-dessus de leur tête et ayant de l’eau jusqu’au menton. Le général Gardanne, grenadier par la taille comme par le courage (selon les expressions du rapport du général en chef Bonaparte), était alors à leur tête. Les Autrichiens, épouvantés de tant d’audace, prennent la fuite ; le pont est rétabli ; les grenadiers passent le Mincio et s’emparent de Valeggio, quartier général de Beaulieu, qui venait d’en sortir à l’instant même. Le 18 thermidor an IV, à la bataille de Castiglione, le général Gardanne tourna l’ennemi, fondit sur lui, le mit en déroute, et par ce mouvement hardi contribua puissamment au succès de cette affaire.

Le 25 brumaire an V, à la première journée d’Arcole, il fit 400 prisonniers ; à la seconde, 2,300, parmi lesquels se trouvait un général-major, et il enleva 11 pièces de canon et 2 drapeaux. Le 27, au moment où l’ennemi faisait son mouvement pour s’emparer du pont, le général en chef Bonaparte donna l’ordre à Gardanne d’aller s’embusquer dans un bois, à la droite du pont, avec 2 bataillons de la 32e demi-brigade, pour défendre le passage de l’Adige. Dès que les Autrichiens parurent, Gardanne les attaqua avec impétuosité ; il les culbuta, leur fit 2,000 prisonniers et rejeta les fuyards dans l’Adige, où un grand nombre se noyèrent. Au moment où il débouchait du bois, il fut blessé par un coup de feu, mais il n’en continua pas moins à diriger sa colonne. Confirmé dans son grade de général de brigade, par arrêté du Directoire, en date du 10 germinal an V, il continua de faire la guerre en Italie et ne démentit point la belle réputation qu’il s’était acquise dans les campagnes précédentes.

Il se distingua surtout, le 23 floréal an VII, à Bassiguana, où il contribua au succès de cette journée. L’état de faiblesse numérique auquel se trouvait réduite l’armée française l’ayant obligé à prendre des positions plus resserrées, le général Gardanne alla s’enfermer dans Alexandrie. Il défendit longtemps cette place contre une armée de 15,000 Austro-Russes ; mais le mauvais élat des fortifications et le manque d’approvisionnements paralysèrent ses généreux efforts, et il se vit forcé de rendre la place aux ennemis. Au commencement de l’an "Vfll, Gardanne vint à Paris et prit une part très-active aux événements "de la journée du 18 brumaire ; aussi le Corps législatif le comprit dans son décret au nombre de ceux qui avaient bien mérité de la patrie, en faisant un rempart de leur corps au général Bonaparte. Celui-ci, devenu premier Consul, n’oublia point les services de Gardanne ; il le nomma général de division le 15 nivôse an VlII.

Appelé au commandement de la 6e division d’infanterie de l’armée de réserve, le 10 floréal suivant, il combattit avec une rare valeur, le 17 prairial, au passage du Pô. Le 23, après la bataille de Montebello, l’avant-garde était en marche pour passer la Scrivia : Gardanne rencontre l’ennemi qui défendait les approches de laBormida et les trois ponts qu’il avait près d’Alexandrie ; il l’attaque aussitôt, le culbute et lui fait une centaine de prisonniers. Le 23, à Marengo, il fut chargé de s’emparer, avec sa division, du village de ce nom et l’emporta après une courte résistance. Il suivit vivement les Autrichiens jusqu’à leurs retranchements sur la Bormida, leur enleva 2 pièces de canon et prit position à la cassine de Pedrebona, en avant de Marengo, et à égale distance de ce village et de laBormida. Dans cette journée mémorable, le général Gardanne surpassa la réputation qu’il s’était faite jusqu’alors. Les services qu’il y rendit lui valurent la mention honorable que le gouvernement fit de lui dans son arrêté du 7 messidor, ainsi conçu : « Les Consuls de la République, voulant donner une preuve de la satisfaction du peuple français au général de division Gardanne, qui s’est conduit à la bataille de Marengo avec autant de. bravoure que d’inlelligence, arrête ce qui suit : Le ministre de la guerre fera donner au général Gardanne un sabre sur lequel seront inscrits ces mots : Bataille de Marengo, commandée en personne par le premier Consul. — Donné, par le gouvernement de la République, au générât Gardanne. — Le premier Consul, signé Bonaparte. Le général Gardanne contribua encore, sous les ordres du général Brune, aux passages du Miucio, de l’Adige, de la Brenta et à toutes les victoires de cette courte mais glorieuse campagne de l’an IX, qu’il avait fallu faire pour assurer enfin la paix.

Rentré en France le 12 thermidor an IX, le général Gardanne fut nommé commandant de la 20e division militaire le 4 fructidor suivant. Le premier Consul lui confia le commandement des troupes françaises employées dans la république de Gênes, le 7 floréal an X, et le -18 messidor an XI, il le chargea de celui des corps français stationnés dans la république italienne.

A la création de la Légion-d’Honneur, Gardanne, membre de droit, fut classé dans la 8e cohorte et fut créé comman-dont de l’Ordre le 23 prairial an XII. Il continua d’exercer les fonctions dont il était revêtu jusqu’au 21 fructidor an XIII, époque à laquelle il passa au commandement d’une des divisions de l’armée d’Italie sous les ordres de Masséna, qui le cita avec les plus grands éloges pour ses talents et sa bravoure lors du passage du pont du vieux château de Vérone, le 26 vendémiaire an XIV.

Gardanne se distingua le 17 brumaire suivant au combat de Caldiero. Passé en 1806 au 9e corps de la grande armée, il rendit des services signalés pendant les campagnes de Prusse et de Pologne. Après la paix de Tilsitt, il revenait en France par la Silésie, lorsqu’il fut atteint d’une fièvre pernicieuse à Breslau, où il mourut le 14 août 1807.

La France perdit en lui un de ses meilleurs citoyens, un de ses plus intrépides défenseurs. La douleur de l’armée l’accompagna dans sa tombe.

GARDANE (CLAUDE-MATHIEU)[modifier]

naquit à Marseille en 1766. Sous-lieutenant à quatorze ans dans le premier régiment de chasseurs à cheval, il fut fait lieutenant le 21 janvier 1792, capitaine le 28 mai 1793, et chef d’escadron le 20 messidor an II.

Nommé par le Directoire, le 14 prairial an IV, chef de brigade, il prit le commandement du 9 régiment de chasseurs à cheval.

Moreau, général en chef de l’armée d’Italie, témoin de sa valeur à Bassignana le 23 floréal an VIII, le fit, sur le champ de bataille même, général de brigade, grade dans lequel il fut confirmé par arrêté directorial de 27 vendémiaire an VIII.

Il fit avec distinction les campagnes de 1792, 1793, ans II, III, IV, V, VI-, Vil et VIII, et fut blessé plusieurs fois, notamment au siège de Gênes, le 20 germinal an VIII, d’un coup de feu au genou gauche.

Gouverneur des Pages le 8 vendémiaire an XIII, et aide-de-camp de l’Empereur le 2e jour complémentaire de la même année, il se trouva en cette qualité à Austerlitz, à léna et à Eylau. Le roi de Perse, Feth-Aly-Schah, ayant réclamé l’assistance de l’Empereur contre, la Russie et l’Angleterre, Napoléon fit son gouverneur des Pages ministre plénipotentiaire en Perse, le 10 mai 1807.

Le peu de connaissance des usages du pays, et surtout l’indolence du général Gardanè, firent échouer les espérances qu’on pouvait avoir de cette importante mission.

Revenu en France en 1809, l’Empereur lui accorda le titre de comte de l’Empire, avec une dotation de 25,000 francs sur les domaines de Harburg et Moisburg (Hanovre), et, au moisde décembre, l’envoya comme général de brigade au 8e corps de l’armée d’Espagne.

Passé ensuite au 9e corps, il fut suspendu et renvoyé dans ses foyers pour n’avoir point effectué une expédition dont il était chargé en Portugal.

Le 5 janvier 1811, le major général prince de Wagram écrivit au ministre de la Guerre :

« J’ai l’honneur de vous prévenir que, d’après les ordres de l’Empereur, je donne l’ordre à M. Drouet, comte d’Erlon, commandant le 9e corps d’armée, de désigner un officier général pour prendre le commandement du corps de troupe que commande maintenant le général Gardane sur les derrières de l’armée de Portugal, et je donne l’ordre au général Gardane de partir ensuite, de sa personne, pour revenir en France. »

Le Général Gardane répondit au prince de Wagram la lettre suivante, datée de Balaruc, le 29 avril 1811 :

« J’ai l’honneur de rendre compte à Votre Altesse, le 7 février, de Salaman-que, de l’expédition dont j’ai été chargé en Portugal. Votre Altesse y aura vu que Son Excellence le comte d’Erlon avait envisagé que l’on ne devait rien hasarder ; que le 25 novembre il avait rétrogradé sur l’Espagne ; que le 25, il n’y avait pas de pont sur le Zezere ; que son Altesse le prince d’Essling venait de quitter Villa-Franca, Torresvedras, etc. ; que le 25 je me trouvai en mesure de passer le Codés, qui est à cinq journées de l’Espagne, ayant à Guarda, sur mes derrières, Sylveira, qui dans une seule marche pouvait m’arrêter sur toutes les communications vers l’Espagne. — J’ai dû m’arrêter à Balaruc, attaqué de rhumatismes, de fièvre et de fatigue ; j’y suis depuis un mois, sans un soulagement apparent. »

Il paraît que les explications du général Gardane ne satisfirent pas l’Empereur, puisqu’il ne l’employa plus.

Louis XVIII, moins difficile, le réintégra dans ses fonctions le 12 juin 1814.

Chargé du commandement d’une brigade de l’armée du duc d’Angoulème, et placé sous les ordres du général Ernouf, il ne tarda pas à rejoindre les troupes impériales.

Ce dévouement ramena Napoléon, qui l’attacha, le 7 juin, à la défense de la Somme.

Retraité le 4 septembre 1815, il est mort au mois de janvier 1818.

GARNIER-LABOISSIÉRE (PIERRE)[modifier]

né à Chassiécq, département de la Charente, le 10 mars 1754, entra à l’École militaire en 1769, et fut nommé sous-lieutenant dans fiustine-Dragons le 1er juin 1772. Réformé à la formation de 1776, il fut réadmis au corps, avec son grade de sous-lieutenant, le 15 juin 1777 ; il prit rang de capitaine le 3 juin 1779, et devint capitaine de remplacement dans Montmorency-Dragons le 28 avril 1788, et quand ce régiment prit le titre de 2e régiment de chasseurs à cheval, le 17 septembre 1791, il y resta comme capitaine et le suivit à l’armée du Rhin.

Au combat de Spire, le 30 septembre 1792, à la tête de douze de ses chasseurs, il fit trois cents prisonniers Autrichiens. Le 1er décembre suivant, il reçut, en récompense de cette action d’éclat, le grade de chef de brigade. Il exerçait les fonctions de général de brigade avec l’autorisation des représentants du peuple à l’armée du Rhin, depuis le 8 mai 1793, lorsque, dans une charge de cavalerie qui eut lieu le 25 messidor an II, et dans laquelle il eut un cheval tué sous lui, il tomba au pouvoir des Prussiens.

Échangé au mois de germinal an III et nommé général de brigade le 25 prairial de la même année, il fut successivement employé aux armées deRhin-et-Moselle et d’Allemagne. Il fut blessé à l’affaire de Roth, le 19 frimaire an IX, d’un coup de feu à l’épaule droite. Le 23 nivôse an VI, il passa à l’armée d’Angleterre, et le 29 thermidor à celle de Mayence. Il servit ensuite, comme général de division nommé le 5 ventâse an VII, en Italie et en Suisse pendant les ans VII, VIII et IX, et eut le commandement de l’armée de réserve depuis le 22 thermidor an VIII jusqu’à la fin de la campagne de l’an IX dans les Grisons.

Mis en non-activité le 1er vendémiaire an X, il fut nommé inspecteur général d’infanlerie le 7 nivôse, puis de nouveau inspecteur général de cavalerie le 8 ventôse. Le premier Consul lé fit entrer au Sénat le 7 fructidor an X. A l’époque de la création de la Légion-d’Honneur, il en fut nommé membre le 9 vendémiaire an XII, et grand officier le 25 prairial suivant.

Il avait été pourvu de la sénatorerie de Bourges par un décret du 2 de ce dernier mois, et devint Chambellan de l’Empereur au mois de pluviôse an XIII. En 1807, le 20 mars, l’Empereur lui confia le commandement de la 4e légion de réserve de l’intérieur, ei l’envoya, au mois d’octobre, présider le collège électoral de la Charente ; il lui conféra le titre de Comte en 1808.

Appelé au commandement supérieur de Strasbourg, le 8 mars 1809, il mourut à Paris, le 14 avril, avant d’avoir pu se rendre à sa destination.

GAULTIER DE KERVÉGUEN (PAUL-LOUIS)[modifier]

naquit le 22 mars 1737 à Brest (Finistère). Élève ingénieur de la marine en 17o’5, il fut employé aux travaux du port de Rochefort et aux fortifications de l’île d’Aix jusqu’en 1762.

Embarqué à Brest en 1763 pour l’expédition de Rio-Janeiro, il passa à Saint-Domingue l’année suivante, et devint aide-de-camp du comte d’Estaing.

En 1763, le gouvernement l’attacha comme ingénieur-géographe militaire à la légion dite de Saint- Victor.

Rentré en France en 1768, il reçut l’ordre de se rendre en Corse ; il y obtint, le 18 novembre 1769, le brevet de capitaine d’infanterie, et fut chargé, en 1778, de la carte topographique des côtes de l’Océan, jusqu’au 13 avril de cette année.

Envoyé en Amérique avec le titre de maréchal-général-des-logis des troupes de débarquement, il se trouva à l’attaque du fort Sainte-Lucie en 1779, et à Vas-saut du fort de l’île de Grenade, fut blessé d’un eoup de feu à la cuisse, et devint, la même année, chevalier de Saint-Louis.

De retour sur le continent à la fin de cette campagne, et nommé lieutenant-colonel le 20 décembre 1779, il continua de diriger la carte topographique des côtes de l’Océan jusqu’en 1785, et en 1786, on l’admit dans l’association américaine de Cincinnatus.

Promu le 15 novembre 1791 au grade d’adjudant-général colonel, il devinf chef d’état-major général à l’armée des Pyrénées-Occidentales.

Général de brigade le 8 mars 1792, il passa l’année suivante à l’armée d’Italie avec les mêmes fonctions, reçut du représentant du peuple attaché à cette armée, le 7 ventôse an II, le brevet de général de division, et fut confirmé dans ce grade le 25 prairial an III.

De l’an VI à l’an VIII, il eut l’inspection générale de l’infanterie de l’armée d’Italie, et il commanda par intérim cette’ armée pendant les premiers mois de l’an VIL

Inspecteur en chef aux revues le 18 pluviôse, membre de la Légion-d’Hon-nèur le 4 germinal an XII, officier de l’Ordre le 27 nivôse an XIII, et électeur dans le département de la Seine, il obtint sa retraite le 6’juin 1807.

Il est mort à Paris le 3 mai 1814.

GAUTHIER (JEAN-PIERRE, dit LE-CLERC)[modifier]

né le 25 février 1766 à Semon-sel (Jura), entra comme dragon dans le 18e régiment le 15 avril 1783.

Nommé brigadier le 16 janvier 1788, il obtint le grade de maréchal-des-logis le 8 juillet 1791. Successivement promu à ceux de maréchal-des-logis et sous-lieutenant les 1er janvier et 1er avril 1793, ans II et 111 à l’armée des Pyrénées-Oc-cidenlales, il y devint lieutenant le 1er germinal an II, et capitaine le 1er floréal suivant. Envoyé en l’an IV à l’armée de la Vendée, sous les ordres de Hoche, il prit part aux opérations de celle d’Italie pendant les guerres de l’an V et de l’an VI.

Au mois de floréal de cette dernière année, le capitaine Gauthier-Leclerc s’embarqua avec l’armée expéditionnaire d’Orient. Sa brillante conduite, pendant toute la durée de cette guerre, lui valut le grade de chef d’escadron le 22 fructidor an VII ; il se distingua encore le 17 venlôse an IX, au débarquement des Anglais à Aboukir, et, le 19 floréal suivant, le général en chef Menou lui fit adresser la pièce suivante : « Sabre d’honneur accordé au citoyen Leclerc, chef d’escadron au 18e régiment de dragons. — Le général en chef voulant donner un témoignage de la satifaction du gouvernement au citoyen Leclerc, chef d’escadron au 18e régiment de dragons, pour la conduite distinguée qu’il a tenue à l’armée d’Orient, accorde au citoyen Leclerc un sabre d’honneur. Il jouira, à dater de ce jour, des doubles appointements attachés aux cent sabres, conformément à l’ordre du jour du 14 pluviôse an VII. »

Revenu en France après la convention d’Alexandrie, Gauthier-Leclerc fit partie des troupes rassemblées sur les côtes de l’Océan pendant les ans XII et XIII. Classé comme légionnaire de droit dans la 6e cohorte de la Légion-d’Honneur, il fut nommé officier de l’Ordre le 25 prairial an XII. Il servit ensuite à la grande armée pendant les campagnes d’Autriche et de Prusse, et se fit surtout remarquer par son intrépidité à la bataille d’Auster-litz où il fut blessé.

Nommé major du 9e régiment de dragons le 19 juin 1806, il obtint le grade de colonel en second commandant le 11e régiment provisoire de dragons le 31 mars 1809. Ce corps s’organisait à Orléans ; c’est de là que le colonel Gauthier-Leclerc partit pour l’Espagne, où il fit la guerre depuis cette époque jusqu’en 1812, Passé le 13 mars 1810 au commandement du 9e provisoire de dragons, il devint disponible à la dissolution de ce corps, le 29 mai suivant. Après avoir servi pendant quelque temps à la suite du quartier général, il fut appelé au commandement du 25e régiment de dragons le 23 août 1811. Nommé major du 2’ régiment des lanciers de la Garde impériale, le 12 janvier 1813, il fit avec distinction la campagne de Saxe et fut élevé au grade de général de brigade le 26 décembre de la même année, en récompense de ses bons services. Attaché à la division de cavalerie du général Saint-Germain, le 11 février 1814, il passa à la 6e division de grosse cavalerie du corps du maréchal duc de Trévise le 28 mars suivant.

Sous la première Restauration, il fut employé à Avignon, et au retour de l’Empereur de l’île d’Elbe, il reçut le commandement d’une brigade avec laquelle il fit la campagne des Cent-Jours.

Après les désastres de Waterloo, ce général se retira dans ses foyers et fut admis à la retraite le 6 octobre 1815.

GAUTHERIN (PIERRE-EDME, baron)[modifier]

naquit le 12 août 1770 à Troyes (Aube). Soldat dans le régiment de Neustrie (10e d’infanterie le 20 octobre 1788, il passa en qualité.de caporal le 29 septembre 1892 dans l’infanterie de la légion des Allobroges, où il fut nommé sergent le 4 octobre et lieutenant le 6 décembre à l’armée des Alpes.

Adjoint à l’adjudant-général Montmeau le 14 juillet 1793, il devint aide-de-camp du général Carteaux le 24 septembre suivant, et se trouva aux attaques d’Ollioules et au siège de Toulon, durant lequel il fut promu, le 25 brumaire an II, capitaine des Guides à l’armée des Alpes.

Le 12 pluviôse an III, il passa comme chef d’escadron provisoire dans le corps des hussards des Alpes ou de la Mort, entra au 1er régiment de hussards de l’armée d’Italie le 5 prairial an IV, obtint le grade de chef d’escadron titulaire dans ce corps, le 7 brumaire an V, et prit part à tous les combats par la division du général Bernadotte, qui le chargea souvent de reconnaissances qu’il effectua avec succès.

En l’an VI, se trouvant dans les États romains, puis dans le pays de Naples, le général Championnet l’envoya à la recherche de deux divisions sur le sort desquelles on avait conçu de l’inquiétude, et qu’il était important de rallier à l’armée. Il partit donc de San Germano à la tête de 23 chasseurs à cheval du 23’ régiment, rencontra au village de Venasco une partie de l’avant-garde napolitaine qu’il fit prisonnière avec tousses bagages, et, le lendemain, passant le Voltuyio à la nage, il arriva à sa destination, n’ayant perdu qu’un seul homme de sa troupe et après avoir parcouru un espace de trente lieues d’un pays insurgé.

Le jour de la prise de Naples, il fut chargé d’attaquer avec une compagnie de grenadiers de la 11e demi-brigade la porte de Capoue, qu’il enleva le 7 pluviôse an VII ainsi que deux pièces de canon qui la défendaient. Cette action lui valut le grade d’adjudant-général en chef, grade dans lequel le Directoire le confirma le 27 du même mois.

Rentré à l’armée d’Italie, il eut pendant six mois, à la division Watriri, le commandement provisoire d’une brigade d’avant-garde avec laquelle il obtint divers succès. Devenu chef d’état-major de l’aile droite de l’armée d’Italie, sur la demande du général de division Soulty il servit directement sous ses ordres dans toutes les actions qui eurent lieu avant et pendant le blocus de Gênes jusqu’au moment où son général fut blessé et fait prisonnier.

Employé dans la 2edivision militaire (Metz), le 4e jour complémentaire an XI, et fait membre de la Légion-d’Honneur le 15 pluviôse et officier de l’Ordre le 25 prairial suivant, il rejoignit, le 2 vendémiaire an XIV, le corps d’armée de réserve commandé àMayence par le maréchal Lefebvre, et prit le 16 octobre 1806 le commandement du 9e régiment de hussards, à la tête duquel il reçut une balle au front à la bataille de Friedland le 14 juin 1807. En 1808, il entra en Allemagne avec le corps de réserve, et en 1809 il assista à la bataille de Wagram.

Promu au grade de général de brigade le 21 octobre 1809, il commanda la 11e brigade de cavalerie légère de l’armée d’Italie le 25 décembre 1811, et passa au mois de mars 1812 au 3e corps de réserve de cavalerie de la grande armée, avec lequel il fit la campagne de Russie, et fut promu le 11 octobre 1812 au grade de commandeur de la Légion-d’Honneur.

Le H novembre suivant, étant tombé presque mourant au pouvoir de l’ennemi, il ne rentra en France que le 6 août 1814, reçut la croix de chevalier de Saint-Louis le 30 du même mois, et, le 30 décembre, il reprit de l’activité en qualité d’adjoint à l’inspection de cavalerie de la 16e division militaire.

Au retour de l’île d’Elbe, l’Empereur l’attacha le 5 avril à la 5e division du corps d’observation de la Moselle, devenu 4e corps de l’armée du Nord ; il fit avec ce corps la campagne de Waterloo, et le suivit sur la Loire.

Mis en non-activité le 1er octobre, il eut à faire différentes inspections de cavalerie en 1818 et 1819.

Nommé lieutenant-général honoraire le 23 mai 1825, il fut remis dans le cadre de disponibilité au mois de mars 1831, et fut mis à la retraite le 1er avril 1833.

Le général Gautherin a été nommé grand officier de la Légion d’Honneur le 29 avril 1833.

GAVOTY (GELESTIN-ANDRB-VINCENT, baron)[modifier]

naquit le 22 janvier 1772 à Toulon (Var), sous-lieutenant de remplacement le 18 juillet 1785, il devint sous-lieutenant titulaire le 1" juillet 1787 dans le 26 bataillon d’infanterie légère.

Lieutenant le 15 septembre 1791, et capitaine le 1er juin 1792, il tît les campagnes de 1792 à l’an IX, aux armées des Alpes et d’Italie, et dans l’île de Malte.

Adjoint aux adjudants-généraux le 28 brumaire an II, il fut chargé, le 28 frimaire suivant, par le commandant de l’avant-garde, de diriger la colonne qui devait traverser les barricades, enlever tous les postes sur la route et attaquer le camp des Piémontais, établi, sur le plateau du village de Cambus.

Cette, expédition, conduite avec vigueur, réussit complètement, et quoique blessé au côté gauche, et ayant eu un cheval tué sous lui, le capitaine Gavoty ne continua pas moins de marcher à la tête des bataillons de l’Aude et de l’Isère, avec lequel il s’empara du camp ennemi après avoir fait une centaine de prisonniers.

Aide-de-camp du général Vaubois le 30 floréal an IV, il prit part en cette qualité à l’expédition de Livourne au mois de messidor suivant, et se trouva à la bataille de Roveredo et à la prise du camp retranché de Mori le 18 fructidor de la même année, au combat de Saint-Michel le 12 brumaire an V, ainsi qu’à la bataille de Rivoli.

Après le traité de Léoben, il accompagna le général Vaubois en Corse, où il était envoyé pour soumettre les rebelles, et au mois de pluviôse an V il fit partie de l’expédilion d’Égypte.

Prisonnier des Anglais le 18 fructidor an VIII, il fut échangé peu de temps après ; fut promu chef de bataillon aide-de-camp le 4 brumaire an IX ; employé comme adjoint à l’état-major de la 8e division militaire le 21 frimaire suivant, on le plaça le 30 vendémiaire an X à la suite de la 12e demi-brigade d’infanterie légère, où il devint chef de bataillon titulaire le 7 ventôse an XI. Major du 3e régiment d’infanterie légère le 30 frimaire an XII, et membre de la Légion-d’Honneur le 4 germinal suivant, il fit les campagnes de l’an XIV à 1806 à l’armée d’Italie, et celles de 1807 à 1808 à la grande armée.

Colonel de la 15e demi-brigade de réserve le 31 mars 1809, il fit la guerre dans le Tyrol pendant cette même année, et passa ensuite à l’armée d’Espagne, où il servit pendant les années 1810 et 1811.

Colonel titulaire du 31e régiment d’infanterie légère le 8 décembre 1810, il obtint sa retraite le 26 août 1811, et le même jour la décoration d’officier de la Légion -d’Honneur.

Après l’abdication de l’Empereur, le colonel Gavoty qui commandait une des légions de la garde nationale de Marseille, fut nommé chevalier de Saint-Louis le 5 novembre 1814, et le 9 du même mois maréchal de camp honoraire.

Le rétablissement de sa santé lui permettant de reprendre du service actif, il prit de l’emploi à l’armée royale du Midi par décision du duc d’Angoulêtne du 19 mars 1815, et par ordonnance du 22 novembre suivant le roi le nomma maréchal de camp titulaire.

Employé en cette qualité dans le département de la Corrèze le 21 janvier 1816, il passa dans celui du Calvados le 26 juin de la même année, et reçut le commandement de l’École militaire de La Flèche le 9 avril 1817.

Inspecteur d’infanterie les 10 février et 16 juin 1819, et appelé au commandement, de la 3e subdivision (Vaucluse) de la 8e division militaire le 21 avril 1820, il passa à celui de la lr0 subdivision (Bouches-du-Rbône) dans le courant de 1824, eUreçut la croix de commandeur de la Légion-d’Honneur le 29 octobre 1828.

Compris dans le cadre de réserve de l’état-major général de l’armée par décision du 12 mars 1831, on l’admit à la retraite le 1er mars 1834.

GAY (Louis, chevalier, puis baron)[modifier]

naquit le 23 août 1772 à Lyon (Rhône).

Il entra comme capitaine dans le 1er bataillon du Mont-Blanc, incorporé le 26 germinal an II dans la 5e demi-brigade provisoire, amalgamée en l’an IV dans le 18e de ligne, devenu 18e régiment de l’arme en l’an XII.

Il fit les campagnes de 1793 à l’an III à l’armée des Pyrénées-Orientales, celles des ans IV, V et VI en Italie et en Suisse, ei servit de l’an VU à l’an IX en Égypte et en Syrie,,où il reçut un coup.de feu à la jambe droite.

Fait chef de bataillon par le général en chef Menou le 11 prairial an IX, le premier Consul le confirma dans ce grade le 16 messidor an X.

Major du 35e.régiment d’infanterie de ligne le 11 brumaire an XII, et membre de la Légion-d’honneur le 4 germinal suivant, il servit en Hollande pendant les ans XII, XIII et XIV, et en Italie de 1806 à 1809. Colonel le 31 mars 1809, et chevalier de l’Empire avec dotation, le 15 août, il prit le commandement du 79e régiment de ligne, le 24 septembre suivant, et commanda ce corps en Illyrie pendant l’année 1810. Passé à l’armée d’Espagne, il y fit les guerres de 1811 au commencement de 1814, et obtint la croix d’officier de la Légion-d’Honneur le 10 février 1813.

Nommé par l’Empereur général de brigade le 26 février 1814, il soutint le 20 mars de la même année, devant Calune, les efforts de l’ennemi avec 2 bataillons du 79e, et sut conserver sa position malgré la supériorité numérique des assaillants, et reçut vers cette époque le titre de baron de l’Empire.

Louis XVIII le fit chevalier de Saint-Louis le 20 août de la même année et le mit en non-activité le 1er octobre suivant.

Employé à l’organisation des gardes nationales de la 7e division militaire le 3 mai 1815, il passa à l’armée des Alpes le 10 du même mois, et fut replacé dans le cadre de non-activité le 1er septembre.

Compris comme disponible dans le cadre de l’état-major de l’armée le 30 décembre 1818, et admis à la retraite le 1er janvier 1825, il demeura dans cette position jusqu’à la Révolution de l830.

Placé comme disponible dans le cadre d’activité des officiers généraux le 22 mars 1831, il fut admis définitivement à la retraite le 1er janvier 1834.

Il est mort le 7 mars 1838 à Maçon (Saône-et-Loire).

GAZAN DE LA PEYRIÈRE (HONORE-THEOPHJLE-MAXIME, comte)[modifier]

né à Grasse (Var), le 29 octobre 1765. Sous-lieutenant aux canonnie.rs gardes-côtes d’An-tibes à l’âge de quinze ans ; garde du corps (compagnie Écossaise) en 1786 ; fit sous les ordres de Moreau, à l’armée du Rhin, ses premières campagnes jusqu’en 1796, où il fut promu au grade de général de brigade en récompense de son brillant courage à la journée d’Ettlingen. En 1799, nommé général de division, il servit en Suisse, sous Masséna qu’il accompagna en 1800 à l’armée d’Italie. Gazan se signala à la tête du 2e corps. Après la paix il fut nommé commandant de la première subdivision de la 27e division militaire en Piémont.

En 1805, en récompense de sa belle conduite à l’immortel combat de Diern-stein, il fut fait grand officier de la Légion-d’Honneur. Il contribua à la défaite de l’armée prussienne à Iéna ; battit les Russes à Novogorod en 4807 ; concourut au succès de la bataille d’Os-trolenka, et reçut le titre de comte de l’Empire en 1808. Il se distingua de nouveau en Espagne au double siège de Sa-ragosse ; résista avec un très-faible corps à Ballesteros qui lui en opposait un trois fois plus fort, et culbuta, le lendemain, l’avant-gavde espagnole.

A la première Restauration il resta en activité : mais se trouvant accidentellement à Grasse lors du débarquement de l’Empereur au golfe Juan, il partit pour Paris, reprit du service et fut nommé pair de France. Le 4 juin 1815, Je duc de Dantzig et lui furent chargés de porter à l’armée l’adresse des représentants.

Le général Gazan passa du commandement de la 16e division militaire qu’il avait alors, à celui de la 2e ; il cessa peu de temps après d’être en activité et ne remplit aucune fonction publique jusqu’en 1831, époque à laquelle il fut nommé membre de la Chambre des Pairs.

Son nom est inscrit sur le monument de l’Étoile, côté Sud.

GAZAN (MARIE-JOSEPH)[modifier]

né à Antibes en 1785. Il avait débuté dans la carrière diplomatique comme attaché à la légation de Malle ; mais son goût prononcé pour les armes et l’exemple des généraux Yial et Gazan, ses parents le détournèrent bientôt de son premier choix et il entra, en 1804, à l’École spéciale de Fontainebleau, comme sous-lieutenant. Il servit en Autriche, en Prusse, en Pologne sous les généraux Bernadotte, Au-gereau et Victor, et reçut deux blessures graves à Iéna et à Eylau.

Passé en Espagne avec le corps de Bellune il fut fait capitaine et légionnaire après la bataille de Talaveyra et de Reyna où un biscaïen lui avait fracassé le bras. Blessé une quatrième fois au combat de Chiclona en mars 1811, il accompagna le général Vial à l’armée d’Allemagne, en qualité de chef de bataillon aide-de-camp, reçut un éclat d’obus à la lête à la bataille de Dresde et eut son cheval tué sous lui par un boulet à l’attaque du village de Probo-Rheyda ; à la première journée de Leipzig sa brillante conduite dans cette bataille lui mérita la croix d’officier. Sous la Restauration ses graves blessures ne lui permettant pas un service actif, car il avait subi deux fois la douloureuse opération du trépan, le commandant obtint la lieutenance des îles Sainte-Marguerite, et passa en 1821 à l’état-major de la place de Paris où il devint colonel. Nommé maréchal de camp le 31 décembre 1835, il remplaça l’année suivante le général Cubières dans le commandement des troupes françaises à Ancône, où régnait encore ce terrible fléau qui ne devait l’épargner alors que pour le frapper dix ans plus tard. A son retour en France en 1839, il fut employé dans le département de l’Eure, puis il commanda une brigade de la division hors Paris, où ses nouveaux services lui valurent le grade de lieutenant-général le 20 avril 18-45. Appelé, à la fin de cette année, à la direction du personnel et des opérations militaires au ministère de la guerre, le général Gazan se fit remarquer, autant par ses connaissances administratives, que par un caractère plein d’aménité dans ses relations avec les militaires et les fonctionnaires de tous grades et de toutes classes. Après la révolution de Février il quitta le ministère et demanda sa retraite en formant le vœu patriotique de pouvoir, en cas de guerre, reprendre un commandement actif, afin de consacrer à la République ce qui lui restait encore de force et de santé.

Il est mort du choléra, à Paris, le 12 juin 1849, laissant après lui d’unanimes regrets ; car il avait tout à la fois la bravoure d’un soldat, l’urbanité d’un homme du monde et l’érudition d’un savant.

GEMEAU (ACJGUSTE-PIERRE-WALBOURG)[modifier]

né à Paris le 4 janvier 1790.

Élève à l’École militaire, le 5 mai 1808, sous-lieutenant au 25e léger, le 24 mars 1809, sous-adjudant-major au 4e régiment des voltigeurs de la Garde impériale, le 19 septembre 1809 ; lieutenant adjudant-major, le 17 février 1811 ; lieutenant aide-de-camp du général Moutou-Duvernet, le 9 janvier 1812 ; capitaine aide-de-camp du même général, le 25 mars 1813 ; chef de bataillon à la suite de l’état-major général le 2 avril 1813 ; chef de bataillon au 6" léger le 26 août suivant ; il passa avec le même grade au 1er régiment d’infanterie de la Garde royale le 24 février 1819 ; lieutenant-colonel du 7e régiment d’infanterie de ligne, le 22 juillet 1823 ; colonel du 20e léger le 23 mai 1825 ; maréchal de camp le 9 janvier 1833, et enfin lieute nant-général le 20 octobre 1845.

Cet officier général, l’une de nos plus belles gloires militaires, a fait la campagne de 1809 en Allemagne, celles de 1810, 1811 et 1812 en Espagne, celle de 1813 à la grande armée. Il a assisté en 1814 au siège de Phalsbourg, a fait la campagne de 1815 à la grande armée, de 1823 en Espagne, et de 1832 à l’armée du Nord. Il fut blessé d ! un coup de feu au bas-ventre à la bataille de Leipzig le 18 octobre 1813, et d’un coup de feu au genou à la bataille de Fleurus, le 16 juin 1815.

Il a commandé successivement les 5e, 7e et 6e divisions militaires.

Un décret du 15 juin 1849 Ta nommé commandant supérieur de toutes les troupes stationnées dans la 6e division militaire, en y comprenant celles qui font partie de l’armée des Alpes.

Le général Gémeau fut nommé chevalier de la Légion-d’Honneur le 15 octobre 1814 ; chevalier de Saint-Louis le 17 janvier 1815 ; officier de la Légion-d’Honneur le 10 juillet 1823, commandeur le 25 avril 1840, grand officier le 24 octobre 1848.

Il est en outre décoré de l’ordre de Saint-Ferdinand d’Espagne (2e classe) depuis 1823.

Un nouveau décret du Président de la République a envoyé le brave général Gémeau de Lyon, où il a laissé les plus honorables souvenirs, à Rome, où il remplace le général Baraguay-d’Hilliers ;

GENCY (CLAUDE-URSULE, baron)[modifier]

né à Meulan (Seine-et-Oise), entra dans le 15e régiment d’infanterie, ci-devant Béarn, le 11 février 1783.

Caporal le 15 août 1785, il fut congédié le 21 février 1788, et reprit du service le 1er janvier 1791.

Capitaine de la compagnie. des chasseurs de Meulan, compagnie qui fut le noyau du 9e bataillon de Seine-et-Oise, il en prit le commandement en qualité de chef de bataillon le 16 septembre 1792. Confirmé dans le grade de chef de brigade le 1er germinal an II, il passa, le même jour, avec son bataillon, à la 26e. demi-brigade de ligne.

Fait général de brigade provisoire par les représentants du peuple, le 30 thermidor an II et confirmé le 25 prairial an III, il fut employé à l’armée des côtes de Brest en pluviôse de la- même année, à l’armée expéditionnaire d’Irlande le 16 brumaire an V, à l’armée de Sambre-et-Meuse le 11 pluviôse suivant, dans la 17e division militaire en frimaire an VI, à l’armée d’Angleterre le 13 germinal de la même année ; enfin, à l’armée de réserve, devenue armée d’Italie, le 9 germinal an VIII.

Compris sur le tableau de l’état-major général le 8 germinal an IX, il fut mis en disponibilité le 12 messidor suivant, et en non-activité le 1er vendémiaire an X.

Envoyé à l’armée du Nord le 18 octobre 1806, il fit ensuite partie de celle d’Anvers.

Le 1er septembre 1809, il reçut le commandement du département de la Seine-Inférieure le 24 octobre 1810, et celui du Helder le 18 février 1812.

Il avait été fait membre de la Légion-d’Honneur le 23 vendémiaire an XH, et officier de l’Ordre le.25 prairial même année.

Blessé au bras devant Châlons, il se soumit aux Bourbons, et eut de Louis XVIII le commandement du département de l’Eure, avec la croix de Saint-Louis le 24 août 1814.

Lieutenant-général honoraire le 8 février 1825, Napoléon, à son retour de l’île d’Elbe, le maintint dans le commandement du département de l’Eure le 31 mars.

A la seconde Restauration, Louis XVIII le nomma lieutenant-général titulaire le 1er juillet. Placé en non-activité le 8 décembre 1815, et en disponibilité le 1er avril l820, il fut admis à la retraite par ordonnance du 1er septembre 1824, à compter du 1er janvier 1825 ; et obtint le 15 février suivant une pension de 6,000 fr.

Chargé d’une inspection générale extraordinaire le 8 août 1830, mis en disponibilité le 1" novembre, compris dans le cadre de réserve le 7 février 1831 ; passé dans le cadre d’activité, disponible le 20 mars de cette dernière année, il fut définitivement retraité conformément à l’ordonnance du 5 avril, le 1er mars 1832.

Il fut nommé le 8 mai 1835 grand-croix de la Légion-d’Honneur. Son nom figure sur l’arc de triomphe de l’Étoile.

GENGOULT (LOUIS-THOMAS, baron)[modifier]

naquit le 20 décembre 1767 à Toul (Meurthe).

Soldat au régiment d’Austrasie (8e d’infanterie) le 11 juillet 1784, caporal le 11 juin 1789, fourrier le 12 juin 1790, il passa avec ce dernier grade dans la garde constitutionnelle du roi le 1er janvier 1792.

Licencié avec ce corps le 5 juin suivant, il entra le 20 juillet de la même année comme soldat dans le T bataillon de la Meurthe, devenu 110e demi-brigade de ligne en l’an II, et 16e demi-brigade de même arme en l’an IV, et y fut reconnu capitaine le 28 du même mois.

Il fit les campagnes de 1792 à l’an IX aux armées de la Moselle, de Sambre-et-Meuse, de Batavie et du Rhin, et passa chef de bataillon le 11 nivôse an IV.

Démissionnaire le 6 prairial suivant, par suite de l’arrêté du Directoire exécutif du 30 ventôse même année, il rentra au service en qualité de chef de bataillon du 1er auxiliaire de la Meurthe le 14 thermidor an VII, en vertu de la loi du 14 messidor précédent, fut incorporé dans la 42e demi-brigade le 28 pluviôse an VIII, et entra dans la 50e le 7 germinal suivant.

Employé en l’an XI sur le Rhin et en l’an XII à l’armée de Hanovre, il devint major du 103" régiment d’infanterie de ligne le 30 frimaire de cette dernière armée et membre de la Légion-d’Honneur le 4 germinal suivant.

Il fit les campagnes des ans XII, 1806 et 1807, à la grande armée, eut la jambe cassée en deux endroits au siège de Stralsund, et obtint le grade de colonel du 56e d’infanterie de ligne le 13 mai 1806.

Créé baron de l’Empire le 17 mars 1808, il fit la campagne de 1809 en Allemagne, fut blessé d’un coup de boulet à la tête le 22 mai à la bataille d’Essling, et reçut en récompense de sa conduite la croix d’officier de la Légion-d’Honneur le 16 juin 1809.

Attaché en 1810 à la même armée, et au corps d’observation de la Hollande et promu général de brigade le 6 août 1811, il prit immédiatement le commandement d’une partie des troupes du camp de Boulogne.

Employé au 3e corps de la grande armée au mois de février 1812, il fit la campagne de Russie. L’Empereur le nomma commandant de la Légion-d’Honneur le 2 septembre suivant.

Le 7 du même mois, à la Moskowa, il eut l’omoplate droite atteinte d’un coup de biscaïen. Le 12 avril 1813 il servit au 1er corps de la grande armée et fit la campagne de Saxe ; le 12 mai, à l’affaire de Reicherstiegërland, il força l’ennemi de se rembarquer en toute hâte, après lui avoir tué ou blessé 400 hommes, fait autant de prisonniers et enlevé six pièces de canon.

Il fit encore la guerre de 1814 en France.

Mis en non-activité après l’abdication de l’Empereur, par décision royale du 1er septembre 1814, et nommé chevalier de Saint-Louis le 29 octobre de la même année, il reprit du service pendant les Cent-Jours au 3e corps d’observation le 6avriH815.

Sa nomination au grade de lieutenant-général, signée par le gouvernement provisoire le 5 juillet, ayant été annulée par ordonnance royale du 1er août, on le replaça à la non-activité au mois d’octobre suivant.

Inspecteur général d’infanterie dans la 13e division militaire le 14 septembre 1816, il remplit les mêmes fonctions dans les 2e et 3e divisions par décision du 15 juillet 1818.

Maintenu comme disponible sur le cadre de l’état-major général le 1" janvier 1819, on l’admit à la retraite le 1er janvier 1825, conformément aux dispositions de l’ordonnance du 1er décembre 1824.

Remis en activité après la révolution de Juillet, placé dans le cadre de réserve le 22 mars 1831$ et le 19 novembre suivant élevé de nouveau au grade de lieutenant-général pour prendre rang du jour de sa nomination en 1815, il prit définitivement sa retraite le 11 mai 1833, et se retira à Toul (Meurthe), où il mourut au mois de juin 1846.

GÉRARD (ETIENNE-MAURICE, comte)[modifier]

maréchal de France, naquit à Damvilliers (Meuse), le 4 avril 1774. Son père était huissier royal et audiencier de sa Prévôté. Il débuta sous Dumouriez en qualité de volontaire en 1791. Au commencement de l’an V (1796 à 1797) Bernadotte se l’attacha comme aide-de-camp. Il l’emmena sur le Rhin et en Italie, puis à Vienne, où le jeune capitaine prouva une grande fermeté, lors de la sédition officielle qui fit courir des dangers à l’ambassadeur. A Austerlitz, Gérard était colonel ; il y fut blessé en chargeant avec intrépidité à la tête de ses escadrons, et reçut le titre de commandeur de la Légion-d’Honneur. Il fit la guerre de Prusse en qualité de général de brigade. Depuis la paix de Tilsitt jusqu’en 1809 il remplit les fonctions de chef de l’état-major de Bernadotte, à Wagram il commandait la magnifique cavalerie saxonne ; il était en Portugal en 1810 avec le comte d’Erlon et ne revint à la grande armée qu’en 1812. A la journée de Valontina, le général Gudin, expirant, demanda à Napoléon comme dernière grâce que sa division fût confiée à Gérard, et l’Empereur l’accorda. Les Russes vaincus et fugitifs, se glorifiaient de n’avoir cédé qu’à l’invincible Garde impériale, et c’était la division Gérard qui les avait vaincus. A la Moskowa, celle division se couvrit encore de gloire.

A la Bérésina, Gérard commandait en second, sous les ordres de Ney, le corps formé pour protéger les débris épars de l’armée. Souvent ces deux braves eurent à soutenir, avec des armes éparses, le choc de toute une, armée. Gérard commanda ensuite l’arrière-garde, composée de 12.000 Napolitains et de 3 bataillons de conscrits. Jamais général ne déploya autant de ressources, d’activité et de fermeté au milieu d’immenses obstacles. Il arriva à Francfort-sur-l’Oder sans avoir fait de trop grandes pertes ; mais alors le sort de ses troupes, à peu près isolées, parut désespéré. Les environs de Francfort étaient inondés par les Russes, la population était en pleine insurrection contre les Français, et pour comble de malheur Alexandre s’y trouvait en personne avec des forces considérables et le fit sommer, par un de ses aides-de-camp, d’évacuer la ville. Gérard répond fièrement qu’il n’évacuera pas, et manœuvre avec tant d’habileté que trois jours après il était en paisible retraite sur l’Elbe. Il prit ensuite le commandement des avant-postes.

Dans la campagne de Saxe, il commanda une division du 11’ corps. A la journée de Bautzen il se trouvait placé en avant de la Sprée, de manière à se lier avec le corps de l’extrême droite. Après le combat le plus meurtrier, ce corps fut forcé de se replier. Macdonald jugeant que ce mouvement rétrograde compromettait son avant-garde, commandée par le général Gérard, lui envoya l’ordre de se replier : « Au contraire, répondit celui-ci à l’adjudant-commandant Bourmont, porteur de l’ordre, au lieu de se retirer, il faut avancer ; qu’on me donne seulement une brigade de renfort, et je réponds du succès de la journée. » A l’instant il donna l’ordre d’attaquer ; en deux heures les positions abandonnées furent reprises, et la victoire de Bautzen fut arrachée des mains de l’ennemi.

Guéri d’une blessure qu’il reçut quelques jours après, Gérard reprit le commandement de sa division, lorsque l’armistice de Plezowitz fut rompu. Au combat de Goldberg, il renouvela, sous les ordres de Lauiislon qui commandait en l’absence du duc de Tarente, ce qu’il avait fait aux bords de la Sprée. Sa division faisait l’extrême gauche, et le général en chef, se voyant forcé à sa droite et au centre, lui envoya à plusieurs reprises l’ordre de faire sa retraite ; mais Gérard, au lieu de se retirer, attaqua vivement les Prussiens et les culbuta. Après cette affaire, quoiqu’il ne fût lieutenant-général que depuis moins d’un an, et qu’il fût le plus jeune officier de ce grade, il reçut le commandement du 11e corps, et fut forcé de le garder pendant toute la campagne, malgré ses nobles et modestes représentations sur cette préférence. 11 la justifia et sut se la faire pardonner par ses camarades.

A la bataille de Katzbach, le général Gérard, quoique blessé d’une balle à la cuisse, ne quitta pas le champ de bataille. A la seconde journée de Leipzig il reçut à la tête une blessure plus grave, qui vainquit sa courageuse obstination. Il fut cependant assez tôt rétabli pour prendre part à la campagne de France. Il fut nommé commandant du corps des réserves de Paris, uniquement composé de conscrits. A la bataille de la Rothière il commandait l’aile droite, et malgré les attaques opiniâtres d’un ennemi supérieur en nombre, il garda toutes ses positions et n’abandonna qu’à minuit, et par ordre formel de l’Empereur, la défense du pont de Dieuville. L’action de Moniereau avait commencé à neuf heures du matin, et les diverses attaques avaient été repoussées ; vers une heure, un aide-de-camp porte au général Gérard l’ordre de se mettre à la tête des troupes. Celui-ci fait aussitôt de nouvelles dispositions, ordonne un mouvement général, enlève toutes les positions de l’ennemi, le poursuit l’épée dans les reins, et lui prend un grand nombre de canons, de drapeaux et de prisonniers. Le 22 mars 1815, Gérard était inspecteur général d’infanterie en Alsace ; peu de temps après, Napoléon le nomma Pair de France et lui confia le commandement de l’armée de la Moselle. 11 reçut au commencement de juin l’ordre de se rendre à marches forcées sur la frontière du Nord, et le 16 il s’immortalisait à la bataille de Ligny. où le succès de ce combat important fut le résultat de ses habiles dispositions autant que de son intrépidité personnelle et de celle de ses troupes. Le 18 il était dans la direction de Wavres lorsqu’on entendit le canon du côté de la forêt de Soignies. Les commandants des divers corps s’étaient alors réunis en conseil ; le général Gérard voulait que, suivant les principes généraux de la guerre, on fût droit au canon, en passant la Dyle sur le pont de Munster. Grouchy ne se défendit de cette opinion que par des ordres contraires et positifs de l’Empereur. Ce mouvement aurait changé le résultat de la bataille de Waterloo. Avant la fin de la journée, Gérard reçut une cinquième blessure. Une balle lui traversa la poitrine au moment où, à la tête de l’infanterie, il allait attaquer le village de Bielge. Il voulut néanmoins partager le sort du reste de l’armée et se fit transporter au delà de la Loire.

L’Empereur destinait à ce brave général le bâton de maréchal. A son retour à Paris, les ministres de la guerre et de la police l’engagèrent à voyager quelque temps. Il partit. Rentré en France en 1817, il se retira dans sa terre de Villers-Creil (Oise). Député en 1822,1823 et 1827, il siégea à gauche.

En 1830, la commission de l’Hôtel-de-Ville, puis le lieutenant-général le nommèrent commissaire au département de la guerre et enfin ministre, du 11 août au 16 novembre 1830. Il avait déjà provoqué, le 1er août, le rétablissement des couleurs nationales ; le 11 août, il fit opérer la dissolution de la garde royale et de la maison entière de Charles X, et le 16 août la reconstitution de la Garde municipale ; le 27 août, il signa la dissolution du Conseil supérieur de la guerre. Le 17 août, il fut élevé à la dignité de maréchal ; prit au mois d’août 1831 le commandement de la courte expédition de Belgique, dont il assura les résultats en retournant assiéger Anvers. Il fut admis en 1833 à la Chambre des Pairs dont il avait été créé membre le 11 octobre 1832. Le 18 juillet 1834, le maréchal Gérard reprit le portefeuille de la guerre avec la présidence du Conseil. Le 10 août 1834 parut le travail sur l’organisation de la justice en Algérie. Il réorganisa et augmenta l’armée. Sorti du Cabinet le 29 octobre, il fut, après la mort du maréchal Mortier, nommé grand chancelier de la Légion-d’Honneur, le 4 février 1836, et le 11 septembre 1838 commandant général de la garde nationale du département de la Seine. Il fut appelé a la grande chancellerie le 21 octobre 1842, en remplacement du duc de Reggio. Depuis la Révolution de 1848, le maréchal Gérard vit dans la retraite la plus absolue et n’occupe aucune fonction.

GÉRARD (FRANÇOIS - JOSEPH, baron)[modifier]

né le 19 octobre 1772 à Phalsbourg (Meurthe) ; il entra en 1787 dans le 5e (depuis 4e) de hussards ; il fut assez longtemps dans les grades subalternes, mais les guerres de l’Empire lui fournirent l’occasion de déployer tout son talent et de s’élever aux premiers grades. Devenu major du 3e hussards le 6 brumaire an XII, il obtint le 4 germinal suivant la décoration de la Légion-d’Honneur. Colonel du 2e hussards le 7 octobre 1806, il fit partie de la grande armée en 1806 et 1807.

Le 17 mars 1807 il repoussa 1,500 Prussiens, sortis de Glatz, les rejeta dans la place, leur prit 100 hommes et 2 bouches à feu.

Passé en Espagne en 1808, il devint général de brigade le 10 mars 1809, baron de l’Empire et commandeur de la Légion-d’Honneur le 31 octobre suivant.

Rappelé en France à la fin de 1811, il fit les campagnes de 1812 et 1813 à la grande armée. Il seconda le maréchal Ney au passage et à la bataille de la Bérésina, en maintenant pendant une journée les nuées de Cosaques qui cherchaient à l’entamer.

Général de division le 29 septembre 1813, dans une sortie de Dresde, à la tête d’une brigade de cavalerie, il chargea vigoureusement l’ennemi, et le mit en fuite.

Fait prisonnier en violation de la capitulation de Dresde, le 14 novembre 1813, il ne rentra en France qu’en mai 1814.

Le 5 septembre 1814 le Roi le nomma commandant supérieur de Landau (5e division militaire). Le 18 mai 1815 l’Empereur lui confia le commandement de la 4e division militaire.

Mis à la demi-solde lors du licenciement général, en 1815, il fut bientôt rappelé, et dans les années 1819 et 1820 il remplit les fonctions d’inspecteur général de cavalerie. Il fut mis à la retraite en 1824 ; mais la Révolution de 1830 le rappela à l’activité. Il reçut le commandement d’une division de cavalerie à la formation de l’armée du Nord. Il fut nommé aide-de-camp de Louis-Philippe, puis aide-de-camp du duc de Nemours, le 14 septembre 1832.

Gérard venait de passer la revue d’un régiment de cavalerie en garnison à Beauvais, lorsqu’il fut subitement atteint du choléra, le 17 septembre 1832 ; il succomba le lendemain à la violence du mal. Il n’avait que 55 ans. Sou nom est inscrit sur le côté Nord de l’arc de l’Étoile.

GICQUEL DES TOUCHES (AUGUSTE-MARIE)[modifier]

né le 26 août 1784 à Rennes (Ille-et-Vilaine), entra comme marin sur la frégate la Gentille, faisant partie de l’escadre de l’amiral Villaret-Joyeuse, qui combattit l’escadre anglaise de l’amiral Howe, le 13 prairial de la même année. Le 25 vendémiaire an III, il embarqua sur la flûte le Ferme, destiné pour la Guadeloupe.

Aux attérages de cette île, ce bâtiment rencontra une division de frégates anglaises qui le forcèrent à faire côté dans la baie de Saint-François. Deux de ces frégates canonnèrent le fort et le Ferme. Le capitaine s’étant enfui, l’équipage en fit autant. Le jeune Gicquel, repoussé quand il voulut s’embarquer, resta seul sur le pont, où il fut pris, ainsi que le lieutenant et quinze autres qui s’étaient cachés dans la cale et qui se montrèrent quand ils entendirent les Anglais.

La frégate le Québec les conduisit au Fort-Royal Martinique, d’où ils furent transférés en Angleterre et de là en France. Le 15 vendémiaire an V, il monta le vaisseau le Nestor, de l’escadre de l’amiral Morard de Galles, destiné pour l’Irlande. Novice le \" fructidor an VI, aspirant de 2° classe le 20 germinal an VII, il fit sur les vaisseaux le Jean-Bar t et le Tyfannicide devenu Desaix, les campagnes des amiraux Bruix, Gan-teaumeetLinois, ansVII, VIII ellX, dans l’Océan, la Méditerranée et Saint-Domingue.

A bord du Desaix, il assista à trois combats, et se distingua surtout à celui d’Algésiras, le M messidor an IX. Dans ce combat opiniâtre et meurtrier, la perte dés Anglais fut plus considérable que celle de leurs adversaires. Le jeune Gicquel resta constamment sur la dunette et fixa l’attention de son commandant, qui demanda pour lui à l’amiral Linois le grade d’enseigne de vaisseau, quoique n’ayant pas 17 ans accomplis. Dans le mois de nivôse an X, le Desaix naufra-gea sur les récifs de Picolet (Saint-Domingue ) ; M. Gicquel parvint, par sa présence d’esprit, au milieu des nombreux travaux que commande un pareil événement, à sauver la mâture de ce vaisseau, qui, sans ses soins, serait infailliblement tombée sur le pont, où elle aurait occasionné de graves malheurs. Il revint en France sur le vaisseau la Révolution, de l’escadre Ganteaume. Embarqué à Brest le 13 prairial suivant sur le vaisseau l’Intrépide, destiné pour Saint-Domingue, il passa aspirant de lr0 classe le II frimaire an XL Dans cette campagne laborieuse, il mérita l’eslime de son commandant, qui lui confia le commandement d’un bateau armé, pour garder un gué, dans la rivière de Galifet, que

les noirs, révoltés, menaçaient de passer pour attaquer le haut Cap. Il voulut lui’ faire donnerun ordre d’enseigne de vais-’ seau provisoire, mais M. Gicquel déclina cette faveur, préférant n’être officier, ’ qu’entretenu. Dans le retour en France, il demeura chargé de la route du vaisseau et des observations nautiques. T .

Nommé enseigne de vaisseau le 3 bru-, maire an XII, et membre de la Légion-d’Honneur le -15 pluviôse suivant, il con^ tinua ses services sur l’Intrépide, et fit les campagnes de la Méditerranée, des Antilles et d’Espagne. Son capitaine lui donna une grande marque de confiance eu le choisissant pour commander la, compagnie de débarquement, ce poste, revenant à un lieutenant de vaisseau.. Il se trouva sur l’Intrépide aux combats du ’ Finistère et de Trafalgar, les 3 vendémiaire an XIH et 14 vendémiaire an XIV. L’Intrépide, qui s’était signalé au combat du 22 juillet, sous le commandement du brave Deperrone, s’illustra encore plus dans celui que nous décrivons. Son nouveau commandant, le capitaine Infernet, se plaça dans cette journée au rang des marins français dont les noms seront à jamais célèbres. L’Intrépide combattit deux, trois, quatre et jusqu’à cinq vaisseaux ennemis à la fois. Enfin, démâté de tous ses mâts, ayant plus de la moitié de son équipage mis hors de combat, et entouré de sept vaisseaux anglais, le courageux Infernet attendit encore pour se rendre, que l’Intrépide. fût près de couler sous ses pieds.

Dans les deux affaires citées plus haut, l’enseigne.. Gicquel commanda l’artillerie et la manœuvre du gaillard d’avant ; il persévéra tellement dans la réparation. des avaries pendant le combat de Trafalgar, que le mât de misaine de son vais—, seau ne tomba que le dernier. Il ne donna pas moins de preuves d’activité-et d’un courage éclairé dans les trois jours qui suivirent cette bataille mémorable. Étant le plus ancien des officiers qui restaient à bord après l’action, il fit respecter son autorité par l’équipage, et surtout par les deux cents Anglais qui avaient amariné le vaisseau. Tout cris’ef-forçant de le diriger vers la côte de Cadix, il sut faire maintenir ce navire à flot, au milieu de la tempête qui s’éleva après le combat. C’est donc à lui que le reste de ce brave équipage (300 hommes dont 80 blessés) dut son salut.

Enfin, le troisième jour, le vent ayant molli, le contre-amiral anglais Northkest, qui montait le Britannia, vaisseau à trois ponts, se trouvait près de l’Intrépide, ordonna de l’évacuer, en prescrivant de laisser M. Gicquel à bord pour diriger cette opération, après quoi il lui serait présenté : « ayant l’intention de lui rendre la liberté en le faisant mettre sur la côte d’Espagne, à la première occasion, en récompense de sa noble conduite. »

Le sort en décida autrement, et peu s’en fallut que cet officier ne devînt victime de son dévouement. Les trois cents Français qu’il avait eu le bonheur de sauver étaient heureusement évacués, lorsque la brise fraîchit de nouveau, et le Britannia s’éloigna.’ Ce ne fut qu’à neuf heures du soir, le vaisseau à moitié coulé, que le vaisseau anglais l’Orion, capitaine Codrington, à bord duquel se trouvait le commandant Infernet, passa assez près de l’Intrépide pour en avoir connaissance et envoyer un canot à bord. Le commandant Codrington, à qui le commandant Infernet avait beaucoup parlé de l’enseigne Gicquel, fit à ce dernier l’accueil le plus gracieux. Conduit en Angleterre, il y resta cinq ans et demi. C’est alors que l’amiral Northkest, y opérant son retour, le fit échanger en mars 1811. Les officiers de l’Intrépide, réunis à bord du Britannia, écrivirent de ce vaisseau une lettre à

l’enseigne Gicquel, par laquelle ils le complimentaient et le félicitaient de son parfait dévouement, tant durant le combat qu’après.

Envoyé en mission à Anvers et à Toulon, il trouva dans cette dernière ville sa nomination de lieutenant de vaisseau, du M juillet 1811, et un ordre de destination pour Gênes, afin d’y former le 68e équipage de haut bord, destiné à armer le vaisseau l’Agamemnon, qu’il quitta l’année suivante, pour remplir les fonctions de second à bord de la Dryade, capitaine Baudin. Sur cette frégate, il prit une part active au combat dit du Romulus, entre les îles d’Hyères et le goulet de Toulon, le 13 février 1814 II quitta cette frégate dans le moisde mai suivant, et monta, en août, sur l’Amphitrite, destinée pour Pondichéry. Appelé en février 1815 au commandement de la gabare l’Infatigable, destinée pour la station de Saint-Pierre et Miquelon, Terre-Neuve, il reçut par suite de changements apportés par les Cent-Jours, l’ordre de remonter à Rochefort, d’y déposer son chargement et de se rendre à Bayonne pour y prendre des bois de construction. Dans un second voyage qu’il fit à Bayonne, afin d’y armer une flottille, et au moment où il quittait les passes de Monmousson, la gabare l’Infatigable, chassée par une frégate et une corvette anglaises, se vit forcée de relâcher dans la Gironde, où elle resta jusqu’à la rentrée duRoi en France. A la Restauration, il reçut la croix de Saint-Louis, et prit, au commencement de 1816, le commandement de la flûte la Salamandre, et ensuite celui de la gabare la Loire, destinée pour le Sénégal, et fit voile dans le mois de juin suivant en compagnie de la frégate la Méduse, dont le naufrage eut une si affligeante célébrité. Ce désastre n’aurait pas eu lieu sans doute, si M. de Chaumareix eût continué sa route avec la Loire, ou s’il eût suivi les conseils écrits que M. Gicquel lui avait remis avant de quitter l’île d’Aix. C’est à cette époque qu’il proposa l’installation du magasin général à bord des bâtiments, mode dont on a bientôt reconnu les excellents effets, et qui est depuis longtemps réglementairement établi à bord des navires de l’État.

De retour en septembre 1817, à Brest, il traduisit de l’anglais une foule d’instructions nautiques de la Manche, des côtes de l’Amérique du Nord ; un long Mémoire sur les courants de l’Atlantique, et, sous le titre Essai, il compléta le Manœuvrier de Bourde de la Ville-Huet. L’on doit également à M. Gicquel les Tables comparatives des principales dimensions des bâtimenis de guerre français et anglais, ouvrage fort estimé, que les auteurs des Victoires et Conquêtes indiquent comme guide aux marins. Les Annales maritimes contiennent aussi de lui un travail relatif à quelques modifications sur les constructions navales, sur le grée-ment, la mâture, sur l’installation des bâtiments de l’État, sur leur arrimage, sur l’artillerie, telle que la substitution du 30 au 36, et les avantages qui en découleraient, etc., modifications qui ont toutes été adoptées et mises en pratique plus ou moins promptement, et qui sont depuis 1844 réglementaires.

Promu capitaine de frégate le ^’septembre 1819, il se vit appelé par le ministre pour installer et armer la frégate la Jeanne-d’Arc, construite sur des plans nouveaux ; il demeura à son bord comme second, et navigua, en 1821, dans la Méditerranée et dans l’Archipel, au moment ou les Grecs levaient l’étendard de la liberté. Dans un voyage qu’il fit à Alexandrie, en Égypte, il présenta au ministre de la marine sur cette contrée, des observations politiques et commerciales d’un ordre assez élevé pour

être soumises au conseil des ministres.

Par ordonnance royale du 3 juillet 1822, il fut nommé rapporteur du conseil de guerre chargé d’examiner la conduite du capitaine Epron, pour la perte de la frégate ïAfricaine. Dans le mois de décembre suivant, il reçut l’ordre de se rendre à Toulon, pour y prendre le commandement du brick le Cuirassier, et d’aller croiser entre les îles Baléares et le cap Palos d’Espagne. Il était alors question de faire entrer dans ce pays une armée française afin d’y rétablir l’autorité royale. Revenu à Toulon, il appareilla le 13 avril pour aller à la recherche de la frégate la Junon, qui croisait de Barcelone à Malaga, à l’effet de remettre à son capitaine, qui commandait les forces navales sur les côtes méridionales de l’Espagne, des paquets très-pressés et qui lui donnaient avis que l’armée française était entrée en Espagne sous les ordres du duc d’Angoulême.

Appelé, le 23 juin 1824, au commandement de la corvette de charge la Moselle, il se rendit dans la mer Pacifique et fournit des approvisionnements aux navires français qui y stationnaient.

Élevé au grade de capitaine de vaisseau le 19 août 1827, il prit de nouveau, après les événements de~jl830, le commandement de la Guerrière. Nommé le ISavril 1831, directeur des mouvements du pont de Brest, et officier de la Légion-d’Hon-neur le 27 juillet 1832, M. Gicquel rend chaque jour des services très-utiles au pays, et a reçu une foule de témoignages de satisfaction des différents ministres qui ont tenu le portefeuille de la marine. On ne récapitulera pas ici les améliorations qu’il a apportées dans sa direction ; cependant on ne saurait passer sous silence l’organisation des gabiers de port (autrefois les gardiens volants) et des pompiers de la marine, celle du matériel d’incendie, etc.

Nous devons dire aussi que plusieurs fois des marins, tombés à la mer par suite d’accident, ont dû la vie au courage et à l’humanité de cet officier supérieur. Les matelots de l’Intrépide n’ont pas oublié ; sans doute, le dévouement dont il fit preuve, le 23 messidor an XIII, en arrachant un de leurs camarades à une mort certaine, au péril de sa propre vie.

M. Gicquel des Touches a été créé commandant de la Légion-d’Honneur le 28 avril 1841.

GILLY (JACQUES-LAURENT, comte)[modifier]

né à Fournès (Gard), en 1769, se fit remarquer aux armées des Alpes et des Pyrénées-Orientales, à la bataille de Thun, à la défense du château de Puycerda (1795), fit les campagnes de 1796 à 1798, à l’armée d’Italie ; était général de brigade en 1799, aux armées du Danube, des Grisons, etc., et commanda le 12 mai 1801, une division en Portugal. Il fit avec distinction les guerres de 1807, 1808 et 1809 à la grande armée ; reçut un coup de feu à Wagram, fut nommé général de division le 16 août, et prit, le 11 mars 1810, le commandement général des îles de la Zélande.

Il fut nommé baron de l’Empire en janvier 1814.

A la première Restauration, le général Gilly venait de lever à la hâte, dans le département du Gard, un corps de volontaires royalistes, lorsqu’il retourna sous les drapeaux de l’Empereur ; il en reçut la mission d’aller dissiper les rassemblements de Nîmes et de Montpellier.

Le duc d’Angoulême effectua précipitamment sa retraite sur Montélimart ; ce fut alors qu’eut lieu la convention conclue à la Palue, entre le général Daultanne au nom du prince, et le colonel Saint-Laurent au nom de Gilly : elle portait en substance, que l’armée royale serait immédiatement dissoute et que le Duc aurait la liberté de s’embarquer au port de Cette pour Barcelone. Napoléon approuva la conduite du général dans cette circonstance difficile, le nomma comte de l’Empire et lui confia le commandement de la 9e division militaire, avec le titre de commissaire extraordinaire du gouvernement impérial. Le département du Gard le nomma en outre son représentant à la Chambre des députés.

Après le désastre de Waterloo, Gilly passa en Amérique. Proscrit le 24 juillet 1815, le premier conseil de guerre de la 1re division le condamna à mort le 25 juin 1816.

Gilly retourna en Europe en 1819 ; le 2 février 1820, il arriva à Paris et alla se constituer prisonnier à l’Abbaye ; mais, à la sollicitation du duc d’Angoulême, des lettres de grâce lui furent accordées.

Mis à la retraite le 1er décembre 1824, il est mort le 15 août 1829.

Son nom est inscrit sur l’arc de triomphe de l’Étoile, côté Ouest.

GILOT (JOSEPH)[modifier]

général de division, né à Chatenay (Isère), le 16 avril 1734, entra comme soldat au régiment Royal-Infanterie, le 11 novembre 1750. Il fut nommé grenadier le 6 mars 1755, sergent le 5 septembre 1759, fourrier le 1er septembre 1764, porte-drapeau le 14 avril 1764. Incorporé dans le 24e régiment d’infanterie, par l’effet du dédoublement du régiment royal, il devint sous-lieutenant de la compagnie auxiliaire le 7 juin 1776, sous-lieutenant de grenadiers le 8 avril 1779, lieutenant en second le 25 mai 1780, premier lieutenant le 6 juin 1781, capitaine en second le 2 mai 1790, capitaine de grenadiers le 15 septembre 1791, lieutenant-colonel dans le 22e régiment d’infanterie le 5 février 1792, maréchal de camp le 6 décembre suivant, général de division le 27 mai 1793. Soldat, il fit la guerre àeSept-Ans, et se trouva, en 1755, à la prise d’assaut de Port-Mahon ; officier général et employé à l’armée du Rhin en 1792, il fut chargé en 1793 delà défense de Landau. Jusque-là on ne voit que le militaire brave, zélé, intelligent ; à Landau, il se montra homme de dévouement patriotique.

« Le général Wurmser, commandant les troupes impériales sur le haut Rhin, lui ayant fait proposer un jour une entrevue, le général Gilot voulut bien y consentir et fixa le lieu du rendez-vous. Les deux généraux s’y trouvèrent au jour marqué, accompagnés de quelques officiers. M. Wurmser déclara au général français que son corps d’armée, joint à celui des Prussiens, sous les ordres du prince de Hohenlohe, n’étant qu’à une lieue et demie de Landau, pourrait entreprendre le siège à toute heure, mais qu’il serait fâché d’être, malgré lui, la cause de sa ruine et de celle des habitants ; il rappela au général Gilot ce qu’il devait, disait-il, à son nouveauroiLouis XVIII ; enfin, il lui promit de le recommander fortement à Sa Majesté impériale, ajoutant que, dans le cas d’un refus, il ne lui serait pas. difficile d’obtenir par la force la fin de sa proposition.

« Le général Gilot répondit avec autant de décence que de modestie, et déclara que la défense de la place lui ayant été confiée parla nation, il ne la rendrait qu’avec la vie. Les deux généraux prirent alors congé l’un de l’autre ; un des ’ officiers français s’écria en s’en allant : Notre général ne sera pas un Dumouriez. Gilot, de retour à Landau, renouvela avec toute la garnison le serment qu’il avait fait devant le général Wurmser, de s’ensevelir sous les ruines de la ville, plutôt que de se rendre. Une seconde sommation, qui lui fut faite au commencement de mai, eut le même sort que la première.

« Le général Gilot en ayant donné lecture à la parade, la proposition de l’ennemi ne servit qu’à augmenter l’ardeur des troupes et leur confiance dans leur général. Le général Gilot, élevé dans les camps, était à la fois le père et l’ami de ses frères d’armes ; il voyait tout et faisait tout par lui-même (1). »

Après plusieurs sorties vigoureusement et heureusement conduites, Gilot, appelé à l’armée active, fut suspendu de ses fonctions par les représentants Ruamps etMalarmie. Réintégré en messidor an lit, il fit les campagnes des ans III et IV à l’armée des côtes de Cherbourg, et pendant les ans V et "VI, il commanda la 4e division militaire, qu’il quitta, au commencement de l’an VII, pour la 17° ; mais il retourna à la 4e à la fin de la même année. En l’an XII, il fut nommé membre et commandant de la Légion-d’Honneur les 19 frimaire et 25 prairial.

Sa conduite, pleine de droiture, d’humanité et d’intelligence, le fit estimer des habitants de la Meurthe et du gouvernement, aussi conserva-t-il son commandement jusqu’en 1812, époque de sa mort. Son nom est inscrit sur l’arc de triomphe de l’Étoile, côté Nord.

GIRARD dit VIEUX (baron)[modifier]

naquit à Genève en 1750, d’une ancienne famille du pays, entra fort jeune dans les gardes suisses au service de la France, et restapendantdouze annéesdansce corps.

Il retourna à Genève, où il prit parti dans les discussions politiques qui tourmentaient ce petit État, et fut exilé. Retiré en France, il prit parti pour la Révolution et rentra au service comme chef de bataillon du 3e bataillon de la

(1) Galerie Militaire, au XIII, t. IV, p. 180 et 188. Gironde. En l’an II, Pichegru le fit nommer général de brigade. En cette qualité, il prit part à la bataille de Geis-berg, clef de la position de l’ennemi.

En l’an V, lors de la retraite de l’armée de Rhin-et-Mosel ! e, sous les ordres de Moreau, Girard se battit à Biberachle 18 vendémiaire ; il reçut l’ordre de se porter, avec une brigade du centre de l’armée sur le village d’Ogeltshausen, et ensuite celui de tourner la position de Groth, pendant. l’attaque du général Saint-Cyr ; et il attaqua vaillamment la colonne autrichienne du baron d’Aspres, qu’il rejeta sur Emmendingen, après lui avoir tué 500 ou 300 hommes.

Ce fut à ce sujet que Moreau écrivit au général Girard cette lettre si flatteuse : « J’ai trop de plaisir à me rappeler le passage du val d’Enfer, pour ne pas rendre la justice la plus éclatante au courage et aux talents de celui que je chargeai de cette opération importante. Vous en confier l’exécution, c’était vous dire combien je vous appréciais. Son succès, en justifiant ma confiance, vous donne des droits à la bienveillance du gouvernement et des amis de l’État. »

Ce fut à la même époque que Girard opéra la réunion de Genève à la France. L’année suivante, il quitta cette ville et reçut le commandement du département du Pas-de-Calais, puis celui de la 46e division militaire. En l’an XII, il devint membre et commandant de la Légion-d’Honneur les 19 frimaire et 23 prairial. Il fit la campagne de 1809 et montra tant de valeur et d’intelligence à Essling et à Wagram. que l’Empereur le créa baron de l’Empire et grand officier de la Légion-d’Honneur le 16 juillet de la même année.

Le général Girard, dit Vieux, mourut à Arras le 2 mars 1811. Le décret du 20 février 1806 portait que l’église Sainte-Geneviève de Paris servirait de lieu de sépulture aux dignitaires de la

Légion-d’Honneur ; mais la distance qui séparait Paris d’Arras ayant été un obstacle à l’exécution du décret, toutes les autorités civiles, militaires et judiciaires, convoquées par le préfet, se rendirent au quartier général du baron Girard, dit Vieux ; M. l’évêque d’Arras, accompagné de ses grands vicaires, s’y rendit également. Le préfet et les différents fonctionnaires firent autour du cercueil une marche lente et solennelle. Parmi eux était le ministre protestant qui avait assisté le général dans ses derniers moments. Le corps fut ensuite placé sur un char funèbre au-dessus duquel flottait le drapeau du département. Les fonctionnaires suivaient le char, rangés dans l’ordre prescrit par le décret du 2/1 messidor an XII. La troupe et les gardes nationaux venaient ensuite. Arrivés sur le lieu de la sépulture, les assistants prononcèrent quelques discours, et les décharges de mousqueterie se firent entendre aussitôt après. Le cœur du général Girard fut envoyé au grand chancelier de la Légion-d’Honneur pour être placé à Sainte-Geneviève.

Son nom est inscrit sur le monument de l’Étoile, côté Est.

GIRARD (JEAN-BAPTISTE, baron)[modifier]

né le 21 févrierl77o à Aulps(Var). Après avoir servi avec distinction depuis 1793, il révéla, surtout à Austerlitz, dans le corps de cavalerie commandé par Murât, les hautes capacités qui devaient faire de lui l’un de nos meilleurs généraux d’avant-garde. Napoléon disait de Girard à Sainte-Hélène : o C’était un des plus intrépides soldats de l’armée française : il avait évidemment le feu sacré. »

Nommé sous-chef de l’état-major de la réserve de cavalerie, il prit part à la campagne de Prusse de 1806, devint général de brigade le 13 novembre de cette année, et suivit son corps d’armée en Pologne, ensuite il passa à l’armée d’Espagne et reçut en 1809 le brevet dé général de division par sa belle conduite à Arzobispo, où il fut blessé, comme plus tarda la journée d’Ocana. Napoléon l’appela à la grande armée en 1812. A Lutzen, Girard reçut deux blessures. Il prit cependant part aux batailles de Dresde, de Leipzig et de Hanau.

Il donna son adhésion à Louis XVIH en 1814, et se replaça, un des premiers, sous les drapeaux de Napoléon en 1818. Nommé pair de France le 2 avril, il reçut immédiatement l’ordre d’aller prendre le commandement d’une division, à la tête de laquelle il fut tué à Ligny.

GIRARDON (ANTOINE)[modifier]

naquit à Chaù-mont (Haute-Marne) le 1" février 1758. Le 25 avril 1776, il entra comme simple soldat dans le régiment de Brie, passa caporal le 25 septembre 1778, et fit avec distinction les campagnes d’Amérique de 1780 à 1783. Le 29 avril 1781, il prit part au combat naval devant la Martinique, puis à la prise de Tabago, au siège d’York, au combat de Saint-Christophe, et à la prise de cetle île en février 1782.

Nommé en 1789 commandant de la garde nationale de Chaumont, il ne tarda pas à être chargé des fonctions administratives du directoire du district ; mais, lors de l’organisation de la garde nationale active, il reçut, avec le grade de chef de bataillon, le commandementdul" bataillon de réquisition de Chaumont, et passa successivement, par suite des embrigadements dans les 170° et 12e demi-brigades de ligne.

Employé à l’armée de Rhin-et-Mo-selle, il se trouva, en l’an II,.à l’affaire de Geisbourg, et en l’an III, à l’attaque du pont de Manheim. Envoyé en l’an IV à l’armée d’Italie, il y fit la campagne de l’an V, et fut, le 21 frimaire, promu chef de brigade de la 12’ demi-brigade de

ligne. L’année suivante, il commanda Venise, sous les ordres de Serrurier, depuis le 3 vendémiaire jusqu’au 18 nivôse.

Appelé à l’armée de Rome, commandée par Gouvion-Saint-Cyr, Girar-don se trouva, au mois de floréal, à l’affaire de Citadel-Castello, et marcha contre les insurgés, qu’il battit le 11 thermidor à Farentino. 11 eut après cet avantage le commandement des provinces révoltées du Latium et des Marais Pon-tins, alors connus sous le nom de département de Circo.

Placé dans la division de Macdonald, employé à l’armée de Naples, il fut chargé, au siège de cette ville, de s’emparer du fort Saint-Elme, et remplit cette mission dangereuse avec non moins d’habileté que de bravoure. Cette brillante action, et les talents qu’il déploya dans la suite, lui valurent, le 10 floréal an VII, le grade de général de brigade et le commandement en chef des troupes que Macdonald laissa dans le territoire de Naples lors de l’évacuation du royaume. Ces troupes qui s’élevaient à peine à 4,600 hommes, disséminées sur une vaste étendue, eurent à se défendre non-seulement contre des populations animées par le fanatisme religieux, mais encore contre les Anglais, unis aux Portugais et aux Turcs, débarqués à Brindes, -au mois de prairial. Forcé d’évacuer le fort Saint-Elme le 22 messidor, il concentra ses forces dans Capoue, dont les alliés ne tardèrent pas à former le siège. Cette place, presque démantelée, et tellement dépourvue de munitions, que Gi-rardon se vit dans la nécessité de fondre en balles la couverture de la cathédrale, fut défendue avec opiniâtreté ; mais après avoir battu l’ennemi dans dix sorties, principalement les 8 et 15 messidor, pendant lesquelles il perdit 8 pièces de canon, 3 drapeaux, 1 guidon, le manque de vivres obligea le général français à capituler le 11 thermidor.

Girardon, employé à son retour en France dans les départements de l’Ouest, sous le général en chef Hédouville, fut confirmé dans son grade de général de brigade par arrêté du 26 vendémiaire an VIII, et par arrêté du premier Consul du 8 germinal an IX.

Nommé membre et commandeur de la Légion-d’Honneur les 19 frimaire et 25 prairial an XII, alors qu’il commandait le département de Maine-et-Loire, il devint, le 12 pluviôse an XIII, général de division, et retourna quelque temps après à Naples, où il mourut en 1807.

GIULAY (IGNACE, comte de)[modifier]

feld-maréchal autrichien, né d’une famille noble d’Allemagne, entra de bonne heure dans la carrière, devint officier général en 1790 et commandant du corps de Vukaslowich en Croatie. Il se distingua dans les guerres de la Révolution contre les Français, surtout en 1796, à l’attaque du camp de Kempten.

Nommé feld-maréchal et quartier-maître général du prince Ferdinand, il déploya une grande valeur en 1805 et

fut fait prisonnier à Ulm. En novembre de la même année, il fut chargé de se rendre auprès de Napoléon, qui se trouvait à une courte distance de Vienne, pour lui proposer un armistice, il fut délégué avec le comte de Stadion et le prince Jean pour rédiger les articles du traité de paix qui fut conclu à Saint-Pétersbourg le 27-décembre 1805.

Gouverneur de la Croatie en 1806, commandant de l’armée d’observation du Frioul en 1809, démissionnaire cette même année ; rentré en fonctions, se montra avec distinction et fut blessé à la bataille de la Piave ; commandait en 1812 un des trois corps destinés à couvrir les provinces de la Gallicie, de la Transylvanie et du Bannat ; il se signala de nouveau dans la campagne de France, surtout à Bar-sur-Aube contre Mortier, à La Ferté contre Macdonald, etc.

En 1815, il passa le Rhin avec le 3" corps d’armée autrichien et entra en France par la Suisse. Il demeura longtemps dans la Côte-d’Or et y maintint assez la discipline.

Il était commandant des provinces-autrichiennes de l’Est en 1818.

GOBERT (JACQUES-NICOLAS)[modifier]

général de division, naquit à la Guadeloupe, le 1" juin 1760. Envoyé en France pour y faire ses études, il entra, le 1er janvier 1780, à l’École du génie. Nommé lieutenant en second le 1*’ février 1782, capitaine le Ie’avril 1791, il fit, en qualité d’ingénieur, et comme adjoint aux adjudants-généraux, la campagne de 1792 aux armées du Nord et des Ardennes.

Devenu, le 8 mars 1793, adjudant-général chef de bataillon, la valeur qu’il déploya, le 6 mai, au combat de Famars, lui valut, du général Dampierre, sa nomination au grade de général de brigade provisoire, dans lequel il fut confirmé le 15 du même mois. Il combattit avec non moins de bravoure, le 23, à la seconde affaire de Famars, di’.e de Valenciennes. Mais sur la supposition qu’il pouvait être noble, lâ.commission executive le destitua le 30 juillet suivant et le fit incarcérer. Gobert, rendu à la liberté, réclama contre la qualification qui lui avait été donnée, et rappela, dans son Mémoire au II.

Comité de salut public, que le premier, au camp de Pont-sur-Sambre, il avait levé l’étendard contre Lafayette qui voulait marcher sur Paris, et que le premier encore il s’était soulevé contre Dumouriez, lorsque ce général avait essayé de rendre ses troupes complices de sa trahison. Le Comité accueillit favorablement la réclamation de Gobert, sans toutefois le rétablir dans son grade. Il ne lui accorda que celui de chef de bataillon, et l’envoya, le 13 nivôse an III, comme sous-directeur des fortifications à Port-Liberté (Port-Louis).

Il se rendait à son poste, quand Hoche, qui commandait alors l’armée campée devant Quiberon, le prit pour chef d’état-major ; mais, par des motifs inconnus, Hoche provoqua sa destitution le 15 fructidor. Gobert, que cet acte de rigueur étonna d’autant plus qu’il en ignorait la cause, s’en plaignit, et le 8 ventôse le Directoire le rétablit dans son grade de chef de bataillon et le renvoya à sa première destination.

Destitué par arrêté du Directoire du 9 brumaire an VI, sur la proposition de Schérer, ce fut sur un rapport de Milet-Mureau, chargé de l’intérim de la guerre pendant l’absence de Dubois de Crancé, du 4e jour complémentaire an Vif, que le Directoire le réintégra, lemêmejour, dans son grade de général de brigade dans la ligne. On lit dans le rapport de Milet-Mureau : « Le motif de sa destitution est une lettre, écrite à La Carrière, représentant du peuple déporté, dans laquelle avec des principes avoués de tous les républicains, mais qui étaient mal expliqués aux contre-révolutionnaires du 18 fructidor, il disait que la représentation nationale devait toujours rester intacte. »

Employé à l’armée de réserve qui s’organisait à Dijon le 8 germinal an VIII, il suivit cette armée en Italie, et se trouva, dans la nuit du i" au 2 prairial, à l’attaque du fort de Bard. Mis en non-activité le i" vendémiaire an X, il passa, le 18 nivôse, à l’armée qui devait former la seconde expédition de Saint-Domingue, mais qui fut dirigée sur la Guadeloupe, où les nègres s’étaient révoltés. Arrivé dans cette colonie le 17 prairial, le 20, le général Richepanse le chargea d’opérer le débarquement d’une partie des troupes près la Basse-Terre, ce qu’il exécuta malgré le feu violent de la côte. Il poursuivit le lendemain les rebelles, emporta la position retranchée de Dollet, et dispersa les rassemblements de la Grande-Terre.

Richepanse quitta quelque temps après la Guadeloupe et laissa le commandement de cette colonie au général Gobert qui, de retour lui-même en France en brumaire an XI, fut mis en disponibilité le 15 floréal, et nommé général de division le 9 fructidor suivant.

Membre et commandant de la Légion-d’Honneur les 19 frimaire et 25 prairial an XII, il remplaça le général Souham dans le commandement de la 20e division

militaire, et obtint celui de la 3« le 14 ventôse an Xfl.

En 1806, il commanda la ville de Mindeu, dans la Prusse rhénane, et en 1807, la 2e division de l’année d’observation des côtes de l’Océan.

Employé en Espagne en 1808, il reçut au commencement de juillet l’ordre de rejoindre le général Dupont dans la province de Jaën. En route, il battit les insurgés qui lui disputaient le passage du défilé de Pefia-Perros, les chassa de la Caroline, et arriva le 12 à Baylen qu’il occupa avec 1,500 hommes de sa division. Le 16, Castanos ayant attaqué et mis en pleine déroute le général Liger-Belair, celui-ci se retira en toute hâte sur Baylen, d’où Gobert sortit avec deux bataillons et un régiment de cuirassiers, dont les charges très-heureuses arrêtèrent d’abord les Espagnols, qui peut-être eussent été complètement battus sans la blessure que Gobert reçut alors.

Atteint d’une balle à la tête, il mourut à Guaraman, dans la nuit du 16 au. 17. Son nom est inscrit sur l’arc de triomphe de l’Étoile, côté Ouest.

GOBLET D’ALVIELLA (ALBERT-JOSEPH, comte)[modifier]

Goblet d’Alviella, Albert Joseph, comte

Né à Tournai le 26 mai 1790, entra en 1802 au Prytanée militaire deSaint-Cyr, où il obtint, en 1807, le prix impérial de mathématiques au concours général, passa à l’École polytechnique, et en sortit en 1811 officier du génie. Il fit en cette qualité les campagnes d’Espagne, et se trouva, en 1813, au siège de Saint-Sébastien, où il se distingua. Resté seul des officiers du génie, il fut choisi pour porter à Paris les détails du siège et de la capitulation, fut nommé capitaine et reçut la croix d’honneur.

Rentré en février 1815 au service de sa patrie, il combattit aux Quatre-Bras et à Waterloo, et obtint la décoration de l’ordre de Guillaume (4e classe).

Ses antécédents lui valurent d’être chargé de projeter et de construire la forteresse de Nieuport. Il dirigea les travaux pendant sept ans, fut nommé chevalier de 3e classe (officier) de l’ordre de Guillaume, et accompagna le prince d’Orange en Russie. Alexandre le décora de la croix de Sainte-Anne.

A son retour, il fut chargé de la reconstruction de la place de Menin. Nommé le 15 octobre 1830, colonel du génie et directeur général de ce corps, il fut promu au grade de général de brigade en 1831, et fut ministre de la guerre sous l’administration du Régent.

Au mois d’août 1831 la ville de Tournai l’envoya à la Chambre des Représentants, et peu de jours après, il fut créé inspecteur général des fortifications et du génie.

Aide de camp du Roi et plénipotentiaire, le général Goblet signa, le 14 décembre 1831, à Londres, avec les ministres d’Autriche, d’Angleterre, de Prusse et de Russie, un traité par lequel on convint de la démolition des places de Menin, Ath, Mons, Philippeville et Marienbourg.

Député, il vota pour l’adoption des 24 articles. On le vit successivement plénipotentiaire près la conférence de Londres, ministre d’État, ministre des affaires étrangères par intérim, commandeur de la Légion d’honneur et chevalier de l’ordre de Léopold, ambassadeur à Berlin, etc.

Son travail sur le système général de défense sur la frontière du nord, de l’Escaut à la Meuse, lui valurent le grade de lieutenant général en 1835.

Élu député eu 1836 par la ville de Bruxelles, il abandonna ses fonctions législatives pour se rendre en Portugal comme ministre plénipotentiaire. Il y fut nommé comte d’Alviella, et le roi des Belges, en ratifiant cette nomination, rendit le titre héréditaire à tous ses descendants mâles.

GOBRECHT (MARTIN-CHARLES, baron)[modifier]

Naquit le 11 novembre 1772 à Cassel (Nord). Volontaire dans la compagnie franche de Van-damme le 13 septembre 1792, il assista la même année au siège de Lille, fut nommé sous-lieutenant à l’armée du Nord le 4 mars 1793, et lieutenant dans la compagnie de chasseurs de Mont-Cassel (14e, puis 1ère demi-brigade légère) le 5 septembre, et fut blessé à la bataille d’Hondschoote le 8 du même mois.

Au passage du Wahal, en Hollande, le 21 nivôse an III, il reçut deux blessures au bras gauche et eut un cheval tué sous lui à la tête des grenadiers qui, dirigés en partie par lui, enlevèrent une re-doute et 6 pièces de canon.

Devenu aide de camp du général Vandamme, le 27 germinal de la même année, il obtint le grade de capitaine à l’armée de Sambre-et-Meuse, le 11 brumaire, et assista, sous Moreau, aux deux passages du Rhin, où on le vit prendre terre le premier sous le feu de l’ennemi. Le 17 nivôse an VI, il quitta ses fonctions d’aide de camp pour entrer avec son grade dans le 6e régiment de hussards à l’armée du Rhin, et reçut du général Brune le grade de chef d’escadron sur le champ de bataille de Bergen, en Batavie, le troisième jour complémentaire an VII.

Rentré le même jour dans ses fonctions d’aide de camp auprès du général Vandamme, il reçut une blessure grave à la tête en combattant contre les Anglo Russes à Castricum, en vendémiaire an VIII, et obtint la confirmation de son grade de chef d’escadron le 17 du même mois. Il servit suc-cessivement dans le 4e régiment de dragons le 16 pluviôse an XI, et dans le 2e de l’arme le 23 fri-maire an XII, fut compris comme membre de la Légion d’honneur au camp d’Amiens, dans la pro-motion du 25 prairial de la même année, et fit partie de la Grande Armée, division Klein, dès la fin de l’an XIII.

A l’affaire d’Augsbourg, le 16 vendémiaire an XIV, il conduisit une charge brillante sur l’infan-terie russe embusquée sur la lisière des bois et lui enleva 2 pièces de canon.

Nommé major au 24e régiment de dragons le 16 mai 1806, il rejoignit son nouveau corps dans les garnisons d’Italie, et obtint la croix d’officier de la Légion d’honneur le 27 juillet 1809. En 1811, il fut nommé colonel du 30e régiment de dragons, et le 19 août même année, il fut nommé baron de l’Empire pour sa belle conduite au combat d’Ostrowno.

Après la retraite, pendant laquelle il eut 5 chevaux tués sous lui par le feu de l’ennemi, il vint en Saxe, où, ayant été promu général de brigade par décret du 13 juillet 1813, il prit le commandement de la cavalerie du 1er corps. Enfermé dans Dresde, et prisonnier de guerre par suite de la violation de la capitulation de cette place, il ne revint en France qu’au mois de mars 1814.

Mis en non-activité à cette époque, et décoré de la croix de Saint-Louis le 6 août, il fut mis à la retraite le 1" janvier 1825, et reçut la croix de commandeur de la Légion d’honneur le 5 janvier 1834.

Le général Gobrecht est mort à Saint-Omer le 7 juin 1845.

GODART (ROCH, baron)[modifier]

né le 30 avril 1761 à Arras (Pas-de-Calais), entra au service le 13 mars 1779 comme soldat au régiment d’Orléans (44° d’infanterie, et y fut nommé caporal le l"marf 1782. Il obtint son congé absolu le 4 octobre 1786 et se retira dans ses foyers.

Lorsque la guerre de la Révolution commença, il rentra dans la carrière, el fut nommé, k 31 octobre 1792, lieutenant-colonel en second du 6" bataillon du Pas-de-Calais, devenu, par suite d’amalgames et d’organisations, 198’ demi-brigade, puis 79e demi-brigade et 79e régiment d’infanterie de ligne. Le 1er août 1793, il fut fait chef de bataillon commandant ce même corps. Employé à l’armée du Nord en 1792 et 1793, il se trouva au siège de Dunker-que, où il eut un cheval tué sous lui. Après le déblocus de cette place, il passa à l’armée de Samhre-et-Meuse, y servit pendant les ans II et III, et marcha sous les ordres de Jourdan au déblocus de Maubeuge, où il commandait 3 bataillons réunis.

Il prit une part active au siège de Maëstricht, et après l’occupation de cette place, le gouvernement l’envoya à l’armée de Rhin-et-Moselle.

Il servit aussi au blocus de Mayence, et à la formation des demi-brigades, il fut nommé le 1" floréal an III, chef de la 198e qui se composait des 6e et 8’ bataillons du Pas-de-Calais et du 10e bataillon de Paris. C’est avec ce corps qu’il fut chargé de garder les bords du Rhin, eutre Neufbrisack et Strasbourg. A l’organisation du 2 pluviôse an IV, la 198e prit le n° 79, et reçut par incorporation quelques bataillons d’autres corps. Go-dart fit avec le général Moreau la guerre en Souabe et dans le Tyrol. La 79’, qui pendant cette campagne eut constamment à lutter contre une division autrichienne forte de 10 à 12,000 hommes, y perdit 64 officiers et 1,600 sous-officiers ou soldats tués, blessés ou faits prisonniers.

Au commencement de vendémiaire an V, la 79° repassa le Rhin à Huninguè et concourut au siège de Kehl. Après la reddition de ce fort, dirigée sur l’armée d’Italie, elle prit part aux opérations militaires de la campagne de l’an V. Le traité de Campo-Formio ayant mis fin à la guerre d’Italie, Godart fut envoyé aux îles du Levant avec sa demi-brigade, et y resta pendant les ans VI et VII. Chargé du commandement de la place de l’île de Corfou, il soutint pendant quatre mois un siège des plus vigoureux. Enfin, malgré ses efforts et son courage, la place de Corfou dut capituler et la garnison rentra en France. Le reste de la 79", qui composait les garnisons de Céphalonie, d’Ithaque et de Sainte-Maure, fait prison-sonnier par les Turcs, fut conduit au bagne de Constantinople.

La 79", qui durant son séjour dans les îles du Levant avait donné de nouvelles et nombreuses preuves de dévouement et avait perdu près de la moitié de sou effectif par le feu de l’ennemi, reçut, en arrivant à Lyon, l’ordre de venir tenir garnison à Paris, où elle se mêla aux événements du 18 brumaire an VIII. Elle y demeura peu de temps après, et partit pour l’armée de l’Ouest, avec laquelle elle fit les campagnes des ans VIII, IX et X, sous les ordres des généraux en chef Brune et Bernadotte. Employé aux camps de Bayonne et de Saintes, pendant les ans XII et XIII, Godart fut nommé, le 19 frimaire an XII, membre de la Légion-d’Honneur, officier de l’Ordre le 25 prairial suivant, et désigné par l’Empereur pour faire partie du collège électoral du Pas-de-Calais. Vers la fin de l’an XIII, le colonel Godait reçut l’ordre de se rendre, avec les trois premiers bataillons de son régiment, à l’armée d’Italie, sous les ordres du maréchal Masséna. Il fit partie de la division Molitor, et se trouve, le 8 brumaire an XIV, à la bataille de Caldiéro, où il mit en déroute une. colonne de 6,000 hommes ; de troupes hongroises, lui fit environ 1,200 prisonniers et dégagea les divisions Duhesme et Gardanne qui se trouvaient compromises.

Passé en 1804 en Dalmatie avec le général Molitor, il marcha au secours de la ville de Raguse, où le général Lauriston se trouvait bloqué par un corps de 3,000 Russeset 6,000 Monténégrins. La colonne commandée par le colonel Godart se composait, de quatre compagnies d’élite du 81e de ligne, de quelques chasseurs d’Orient et d’un détachement de Morlaques, formant un total d’environ 1,800 hommes. Le 6 juillet, elle se trouva en présence de l’ennemi ; le colonel Godart, sans calculer la disproportion de ses forces, mais comptant sur la bravoure de ses troupes, auxquelles il donnait d’ailleurs toujours l’exemple, aborda hardiment l’ennemi. Après une charge à la baïonnette, vigoureusement exécutée, les Monténégrins et les Russes furent culbutés et mis dans une déroute telle qu’ils ne purent se rallier et qu’ils laissèrent au pouvoir des Français touie leur artillerie, leurs munitions et leurs bagages. La place de Raguse se trouva alors débloquée. Le colonel Godart prit une part glorieuse aux affaires qui eurent lieu dans le Canali et près de Castel-Nuovo, contre les Monténégrins et les Russes pendant les mois de septembre et d’octobre de la même année. Il fut de toutes es expéditions qui eurent lieu en 1807 et 1808 contre les insurgés turcs et dal-mates, et fit la campagne de 1809 en Allemagne.

A la bataille de Gospich, son régiment soutint les efforts de l’armée autrichienne qui voulait s’opposer au passage des Fran-ais dans la Croatie. Il combattit encore à iraiz et à Wagram, et sa conduite dans cette dernière journée lui valut le grade’ de général de brigade, qui lui fut conféré le H ( ? ?) septembre. Peu de temps après, Napoléon le créa baron de l’Empire. Employé comme général de brigade au corps du duc d’Abraniès, le 44 du même mois, il fit les guerres de 1810 et 1811 aux armées d’Espagne et de Portugal, et assista au sièges d’Astorga, de Ciudad-Rodrigo et d’Alméida. Rentré en France vers la fin de 1811, et nommé le 27 novembre, commandant du département du Tarn (9e division militaire), il reçut le 22 juillet 1812, l’ordre de se rendre en poste à la grande armée de Russie, y fut nommé gouverneur de Wilna, et attaché le 17 septembre suivant, au 4e corps, sous les ordres du prince "Vice-Roi Eugène Napoléon. Désigné, le 1" juin 1813, pour faire partie du corps d’observation de.Mayence, il commanda l’avant-garde qui se porta sur les frontières de la Bohême. Le général Godart ayant avec lui environ 1,500 hommes d’infanterie, 200 chasseurs à cheval et deux pièces de canon, fut atlaqué, le 22 août, par l’avant-garde ennemie, forte de 4,000 fantassins, un régiment de cavalerie et de six pièces d’artillerie. Il repoussa vigoureusement les premières charges des Autrichiens ; mais attaqué de nouveau et ayant perdu près du tiers de son monde, il effectua sa retraite sur Dresde, disputant le terrain pied à pied.

Il eut en cette occasion deux chevaux tués sous lui, et reçut une forte contusion au bras droit. Le 26, à la bataille de Dresde, le général Godart reçut un coup de feu qui lui traversa la cuisse. Obligé de quitter le champ de bataille et transporté à Dresde, il y resta jusqu’au moment de la capitulation qui portait que les Français rentreraient dans leur pays. Cette capitulation ayant été indignement violée, le général Godart et ses compagnons d’armes furent considérés comme prisonniers de guerre. Conduit

en Hongrie, il y demeura jusqu’à la paix de 1814.

Rentré en France au mois de mai, et mis en non-activité, il fut créé chevalier de Saint-Louis par ordonnance royale du 19 juillet, et commandeur de la Légion-d’Honneur le 23 août de la même année. Lors de son retour de l’île d’Elbe, l’Empereur, par décret du 29 mars 1815, confia de nouveau au général Godart le commandement du département du Tarn. Au second retour des Bourbons, il reçut l’ordre, le 8 août, de cesser ses fonctions et fut admis à la retraite le 6 octobre de la même année.

Il est mort à Rennes, le 8 mai 1834.

GODINOT (DEO-GRATIAS-NICOLAS, baron)[modifier]

né le 1er mai 1765 à Lyon (Rhône), entra au service le 13 août 1787 comme dragon dans le 17e régiment, devenu 2e de chasseurs à cheval le 11 mai 1788, et y resta jusqu’au 16 novembre 1790.

Lorsque des bataillons de volontaires se levèrent de toutes parts pour repousser l’agression étrangère, Godinot reprit du service, et le 6 août 1792 il fut nommé capitaine dans le bataillon des chasseurs de Reims, devenu 13e, puis 25e demi-brigade, et enfin 25e régiment d’infanterie légère. Il fit la campagne de 1792 à l’armée du centre, fut nommé chef de bataillon au même corps le 1er avril 1793, et servit en cette qualité à l’armée de la Moselle. Passé à l’armée de Sambre-et-Meuse, il y servit pendant les ans II, III et IV.

Le 16 messidor de cette dernière année, il enleva, à la tête de son bataillon, le camp de Willersdorff, où était retranché le corps d’armée du général Kray. Dans la même journée, il franchit sous un feu meurtrier les abattis qui défendaient l’approche de la montagne de Kalte-Eyse. Les sages dispositions qu’il prit, après avoir surmonté cet obstacle, coupèrent la retraite aux Autrichiens et contribuèrent puissamment à la prise d’une colonne forte d’environ 800 hommes. De l’an V à l’an IX, il fit la guerre en Allemagne et en Italie. Le 1er germinal an VII, à l’affaire d’Ostrach en Souabe, il fut blessé d’un coup de feu à l’épaule droite. Le 12 messidor suivant, il fut nommé chef de brigade commandant la 25e légère.

Le 4 vendémiaire an VIII, à l’affaire de Wesen (Suisse), il fut chargé d’attaquer ce poste avec sa demi-brigade et un bataillon de grenadiers. Le régiment de Bender, qui défendait ce village, fut fait prisonnier, et livra aux Français 11 pièces de canon, 31 caissons et un drapeau. Le 17 germinal suivant, à l’attaque de Montefaccio, lors du blocus de Gênes, il reçut un coup de feu à la main gauche.

Chargé le 19 du même mois d’attaquer les Autrichiens à Nostra-Santa-del-Acqua, il les culbuta et les refoula jusqu’aux cabanes de Marcherolo. Le 21, à l’attaque de la montagne de l’Hermette, il fut blessé d’un coup de feu à la cuisse gauche ; mais quoique cette blessure fût assez grave, il ne voulut point quitter le champ de bataille, et s’emparant d’un drapeau de la 3e demi-brigade de ligne, il ranima le courage des troupes qui, repoussées d’abord par l’ennemi, se retiraient en désordre ; il les ramena au combat, emporta la position et demeura maître du champ de bataille. Le 22, au deuxième combat de l’Hermette, il fut encore blessé d’un coup de feu au pied gauche.

Le 3 floréal de la même année, lors de l’attaque des lignes du Besagno, et de la Polcevera, il fut fait prisonnier à Saint-Pierre-d’Arena (faubourg de Gênes) ; mais le colonel du régiment de Nodasti ayant également été pris pendant l’action, il fut échangé contre cet officier le lendemain 4. Envoyé le 10 au secours des postes attaqués sur la Polcevera, il chargea les Autrichiens et les obligea à repasser la rivière. Enfin, le 21 du même mois, il combattit avec la plus rare intrépidité à Montefaccio et reçut un coup de feu au genou droit.

Au passage du Mincio, le 3 pluviôse an IX, il fut atteint d’un sixième coup de feu qui lui traversa la cuisse gauche.

Rentré en France après la cessation des hostilités, il vint tenir garnison à Montmédi pendant les ans X et XI, et fit partie des troupes rassemblées au camp de Montreuil pendant les ans XII et XIII. Créé membre de la Légion-d’Honneur le 19 frimaire an XII, et officier de l’Ordre le 25 prairial suivant, il fut promu au grade de général de brigade le 12 pluviôse an XIII. Employé le 11 ventôse suivant, près les troupes françaises stationnées en Hollande, il fut placé comme chef d’état-major auprès du maréchal Mortier le 30 fructidor de la même année. Désigné pour être employé au 5e corps de la grande armée le 10 nivôse an XIV, il fut ensuite attaché au 8e corps, nommé commandeur de la Légion-d’Honneur le 9 mars 1806, et passa, le 3 novembre 1807, au 2e corps d’observation de la Gironde.

Il fit en Espagne et en Portugal les campagnes des années 1808, 1809, 1810 et 1811, et devint baron de l’Empire le 23 mars 1808, et chevalier de la Couronne de Fer le 16 novembre suivant. Le général Godinot se signala par son courage et son sang-froid, le 9 août 1809, à la bataille d’Almonacid, où il attaqua de front et prit, sous un feu violent de mitraille, la hauteur occupée par le général espagnol Venegas.

Nommé général de division, le 10 mars 1811, il prit le commandement de la 2e division du 1er corps. Le 16 du même mois, il reçut l’ordre de marcher sur le village d’Albuhera, de s’emparer ou du moins (en donnant de vives inquiétudes à l’ennemi sur ce point) de le forcer à porter secours à sa gauche. Les postes que l’ennemi avait en avant du ruisseau d’Albuhera s’étant repliés, le général Godinot lança ses bataillons qui marchaient avec intrépidité sur le village, au milieu d’un feu très-meurtrier de l’artillerie espagnole, établie sur un plateau auprès de l’église. Le 16e léger emporta le village de vive force. Le combat continuait, le général Godinot tenait toujours à Albuhera après l’avoir pris et repris aux troupes portugaises et espagnoles ; cette position était défendue avec vigueur par le 16e léger ; mais le duc de Dalmatie envoya l’ordre au général Godinot d’abandonner le village. Cet ordre fut transmis au colonel du 16e léger qui refusa d’abord d’y obtempérer, il fallut que le général renouvelât jusqu’à deux fois son injonction. Une pareille opiniâtreté, qui prenait sa source dans le courage de l’intrépide colonel, présageât ce que l’on était en droit d’espérer de lui et de ses soldats.

Le 19 juin suivant, il fut envoyé en reconnaissance sur Olivença, avec sa division et les 4 régiments de cavalerie légère du général Briche. Ayant trouvé cette place abandonnée et sans défense. il en prit possession le 21, et passa jusqu’à Jurumenha, place située sur la Guadiana, une lieue en ayant d’Olivença. Chargé par le maréchal Soult de démanteler cette dernière place, il s’occupa activement de cette opération. Les travaux préparatoires furent terminés le 26 au soir, et le 27, pendant que la division opérait son mouvement rétrograde sur Valverde et Albuhera, on mit le feu aux mines et les fortifications s’écroulèrent avec fracas.

Le 28 du même mois, le général Godinot fit partie de l’expédition d’Andalousie, commandée par le maréchal duc de Dalmatie, et qui avait pour objet d’éloigner l’ennemi qui menaçait Séville et de dégager avant le général Sébastiani, qui se trouvait dans le royaume de Grenade.

Dans la nuit du 6 au 7 août de la même année, le général Godinot reçut l’ordre de partir de Jaen et d’Ubeda, où il se trouvait, et se dirigea par Quesada et Pozalcon sur Baza. 11 rencontra et battit, au passage du Rio-Guadiana-el-Menor ainsi qu’à Quesada, plusieurs bandes de guérillas. Il atteignit à Polzacon le général Quadra et le força de prendre la fuite. Parvenu sur les bords du Rio-Guadalentia, il y trouva une colonne que le général Blake envoyait au secours du général Quadra et la poussa jusqu’à Rio-Barbata. Les gardes wallonnes qui défendaient la rivière, furent culbutées et perdirent plus de 600 prisonniers. Au mois d’octobre suivant, le général Godinot occupa Saint-Roch et le camp retranché que Ballesteros venait d’évacuer pendant la nuit pour se retirer sous le canon de Gibraltar. Au moment même où ce général opérait son mouvement, un fort détachement de troupes espagnoles et anglaises, envoyé de Cadix pour seconder son opération, débarquait à Tarifa et s’emparait de ce petit port. Le général Godinot fil sur-le-champ ses dispositions afin de déloger ces nouveaux ennemis, mais la seule route par laquelle pût marcher son artillerie, longeant les bords de la mer, les vaisseaux anglais balayèrent tellement ce défilé par leur feu soutenu, que Godinot fut obligé, après avoir perdu un certain nombre d’hommes, de renoncer à son entreprise. De retour au camp de Saint-Roch, il l’occupa encore pendant quelques jours, et se dirigea sur Séville, où il fut rendu le 26 octobre.

« Le lendemain de son arrivée il se brûla la cervelle à la suite d’une explication un peu vive qu’il eut avec le duc de Dalmatie. On répandit le bruit dans l’armée qu’il s’était donné la mort pour se délivrer des douleurs que lui causait une maladie de nerfs à laquelle il était sujet ; mais la vérité est que ce général, estimable sous beaucoup de rapports, mais presque toujours malheureux dans ses opérations, ne voulut point survivre au nouvel échec qu’il venait d’essuyer, et peut-être aux reproches que lui adressa derechef, à cette occasion, son protecteur irrité (1). »

GOLSTEIN (FREDERIC-ANTOINE-MARIE, vicomtede)[modifier]

né au château de Bréel, département de la Roër, le 17 août 1789, fut reçu à 15 ans à l’École militaire, d’où il sortit, en 1806, sous-lieutenant au 1" régiment d’infanterie de Berg. L’année suivante, il entra dans les chasseurs (cavalerie), se distingua dans les campagnes de la Pologne et d’Allemagne, et fut envoyé en Espagne avec le grade de capitaine.

Le 7 août 1811, il surprit, avec cent chevaux, 350 hommes de cavalerie espagnole, en tua 70, et ramena soixante prisonniers.

Le 22 mars de la même année, dans une reconnaissance, il entra de nuit, seul, dans le village de la Guedroza, pour savoir s’il était occupé, se vit entouré par douze hommes et un officier qu’il tua d’un coup de sabre en réponse à sa sommation, et chargeant les soldats en appelant sa petite troupe, il leur fit mettre bas les armes.

Après s’être distingué encore dans plusieurs affaires, il fut décoré et nommé chef d’escadron. M. de Golstein fit, en 1813 et 1814, les campagnes de Saxe et de France, puis

(1) Victoires et Conquêtes, tome XXVI, page 272.

se rallia aux Bourbons qu’il n’abandonna pas pendant les Cent-Jours.

Rentré dans les chasseurs de la Garde royale, il fut créé lieutenant-colonel en 1817, et chevalier de Saint-Louis en 1820. Il fit la campagne de 1823 dans les chasseurs à cheval de la Dordogne et fut décoré de l’ordre de Saint-Ferdinand.

En 1828, il passa des chasseurs dans les hussards de la Garde royale, fut licencié en 1830, et mis en solde de congé avec le brevet de colonel. En 1831, il fut attaché à l’état-major du maréchal Gérard, pendant la campagne de Belgique.

Le 5 janvier 1832, il prit le commandement du 13" chasseurs (devenu 7* lanciers) et fut nommé successivement commandeur de la Légion-d’Honneur et officier de l’ordre de Léopold. Le 26 avril 1841, il a été promu au grade de général de brigade, et, peu de temps après, mis en disponibilité, puis enfin à la retraite.

M. de Golstein a obtenu des lettres de naturalisation en 1813 ; il est comte du saint Empire.

GORIS (JEROME-JOSEPH)[modifier]

né le 6 mai 1761 à Castillon-sur-Sambre (Nord), avait à peine 17 ans lorsqu’il s’enrôla, le 10 octobre 1778, comme soldat dans les Gardes françaises. Il fut promu, le 30 avril 1791, au grade de caporal. Congédié par grâce, il rentra dans ses foyers le 14 décembre 1782. Au premier appel que la France fit à ses défenseurs, Goris, quoique marié et père de plusieurs enfants, s’arracha aux douceurs des affec- -tions de famille et aux soins de ses affections domestiques pour marcher à la frontière. 11 fut unanimement élu capitaine de la 2e compagnie du 6e ba’.aillon du Nord du 20 octobre 1792, et fat proclamé chef de bataillon le 4 du même mois. Il fit les campagnes de 1792 et 1793 à l’armée du Nord. Le 2 avril 1793, pendant qu’il était, avec son bataillon, à Bruai, entre Condé etValenciennes, Goris est informé de la trahison de Dumouriez ; il rassemble aussitôt les officiers de son bataillon et leur déclare formellement que, si le général transfuge a l’audace, comme il l’avait annoncé, de venir les passer en revue, son intention est de lui brûler la cervelle. Ses officiers lui ayant promis de le seconder, il prit ses dispositions pour n’être point surpris par les escadrons qui escortaient le général déserteur. Inébranlable dans sa résolution, il attendit avec’impatience ; mais, comme il ne se présentait point, Goris craignant que le moindre retard pût être funeste au salut de l’armée, prit sur lui de faire battre la générale.

La nouvelle de la trahison de Dumouriez se propage dans les rangs, les soldats, indignés et furieux, veulent marcher à sa recherche pour en faire prompte justice ; mais le commandant Goris ne croyant pas avoir des forces suffisantes pour tenter un coup de main dont la réussite était douteuse, s’opposa à une pareille entreprise ; il "parvint à les calmer et les conduisit à Valenciennes, où ils furent reçus aux acclamations des habitants et de la garnison.

C’est ainsi que le patriotisme et l’énergie d’un seul homme, en donnant à temps l’éveil à toute l’armée, préserva la France du malheur de voir toutes ses places fortes livrées à l’ennemi. D’autres se sont attribué l’honneur d’avoir dévoilé ce complot, mais il est certain que l’initiative en appartient tout entière au 6e bataillon du Nord et au brave Goris. Blessé d’un coup de feu au côté droit, le 8 messidor an II, à la bataille de Fleurus, il fît ensuite les campagnes des ans III, IV, V, VI, VII, VIII et IX aux armées de Sam-bre-et-Meuse, du Rhin, d’Angleterre, de Naples et d’Italie. A l’organisation de l’an IV, le commandant Goris passa avec

son bataillon dans la 17e demi-brigade d’infanterie de ligne.

Le \" floréal an V, au passage du Rhin, et dans le moment le plus critique, le général en chef plaça Goris en avant de Diersheim en lui ordonnant de tenir jusqu’à la dernière extrémité, afin d’em-pécher l’ennemi de tourner le village. A peine Goris avait-il pris position, que nos troupes, repoussées par des forces supérieures, laissèrent le bataillon de la 17" isolé et livré à lui-même. L’artillerie des Autrichiens emportaient des liles entières, le désordre et le découragement se mettaient dans les rangs de ces braves. Cependant, le brave Goris se ’porte en avant du front de bataille, et là, pour ranimer le courage des siens, il leur dit d’une voix ferme : Soldats, je suis devant vous ! La vue de leur chef, qui affronte ainsi avec tant de sang-froid un danger certain, inspire de la confiance aux plus timides, les rangs se resserrent, et, par sa bonne contenance, le bataillon imposa aux Autrichiens, et contribue puissamment au succès de cette journée. Nommé chef de brigade dans le même corps le 18 nivôse an VII, il fut dirigé le 28 du même mois sur Bénévent. En arrivant aux Fourches-Caudines, la 17e, à la tête de laquelle il marchait, se vit cernée par un corps de 9 à 10,000 hommes. Sommé de se rendre, le brave Goris répondit par le pas de charge, se fit jour à la baïonnette et sauva son corps d’une entière destruction. Ce fait d’armes fut mentionné à l’ordre du jour du général en chef de l’armée de Naples, et valut, au chef de brigade Goris, les félicitations du gouvernement.

Le 10 floréal suivant, il se distingua de nouveau à la prise de Salerne. Les Anglais ayant débarqué des troupes dans cette ville, interceptaient les communications de l’armée avec les deux Calabres. La 17e demi-brigade avec un bataillon italien sous les ordres du général Watrin, fut chargée de les rétablir. Les Anglo-napolitains, postés sur la montagne qui domine Salerne, étaient protégés, en outre, par le feu d’une frégate anglaise, embossée à peu de distance de la route. La position était difficile à enlever, mais Goris, sans calculer, se précipite vers l’ennemi. Marchant à mi-côte pour arriver, au château, et placé entre le feu de la frégate et celui des troupes anglo-napolitaines, il gravit la montagne et s’avance au pas de charge la baïonnette en avant. Nos soldats escaladent le château, en brisent les portes, et, à un signal convenu, toute la colonne se précipite dans la ville, d’où les Anglais sont chassés, après avoir éprouvé une perte considérable en tués et blessés. Cette action éclatante fut mentionnée honorablement dans le rapport du général Watrin.

Le 1er messidor de la même année, jour où commença la retraite de la Tré-bia, Goris, avec sa demi-brigade, soutint le choc d’une colonne russe qui se trouvait sur les derrières de la division Dom-browski. Quoique les ennemis eussent des forces douze fois supérieures aux siennes, il fit une résistance opiniâtre et ne se rendit qu’après avoir perdu les deux tiers de son monde et épuisé toutes ses munitions. Cet acle de dévouement sauva la division Dombrowski. Rentré des prisons de l’ennemi peu de temps après, il continua de faire la guerre aux armées d’Italiependaut les ans VIII et IX.

Créé membre de la Légion-d’Honneur le 49 frimaire an XII, il fut nommé colonel du 44e régiment d’infanterie légère le 45 nivôse suivant, et reçut la croix d’officier de l’Ordre le 23 prairial de la même année. Employé à l’armée d’Italie pendant la campagne de l’an XIV, il servit, en 1806 et 4807, à celle de Naples, et passa, en 1808, aux îles Ioniennes, où il resta jusqu’en 1844. Général de brigade le.6 août de cette dernière année, il fut employé, par or--dre du même jour, dans la 30" division militaire (Rome), et passa, le 16 juin.4812, au commandement du département des Bouches-de-l’Elbe (32e division militaire). Appelé à commander une brigade dans le 4" corps de la grande armée le 4" mars 4843, il combattit à Lutzen avec sa valeur accoutumée, et y fut grièvement blessé d’un coup de bis-caïen qui lui fracassa le genou droit. Il rentra en France parJautorisation du 47 mai 4843 pour s’y faire guérir de sa blessure.

Pendant le premier séjour des Bourbons en France, il resta en non-activité ; mais après le retour de l’Empereur de l’île d’Elbe, il fut envoyé à Laon pour y organiser les gardes.nationales. Admis à la retraite le 6 octobre 4815, il vivait au sein de sa famille, lorsque les réactionnaires de cette époque le dénoncèrent comme conspirateur et le firent condamner à l’exil. Il est mort le 9 novembre 4828.

GOULLUS (FRANÇOIS, baron)[modifier]

général de brigade, né le 4 novembre 4758 à Lyon (Rhône), entra au service comme soldat le 28 octobre 4776 dans le régiment de la Couronne (45e d’infanterie), et y fut successivement nommé caporal, le 4" décembre 4778, sergent le 28 novembre 4779, sergent-major le 22 juin 4787, et adjudant le 24 décembre 4789.

Devenu sous-lieutenant le 45 septembre 4791, il fut fait lieutenant le même jour et obtint le grade de capitaine le 26 septembre 4792. H fit la campagne de cette année et celle de 479J à l’armée du Nord, et en Champagne, sous Ro-chambeau, Dumouriez, Dampierre, etc. La fermeté avec laquelle il défendit le passage de la Suippe, que les émigrés tentaient de forcer, attira sur lui l’attention du général en chef qui le fit nommer lieutenant-colonel, par les représentants du peuple, 30 octobre 1792.

A Jemmapes, le 6 novembre suivant, il commandait le 2’ bataillon du 45e, presque tout composé de recrues, et il le fit manœuvrer sous les yeux du général Harville avec autant de sang-froid et de précision que si c’eût été sur un champ d’exercice. Après le siège de Namur, auquel il avait coopéré, Goullus eut le commandement de cette ville et de son château, par arrêté du général Harville du 45 décembre de la même année, tout en conservant celui de son bataillon, dans lequel il sut maintenir la plus exacte discipline.

A la retraite de l’armée, il se rendit à marches forcées avec une forte colonne. à Maubeuge, dont il prit le commandement le 1" mars 4793. Nommé chef de brigade provisoire, par le général en chef Dampierre, le 12 avril suivant, il se distingua dans plusieurs affaires lors de l’évacuation du camp de Famars sur Cambrai. 11 fut choisi, le 31 juillet, parmi tous les chefs de brigade de l’armée pour aller prendre le commandement supérieur du Quesnoy, ou il arriva le 1" août. Ce même jour, Valenciennes se rendit aux Autrichiens, et, le 17, la place du Quesnoy se trouva complètement bloquée.

Le chef de brigade Goullus fit aussitôt sortir la garnison, alla harceler et battre l’ennemi vers Villereau et Jolimet ; mais numériquement trop faible pour tenir la campagne, il fut obligé de rentrer en ville. Pendant neuf jours qui s’écoulèrent sans que l’ennemi entreprît les travaux du siège, la garnison fit avec succès trois sorties. Enfin, la tranchée fut ouverte dans la nuit du 26 au 27, et dès lors la place fit un feu continuel sur l’ennemi. Le 2 septembre, à onze heures du matin, le général Clairfait envoya un parlementaire, porteur d’une sommation au commandant français, d’avoir à rendre la place, le déclarant responsable de tous les maux qu’entraînerait sou opiniâtreté. Le brave Goullus lui fit la réponse suivante :

« Monsieur, mon devoir et l’honneur de ma patrie me prescrivent de n’écouter aucune proposition tendant à la reddition de la place dont la défense m’est confiée ; il n’est aucun sacrifice que je ne sois en état de faire pour le soutien du glorieux nom français. Vous estimeriez bien peu mes troupes, ainsi que moi, si je souscrivais à votre sommation. J’espère néanmoins, Monsieur, que nous mériterons par notre défense, et votre considération et celle de nos concitoyens, et que vous ne pourrez vous empêcher de rendre justice à notre bravoure. »

Par suite de ce refus formellement exprimé, l’ennemi démasqua, à cinq heures du soir, de nombreuses batteries qui ne cessèrent pas de tirer nuit et jour sur la ville. Le feu terrible de 110 pièces de divers calibres, qui ne lancèrent pas moins de 29,000 boulets, 22,000 obus et 11,000 bombes pendant les dix jours de tranchée ouverte, détruisit la majeure partie des habitations ainsi que les magasins et établissements militaires. L’arsenal était réduit en cendres, les trois quarts de la garnison hors de combat. Goullus, toujours présent là où le danger était le plus grand, stimulait l’ardeur et l’activité des combattants. C’est pendant qu’il était sur le rempart qu’il fut atteint, le 5, par un éclat d’obus au pied gauche et à la jambe droite. Quoique grièvement blessé, il n’en continua pas moins à donner la direction de toutes les opérations défensives.

Enfin, après une lutte des plus désespérées et lorsque toutes ses ressources et ses moyens de défense eurent été complètement épuisés, il se résigna à capituler. La convention fut signée le 11 septembre, à dix heures du soir. La garnison prisonnière de guerre, ainsi que son brave commandant, fut envoyée en Hongrie, et l’ennemi prit possession de la place le 12.

Rentré en France après deux ans de captivité, le ministre de la guerre, Au-bert-Dubayet, lui adressa, le 30 nivôse an IV, une lettre flatteuse par laquelle il lui annonçait que le gouvernement appréciait la valeur de ses services. Autorisé à se rendre auprès du général en chef Jourdan, en attendant qu’il y eût une vacance dans son grade, il fut employé comme commandant temporaire dans le département du Forez. Confirmé dans son grade de chef de brigade par arrêté du Directoire, le 6 ventôse suivant, il continua de servir à l’armée de Sambre-et-Meuse, et fut élevé au grade de général de brigade le 29 pluviôse an V.

Après le passage du Rhin à Neuwied, par le général en chef Hoche, Goullus fut détaché pour repousser l’ennemi dans le fort d’Ehrenbreitstein. Il attaqua un corps ennemi qui occupait Vesselich et Pfaffen-dorf, et le rejeta dans cette forteresse, qu’il investit aussitôt. C’est à ses soins que fut confié ce blocus, et il en conserva le commandement jusqu’au moment où la place était sur le point de capituler. Le gouvernement le rappela alors pour faire la nouvelle campagne qui allait s’ouvrir sous les ordres de Jourdan, commandant en chef l’armée du Danube. Chargé après la malheureuse affaire d’Os-trach de soutenir la retraite d’une partie de l’armée sur Pfullendorf, le général Goullus s’acquitta de cette mission délicate avec tout le succès désirable. Le 11 floréal an VIII, il réussit à effectuer un passage secondaire à Paradies, malgré la supériorité de l’ennemi, qui tenta vainement d’y mettre obstacle. Avec quelques barques et 2 bataillons de la 10e demi-brigade d’infanterie légère, il trouva le Rhin et prit et reprit plusieurs, fois à la baïonnette le village de Buzengen. Il se distingua, le 13, au combat de Stockach, le^15 à la bataille de Moeskirch, et le 20 au combat de Memmingen, où il fut blessé d’un coup de feu qui lui traversa la joue droite. Employé au commandement de l’arrondissement de Léoben, en Styrie, il rentra en France après la paix, fut mis en disponibilité le 1" vendémiaire an X, et appelé au commandement du département de la Haute-Garonne (10e division militaire), le 29 messidor suivant.

Créé membre et commandeur de la Légion-d’Honneur les 19 frimaire et 25 prairial an XII, il fut ensuite désigné par l’Empereur pour faire partie du collège électoral du département du Rhône, et fit les campagnes de l’an XIV et de 1806, avec la 4* division de l’armée d’Italie et de Naples. Rentré en France avec un congé au mois d’avril 1807, il fut employé de nouveau dans la 10° division militaire, le 29 mai suivant, et passa le 30 janvier 1808, dans la division des Pyrénées-Orientales, puis à l’armée de Catalogne, avec laquelle il fit les campagnes de 1808,1809 et partie de 1810. Le 30 juin 1808, il battit et mit en déroute un rassemblement considérable d’insurgés qui s’étaient retranchés derrière le Llobregat. Au mois de juillet suivant, le général Goullus, avec sa brigade, se rendant au siège de Girone, s’empara en passant de la ville d’Hostalrich et enleva un convoi dont l’escorte fut entièrement sabrée. Le 26 novembre de la même année, dans l’attaque générale faite par les généraux espagnols Vives et Redding contre les lignes françaises devant Barcelone, le général Goullus fut blessé d’un coup de feu à l’épaule gauche. Créé baron de l’Empire en 1809, il rentra en France par congé le 45 mai 1810. et fut nommé commandant d’armes à Amsterdam le 2 janvier 1811. Au mois de juin de cette dernière année, il sollicita son admission dans l’ordre des Trois-Toisons-d’Or (1), et sa demande, favorablement accueillie, fut renvoyée au grand chancelier.

Admis à la retraite par décision du 24 février 1814, le général Goullus fut nommé chevalier de Saint-Louis le 20 août’ suivant, et mourut à Brie (Ariége) le 7 septembre de la même année.

GOURAS (JEAN)[modifier]

célèbre capitaine grec né dans la Grèce occidentale, d’une famille obscure, vers 1786. Il fut longtemps armatole du pacha de Janina sous les ordres du fameux Odyssée, dont il devint proto-palikare ou lieutenant. Dès 1821, il acquit une grande réputation de courage à l’importante alfaire de Foutma, à l’entrée des Thermopyles, où 5,000 Turcs, commandés par quatre pachas, voulurent en vain forcer ce défilé pour aller délivrer Tripolitza. En juillet 1824-, il battit avec 300 hommes, aux environs de1 Marathon, lieu déjà si célèbre-, un corps considérable de l’armée turque, dont il passa la plus grande partie au fil de l’épée, et parvint ensuite, par des marches rapides, à préserver plusieurs provinces de l’invasion ennemie pendant le reste de la campagne. En juin 1825, il défit près de Salone Pliassa-Pacha, accouru pour secourir cette place. Les Grecs prirent Salone par une capitulation ; mais ils la violèrent et égorgèrent la garnison turque en représailles de la mort de 70 familles chrétiennes, massacrées dans Salone. Le 22 novembre suivant, il surprit dans la Livadie les Turcs sans défiance, lesrejetaau delà des Ther-

(1) Créé par décret du 15 août 1809.

14 ) GOU mopyles, après en avoir tué plus de la moitié. De là, il retourna vers Salone, qui était retombée au pouvoir de l’en nemi, s’en empara et purgea la contrée de la présence des Turcs. En 1826, Omer-Pacha assiégeant Athènes, Gouras sa jeta dans h ville avec une poignée de braves ; le 13 septembre, l’intrépide guerrier s’élance de la citadelle avec quelques centaines de soldats, attaque le camp d’Omer-Pacha, y répand la terreur, immole un grand nombre d’ennemis, et entre dans la forteresse chargé de butin et de gloire.

Le 13 octobre, ce grand capitaine, en défendant les murs de l’Acropolis, boulevard des Hellènes, fut tué par un boulet, disent les uns, d’autres disent par une balle dans une ronde de nuit ; selon un plus grand nombre, il fut assassiné.

GOURDON (ANTOINE-LOUIS, comte de)[modifier]

vice-amiral, né à Paris le 20 juillet 1765, fit ses premières campagnes sur la frégate l’Aimable, et prit part à la conquête de Demerary, etc. Il ne quitta point son bord pour suivre à Coblentz le frère de Louis XVI, comme la plupart des officiers de son corps. Destitué en 1793, puis réintégré, il commanda, lors de l’expédition de Saint-Domingue, la division navale qui prit le port de Paix ; assista, en 1809, à l’affaire des Brûlots, où il montra autant de courage que de sang-froid, et fut chargé en 1811 de défendre l’entrée de l’Escaut contre les Anglais.

A partir de 1815, il a été successivement commandant de la marine à Rochefort, à Brest, vice-amiral en 1822, membre du conseil d’amirauté et directeur général du dépôt des cartes et plans de la marine. Cet officier distingué est mort le 28 juin 1833.

GOURGAUD (GASPARD, baron)[modifier]

né à Versailles le 14 novembre 1783, fils d’un musicien de la chapelle de Louis XVI et neveu du célèbre Dugazon ; élève de l’École polytechnique en 1799, puis élève sous-lieutenant à l’école d’artillerie de Châlons. Il entra en 1802, comme lieutenant en second au 7e d’artillerie à pied, et passa en 1803 lieutenant au 6e régiment d’artillerie à cheval, et devint, en août 1804, aide-de-camp du général Foucher.

Dans la campagne de 1805, il se trouva à Ulm, à la prise de Vienne et au passage du Danube. Dans cette dernière affaire, il se signala par un remarquable trait d’audace : profitant du trouble que le passage du pont du ïhabor avait jeté dans l’armée autrichienne, il s’élança vers le parc d’artillerie ennemie et s’en empara. Il combattit ensuite à Austerlitz, où il fut blessé ; à Iéna, à Prentzlau, à Pultusk, où il reçut la croix d’honneur ; à Ostrolenka, où il fut promu capitaine, et àFriedland II passaensuiteenEspagne, se distingua au siège de Saragosse, rejoignit la grande armée et prit part aux journées d’Abènsburg, d’Eckmùhl, de Ratisbonne, d’Essling et de Wagram. C’est en 1811 que le capitaine Gourgaud fut attaché à la personne de l’Empereur comme officier d’ordonnance : il dut cette faveur à l’intelligence avec laquelle il venait d’accomplir la reconnaissance de la place de Dantzig. A dater de cette époque, il ne quitta plus l’Empereur. Dans la campagne de Russie, son zèle et son activité, pour assurer le service de son arme, furent des plus remarquables : blessé à Smolensk, il combattit à Valentina et à la Moskowa. A Moscou il eut le bonheur, qui du reste se présenta plusieurs fois dans sa carrière, de préserver les jours de Napoléon : à la suite d’une exploration minutieuse du Kremlin, il découvrit une masse énorme de poudre (400 milliers), que l’incendie était sur le point d’atteindre, et réussit à empêcher cette épouvantable explosion. En récompense de ce signalé service, il fut créé baron.

Lors de la fatale retraite, son dévouement ne faiblit pas un instant : deux fois il passa la Bérésina à la nage, avant la construction des ponts, pour aller reconnaître la position de l’ennemi. Rentré en France, il vint rendre compte de la situation de nos débris à l’Empereur, qui le nomma immédiatement chef d’escadron et premier officier d’ordonnance. Plusieurs missions importantes lui furent confiées dans la campagne de 1813- et accomplies à la haute satisfaction de l’Empereur. Sa conduite à la bataille de Dresde lui valut la croix d’officier-de la Légion-d’Honneur ; il se signala encore à Hanau, à Leipzig, et exécuta avec une grande vigueur les ordres donnés par l’Empereur pour assurer la retraite de l’armée.

Le baron Gourgaud suivit Napoléon dans la campagne de 1814 ; à Brienne, il lui sauva la vie : un parti de Cosaques venait de surprendre l’Empereur ; déjà l’un d’eux avait sa lance dirigée contre lui, lorsque Gourgaud l’abattit d’un coup de pistolet. Il fut blessé à Montmirail, se trouva à Champ-Aubert, à Nangis, à Montereau, et culbuta les Russes de la position d’Étoutevelles. Ce fait d’armes le fit nommer commandeur de la Légion-d’Honneur. Il s’empara du faubourg de Reims, à la tête d’une batterie et de deux bataillons d’infanterie, et entra le premier dans la ville.

Il ne se sépara de l’Empereur qu’au moment où ce dernier quitta Fontainebleau, le 20 avril. Dès lors il fit sa soumission au gouvernement et fut, comme tous les officiers du royaume, désigné pour faire partie des Gardes du corps. Mais l’Empereur lni avait laissé en partant l’épée qu’il portait aux Pyramides : ce fut assez pour le faire éconduire. Lors du retour de l’île d’Elbe, le baron Gourgaud s’empressa de se rendre auprès de l’Empereur ; il le suivit-dans sa dernière campagne ; donna à Fleurus de nouvelles preuves de bravoure qui le firent nommer général et aide - de-camp. Au dernier moment de la bataille de Waterloo, il faisait partie du groupe de généraux qui entouraient Napoléon. « Gourgaud, s’écria l’Empereur en montrant quelques pièces abandonnées, faites tirer. » Ce furent les derniers coups de canon de la bataille.

Revenu à Paris avec l’Empereur, il l’accompagna à Rochefort et fut choisi pour porter au Régent la lettre par laquelle Napoléon réclamait l’hospitalité de l’Angleterre. N’ayant pu débarquer, il rejoignit l’Empereur, qui le désigna pour le suivre à Sainte-Hélène ; choix glorieux, accepté sans hésitation, avec un pieux sentiment, de dévouement et de reconnaissance. Il partagea cet exil pendant trois années ; mais des difficultés survenues entre lui et le comte de Mon-tholon, amenèrent son retour en Europe. Rayé des rôles de l’armée, et banni après la seconde Restauration, la France lui était fermée, il se rendit en Angleterre, alla exposer aux souverains réunis à Aix-la-Chapelle toutes les odieuses rigueurs déployées contre le captif de Sainte-Hélène, et ne rentra en France qu’en 1821. Laissé en non-activité, il s’occupa de la publication de divers ouvrages ; il fit paraître en 1823, avec M. de Montholon, les Mémoires de Napoléon à Sainte-Hélène, 18 volumes ; en 1825, un Examen critique de l’histoire de la grande armée, du comte de Ségur ; et en 1827, une Réfutation des calomnies de la vie de Napoléon, par Walter-Scott. Déjà, en 1820, il avait publié une Relation de la campagne de 181 S.

Après la Révolution de 1830, le général Gourgaud remis en activité, devint suc-

cessivement commandant de l’artillerie de Paris etde Vincennes, aide-de-camp du Roi en 1832 ; lieutenant-général en 1835 ; commandant en chef de l’artillerie de l’armée du Nord en 1839 ; présiden t du comité d’artillerie et inspecteur général de cette arme. Le gouvernement le chargea en 1841 de l’armement des forts et fortifications de Paris. Cette même année, il fut élevé à la pairie. Le général Gourgaud avait été désigné par le Roi, en 1840, pour aller assister à Sainte-Hélène, à l’exhumation des restes de l’Empereur ; pieuse mission qu’il accomplit avec un zèle religieux.

GOUVION-SAINT-CYR (Louis, marquis de)[modifier]

maréchal de France, né àToul (Meurthe), le 13 avril 1764, de parents pauvres. Volontaire en 1789, il franchit rapidement les premiers grades.

Adjudant-général en 1793, à l’armée de Moselle, général de brigade peu de temps après, et général de division à l’armée des Alpes le 16 juin 1794.

Au siège de Mayence, il commandait l’attaque du centre et s’y fit remarquer. Il fit, sous Masséna, la campagne de 1798, et fut destitué par le Directoire pour avoir signalé des déprédations de la part des représentants du peuple. Remis bientôt en activité, il commandait la droite à la bataille de Novi. Pendant la retraite qui suivit cette funeste journée, il contint l’ennemi par d’habiles manœuvres, et le battit à Pasturana. Attaqué le 6 novembre 1799 devant Conipardes forces supérieures, il repoussa vigoureusement les assaillants. Chargé de l’aile droite de Championnet, il retarda l’investissement de Gênes, et.opéra une admirable retraite sur le Var ; le premier Consul lui adressa à cette occasion un sabre d’honneur. En 1800 il commanda provisoirement l’armée de Moreau, s’empara de Fribourg, et contribua au gain de la bataille de Hohenlinden. L’année suivante il commanda en chef l’armée de Portugal, fut ambassadeur en Espagne après le traité de Badajoz, et chargé de diriger les opérations militaires de l’armée du général Leclerc.

L’Empereur le nomma, en 1804, colonel général des cuirassiers, et, en 1803, commandant d’un corps chargé de,couvrir le royaume de Naples et de protéger les côtes de l’Adriatique. Appelé avec ses troupes pour le siège de Venise, il surprit à Castel Franco 7,900 Autrichiens et leur fit mettre bas les armes.

En 1806 il occupa, sous les ordres de Masséna^ les trois provinces de la Pouille. Gouvion-Saint-Cyr fit la campagne de Prusse et de Pologne en 1807, et fut gouverneur de Varsovie. Il revint en Espagne après la paix de Tilsitt, prit la ville de Rosés, Barcelonne, et dirigea avec habileté les opérations de l’armée de Catalogne. Plus tard il battit le général Castre et, força la place de Valls à se rendre. En 1812, il commandait à la grande armée le 6e. corps composé de Bavarois. Le maréchal Oudinot ayant été blessé à Polotzk le 17 août, Gouvion-Saint-Cyr dirigea en même temps les opérations des 68 et 10" corps ; le 27 du même mois, Napoléon, qui l’avait précédemment nommé comte de l’Empire, lui conféra la dignité de maréchal. Sa brillante conduite pendant la retraite de Moscou justifia pleinement ce choix. Mais, blessé grièvement à la deuxième bataille de Polotzk, le 18 octobre, il dut se retirer sur les derrières de l’armée, et fut remplacé dans son commandement.

Après la rupture de l’armistice de 1813, l’empereur confia au maréchal le commandement du 14e corps à la tête duquel il se signala pendant la campagne de Saxe.

Renfermé dans Dresde, il signa, le 11 novembre, une capitulation qui fut honteusement violée : 16,000 Français furent faits prisonniers malgré les protestations de leur chef. ;

Gouvion-Saint-Cyr s’attacha au parti,de la Restauration, accompagnaMonsieur jusqu’à Lyon, en 1815, voulut organiser à Orléans des corps royalistes, et suivit le roi à Gand. En retour, Louis XVIII lui confia le portefeuille de la guerre qu’il conserva du 9 juillet 1815 au 24 septembre 1815. Il refusa d’apposer sa signature au traité du 20 novembre 1815, et donna sa démission après avoir créé le corps royal et l’école d’application d’état-major. Cependant le roi le nomma membre de son conseil privé, gouverneur de la 5e division avec le titre de marquis.

Il fut ministre de la marine en 1817, et de la gnerre du 12 septembre 1817 au 19 novembre 1819. C’est sous son ministère que fut rendue la loi sur le recrutement.

Le maréchal Gouvion-Saint-Cyr est mort à Hyères (Var), le 17 mars 1830.

GRAINDORGE (JEAN-FRANÇOIS, baron)[modifier]

né le 1er juillet 1772 à Sainte-Croix (Manche), entra au service le 20 septembre 1791 comme lieutenant à la formation du lep bataillon des volontaires de l’Orne, devenu 37’ demi-brigade d’infan-r terie de ligne, et fit les guerres de 1792 à 1793 à l’armée du Nord.

Le 11 juin 1792, dans une affaire qui eut lieu près de G rissole, en avant de Maubeuge, il fut blessé d’un coup de feu à la cuisse droite. Le 8 septembre 1793, à la bataille de Hondscoote, il s’empara d’une redoute placée sur la route et y reçut un coup de.feu au travers du corps. Le 9 du même mois, à Bergues, il contribua à la prise des redoutes qui défendaient les approches de cette place, malgré l’inondation qui couvrait le terrain à plus d’un quart de lieue. Un grand nombre d’Anglais qui les défendaient furent pris ou tués, et toute leur artillerie tomba au pouvoir des Français. Le même jour, en entrant dans la ville, il reçut un nouveau coup de feu au travers du corps. . .Lors de l’affaire de Neuwied, il fit toute. la garnison prisonnière et s’empara de l’artillerie qui défendait cette position.

Nommé capitaine le 8 vendémiaire an II, il prit part aux opérations de l’armée de Sambre-et-Meuse pendant les ans II, III, IV et V, et reçut quatre coups de sabre dont trois sur la tête et un sur le bras gauche pendant le blocus de Charleroi. Le 19 fructidor an III, au passage du Rhin, il fut atteint d’un coup de feu au genou gauche. Le 14 messidor an IV, au nouveau passage de ce fleuve, à Neuwied, il entra le premier dans les redoutes ennemies, et fut nommé chef de bataillon sur le champ de bataille, par le général en chef Hoche. Cette nomination fut confirmée par arrêté du Directoire exécutif du 5 messidor an V.

Passé à l’armée d’Helvétie, il y fit la campagne des ans VI et VII. Le 8 thermidor de cette dernière année, étant à Da-vol, dans les gorges de Lanquarte (pays des Grisons), il soutint pendant onze heures, avec 5 compagnies seulement, les efforts réitérés de 4 régiments autrichiens et de 6 compagnies du prince.d’Orange. Il parvint, non-seulement à les arrêter, mais encore à les forcer de se retirer après avoir essuyé’ des pertes considérables, et en laissant entre ses mains cent cinquante prisonniers. Le général en chef Masséna, témoin de la brillante conduite du commandant Grain-dorge, le nomma chef de brigade sur le champ de bataille. Employé à l’armée du Rhin en l’an VIII et en L’an IX, il commandait l’avant-garde de cette armée, le 3 vendémiaire an VIII, au passage de la Limoth, où il enleva plusieurs bouches à feu et cinq drapeaux aux Russes.

Nommé une seconde fois chef de brigade à la suite de cette journée, il fut placé en cette qualité, le 16 brumaire suivant, à la tête de la 36e, devenue 36e régiment de ligne ; il fut confirmé dans son grade par arrêté du premier Consul du 29 vendémiaire an IX. 11 tint garnison à Aix-la-Chapelle pendant les ans X et XI, et fut employé au camp de Saint-Omer pendant les ans XII et XIII.

Membre de la Légion-d’Honneur le 19 frimaire an XII, et officier de l’Ordre le 25 prairial suivant, il fut nommé général de brigade le 12 pluviôse an XIII, et employé dans la i" division le 11 ventôse, puis à la réserve d’infanterie, à Lille, le 29 floréal de la même année.

Commandant une brigade de la 2e division du 5e corps de la grande armée, pendant les campagnes de l’an XIV, en Autriche, et de 1806 etr1807 en Prusse et en Pologne, il combattit à Diernstein le 20 brumaire an XIV, à Sansfeld le 10 octobre 1806, à Iéna, où il fut blessé, le 14 du même mois, à Pultusk le 26 décembre suivant, à Ostrowno et à Stanis-lasvowa les 3 et 15 février 1807. Le 16 du même mois, à Ostroleuka, Savary, général en chef du S’ corps de la grande armée, ordonna au général Graindorge, commandant les avant-postes de ce corps, ’ d’attaquer la division russe qui avait pris position à Rossaga. Le général Graindorge commença l’attaque avec le 1er bataillon du 21° léger, qu’il fit soutenir par le 2e bataillon et par le 100* régiment de. ligne. Rien ne résista à l’impétuosité de ces braves troupes et de leur intrépide chef ; partout elles culbutèrent l’ennemi, le poursuivirent pendant deux lieues, lui tuèrent et blessèrent près de 2,000 hommes, firent des prisonniers, et prirent 3 pièces de canon et un drapeau. Toute cette brigade se couvrit de gloire. Employé au 1" corps d’observation de la Gironde le 1S octobre 1807, il passa au 8e corps de l’armée d’Espagne, le 17 novembre 1808, et servit depuis ce moment en Espagne et en Portugal. Créé baron de l’Empire en 1808, il fut fait commandant de la Légion-d’Honneur, le 21 août 1807, en récompense de ses honorables services.

Grièvement blessé à la bataille de Bu-saco (Portugal), le 27 septembre 1810, il mourut des suites de ses blessures le 1" octobre suivant, à Carquejo.

Son nom est inscrit sur l’arc de triomphe de l’Étoile, côté Ouest.

GRAMONT (N… de)[modifier]

duc de GUICHE, né au château de Versailles, le 7 juin 1789, suivit ses parents en émigration et parcourut avec eux toutes les contrées de l’Europe. En Russie il fut incorporé, à l’âge de 9 ans, dans le régiment de Tauride, sous les ordres de Suvarow, et reçut le brevet de sous-lieutenant. Le jeune officier alla rejoindre à Mittau, le duc de Gramont, son père, qui ac-’ compagnait Louis XVIII en exil. Conduit en Angleterre pour y faire son éducation, il y obtint, en 1802, une sous-lieu-tenance dans un régiment étranger et paya avec le traitement de ce grade les frais de ses études dans un collège.

En 1805 le prince de Galles le fit nommer lieutenant dans son régiment de dragons. M. de Gramont fit en cette qualité les campagnes en 1808 et 1809 en Espagne et en Portugal.

Promu au grade de capitaine, il servit dans les états-majors et dans le service actif. Après les désastres de Vittoria, il pénétra eii France, se mit en relation avec les royalistes et sa tête fut mise à prix.

Envoyé par les familles aristocratiques de Bordeaux vers Louis XVIII en Angleterre pour lui demander un prince de son sang, qui pût être placé à la tête du mouvement, le prince lui confia le duc I Td’Angoulême, et depuis lôrs M. de Gramont se voua au service du duc. C’est aussi de ce moment qu’il prit par ordre le nom et le titre de duc de Guiche. En mars 1814, le prince le nomma colonel et en fit son aide-de-camp. Arrivé à Paris il devint premier écuyer, chevalier de Saint-Louis et de la Légion-d’Honneur. M. de Guiche fit avec le prince la campagne du Midi en 1815 et reçut le grade de maréchal de canip le 4 avril au passage de la Drôme.

Après la capitulation il suivit le prince en Allemagne.

Après lesCent-Joursil commanda provisoirement la 11" division et s’opposa, autant qu’il le put, aux réactions de l’époque.

M. de Guiche fit la campagne de 1823 en Espagne, en qualité de premier aide- ■ de-camp et de premier écuyer du duc d’Angoulême.

Au retour de cette campagne, il fut nommé lieutenant-général et grand officier de la Légion-d’Honneur, et en 1828 inspecteur de cavalerie et commandant de la 2e division au camp d’instruction à Lunéville. En 1830 M. de Guiche accompagna les Bourbons proscrits de Rambouillet à Cherbourg, d’où il fut renvoyé à Paris, pour mettre ordre aux affaires personnelles du duc d’Angoulême. Il alla ensuite rejoindre ce prince à Edimbourg et le suivit à Prague. En 1833 le duc de Guiche rentra en France et se fixa à Versailles. Il a pris le titre et le nom de duc de Gramont à la mort dé son père. En 1818 il avait épousé la fille du général comte d’Orsay, dont le nom se rattache glorieusement aux fastes de l’empire.

GRANDJEAN (CHARLES-LOCIS-DIEU-DONNE, baron)[modifier]

né à Nancy le 29 décembre 1768. Entré de bonne heure au service, il fut fait sous-lieutenant au 105e régiment d’infanterie en 1792, et servit, cette même année, à l’armée du Rhin, commandée par Custine ; adjudant-général adjoint près de Desaix, en 1793 ; adjudant-général chef de brigade le 12 mai 1796, il s’empara, en mai 1799, du camp retranché de Postringo, fit aux ennemis 1,200 prisonniers sur l’Adige, et fut nommé général de brigade sur le champ de bataille. 11 combattit sur la Trébia et y reçut deux blessures, se distingua de nouveau à la bataille d’Engen-Stockach, à Oberhausen. Il commandait une division de réserve à Hohenlinden et s’y distingua par une attaque impétueuse qui culbuta un corps de troupes hongroises.

Il reçut la croix de commandeur en 1804 et le grade de général de division la même année. Il servit en cette qualité sous le maréchal Brune qui faisait la conquête de la Poméranie suédoise. En 1807 le maréchal Mortier, lui laissa le commandement des troupes devant Stralsund, et fut forcé d’opérer sa retraite au mois d’août suivant. Employé en 1808 à l’armée d’Espagne, sous les maréchaux Lannes et Moncey, il concourut à la déroute des insurgés renfermés dans Lerin ; il commandait une division d’infanterie au siège de Saragosse en 1809. Il combattit avec sa valeur accoutumée à Wagram, et eut deux chevaux tués sous lui. A la campagne de Russie, il, commandait une division du 10" corps et faisait partie de la garnison de Dantzig. Il se distingua en plusieurs occasions et fut au nombre des prisonniers lors de la capitulation de la place.

Il reçut la croix de Saint-Louis en 1814, puis dans les Cent-Jours il fut employé sous les ordres du général Rapp, dans le 5" corps d’armée du Rhin.

A la seconde rentrée il fut porte sur le

tableau de disponibilité, et mis à la retraite quelque temps après. Député en 1821, il prit place sur les bancs de l’opposition, et mourut le 5 septembre 1828. Son nom est inscrit sur le côté Est de l’arc de l’Étoile.

GRATIEN (PIERRE-GUILLAUME, baron)[modifier]

général de division, né le i" janvier 1764 à Paris (Seine), servit. d’abord comme soldat dans le régiment de Dauphin-Dragons depuis le 21 janvier 1787 jusqu’au 1" octobre 1789, époque à laquelle il obtint son congé. Lorsque la patrie en danger fit un appel à tous ses défenseurs, Gratien reprit les armes, et fut nommé capitaine au 2e bataillon de Paris le 19 juillet 1791.

Proclamé lieutenant-colonel en second du même bataillon le 6 janvier 1792, il fit à l’armée du Nord les campagnes de 1792 et 1793. Lors de la défection de Du-mouriez, il fit sortir son balaillon du camp de Maulde et le conduisit à travers les bois jusqu’à Hec-au-Pont. Arrivé là, il donna connaissance à sa troupe de ce qui,se passait, et la dirigea ensuite sur Douai, où il arriva le même soir.

Le 16 août 1793, à l’affaire de Lin-celles, lorsque l’armée entière eut été repoussée de ce village, il rallia le demi-bataillon qu’il commandait, fit battre la charge et reprit, malgré la mitraille, les redoutes en avant de Lincelles. 11 pénétra ensuite dans le village et empêcha ensuite l’armée anglo-hollandaise de poursuivre les corps français, en soutenant seul ses charges, et la tenant en échec jusqu’à la nuit. Sur le rapport qui fut fait de sa belle conduite dans cette journée, le gouvernement le nomma général de brigade le 3 septembre suivant, pour être employé à l’armée du Nord.

Le 25 vendémiaire an II, à la bataille de Watignies, ses troupes ayant été prises en flanc par les batteries ennemies qui GRA Gratien fut désigné pour faire partie de l’expédition de la Louisiane ; mais cette désignation ayant été annulée, il fut envoyé le 10 fructidor de la même année, à l’armée de Batavie.

Créé membre de la Légion-d’Honneur le 19 frimaire an XII, il fut mis en disponibilité le, H ventôse, puis maintenu en activité le 1er germinal, et obtint la croix de commandeur le 25 prairial de la même année. Attaché à l’armée du Nord (division française en Batavie), le 26 brumaire an XIV, le général Gratien fut envoyé dans la 12 » division militaire le 19 juillet 1806, et passa ail service du roi de Hollande en vertu d’une autorisation de l’Empereur du 1S novembre suivant.’ Nommé lieutenant-général le 15 février •1807, il reçut la décoration de l’ordre du Mérite de Hollande quelques jours après. Au mois de juin 1809, le général Gra-| tien, avec une division hollandaise, mar-j cha sur Stralsund, où s’était retranché le partisan Schill, et enleva ses retranchements d’assaut. Schill lui-même fut frappé sur la grande place au moment où il se sauvait et cherchait à gagner le port pour s’embarquer. A la suite de cette affaire, le roi de Hollande envoya, le 12 juin, au général Gratien, la croix en diamants de commandeur de-l’ordre de l’Union, et Je roi de Danemark lui conféra la grand’croix de l’ordre de Da-nebrog.

Réadmis au service de France comme général de brigade, et chargé du commandement d’une brigade d’infanterie dans la 1" division de réserve à l’armée d’Espagne le 31 octobre 1809, il se trouva sous les ordres du duc d’Abrantès pendant-l’année 1810 et 1811. A Caxèirias (Portugal), le 11 octobre 1810, le lendemain du combat de Sobral, où les Anglais avaient été battus, l’ennemi s’étant aperçu que la droite du corps du -duc d’Abrantès n’était point appuyée, s’a- GRA (21) portèrent le désordre dans leurs rangs, il se vit contraint de battre en retraite au moment même où il recevait l’ordre de se porter en avant. Les représentants du peuple Carnot et Duquesnoy le suspendirent de ses fonctions sur le champ de bataille même et le traduisirent devant-le tribunal révolutionnaire du Pas-de-Calais, sous l’accusation d’avoir refusé de marcher contre les satellites des despotes, d’avoir retardé par là le gain de la bataille et facilité la retraite de l’ennemi. Le général Gratien, absous de ces accusations par un jugement dudit tribunal, le 10 germinal suivant, retourna sur-le-champ au quartier général de l’armée ; mais le décret de suspension n’avait point encore été révoqué, et il demeura sans emploi jusqu’au 23 prairial an III. A cette époque, il fut réintégré et envoyé à l’armée de l’Ouest. Suspendu de nouveau le 7 brumaire an IV, il fut encore rappelé à l’activité le 11 nivôse suivant pourservir à l’armée des côtes de l’Océan, et reçut à la. fin dé cette année une armure des manufactures de Versailles pour les services qu’il avait rendus pendant la guerre de la Vendée.

Réformé à la suppression de cette armée, le 1" vendémiaire an V, il fut maintenu en activité dans les divisions militaires de l’Ouest par le général en chef Hoche, avec lequel il s’embarqua pour l’expédition d’Irlande sur le vaisseau le Tourville.

Le 7 germinal an V, il fut envoyé à l’armée de Sambre-et-Meuse ; il continua d’y servir jusqu’en l’an VII, époque à laquelle il fut envoyé à l’armée d’Angleterre, et revint à celle de l’Ouest le 9 frimaire an VIII. II fit partie, vers la même époque, des troupes embarquées snr’la flotte du contre-amiral Ganteaume, et servit à l’armée de l’Ouest pendant les ans IX et X. Cette armée ayant été supprimée à dater du 1" prairial an X, le général GRE

(22)

GRE


vança pour la déborder. Le général Soli-gnac soutint d’abord le choc avec fermeté ; mais, accablé par le nombre, il était sur le point de succomber, lorsque le général Gratien, à la tête du 15° régiment d’infanterie de ligne, tomba brusquement sur l’ennemi et rétablit le combat à notre avantage. Chargés à la baïonnette, les Anglais se retiraient en désordre, laissant leurs blessés et beaucoup de prisonniers sur le champ de bataille.

Créé baron de l’Empire vers cette époque, le général Gratien fut appelé à l’armée d’Allemagne le 13 juillet 1811. Il fit ensuite partie de la grande armée de Russie en 1812, et les services qu’il rendit pendant cette mémorable campagne lui valurent le grade de général de division. Parti en congé le 8 janvier 1813, il fut employé au corps d’Italie, à la grande armée, le 21 juin suivant ; et se distingua le 16 octobre, où il fut blessé j’un coup de feu, et le 31 du même mois, au combat et à la prise de Bassano. Nommé au commandement de la 3e division de l’armée de réserve d’Italie le Ie’ janvier 181 A, le général Gratien mourut de maladie, à Plaisance, le 24 avril suivant.

Son nom est inscrit sur la partie Nord de l’arc de triomphe de l’Étoile.

GREFF (JOSEPH)[modifier]

naquit le 19 janvier 1771 à Etzlingen (Moselle).

Hussard au 1" régiment le 7 août 1789, il fit la campagne de 1.792 aux armées des Ardennes et du Nord. Le 28 septembre dans une charge contre les Prussiens, près de Sainte-Menehould, il fit prisonnier le major des hussards de Zeiden.

Le 7 mars 1793, au combat qui fut livré entre Tongres et Saint-Tron, cerné par plusieurs hussards de Blanckenstein, il refusa de se rendre et parvint à se dé-

barrasser d’eux après avoir reçu dix-huit coups de sabre et avoir eu son cheval tué sous lui.

Il fut nommé, pendant la campagne de 1793, brigadier le 11 avril, maréchal-deslogis-chef le 17 du même mois ; chaque avancement qu’il obtint fut le prix d’un acte de bravoure. Il fit toutes les campagnes de la ’Révolution aux armées des Pyrénées, d’Italie, de Naples.

Au mois de ventôse an II, dans une reconnaissance au delà du. Thec, il eut un cheval tué sous lui, fut cerné par la cavalerie ennemie, parvint à se faire, jour à travers deux pelotons espagnols, et vint rendre compte de la position de l’ennemi.

Nommé adjudant sous-officier, il fit prisonnier le 11 prairial, à l’affaire de Borghetto, le lieutenant-colonel duc d’Is-togliano. Le 16 thermidor, à la bataille de C.astiglione, il délivra, quoique blessé d’un coup de lance, un hussard du 7e régiment, qui était prisonnier, et en empêcha un autre de tomber au pouvoir de l’ennemi-

A la bataille de Roveredo, le 18 fructidor, à la tête de quelques hussards, et de concert avec le général Bohn, il prit 16 pièces de canon et 30 caissons. Il arracha ensuite deux drapeaux à l’ennemi et lui fit plus de 1,500 prisonniers.

Sous-lieutenant le 18 nivôse an V, et lieutenant le 21 fructidor an XI, il reçut la décoration de la Légion-d’Honneur le 20 frimaire an XII. En l’an XIV, il fit la campagne d’Autriche à la grande armée, et combattit avec un héroïsme remarquable à la journée d’Austerlitz, où il mérita le grade de capitaine, qui lui fut conféré le 1" nivôse an XIV.

Il fit la campagne de 1806, et passa le 6 octobre comme lieutenant en second dans les chasseurs à cheval de la Garde. Devenu lieutenant en premier le 16 février 1807, pendant la campagne de Prusse, il suivit son régiment en Espagne en 1808 et revint à la grande armée en 1809.

Il fit des prodiges de valeur à la bataille d’EssIing, et le 6 juillet, à Wagram, il reçut plusieurs coups de lance à la tête, à la cuisse et au bras droit. Malgré ces nombreuses blessures, il ne quitta le champ de bataille qu’après la fin du combat. Napoléon le nomma officier de la Légion-d’Honneur le 15 août 1809, et capitaine le 20 du même mois. Couvert de trente cicatrices, privé en partie de l’usage de ses membres, il ne put continuer le service, et fut admis à la retraite le 13 décembre 1821.

Il est mort le 4 mai 1825.

GRENIER (PAUL, comte)[modifier]

né à Sarreloui le 29 janvier 1768. Son père était huissier. Entré comme simple soldat dans le régiment de Nassau (infanterie) le 21 décembre 1784. Il était capitaine à Valmy. Sa conduite à Jemmapes et pendant toute la campagne lui mérita le grade d’adjudant-général. Nommé général de brigade le 29 avril 1794 et général de division le 11 octobre suivant, il reçut à la journée de Fleurus les éloges du général en chef qui lui attribua une partie du succès. C’est lui qui dirigea, le 6 septembre 1795 le passage du Rhin àUrdingem par l’avant-garde de l’armée française.

En 1797, le Directoire lui écrivait la lettre la plus flatteuse à la suite des batailles de Neuwied el des combats qui suivirent. Grenier passa à l’armée d’Italie en 1799 et s’y fit remarquer aux batailles de l’Adige, de Vérone, de Cassano, de Bassignano, etc., et pendant la retraite de Sfhérer. Puis, sous Champicmnet, à l’armée des Alpes, il s’empara des postes du Petit-Saint-Bernard, et prit une part glorieuse aux combats de la Soura, de Mondovi, de Fressano. En 1800, à l’armée du Rhin, ses sa-

vantes manœuvres décidèrent la prise de Guntzbourg, et contribuèrent au succès des batailles d’Hochstedt et de Hohenlin-den. Après la paix de Lunéville, le premier Consul le nomma inspecteur général d’infanterie. Il fit les campagnes de ’ 1805 à 1807, et devint gouverneur de Mantoue et comte de l’Empire.

En 1809, à la tête d’une division de l’armée d’Italie, il prit part aux combats de Sacile, de Caldiéro et de Saint-Daniel. Ayant reçu, à la suite de ces affaires, le commandement d’un corps d’armée, il se signala aux passages de la Piave, du Ta-gliamento et à la bataille de Raab. — A Wagram, il reçut pour sa brillante conduite le titre de grand-croix de la Légion-d’Honneur.

En 1810, il commandait en chef le corps d’armée de l’Italie méridionale.

En 1812, il organisa la 35e division, la mena en Prusse, au-Jevant des débris de la grande armée et protégea la retraite du prince Eugène. En 1813, il prit le commandement en chef du corps d’armée sur l’Adige. ; lieutenant du Vice-Roi, il battit les Autrichiens à Bassano, à Caldiéro, à Saint-Michel, et disputa pied à pied le terrain à l’ennemi.

Après la défection de Murât, le général Grenier, de concert avec Eugène, "di-, rigea les mouvements défensifs de l’armée d’Italie et contribua au succès de la bataille du Mincio. Lors de l’évacuation de l’Italie, ce fut Grenier qui ramena l’armée en France.

Pendant les Cent-Jours, le département de la Moselle l’envoya à la Chambre où il exerça une grande influence et fut nommé membre du gouvernement provisoire.

Il quitta le service actif à la seconde Restauration et fut de nouveau député en 1818. Il est mort le 17 avril 1827. Le nom de cet illustre général est inscrit sur e côté Est de l’arc de l’Étoile.

__PAGESEPARATOR__GRENIER (JEAN-GEORGES, baron)

naquit le 11 novembre 1771 à Sarrelouis (Moselle).

Entré dans le 1er bataillon de volontaires de son département le Ier septembre 1791, il fut nommé sous-lieutenant au 96e régiment d’infanterie le 15 du même mois, lieutenant le 30 octobre 1793, et fit les guerres de 1792 et 1793 aux armées du Nord et de la Moselle.

Passé à l’armée de Sambre-et-Meuse en l’an II, le général Grenier, son frère, se l’attacha comme aide-de-camp le 20 vendémiaire an III.

Capitaine le 16 ventôse an V, et chef de bataillon le 4 floréal-an VII, il quitta ses fonctions d’aide-de-camp le 15 floréal an VIII pour prendre le commandement d’un bataillon de la 37e demi-brigade de ligne, avec laquelle il fit les guerres de l’an VIII à l’an X à l’armée du Rhin et au corps d’observation de la Gironde.

Employé aux troupes expéditionnaires de la Guadeloupe, et blessé d’un coup de feu à la jambe gauche, le 6 germinal an X, à la prise de Bambège, il rentra en France vers la fin de l’an XI, et servit pendant une partie de cette année et la suivante à l’armée d’Italie.

Major du 60e régiment de ligne le 11 brumaire an XII, et membre de la Lé-’ gion-d’Honneur le 4 germinal suivant, il se rendit de nouveau en Italie à la fin de la même année, et y resta jusqu’en 1806.

Après les guerres de 1807 et 1808’en Dalmatie, il se signala au passage de la Piave le 8 mai 1809 ; il contribua, le 17 du même mois, à enlever les redoutes ennemies et plusieurs pièces de canon. Le lendemain, à la tête d’une colonne de la division du général Seras, il enleva d’assaut le fort de la Pradella.

Nommé, le 30, colonel du 52ede ligne, il se fit remarquer à la tête de ce corps en Italie en Hongrie et à Wagram ; il fut nommé officier de la Légion-d Honneur le 27 juillet 1809, et baron de l’Empire le 15 août suivant.

Envoyé en Espagne vers cette époque, il tomba au pouvoir de l’ennemi le 1er novembre 1813. Il était encore prisonnier lorsque l’Empereur le nomma (25 décembre 1813) général de brigade. Rentré en France le 17 mai 1814, et envoyé à l’armée du Nord, il reçut la croix de Saint-Louis le 19 juillet, et celle de commandeur de la Légion-d’Honneur le 24 octobre suivant.

Napoléon, à son.retour, l’employa au 1er corps d’armée qui devait agir en Belgique.

Mis en non-activité le 17 août de la même année, il remplit les fonctions d’inspecteur général des troupes de la 13° division militaire depuis 1816 jusqu’au 1er janvier 1820, époque à laquelle il fut mis en disponibilité.

Retraité depuis 1826, il fut mis par le gouvernement de Juillet dans le cadre de disponibilité de l’état-major général le 22 mais 1831 et admis définitivement à la retraite le 11 décembre 1832.

Il est mort à Marpain (Jura), le 6 novembre 1835.

GRILLOT (REMY, baron)[modifier]

né le 11 mars 1765 à Navilly (Saône-et-Loire). Soldat le 31 mai 1785 au régiment de Picardie-Infanterie (2e de l’arme en 1793, 16’ demi-brigade de même arme en l’an II, et 26° demi-brigade en l’an V), il passa caporal le Ie’ février 1788, sergent-fourrier le 1" mars 1790, sergent-major le 26 juillet 1791, et adjudant-sous-officier, puis lieutenant les 10 avril et 20 mai 1792.

Il fit, avec distinciion, les campagnes. de 1792 à l’an IV aux armées du Nord, de la Moselle, de Rhin-et-Moselle, de Mayence et des Alpes, se trouva au siège de Thiohville, fut nommé capitaine adjudant-major le i" novembre 1792, et reçut une blessure légère à la jambe gauche au combat d’Arlon le 9 juin -1793. Cité à l’affaire qui eut lieu dans la forêt d’Haneau le 7 frimaire an II, ainsi qu à Weissembourg, Landau et Kaisers-lautern le A prairial, il obtint le grade d’adjudant-général chef de bataillon à l’état-major de l’armée de Rhin-et-Mo-selle le 17 du même mois, se distingua encore à Mayence dans la sortie de la garnison de cette place, le 11 floréal de la même année, et devint chef de la 16* demi-brigade d’infanterie le 1" messidor an III.

Placé, au mois de frimaire an V, comme moins ancien, à la suite de la 25" demi-brigade de ligne (armée de l’antérieur), il fut nommé chef titulaire de la 90e demi-brigade de ligne le 20 brumaire an Vliï, fit les campagnes des ans VII et VIII contre les Anglo-Russes à l’armée de Batavie, et reçut un coup de feu à l’aine le 10 vendémiaire an VIII à la bataille des dunes de Bergen, près Alkmaër.

En l’an IX, il partit avec sa demi-brigade pour l’armée ’d'observation de la Gironde, embarqua à Rochefort pour Saint-Domingue le 2 fructidor an X, revint en France à la fin de l’an XI’, fut nommé le 17 vendémiaire an XII colonel du 93" régiment de ligne, formé de la 90e demi-brigade, conduisit son régiment à l’armée des côtes de l’Océan (île de Rhé), et obtint d’emblée le 23 prairial de la même année la croix d’officier de la Légion-d’Honneur.

Il passa à l’Ile de Rhé les ans XIII et XIV, et l’année -1806, fit ensuite la campagne de 1807 au corps d’observation de la grande armée, se distingua d’une manière particulière au mois de mars devant Colberg, en dirigeant seul l’attaque

d’une division, fit partie du 4e corps de la grande armée pendant la campagne d’Autriche en 1809, combattit à Essling et à Wagram, où il reçut plusieurs blessures, et fut nommé général de brigade le 2 juillet, puis baron de l’Empire le 15 août 1809. Le général Grillot faisait partie de l’armée de Brabanl (division Pu-thod), lorsqu’en 1810 il fut mis en’ disponibilité par la dissolution de cette division ; mais hors d’état de faire un service actif aux armées, ayant perdu l’œil droit par suite d’une fièvre putride gagnée dans sa dernière campagne, il obtint de l’Empereur, par décision du 13 juin 1810. le commandement du déparlement de la Vendée (Indivision militaire).

Rétabli de ses blessures, le général Grillot sollicita un commandement actif au mois de mars 1813, il reçut un ordre de service pour être employé, dans la 2" division du 3e corps de la grande armée : il eut la jambe fracassée par un boulet de canon le 2 mai à la bataille de Lutzen, et mourut le lendemain des suites de l’amputation.

GRIVEL (JEAN-BAPTISTE)[modifier]

vice-amiral, est né à Brives-la-Gaillarde (Corrèze) le 29 août 1778. 11 entra dans la marine en l’an IV, en qualité d’aspirant de deuxième classe en l’an VI, et enseigne de vaisseau en l’an IX. En l’an XI il était lieutenant de vaisseau ; il commanda, en l’an XII, plusieurs bâtiments de la flottille de Boulogne, et fut compris comme membre de la Légion-d’Honneur dans la promotion du 2o prairial de la même année.

Au retour de la campagne d’Autriche (an XIII), qu’il fit avec le corps des marins de la garde, il fut employé sous les ordres du commandant Daugier à l’exploration des côtes d’Italie, de Dalmatie et de l’état de Ragùse, et vint prendre part aux campagnes de l’an XIV. 1806 et 1807 en Prusse, en Pologne et dans la Poméranie suédoise, ainsi qu’à celles d’Espagne depuis 1808 jusqu’en 1812.

Grivel était attaché, en 1808, en qualité de capitaine, nu bataillon des marins de la garde de la division Dupont ; il fut fait prisonnier de guerre à Baylen, et conduit aux environs de la baie de Cadix, à bord d’un ponton, dont il parvint à. s’évader avec une rare audace. Après avoir longtemps surveillé les allures et les habitudes du navire l’Argonaute, chargé d’approvisionner d’eau les divers pontons, il réussit à enlever ce navire à son équipage au mois de février 1810, y embarqua à la hâte tous ses compagnons de captivité, et vint prendre vent au nord du fort Sainte-Catherine, après avoir été vainement poursuivi par une foule d’embarcations qui les mitraillèrent pendant plus de deux lieues.

Cet acte de courage le ramena à la tête de sa compagnie des marins de la garde ; et ayant reçu l’ordre de croiser devant la baie de Cadix pendant le siège de cette ville, il s’empara de plusieurs bâtiments, et fut chargé, au combat de Sainte-Marie, du commandement deTa-vant-garde de la flottille aux ordres du capitaine Saizieu.

L’Empereur le fit officier de la Légion-d’Honneur le 27 avril 1811, pour sa belle conduite en Espagne, et en 1813 pendant la campagne de Saxe, il était-promu au rang de capitaine de frégate, et nommé chevalier de la Couronne de Fer après avoir été blessé à Dresde, au passage de l’Elbe. L’année suivante, Grivel gagnait son grade de capitaine de vaisseau dans la mémorable campagne de France, et contribuait par son intrépide dévouement au salut de notre cavalerie au combat d’Ar-cis-sur-Aube.

Nommé chevalier de Saint-Louis le 18 août 181-4, et compris, en 1817, dans

la nouvelle organisation de la marine, il commandait, en 1818, la station française dans le Levant, et en 1823, à bord de YAstrêe. nos forces navales sur les côtes du Brésil. 11 occupa longtemps ces parages, et y fut nommé contre-amiral et commandeur de la Légion-d’Honneur le 2 mai 1825. Nos capitaines au long cours se souviendront longtemps de la protection efficace et éclairée qu’ils étaient certains de trouver toujours auprès de l’amiral Grivel, et la ville de ’Rio-Janeiro n’a pas oublié non plus les secours empressés de l’amiral lors de l’incendie du théâtre Saint-Jean, ni son honorable médiation dans la révolle du régiment allemand à la solde du Brésil, ni la noble fermeté avec laquelle il somma les navires anglais, mouillés dans la rade de Rio-Janeiro, de saluer, en 1830, le drapeau tricolore, ni enfin l’énergie qu’il déploya au mois d’avril 1831, à l’époque de l’abdication de don Pedro.

L’amiral Grivel avait été élevé, le i" mars 1831, à la dignité de grand officier de la Légion-d’Honneur.

Il revint en France en 1832, fui nommé préfet maritime à Rochefort le 11 octobre -de la même année, et vice-amiral le 19 mai 1834. Préfet maritime à Brest le 22 novembre suivant, il a été créé pair de France le 6 avril 1845.

GROBON (PIERRE-ANDRE, baron)[modifier]

naquit le 6 janvier 1767 à Saint-Méen (Ille-et-Vilaine). Soldat dans le régiment d’infanterie de Penthièvre, le 26 mars 1784, il passa dans les grenadiers le 5 juin 1785, et obtint son congé le 25 novembre 1790.

Nommé capitaine de la garde nationale de son canton le 24 décembre, et major le 1" janvier 1791, il entra, comme volontaire, dans le 3e bataillon d’Ule-et-Vilaine le 10 août 1792, et y fut élu capitaine au moment du départ de ce bataillon pour l’armée des côtes de Brest le 25 août de la même année.

Chef de bataillon à l’armée des côtes de La Rochelle le 23 septembre 1793, il fut blessé d’un coup de feu à la cuisse droite à l’affaire du bois de Chenet, en Vendée, en attaquant une colonne de huit cents chouans qu’il défit,,et auxquels il enleva deux pièces de 4 et un caisson. A l’armée des côtes de Cherbourg, "il reprit aux environs de Mortagne, le 28 floréal, un convoi considérable de munitions et un détachement de cent volontaires delà Côte-d’Or, dont les Vendéens s’étaient emparés le matin.

Le 20 fructidor, se trouvant auYPont-’ Charron avec quatre hommes, il fit’ mettre bas les armes à vingt-cinq révoltés, et, le 4 messidor an III, il mit eu déroute, avec.300 hommes, une colonne de 1,200 royalistes, lui fit soixante prisonniers, et reprit cinquante voitures chargées de grains provenant du pillage de la ville de Josselin.

Le 18 germinal an IV, à la descente des Anglo-Émigrés dans la presqu’île de Quiberon, il s’élança dans.l’eau avec son cheval, retint une chaloupe remplie d’émigrés qui furent faits prisonniers, et reçut, le même jour, dans une charge, un coup de sabre à l’épaule gauche.

Compris, avec son grade, dans l’organisation de la 52e demi-brigade de bataille, à l’armée des côtes de l’Océan, le i" vendémiaire an V, il fit partie de i’arraée d’Angleterre pendant les ans VI, VII et VIII, et vint en Italie en l’an IX.

Au passage du Mincio, le 5 nivôse, il franchit le fleuve sur le premier pont, à la tête de trois compagnies de grenadiers de la 52e, enleva- de vive force les avant-postes de Valeggio, s’y maintint malgré le feu de l’ennemi, et, dans la journée, il se porta le premier sur le

pont du château en tête de la brigade Buisson, s’empara de deux pièces de canon, et contribua beaucoup à la reddition de cette forteresse.

Compris, comme membre de la Lé-gion-d’Honneur, dans la promotion du 25 prairial an XII, il fit, avec distinction, la campagne de l’an XIV en Italie à la tête d’un régiment de.grenadiers dont le maréchal Masséna lui avait confié le commandement.

Passé dans le pays de Naples en 1806, il vint en Toscane en 1808,. fit la campagne de 1809 sous les ordres du vice-roi, reçut une balle dans le bas-ventre au passage de la Piave le 8 mai, et fut promu au grade de major dans le (30° régiment le 30 du même mois. Baron de l’Empire par lettres patentes du 1" juillet, il assista le 5 à la première journée de Wagram, où une balle lui fracassa la jambe gauche. -

Le 27 du même mois, il fut promu colonel du 53e’ de ligne qu’il commanda dans les États-Romains jusqu’à la fin de 1811, et fit, à sa tête, la campagne de Russie dans les rangs du &’ corps. Il entra en Italie au commencement de 1813, fut nommé officier de la Légion-d’Hon-neur le 12 février, et vint concourir à la formation du corps d’observation de l’Adige.

Blessé d’un coup de feu à la main droite, à l’affaire de Tchernolz, au delà de la Piave, le 15 septembre, il obtint le grade de général de brigade le 1" janvier 1814., rentra en France à la paix et fut envoyé en non-activité.

Au retour de Napoléon, le général Travot confia au général Grohon, le 26 mai 1815, le commandement des gardes nationales actives de Nantes.

A la tête de ces troupes, il marcha sur les royalistes qu’il défit au village1 de Saint-Gilles le 3 juin ; mais, blessé dans l’action, il fut ramené, par ses soldats, à Nantes, où il mourut le 7 du même mois.

GROS (JEAN-LOUIS, baron)[modifier]

naquit le 3 mai 1767 àCarcassonne (Aude). Soldat dans les chasseurs à pied des Cévennes le 6 octobre 1785, il y devint caporal le 13 septembre 1786, sergent le 20 mars 1787, et obtint son congé le 1" septembre 1789.

Nommé lieutenant au 2e bataillon de volontaires nationaux’ de l’Aude le 10 novembre 1791, il rejoignit l’armée des Pyrénées-Orientales au commencement de 1792, et fut blessé d’un coup de sabre sur le nez par les éclaireurs espagnols, dans une reconnaissance faite aux environs de Céret. Capitaine le 10 avril 1793, il eut la cuisse droite fracassée au siège de Rosés le 15 pluviôse an lit.

Chef de bataillon à la 4e de bataille le 22fructidor, il eut le pied droit traversé par une balle au combat de Saint-Georges, le 25 du même mois. A la babille de Caldiéro, le 21 brumaire an V, il arriva un des premiers aux fossés à la tête du 3e bataillon, y arrêta une colonne ennemie de 600 hommes qui fut faite prisonnière, reçut un coup de feu dans le côté gauche.

Passé en l’an Vil à l’armée d’Angleterre, il vint sur le Rhin en l’an VIII, et se trouva le 19 floréal à la bataille de Biberach, où Moreau lui confia le commandement de la 4e demi-brigade, avec laquelle il s’empara de 12 pièces de canon et tua 150 hommes.

Promu au grade de major dans les chasseurs à pied de la Garde impériale le 10 pluviôse, il reçut la croix de chevalier de la Légion-d’Honneur le 4 germinal, et fut nommé commandeur de l’Ordre le 25 prairial suivant.

Après la bataille d’Austerlitz, il obtint le rang de major-colonel le 27 frimaire an XIV, fit avec distinction les campagnes de Prusse et de Pologne, fut nommé chevalier de l’ordre de Maximilien de Bavière le 2i juin 1806, et général de brigade le 9 juillet 1807.

En 1810, il partit pour l’Espagne avec un détachement de la Garde impériale, y reçut la décoration de chevalier de l’ordre de la Couronne de Fer le 7 février 1811, et revint en France pour prendre part, avec la division de la vieille Garde, à la campagne de Russie, au retour de laquelle il obtint sa retraite le 17 janvier 1813.

Remis en activité le 10 avril suivant en qualité d’adjudant-général de la Garde, il fut chargé d’attaquer le 26 décembre le faubourg du Lac, à Dresde, et y reçut un coup de baïonnette à la cuisse en pénétrant dans une redoute, où il fit 550 prisonniers.

Blessé à Leipzig le 17 octobre, il suivit le mouvement de retraite de l’armée en France, et prit part à cette glorieuse campagne qu’on a nommée ajuste titre la campagne de la Garde.

Chevalier de Saint-Louis le 6 décembre 1814, il obtint sa retraite le le’août 1815 et mourut à Paris le 10 mai 1824.

Son nom est inscrit sur l’arc.de triomphe de l’Étoile.

GROUCIIY (EMMANUEL, marquis de)[modifier]

maréchal de France, né à Paris, le 23 octobre 1768. Il entra à 13 ans au corps royal de l’artillerie eu qualité d’aspirant ; en 1780, il passa lieutenant en second au régiment de La Fère, dans lequel, six ans plus tard, à la suite d’un brillant examen, Napoléon Bonaparte entra en la même qualité. Passé dans la cavalerie en 1782, Grouchy fut en 1784 promu au grade de capitaine dans le régiment royal étranger. En 1786, il devint lieutenant dans les Gardes du corps. Les’ principes de 1789, qu’il adopta avec enthousiasme, le portèrent à donner sa démission de son emploi de lieutenant aux gardes. Il était en 1792 colonel du 12e régiment de chasseurs à cheval ; la même année, il fut envoyé à l’armée du Midi en qualité de maréchal de camp ; il commanda la cavalerie et prit une part glorieuse aux opérations de Savoie. Sa belle conduite dans les diverses batailles qui suivirent lui valut le grade de général de division, qui lui fut conféré par les représentants en mission.

Proscrit comme noble par le décret du 15 thermidor an II, Grouchy se retira dans le département de la Manche ; mais rappelé en l’an III, il fut envoyé à l’armée des côtes de l’Ouest comme chef d’état-major,yopéra sa jonciion avec les troupes commandées par Hoche et contribua ainsi que lui au succès de Quiberon. A la j suite de cette affaire, il obtint le com- ’ mandement en chef de l’armée de l’Ouest, et devint, en qualité, de chef d’état-major général, l’adjudant du général Hoche, chargé du commandement des trois armées réunies.

En l’an VI, Grouchy passa sous les ordres de Joubert à l’armée d’Italie. Envoyé en Piémont, il contraignit à l’abdication le roi Charles-Emmanuel, et reçut en récompense le commandement du Piémont. Dans toutes les affaires qui précédèrent la bataille de Novi, Grouchy fit des prodiges de valeur. Il fut blessé à Valence et eut à la Trébia deux chevaux tués sous lui. A Novi, il commandait l’aile gauche et fit prisonniers 4,300 Autrichiens. Cerné’dans les défilés de Pas-turna, où il reçut 14 blessures, il fut fait prisonnier ; il vit avec désespoir le 18 brumaire et protesta par écrit contre l’établissement du Consulat.

Rentré en France après un an de captivité, il demanda néanmoins du service. Chargé du commandement d’une des divisions de la seconde armée de réserve.

il la commanda en chef pendant une maladie de Macdonald.

Il passa ensuite à l’armée du Rhin sous les ordres de Moreau ; il y combattit avec sa valeur ordinaire et prit à la bataille de Hohenlinden une part des plus glorieuses. A la paix, il obtint une inspection générale de cavalerie, fut chargé de reconduire en Toscane, et de faire reconnaître comme roi d’Étrurie, le fils du roi Louis Ier.

Le 19 brumaire an XII, il fut créé membre de laLégion-d’Honnejir et grand officier le 25 prairial suivant. A cette occasion, il dut prêter serment de fidélité à l’empereur Napoléon, et à ce serment, jamais il n’y a manqué.

En 1805, le général Grouchy fut promu au commandement d’une division de l’armée gallo-balave, à la tête de laquelle il assista aux batailles de Wertingen, de Gunlzbourg et d’Ulm. Passé, en 1806, au commandement d’une division de dragons, il la conduisit, le 25 octobre, dans Berlin ; le 26, il combattit avec elle à Zehdenick, et deux jours après à Prentzlow.

Apres s’être distingué à Lubeck, au passage de la Vistule, à Thorn,^etc, il assista le 8 février 1807 à la meurtrière bataille d’Eylau.’Le matin, il avait mené 4,000 hommes au combat ; le soir, il lui en restait 1,200 à peine. Son cheval avait été tué sous lui. Grièvement blessé lui-même, il dut la vie au dévouement du jeune Lafayette, son aide-de-camp. Après cette bataille, il reçut de l’Empereur la grand’croix de l’ordre de Bavière ; quatre mois plus tard, sa belle conduite à Fiïed-land lui valut une mention flatteuse dans le 19e bulletin.

Après la paix de Tilsitt, le général Grouchy fut décoré du grand aigle de la Légion-d’Honneur : en d808, l’Empereur le créa comte de l’Empire et l’envoya en Espagne, avec le titre de gouverneur de Madrid. Le général signala sa présence dans cette capitale par d’importants services ; mais bientôt il sollicita et obtint la permission de rentrer en France. A peine arrivé, il reçut ordre de rejoindre l’armée en Italie (1809). Après des prodiges de valeur, dans cette campagne, il alla rejoindre avec le prince Eugène la grande armée en Allemagne. Le 6 juillet, il prit une part glorieuse à la bataille de Wagram, où il batlit la cavalerie ennemie et enveloppa le corps de l’archiduc Charles. Deux jours après, il défit complètement l’anière-garde ennemie sous les ordres du prince de Rosamberg. Napoléon le récompensa en lui conférant le grade de commandeur de l’ordre de la Couronne de Fer et le nomma colonel général des chasseurs à cheval de la Garde. Ce grade plaçait le général Grouchy au nombre des grands dignitaires de l’Empire.

En 1812, le général comte Grouchy reçut le commandement d’un des trois corps de cavalerie de la grande armée ; il passa le premier le Borysthène et combattit à Rrasnoë, à Smolensk et à la Mos-kowa. C’est à lui que l’on dut le succès de cette dernière bataille, dans laquelle il reçut un biscaïen dans la poitrine, vit son fils blessé à ses côtés et eut un cheval tué sous lui. Lors de la retraite de Moscou, Grouchy combattit à Maloïaroslawetz, reçut l’ordre de couvrir l’armée, et eut l’honneur de sauver à Viazma une partie de notre artillerie. Remplacé à l’arrière-garde par Dàvoûl, Grouchy reçut le commandement de Vescadron sacré.

Rentré en France à la- fin de 1812, il avait demandé un commandement dans l’infanterie, qui lui fut refusé ; il renvoya alors ses ordres de service au ministre et se retira dans ses terres ; mais bientôt les frontières furent envahies, et le général Grouchy, oubliant tout ressentiment personnel, écrivit à l’Empereur pour lui redemander du service. Ce fut encore la cavalerie qu’on lui confia. Grouchy arrêta l’ennemi dans les plaines de Colmar, joignit l’Empereur à Saint-Dizier, après avoir défendu contre les alliés le passage des Vosges, prit une part des plus glorieuses aux combats de Brieux, de La Ro-thière et de-Vauchamps, et fut blessé à Troyes qu’il reprit à l’ennemi. Blessé de nouveau très-grièvement à l’affaire de Craone, il dut quelque temps renoncer au service. La Restauration enleva à Grouchy le grade de colonel général des chasseurs à cheval pour le donner au duc de Berry. On lui accorda toutefois la croix de commandeur de l’ordre de Saint-Louis.

EnmarslS15, le général Grouchy, mandé aux Tuileries, dit à Napoléon que son dévouement était acquis à la patrie.

Chargé du commandement en chef des 7e, 8e, 98 et 10e divisions militaires, il partit pour Lyon et trouva à Douzère le duc d’Angoulême qui réclamait l’exécution de la convention de laPalud ; Grouchy en écrivit à Napoléon, et sur son ordre exprès, fit embarquer le prince à Cette, puis se rendit à Marseille.

Le 17 avril, il reçut le brevet de MARECHAL DE FRANCE.

Envoyé à l’armée des Alpes comme général en chef, il organisa cette armée, mit les frontières de la Savoie et du Piémont en état de défense, puis revint à Paris, appelé à la Chambre des Pairs par un décret impérial. Bientôt, il fut chargé du commandement en chef de la cavalerie à l’armée du Nord, et le 16 juin 1815, le maréchal comte Grouchy, à la tête de cette cavalerie, fit des prodiges de valeur à la bataille de Ligny.

Dans les journées du 17 et du 18 juin se place une série de faits dont beaucoup ont fait contre le maréchal Grouchy le thème d’une grave accusation. Détaché le 17 avec un corps de 30,000 hommes pour aller à la poursuite des Prussiens que Napoléon croyait relirés vers la Meuse, il aurail laissé échapper le corps de Blûcher, fort de 40,000 hommes, qu’il ne devait pas perdre de vue, et se serait laissé masquer par le petit corps prussien de Thielman, qui lui cacha la contre-marche de Blûcher se dirigeant sur le canon de Wellington. L’ordre donné par Napoléon de marcher sur Wavres n’était pas absolu et était subordonné aux manœuvres de l’ennemi. Quoi qu’il en soit, sans ce fatal malentendu qui priva Napoléon de sa droite et changea la victoire en déroute, le maréchal arriva à Wavres le soir, à peu près à l’heure où Blûcher arrivait à Waterloo. A Wavres, il attaqua le corps prussien qui occupait cette ville et le battit. Attaqué à son tour- le lendemain par des forces plus considérables, il repoussa de telle sorte l’ennemi qu’il se disposait à marcher sur Bruxelles, lorsqu’il reçut le message de l’Empereur. Le maréchal se replia sur Namur, exécutant sa retraite à travers loute l’armée anglo-prussienne et arriva à Reims, sans avoir fait aucune perte. Ce fut là qu’il apprit qu’une dernière fois,l’Empereur venait d’abdiquer en faveur du roi de Rome. Il fit à ses soldats une proclamation dans laquelle il les engageait à défendre, sous les ordres du nouveau chef de l’Empire, les intérêts de la patrie et de la liberté.

A Soissons, le maréchal reçut le 28 juin un décret du gouvernement provisoire,, en date du 25, par lequel il était appelé au commandement en chef de l’armée du Nord. A son arrivée à Paris, il remit ce commandement au maréchal Davoût.

Proscrit par l’ordonnance de juillet d815, le maréchal s’embarqua pour l’Amérique et alla s’établir à Philadelphie.

Deux fois le 2e conseil de guerre de la i" division, chargé de juger le maréchal, s’était déclaré incompétent. Par ordonnance royale du 24 novembre 1819, Louis XVIII permit à Grouchy le retour dans la patrie, en le rétablissant dans ses titres, grades et honneurs, au 19 mars 1815. Rentré en France en 1821, le comte Grouchy, redevenu lieutenant-général, fut mis à la retraite.

Une ordonnance royale du 19 novembre 1831 lui rendit son titre de maréchal de France. Une autre ordonnance du 11 octobre 1832 lui rendit son siège à la Chambre des pairs.

Mort à Saint-Étienne, le 29 mai 1847, à l’âge de 79 ans. Son nom est inscrit sur l’arc de l’Étoile, côté Nord.

GRUNDLER (LOUIS-SEBASTIEN, comte)[modifier]

né à Paris en 1774. Lieutenant le 21 décembre 1793, il servit successivement en Champagne, à Mayence, aux armées du Nord, du Midi et d’Italie. Chef de bataillon à l’état-major de la grande armée en 1805, il fut nommé adjudant-commandant en 1807 et envoyé sous les murs de Stralsund. Après la paix de Tilsitt, en 1808, il commanda le département de la Manche ; il alla servir en Espagne, puis sous Anvers, en Hollande, et fit la campagne de •1812 en Russie avec le 2e corps ; il s’y montra avec distinction et reçut, à Moscou, le 10 septembre, le grade de général de brigade. S’étant trouvé ensuite aux batailles de Lutzen et dé Bautzen, il fut.nommé baron le A mai 1813.

En 1814, il offrit ses services au roi, reçut le commandement de Paris et du département, fut chargé de l’arrestation du général Exelmans, fut créé comte et chevalier de Saint-Louis. Le 13 mars 1815, le duc de Feltre lui confia le secrétariat de la guerre. Après la journée de Waterloo, il fut envoyé à Soissons, comme commissaire, puis commanda le département. Rapporteur dans le procès de Ney, il traita la question de la compétence du Conseil de guerre avec une impartialité qui le fit disgracier et éloigner de Paris. Le comte Grundler fut nommé lieutenant-général en 1823.

GRUYER (ANTOINE, baron)[modifier]

né le 15 mars 1774 à Saint-Germain (Haute-Saône). Nommé, par ses compatriotes, capitaine au 6e bataillon de volontaires de son département, il fit les campagnes de la Révolution, il fut blessé à Fleurus, et se distingua surtout à l’armée d’Italie. Blessé et officier de la Légion-d’Honneur à Austerlitz, lieutenant-colonel des chasseurs de la Garde impériale pendant les campagnes de Prusse et de Pologne, colonel et aide-de-camp du prince Borghèse en 1808. Le 6 octobre 1813, le baron Gruyer, nommé général de brigade, eut deux chevaux tués sous lui en s’emparant du village d’Interbroch près de Tœplilz ; il occupait encore ce poste quand la retraite des 4e, 7e et 11e corps de la grande armée, le plaça dans la situation la plus critique. L’ennemi, fort de 40,000 hommes, vint se placer entre lui et les trois corps français ; néanmoins, conservant le plus grand sang-froid, il se mit en retraite, et quoique mitraillé par l’artillerie ennemie, il refusa de se rendre, marcha en carré, s’arrêtant de cent pas en cent pas afin de repousser six mille cavaliers qui le harcelaient. Cerné de toutes parts, ses quatre mille braves n’avaient plus de munitions et étaient sur le point de se rendre, lorsque le général, qui avait eu trois chevaux tués sous lui, saisit un drapeau, ramène, par une courte allocution, le courage de sa troupe qui, la baïonnette en avant, parvient à se faire un passage. Pendant cette affaire, regardée comme l’une des plus glorieuses de la campagne, Gruyer avait perdu 1,800 hommes et soixante-trois officiers, tués, blessés ou faits prisonniers. Blessé à Leipzig, cet officier général se rendit à Luce pour donner des soins à sa santé.

En 1814, Gruyer, à peine convalescent, se battit à Montmirail, à Château-Thierry, à Champ-Aubert et àMontereau. Le 22 février, chargé d’attaquer Mery-sur-Seine, il pénétra dans la ville après un combat meurtrier qui dura de sept heures du matin à cinq heures du soir, et chassa l’ennemi du quartier situé sur la rive gauche. Le général Gruyer voulut profiter d’une victoire si chèrement achetée. Les Russes avaient lâchement incendié la ville, il s’empressa de faire jeter dans la rivière les poutres enflammées du pont auquel l’ennemi avait aussi mis le feu, et se disposait à passer la rivière sur celles qu’on avait pu conserver, lorsque l’Empereur, arrivant "à Méry, le fit demander et lui dit : « Général, vous appréciez les circonstances, elles sont difficiles et méritent bien les beaux efforts que vous venez de faire ici, et vous êtes déjà récompensé par la bonne besogne que vous avez faite. » — Le brave Gruyer poursuivit aussitôt l’ennemi dans l’autre partie de la ville, où le combat recommença avec la. même fureur. Un coup de fusil parti d’une croisée atteignit l’intrépide général, il n’en ordonna pas moins la charge en criant à ses soldats : « En avant ! l’Empereur m’a chargé de vous dire que vous avez fait de la bonne besogne ; camarades, achevez votre ouvrage. » Le baron Larrey reçut de l’Empereur l’ordre de panser Gruyer que trente grenadiers transportèrent jusqu’à Paris.

Nommé, en juillet suivant, commandant du département de la Haute-Saône, il occupait ce poste à l’époque où Ney, chargé de s’opposer au progrès de Napoléon, arriva à Lons-le-Saulnier (12 mars 1815). Gruyer exécuta l’ordre qui lui enjoignait de proclamer le retour de l’Empereur et ne négligea rien pour maintenir la tranquillité publique. Après la seconde Restauration, cette conduite lui fut imputée à crime. Arrêté le 13 décembre 1815, il fut condamné à mort le 16 mai 1816 ; mais sa peine fut commuée en celle de vingt ans de réclusion ; safemme voulut partager sa captivité, et son mari fut obligé de l’accoucher, parce que le colonel Biraque, commandant de la citadelle, avait refusé de faire ouvrir les portes de la prison à la personne chargée d’aller chercher /le médecin.

Le général fut rendu à la liberté après vingt-huit mois de détention et mourut à Strasbourg le 27 août 1822. Un grand concours de citoyens suivit ses dépouilles mortelles.

GUDIN (CHARLES-ETIENNE-CESAR, comte)[modifier]

né à Montargisle 13 février 1768, fit ses études à l’école de Brienne. Sous-lieutenant dans le régiment d’Artois-Infanterie en 1784, il servit à Saint-Do-1 mingue en 1791, fut chef de bataillon en 1793, adjudant-général en 1794, se signala sous les ordres de Moreau en 1795 et 1796 et fut nommé chef d’état-major d’une division active.

Gudin obtint le grade de général de brigade le 5 février 1799. Il attaqua et prit la position du Grimsel, franchit les passages du Valais, battit les Autrichiens et les Russes au Saint-Golhard et en diverses rencontres. Chef d’état-major à l’armée du Rhin, il reçut le 6 juillet 1800 le brevet de général de division.

En 1804, Napoléon lui confiYla 3e division du corps de Davoût avec laquelle il fit la campagne d’Autriche de 1801, et celles de 1806 et 1807 en Prusse et en Pologne. En 1809, Gudin, commandant la droite du corps de Davoût, se fit remarquer aux affaires de Tann et d’A-bensberg. H passa avec sa division sous les ordres de Lannes, et développa de grands talents militaires aux batailles d’Eckmùhl et de Ratisbonne. Après avoir enlevé.l’une des îles du Danube, située en avant de Presbourg, il reçut le grand cordon de la Légion-d’Honneur. Enfin, il prit une part glorieuse à la journée de Wagram.

Le général Gudin se distingua particulièrement au début de la guerre de Russie dont il ne devait pas voir les désastres. A Volutina-Gora (19 août), au moment où sa division, qui venait de culbuter le centre de la colonne russe, allait s’emparer de la position ennemie, il fut frappé d’un boulet et mourut sur le champ de bataille.

Voici l’oraison funèbre que Napoléon lui a faite dans son 14e Bulletin (23 août) : « Le général Gudin était un des officiers les plus distingués de l’armée ; il était re-commandable par ses qualités morales autant que par sa bravoure et son intrépidité. Son nom est inscrit sur l’arc de triomphe de l’Étoile, côté Est.

GUENON (JEAN-LOUIS-CHARLES-VICTOR)[modifier]

baron Deschamps, est né le 6 février 1763 à Briquebec (Manche). Volontaire dans le 11e régiment de chasseurs à cheval •(de Normandie), le 22 juin 1787, brigadier le 1" mai 1788, brigadier-fourrier le b janvier 1792, il fut nommé maré-chal-des-logis le 7 août 1793 à l’armée du Nord, et sous-lieutenant à l’élection le 11 du même mois. .

Passé adjoint à l’adjudant - général Klein, à l’armée des Ardennes, le Ie’pluviôse an II, il chargea seul à la prise de Coblentz, plusieurs hussards de Barco, et leur enleva 2 chasseurs de son régiment qu’ils emmenaient prisonniers.

Aide-de-camp du général Moreau le Ie’ brumaire an IV. lieutenant le 14 germinal, prisonnier de guerre le 4° jour complémentaire, il fut échangé le 46 germiual an V, et rejoignit bientôt après l’armée de Sambre-et-Meuse.

Capitaine à lasuile du 1 1*régiment de chasseurs le 14 vendémiaire an VI, il passa à l’armée d’Angleterre le 1er frimaire avec le titre d’adjoint à l’adjudant-général Paulet, fut attaché ensuite à l’état-major du général Duhesme, à l’armée d’Italie, se trouva au combat de Fos-sano le 14 brumaire an VIII, entra le premierdans Savigliano, y fit seul trente prisonniers et s’empara d’une pièce de canon, et fut fait, en récompense de ce fait d’armes, chef d’escadron sur le champ de bataille.

Nommé aide-de-camp du général Loi-son à l’armée de réserve le 21 frimaire an IX, et confirmé dans son grade de chef d’escadron le 2" jour complémentaire de la même année, il passa, le 13 brumaire an XI, à l’état-major du général Victor, enHollande, pour être attaché à l’expédition projetée de la Louisiane, fut employé auprès du général Marmont à l’armée de Batavie, le 11 pluviôse an XII, et nommé membre de laLégion-d’Honneur le 25 prairial suivant.

Il fit avec distinction, avec le 3° corps de la grande armée, les campagnes d’Autriche, de Prusse et de Pologne, pendant les ans XIV, 1806 et 1807.

Dans la campagne de Pologne, il fut envoyé en partisan à 30 lieues du corps d’armée avec 100 chasseurs, et fit capituler la forteresse de Czentochau, où il trouva 30 bouches à feu et une garnison de 800 hommes.

Le 24 novembre 1806, au combat de Nazielsk ( Pologne ), il reçut deux coups de feu au bras gauche, fut nommé, le 20 février 1807, major du 1" régiment de chasseurs, faisant également partie du 3e corps, le commanda à l’affaire de Niédenburg le 9 mars, y fut blessé de deux coups de sabre au bras droit, tomba au pouvoir des Russes et n’obtint son échange que le 6 août, après la signature du traité de Tilsitt.

En 1808, il resta avec le 3e corps en Allemagne, combattit en 1809 à Wagram, et fut ensuite envoyé avec son grade au dépôt du 27e régiment de chasseurs à cheval, organisé à cette époque avec le régiment de chevau-légers belges.

Nommé colonel du 4e régiment de chevau-légers, le 14 octobre 1811, il le commanda successivement au 3e corps de réserve de la grande armée et au 1" corps de cavalerie pendant les campagnes de Russie, de Saxe et de France, et reçut la croix d’officier de la Légion-d’Honneur, à la suite de la bataille de Lutzen, le 28 juin 1813.

Le gouvernement royal le fit chevalier de Saint-Louis le 9 juin 181-î, et le maintint à la tête de son régiment devenu lanciers de Monsieur le 27 septembre. Napoléon, à son retour de l’île d’Elbe, le créa maréchal de camp le 21 avrill815, pour être admis à la retraite de ce. grade.

Rentré dans la position où il se trouvait au 1er mars par suite de l’ordonnance du VT août, le baron Deschamps obtint, le 27 septembre suivant, le commandement du régiment" de cuirassiers d’Orléans (b’ de l’arme), et fut promu au grade de maréchal de camp, le 22 janvier 1823.

Il était à la division de cuirassiers de l’armée des Pyrénées, lorsqu’il fut mis en disponibilité le 21 décembre, et obtint, le 4 juin 1826, la lieuienance dé roi de la place de Strasbourg. Le baron Deschamps a été mis à la retraite le 31 août 1831.

GUÉRIN (FRANÇOIS)[modifier]

vicomte d’Éto-quigny, né à Dieppe, en 1762, entra en 1792 à l’état-major de l’armée du Midi ; devint en 1795 colonel des hussards des Alpes ; conduisit ce régiment à l’armée d’Italie, fut destitué à la fin de cette campagne pour opinion ; renvoyé bientôt à l’armée d’Italie comme colonel du 10e régiment des chasseurs achevai, pendant la brillante campagne de 1796 à 1797, il sut maintenir parmi ses soldats une discipline qui les empêcha de suivre le mouvement insurrectionnel du reste de l’armée, et valut à Guérin les éloges du Directoire.

Colonel du 23e chasseurs à la conquête du royaume de Naples, il prit à l’ennemi dix pièces de canon, et se distingua à la journée de la Trebia. Nommé officier général sur le champ de bataille, il fut chargé de l’arrière-garde pendant la retraite de Toscane.

Après le 18 brumaire, il commanda l’arrière-garde à l’armée des Grisons et obtint des éloges de Macdonald. Il servit ensuite à l’armée de Hollande, en Italie, fit la campagne de 1809 à la tête de la 1" divison de dragons ; fut nommé, à la paix, gouverneur général de la Styrie tt et de la Carinthie, et, en 1810, commanda la cavalerie à l’armée de Portugal.

Mécontent de quelques injustices commises à son égard, il donna ensuite sa démission et se retira dans ses foyers.

Les Bourbons, à leur rentrée, l’attachèrent à leur service. Après le 20 mars, le général Guérin fut appelé chez le Roi et en reçut une mission pour l’étranger dont le but est demeuré un mystère. Il ne rentra en France qu’après la bataille de Waterloo.

Commandant de divers départements, il fut fait lieutenant-général à l’occasion du baptême du duc de Bordeaux.

Nommé inspecteur général de gendarmerie le 3 juil’et 1821. Il prit sa retraite en 1830 et mourut le 28 avril 1831.

GUÉRIN (JACODES-JOLIEN)[modifier]

baron de Walderbach, général de brigade, naquit à La Bigotière (Ule-et-Vilaine), le 26 janvier 1757. Le 6 juin 1774, il entra comme soldat au 46e.régiment d’infanterie, fut nommé caporal le 16 juin 1780, et sergent le 17 janvier 1781. De cette dernière année à 1783, il assista au siège de Ma-hon, où il reçut une blessure, et à celui de Gibraltar.

Fait sergent-major le 1" mai 1785, il passa sous-lieutenant le 10 décembre 1791, lieutenant le 26 avril 1792, capitaine le 23 octobre même année, et adjoint aux adjudants-généraux le 8 frimaire an II. Il se trouva, pendant ces dernières années au siège de Spire, à la prise de Worms, à celle de Mayence, de Francfort, de Hambourg, de Kœnisteim et de Limbourg, à la défense de Francfort contre les Prussiens. Après’ avoir combattu à l’affaire de Bingen, il resta dans Mayence, tant que dura le blocus de cette place.

Employé dans la Vendée, il se signala ■le 24 vendémiaire an III au combat entre Chollet et Mortagne, et y fut blessé. Il se distingua de nouveau, le 22 frimaire, àla bataille du Mans, le 3 nivôse à Savenay, •les 13 et 14 aux affaires de Machecoul, le 8 messidor auprès de Moustier-les-Maufaits, et, le 21 germinal an III, à l’expédition de Chanseaux, qu’il dirigea ; mais, par suite d’une erreur du représentant Aubry, qui ne L’avait pas compris dans son travail d’organisation des états-majors, il reprit son rang de capitaine, et resta dans cette position jusqu’au 28 prairial an VI, époque de sa nomination au grade d’adjudant-général chef de brigade.

Envoyé la même année dans la 11e division militaire, il y commanda successivement les départements des Pyrénées, des Landes et de la Gironde.

Promu au grade de général de brigade le 12 brumaire an VIII, il fut mis au traitement de réforme le 1er vendémiaire an X, passa, le 29 messidor suivant, dans la 24e division militaire, et se trouvait investi du commandement de Rhin-et-Mo^ selle, quand, le 19 frimaire an XII, le premier Consul le nomma membre de la Légion-d’Honneur. Fait commandant de l’Ordre le 25 prairial suivant, il servit à la grande armée de 1806 "à 1807, et fît les campagnes d’Espagne de 1808 à 1809.

Créé, en 1808, comle de l’Empire, avec autorisation d’ajouter à son nom celui de Walderbach, il reçut, le 4 janvier 1809, au siège de Saragosse, une blessure assez grave pour l’obliger à demander son rappel. Arrivé en France au mois de mars de la même année, il reprit, le 8 avril, le commandement du département de Rhin-et-Moselle, qu’il quitta, le 1" mai 1813, pour se rendre à Mayence, afin d’y organiser les troupes qui se rendaient à la grande armée. Le 12 octobre suivant, le maréchal duc de Valmy lui donna l’ordre d’escorter, jusqu’au grand quartier général, un parc d’artillerie et des fourgons renfermant le trésor.

En 1814, le général Guérin fit partie de la garnison de Metz, et.après les événements d’avril, il commanda provisoirement la place de Sarrelouis. Fait chevalier de Saint-Louis le 13 août, il eut, le 22 décembre, le commandement de Saint-Mihiel (Meuse). Il occupait ce poste le 20 mars 1815. Le 23, il fit prendre aux troupes la cocarde tricolore, se rendit le 15 à Bar, à l’effet de renvoyer à l’armée les militaires absents de leurs corps, et vint à Paris le 26 pour y recevoir de nouveaux ordres.

L’Empereur l’envoya, le 5 mai, à Nanci, pour y organiser et commander les gardes nationales. Le 30, il partit pour La Rochelle afin d’y prendre le commandement d’une brigade de l’armée du général Lamarque. . ■ ■.

Le général Guérin, admis à la retraite le 4 septembre suivant, a vécu depuis entièrement étranger aux événements.

GUILLEMINOT (ARMAND-CHARLES, comte)[modifier]

né à Dunkerque en 1774. Il servit d’abord en Belgique contre les Autrichiens en 1790. Sous-lieutenant en 1792 à l’armée du Nord, sous les ordres de Dumouriez. Arrêté comme suspect à la suite de la trahison de son chef ; réintégré bientôt après, et envoyé en 1798 comme capitaine à l’armée d’Italie, où il devint chef de bataillon et aide-de-camp de Moreau. Ami de ce dernier et de Pichegru, le premier Consul le prit en défiance au moment de la conspiration de Georges Cadoudal, et le laissa un an au traitement de réforme. Attaché en 1805 au quartier général de l’armée d’Allemagne, comme ingénieur géographe, il fut promu l’année suivante au grade d’adjudant-commandant. En 1808 il passa en Espagne à l’état-major de Bessières.

L’Empereur le remarqua au combat de Medina-del-Rio-Seco et lui donna le brevet de général de brigade.

Le général Guilleminot servit avec distinction aux armées d’Italie, de Catalogne et à l’état-major général de la.grande armée. Le 20 mars 1813 il reçut le grade de général de division. En 1815 il était chef d’état-major du prince d’Eekmùhl. Choisi comme commissaire du gouvernement provisoire pour traiter avec les généraux étrangers, il se rendit à Saint-Cloud auprès de Blucher, accompagné de MM. Bignon et de Bondy, et signa la suspension d’armes du 3 juillet. 11 suivit l’armée sur les bords de la Loire.

En mai 1817 le général Guilleminot fut chargé de fixer, de concert avec une commission allemande, et conformément aux traités de 1814 et 1815, la ligne de démarcation de nos frontières de l’Est. Nommé membre de la commission dé défense du royaume en 1818, et directeur du dépôt de la guerre en 1822, il contribua à réorganiser ce précieux établissement. Chef de l’état-major général du duc d’Angoulême en 1823, il se montra opposé au parti de l’absolutisme. On lui attribué l’ordonnance d’Andujar. Nommé Pair de France et ambassadeur à Constantinople, M. Guilleminot quitta l’Espagne pour se rendre à son poste. Rappelé en 1831 par Loui »-Philippe, il devint président de la commission chargée d’établir la démarcation des frontières de l’Est, et membre de la nouvelle commission de défense du royaume reconstituée en 1836.

Il mourut en mars 1840.

GUILLOT (FRANÇOIS-GILLES, baron)[modifier]

né le 17 août 1759 à Angers (Maine-et-Loire). Entré comme soldat dans le régiment de Lyonnais-Infanterie le 6 juin 1775, il passa comme sergent dans celui du Maine, le 15 juillet 1780 au dédoublement du régiment de Lyonnais. Sergent-major au même corps le 17 février 1788, il fut nommé adjudant sous-officier le 29 avril suivant, et devint.quartier-maître trésorier du 28e d’infanterie (ci-devant Maine) le 1" avril 1791.

Promu capitaine au même corps le 6 novembre 1792, il fit les premières guerres de la Révolution aux armées du Var et d’Italie, au siège de Toulon et à l’armée des Pyrénées-Orientales de 1792 à l’an III inclusivement. Nommé chef de bataillon commandant l’infanterie légère à l’armée d’Italie, par le général en chef Brunet, il ne fut point confirmé dans ce grade ; mais sa brillante conduite à l’affaire du 8 septembre 1793, au-dessus de Lantosca, et à celle du 28 vendémiaire an II, à l’attaque de Gilette, où il fut blessé d’un coup de feu à la jambe droite, lui mérita le grade d’adjudant-

général chef de brigade, qui lui fut conféré le 13 brumaire suivant.

Il rendit d’importants services pendant le siège de Toulon, et prit une part distinguée à l’enlèvement de la redoute anglaise, ce qui le fit nommer général de brigade par arrêté du représentant du peuple près l’armée devant Toulon, le 30 frimaire de la même année. Il commanda l’avant-garde de l’armée des Py-rénees-Orientales au siège de Saint-Elme et de Collioure, et fut blessé d’un coup de feu au bras droit à l’attaque des redoutes espagnoles le 30 brumaire an III. Passé à l’armée d’Italie, il y fit les guerres des ans IV et V, et fut réformé le 28 ventôse de cette dernière année.

Remis en activité le 3 germinal an VI, il fut successivement employé depuis cette époque jusqu’au mois de messidor an VIII aux armées d’Angleterre, de l’Ouest, et dans la 13’ division militaire. Le 9 brumaire an IX il fut appelé au commandement du département du Var (8° division militaire). Créé membre de la Légion-d’Honneur lé 19 frimaire an XII, il en fut nommé commandant le 25 prairial suivant, et continua de servir dans la 8e division militaire jusqu’au mois de novembre 1808, époque à laquelle il alla prendre le commandement de la 2e brigade de la 1" division du 7° corps de l’armée d’Espagne ; il fit les campagnes de 1808, 1809 et 1810 en Catalogne, et fut nommé baron de l’Empire le 15 août 1810.

En 1811 il commandait le 1" arrondissement de la haute Catalogne, sous les ordres du colonel général Baraguay-d’Hilliers, commandant en chef de cette province. Assurer les communications de l’armée avec la France, surveiller les postes ennemis, se porter sur les divers points où ils se présenteraient pour les disperser, tel était l’objet de sa mission. La place de Figuières était située dans son commandement. Cette place, devenue le principal entrepôt des approvisionnements de l’armée, formait un point central et avantageux pour les opérations qui étaient confiées au général Guillot. Ces considérations l’avaient déterminé à établir son quartier général dans le fort de San Fernando de Figuières.

Investi du commandement général de l’arrondissement, il avait nécessairement le commandement supérieur de la place de Figuières ; mais ses fonctions ne lui permettaient pas de se livrer aux détailsde cette partie de son administration. La ville et le fort de Figuières, avaient son commandant particulier et spécial. C’était le colonel d’infanterie Yann qui remplissait ces fonctions à l’époque eu le fort de Figuières fut surpris par les insurgés espagnols. Ce funeste événement eut lieu dans la nuit du 9 au 10 avril 1811, et fut le résultat de la trahison. Quelques Espagnols employés auprès du garde-magasin des approvisionnements de réserve, facilitèrent aux insurgés les moyens de s’introduire dans le fort.

Le chef de bandé Livrera, à la tête de 600 hommes (soutenu par les troupes du chef de bande Rovira et du colonel-brigadier Martinez), s’approcha des murs de la place à la faveur de la nuit, et gagna, sans être vu, l’entrée du magasin, dont les portes lui furent ouvertes, à l’aide de fausses clefs, par un des Espagnols attachés au garde-magasin Blou-quier. Il pénétra dans l’intérieur et surprit la garde de la porte principale, après avoir tué la sentinelle. Les insurgés se répandent dans le fort, s’emparent des principales portes et des issues, égorgent les sentinelles et tous ceux qui se montrent disposés à se défendre, et placent des hommes devant les casernes pour empêcher la sortie des troupes.

Aux premiers coups de fusil, la sentinelle du poste de l’Hôpital était allé donner l’alarme à la caserne occupée par le dépôt italien. On avait même battu un instant la générale dans le haut du fort et au poste de la caserne. La troupe italienne s’arme aussitôt, se rallie, et s’avance la baïonnette croisée ; mais cernée de toutes parts par les insurgés, qui font pleuvoir sur elle une grêle de balles, elle est obligée de mettre bas les armes. 40 Italiens furent tués les armes à la main, un plus grand nombre fut blessé.

Au premier bruit qu’il entendit, le général Guillot, qui logeait dans le fort, se précipita vers le lieu d’où partait le feu, il eut alors la douleur d’entendre les Napolitains, qui faisaient partie de la garnison, crier : Viva Espagna, siarno tutti fratelli. Les postes napolitains qui gardaient les bastions de la place n’opposèrent qu’une faible résistance. Les soldats de cette nalion, qui étaient dans la caserne, demeurèrent dans l’inaction et n’imitèrent point le bon exemple que leur donnaient les Italiens. Le 5" bataillon du train des équipages militaires, seule troupe française qui fût alors dans le fort, ne put être employé utilement, attendu qu’il se trouvait enfermé sous les grilles des écuries, dont les clefs, déposées chez l’adjudant de la place, ne purent être trouvées que trop tard. Cependant ces braves soldats ne consentirent à mettre bas’les armes que le lendemain à quatre heures du soir, et sur la menace qui leur fut faite d’être tous fusillés s’ils ne cessaient une résistance devenue inutile.

Pendant tout ce temps, le général Guillot cherchait à rallier autour de lui le plus de monde possible, et faisait toutes les dispositions qu’il croyait les plus propres à arrêter les effets de l’invasion, mais ce fut en vain ; il succomba et resta prisonnier des Espagnols. Pendant sa captivité, il conçut le hardi projet de reprendre la forteresse par les mêmes moyens dont les ennemis s’étaient servis pour s’en emparer, c’est-à-dire de fournir à l’armée française la facilité de s’introduire dans le fort et de surprendre la garnison espagnole. Encouragé dans sa périlleuse entreprise par le désir de reprendre sa revanche, il parvint à séduire quelques sous-officiers et soldats espagnols qu’il envoyait tour à tour au général Bara-guay-d’Hilliers pour l’instruire de l’état de la garnison et de ses ^dispositions, et pour lui soumettre divers projets pour surprendre la place. Sept émissaires parvinrent heureusement à destination, mais le huitième fut arrêté porteur des dépêches de Guillot. Ce malheureux fut fusillé, et le général Guillot, qui jusque-là avait joui des égards dus à son grade, fut enfermé dans un cachot humide, où il recevait à peine l’eau et le pain nécessaires à sa subsistance.

Le commandant espagnol le livra à un conseil de guerre qui le condamna à être passé par les armes. Cependant l’armée française resserrait chaque jour davantage le blocus de la place. Les secours que la garnison attendait n’arrivaient pas. Les Espagnols voyaient arriver le moment où ils seraient obligés de se rendre. Ces motifs et la crainte des représailles déterminèrent les chefs à suspendre l’exécution de la sentence prononcée contre le général Guillot. En effet, la garnison capitula le i9 août -1811, et le général Guillot fut délivré après quarante-neuf jours de la plus dure captivité. Par jugement du 23 août la. commission militaire, instituée à cet effet, condamna à la peine de mort Marques, Junyez et Floretta comme coupables d’avoir livré le fort San Fernando aux insurgés espagnols, elle condamna

également, par contumace, à la même peine les nommés Pons (Genis) et Pons (Pierre). Quant au général Guillot, il fut immédiatement conduit, par ordre de l’Empereur, à la citadelle de Perpignan pour y être détenujusqu’à nouvel ordre.

L’Empereur decida qu’un conseil d’enquête examinerait la conduite des officiers supérieurs qui commandaient lors de la surprise du fort, ainsi que les trois officiers subalternes, Minalès sous-lieutenant, faisant les fonctions d’adjudant de place, Celentani, chef de bataillon des troupes napolitaines, et Flaviono, sous-lieutenant au 2" régiment de ligne napolitain, et qui se trouvait de garde au poste de la porte principale. Une commission, prise dans le sein du conseil d’État et composée de MM. les comtes Andréossi, président de la section de la guerre, Gassendi et Lavalette, examina avec beaucoup d’attention toutes les pièces qui lui furent adressées par le ministre de la guerre, relativement à cette affaire, et déclara dans son rapport approuvé par l’Empereur le 8 mai 1812, a que le général Guillot ne pouvai t être aucunement soupçonné d’intelligence avec l’ennemi, et qu’en rendant une. entière justice à la fidélité de cet officier général, elle aurait voulu pouvoir se convaincre en même temps qu’il n’avait aucune faute d’imprévoyance et de négligence à se reprocher, mais qu’il était des points à l’égard desquels les pièces fournies ne donnaient que peu ou pas de renseignements, et qui ne pouvaient être bien éclaircis que par des confrontations et des débats. »

Conformément aux conclusions de ce rapport, l’Empereur décréta, le 12 mai 1812 ; que le général Guillot, le colonel Yann et les trois autres officiers seraient traduits devant un conseil de guerre extraordinaire convoqué à Perpignan. Après une procédure longue et minutieuse, le général Guillot comparut devant le conseil. Les débats s’ouvrirent le 19 novembre 1813, et par jugement du 24 il fut condamné à la peine de mort à la majorité de cinq voix, comme coupable de négligence, d’insouciance et d’imprévoyance dans son service, en sa qualité de commandant du premier arrondissement de la haute Catalogne, et d’avoir été la cause de la perte du fort de Figuières, soumis à son commandement. Ses coaccusés furent absous. La sévérité extrême de ce jugement n’obtint point la sanction de l’opinion publique. Le 26 du même mois le général Guillot se pourvut auprès de la Cour de cassation qui, par arrêt du 25 janvier 1814, annula lejugement rendu et renvoya l’accusé devant un autre conseil de guerre pour y être procédé à une nouvelle instruction à partir de l’interrogatoire inclusivement et à un nouveau jugement. Mais cette disposition ne put être exécutée par suite des événements politiques survenus en France à cette époque. Enfin, le 13 mai 1814 Louis XVIII rendit une ordonnance, portant : « Le général de brigade Guillot sera mis en liberté, et il ne sera donné aucune suite à l’accusation qui lui a été faite d’avoir été la cause de la perte du fort de Figuières en -18-14. »

Réintégré dans son grade de maréchal de camp le 14 juillet suivant, et nommé au commandement de l’arrondissement de Barcelonnette (Basses-Alpes) le 31 août de la même année, il fut créé chevalier de Saint-Louis.

Lorsque l’Empereur fut revenu de Vile d’Elbe, le général Guillot fut mandé à Paris le 19 avril 1815. Il se présenta aux Tuileries un jour de réception. L’Empereur l’aperçut, il n’avait point oublié qne tous d’eux ils avaient été faits généraux de brigade le même jour au siège de Toulon, et il se rappelait la vive affection qui les unissait autrefois ; s’ap-prochant de cet officier général, il lui dit avec une bienveillance toute cordiale : « Tu ne m’en veux pas, Guillot ; on a été bien sévère, mais que toutsoitoublié.— Sire, lui répondit Je général pénétré de la plus vive émotion, je suis toujours le même, toujours aussi dévoué à Votre Majesté. »

Les rapides événements qui, pour la deuxième fois renversèrent le trône impérial, empêchèrent Napoléon de donner suite à la réparation que sa justice réservait au général Guillot, qui resta en disponibilité. Au second retour des Bourbons, il fut admis à la retraite par ordonnance royale du 6 octobre de la même année, il est mort à Draguignan (Var) le 26 janvier 1818.

GUSLER (PIERRE-GEORGES)[modifier]

né à Pont-à-Mousse (Meurthe), le 22 octobre 1780, s’engagea à l’âge de 14 ans dans le 7e régiment de hussards, avec lequel il fit plusieurs campagnes à l’armée du Rhin.

Tombé au pouvoir de l’ennemi. il rentra en France en 1799 ; il rejoignit son régiment, passa par tous les grades, et chacun d’eux fut la récompense de sa conduite et de sa bravoure. Il se distingua surtout dans les campagnes de Prusse et de Pologne (1806 et 1807), où il fut nommé simultanément membre de la Légion - d’Honneur et lieutenant. Un autre fait d’armes où il fut grièvement blessé, lui valut le grade d’adjudant-major au 11e cuirassiers ; il y fut bientôt capitaine et se fit remarquer à la bataille d’Essling, où il fut encore blessé dangereusement.

Chef d’escadron en 1811, il fit les campagnes de Russie et de Saxe, eut plusieurs chevaux tués sous lui à Dresde et à Leipzig, y fut lui-même blessé ; nommé major, officier de la Légion d’Honneur. A Dresde le 11* cuirassiers enleva quinze pièces d’artillerie à l’ennemi. Pendant la première Restauration, le major Gusler fut fait chevalier de Saint-Louis ; il ne se fit pas remarquer pendant les Cent-Jours, et n’en fut pas moins mis à la demi-solde à la deuxième rentrée des Bourbons.

Remis en activité en 1820, avec le grade de lieutenant-colonel du 3e cuirassiers, il fut nommé colonel dû 4e dragons en 1822 ; il fit la campagne d’Espagne, y fut décoré de la croix de Saint-Ferdinand, prit le commandement du 2e carabiniers, qu’il organisa, et fut fait commandeur de la Légion-d’Honneur. Après la révolution de Juillet, M. Gusler fut attaché, en qualité de maréchal de camp, à l’état-major général de l’armée de Belgique ; il reçut la décoration d’officier de l’ordre de Léopold, commanda la 2 » brigade de la division de cuirassiers, et plus tard les régiments de cavalerie stationnés à Lunéville.

En 1835, M. Gusler commanda le département de la Loire, en 1838 celui de la Meuse, puis la 4e brigade de la division de cavalerie du camp de Lunéville, puis enfin la brigade permanente à Lunéville.

Le général Gusler fut nommé depuis grand officier de la Légion-d’Honneur et admis à la retraite.

GUYE (NICOLAS-PHILIPPE, baron)[modifier]

naquit le 1er mai 1773 à Lons-le-Saulnier (Jura). Soldat le 8 mai 1792 dans le 23e régiment d’infanterie (ci-devant Aquitaine), il fit sa première campagne à l’armée des Alpes.

Nommé lieutenant au 2’ bataillon des côtes maritimes en 1793, il rejoignit à la même époque l’armée des Pyrénées-Orientales, où il fut fait, le 18 nivôse an H, capitaine adjudant-major dans le 7e bataillon de volontaires de l’Aude, devenu 4e légère.

En l’an IV, il passa en Italie, vint à l’armée d’Angleterre en l’an VI, et fut blessé à la jambe gauche en l’an VII, lors d’une tentative de descente des Anglais aux îles Marcouf.

Envoyé en l’an VIII en Batavie, il alla en l’an IX à l’armée du Rhin, fut nommé chef de bataillon au 4’ régiment d’infanterie légère le 20 brumaire an XII, et reçut la décoration de membre de la Légion-d’Honneur au camp de Saint-Omer le 25 prairial de la même année.

Il était à la bataille d’Austerlitz avec le 8e corps de la grande armée, il passa, le’26 août 1806, au service du roi Joseph, à Naples, comme mujor de la légion Corse, y fut créé adjudant du palais ’ la même année, et successivement investi, en 1807, du grade de colonel, des charges de maréchal-des-logis de la maison et d’aide-de-camp du roi.

Chevalier commandeur de l’ordre des Deux-Siciles le 8 mai 1808, colonel du 1" régiment de ligne espagnol en mars 1809, maréchal de camp le 12 janvier 1810, il obtint, à cette époque, le gou vernement de la province de Séville avec mission d’organiser les troupes es pagnoles.

Réadmis au service de France avec le grade de général de brigade le 8 janvier •1814, il rejoignit, le 20 du même mois, la division de la jeune Garde organisée à Châlons, passa,, le 13 février, à la division de même arme rassemblée à Meaux, et acheva, avec elle,la campagne de France, où il eut la jambe gauche fracturée d’un, coup de feu.

En non-activité au mois de mai et nommé chevalier de Saint-Louis le 19 juillet, il se trouvait à Lons-le-Saulnier à la nouvelle du débarquement de Napoléon. Ce fut à lui que le maréchal Ney remit sa proclamation, avec ordre delà porter à l’Empereur, qu’il rejoignit à Autun et qui lui confia le commandement d’une brigade du corps d’armée du maréchal pour marcher sur Paris. Employé dans la division de la jeune. Garde à l’armée du Nord par ordre du 2 avril 1815, il en prit le commandement à Waterloo, après la mort du général Duhesme et la blessure du général Bar-rois, et défendit le village de Planche-noist’jusqu’à la nuit. S’étant alors rallié à d’autres troupes, il effectua sa retraite avec l’extrême arrière-garde.

Après le licenciement de l’armée, il prit sa retraite le 26 janvier 1825, et fut nommé maire de la commune de Saint-Diéenl829.

Le 2 octobre 1830, il eut le commandement de l’École militaire de La Flèche, prit, en 1831, celui du département de la Sàrthe, et fut nommé commandeur de la Légion-d’Honneur le 1" mai de cette dernière année.

Le général Guye est mort le 15 juillet 1845 à Saint-Dié (Vosges).

GUY-COUSTARD DE SAINT-LO ou plutôt COUSTARD (GUY), dit de Samt-Lô[modifier]

naquit le 12 août 1752 à la Croix-des-Bouquets (île Saint-Domingue).

Volontaire dans Choiseul - Dragons pendant la campagne de 1762 en Allemagne, il entra le 28 mars 1763 dans la 2° compagnie de mousquetaires, où il pritrang de capitaine de cavalerie le 17 janvier 1773.

Admis en cette qualité, le 6 février 1774, dans Custine-Dragons (Lescure en 1780), il fut fait capitaine de remplacement au corps, alors Montmorency, le 30 août 1784, et y devint capitaine en- second le 19 mai 1786.

Pourvu d’une compagnie, le 12 mai 1788, à la réorganisation du corps, sous le titre de chasseurs des Évêchés, il fut, à cause de son esprit philosophique et frondeur, enfermé au château de Ham en vertu d’une lettre de cachet du 19 octobre, et recouvra sa liberté le 10 mai 1789 en obtenant un brevet de chef d’escadron.

Chevalier de Saint-Louis le 25 mai 1791, et lieutenant-colonel du régiment (2° chasseurs le 6 novembre), il en devint colonel au commencement de 1793, et commanda, par intérim, à Strasbourg, à la suite de la suspension du maire Die-trich.

Maréchal de camp le 15 septembre de la même année, et général de division le 15 mai 1793, il servait à cette époque à l’armée des côtes de La Rochelle, d’où le Comité de salut public le rappela à la suite de sa vaine tentative pour reprendre Saumur aux Vendéens.

Envoyé à l’armée des Alpes, il commanda en chef, par intérim, au siège de Lyon, et fut suspendu comme noble, le 7 octobre 1793.

Réintégré dans son grade, sans être employé, il se retira dans sa propriété de Gennevilliers, près Paris.

En l’an VII, il eut l’inspection générale provisoire des troupes à cheval de l’armée d’Angleterre, entra, en l’an VIII, au Directoire central des hôpitaux, et obtint le traitement de réforme le 7 floréal an IX, en conservant ses fonctions administratives.

Au mois de pluviôse an XII, il sollicita l’honneur de faire partie, comme simple grenadier, de l’expédition dirigée contre l’Angleterre. Napoléon, tout en n’acceptant pas ses services, le nomma membre de la Légion-d’Honneur à la promotion du 25 prairial.

Le général Coustard qui obtint la solde de retraite le 7 juillet 1811, et qui, jusqu’au 21 mars 1821, remplit les fonctions de membre du Directoire des hôpitaux, est mort à Paris le 19 novembre 1825.

__PAGESEPARATOR__GUYON (CLAUDE-RATMOND, baron)

naquit le 29 mai 1773 à Saint-Montan (Ar-dèche).

Sous-lieutenant dans le 3e régiment de dragons le 10 mars 1792, il fit les campagnes de 1792 et 1793 à l’armée du Nord. Nommé lieutenant le 4 mai 1793, et capitaine le 9 juin suivant, il servit à l’armée d’Italie vde l’an II à l’an IV, il embarqua avec l’armée expéditionnaire d’Orient, et combattit en Égypte et en Syrie de l’an VI à l’an IX.

Il se distingua dans une charge faite à Aboukir le 1b thermidor an VII, et fut nommé chef d’escadron sur le champ de bataille.

Passé le 27 du même mois dans le 18e régiment de dragons, il se trouva, le 10 brumaire an VIII, au combat de Damiette, où, à la tête de 80 hommes seulement, il mit en déroute plus de 4,000 Turcs qui se jetèrent à la mer ou se rendirent prisonniers.

Il reçut un coup de feu à la poitrine et eut deux chevaux tués sous lui. Le général en chef Kléber, satisfait de la conduite des troupes dans cette action, en fit l’objet d’un ordre du jour, et donna un sabre d’honneur au commandant Guyon.

Employé à l’état-major du général Friant le 28 germinal an IX, il rentra en France après la convention d’Alexandrie, et devint chef d’escadron titulaire, le 15 pluviôse an X, dans le 3° régiment de chasseurs à cheval.

Nommé major du 2e régiment de même arme le 6 brumaire an XII, membre de la Légion-d’Honneur le 4 germinal suivant, et attaché à l’armée des côtes de l’Océan pendant les ans XII et XIII, il fut promu au grade de colonel du 12e régiment de chasseurs à cheval le 3 germinal de cette même année.

Il fit les campagnes d’Autriche, de Prusse et de Pologne de l’an XIV à 1807, reçut un coup de sabre à la main gauche, et obtint la décoration d’officier de la Légion-d’Honneur le 7 juillet 1807.

Employé en 1808 aux armées d’Allemagne et du Rhin, il fit la campagne de 1809 en Allemagne, et fut créé baron de l’Empire le 15 août de cette année.

Il resta au corps d’observation d’Allemagne pendant une partie de 1810, et passa en 1811 à l’armée d’Italie.

L’Empereur le nomma général de brigade le 11 août de cette dernière année. Appelé au commandement de la 12" brigade de cavalerie légère, au 4e corps de la grande armée, le 9 juin 1812 ; il prit part à l’expédition de Russie, et fut nommé commandant de la cavalerie du corps d’observation d’Italie le 16 juin 1816.

Employé dans les divisions de cavalerie réunies à Versailles le 6 janvier 1814, il passa au 1er corps de cavalerie le 26 février suivant, et fit la campagne de France en cette qualité. Chevalier de Saint-Louis le 16 août,’ puis commandeur de la Légion-d’Honneur le 23, et mis en’demi-solde le Ie’ septembre, il reçut le commandement de l’arrondissement de Schelestadt (Bas-Rhin-) le 22 novembre de la même année.,

A son retour de l’île d’Elbe, l’Empereur le plaça au 8e corps d’observation le 25 avril 1815. Après la malheureuse bataille de mont Saint-Jean, le général Guyon opéra le licenciement des corps de cavalerie dans le 5e arrondissement, par décision royale du 11 octobre suivant.

Adjoint à l’inspection de cavalerie dans la 10e division militaire le 25 juillet 1816, il remplit les mêmes fonctions dans la 4e division le 14 mai 1817, fut compris, comme inspecteur de cavalerie, dans le cadre de l’état - major général de l’armée le 30 décembre 1818. et employé, en cette qualité dans les 15e et 16° divisions militaires le 16 juin 4819. Disponible le 1" janvier 1820, il eut le commandement de la 2° subdivision de la 18e division militaire le 42 février 4823, et reçut la décoration de grand officier de la Légion-d’Honneur le 23 mai 1825 à l’occasion du sacre de Charles X.

Mis en disponibilité le 1" janvier 1829, et nommé inspecleur général de cavalerie dans les 2e et 3e divisions militaires, le 23 mai 1830, il fut replacé en disponibilité le 8 août suivant. Il prit le commandement du département des Hautes-Alpes le 9 septembre de la même année, reçut l’ordre de se rendre à Paris le 13 décembre, et rentra de nouveau en disponibilité le 22 février 1831.

Appelé au commandement du département d’Indre-et-Loire le 31 mai 1831, le baron Guyon est mort à Tours le 10 mars 1834.

GUYOT (CLAUDE-ETIENNE, comte)[modifier]

né à Ville vieux (Jura) le 5 septembre 1768 d’une famille de cultivateurs. Il s’engagea le ! " novembre 1790 dans le 10e régiment de chasseurs à cheval, où il obtint tous les grades jusqu’à celui decapitaine. Tour à tour employé aux armées du Rhin, de la Moselle, de la Vendée et de l’Italie, le jeune Guyot se fit remarquer par son’ courage personnel et ses talents administratifs ; il passa en 1802, en qualité de capitaine d’habillement dans, la Garde consulaire, et fut promu deux ans après au grade de chef d’escadron dans le même corps, puis de major, de colonel-major, colonel en second. A’Eylau, à la tête du 1er régiment de chasseurs de la Garde, il chargea une masse d’infante-’ rie russe et traversa deux lignes ennemies ; il rallia, après cette affaire, le 2e régiment de la Garde dont le colonel avait

été tué et en conserva le commandement jusqu’à lapaixdeTilsitt ; il passa ensuite en Espagne sous les ordres du général Lefebvre Desnouettes ; mais ce général ayant été fait prisonnier à Benavente, le colonel Guyot en repri t le commandement qu’il conserva jusqu’en 1809.

A Wagram, il chargea à la tête des chasseurs et des lanciers polonais, et fit, avec eux, des prodiges de valeur ; à la suite de cette bataille ; il fut nommé général de brigade. Élevé au grade de général de division en 1811, il fit la campagne de Russie et escorta l’Empereur à la tête de son régiment de chasseurs. Pendant la campagne de 4813, il assista aux batailles de Lutzen, Bautzen, Leipzig et Hanau.

Nommé colonel des grenadiers à cheval de la Garde, après la mort du général Walther, il sauva, sous Brienne, une batterie de vingt pièces de canon avec 450 grenadiers seulement.

Lefebvre Desnouettes ayant été blessé à la Rothière, en 4814, le général Guyot prit le commandement de la division et se distingua dans cette journée malheureuse. Le 41 février, près de Montmirail, il enleva 4,500 hommes à un corps prussien et fut blessé. Le 14, sa division mit le désordre dans plusieurs carrés, cerna, dans une ferme, un bataillon prussien que les grenadiers à pied de la Garde prirent ensuite d’assaut. Il se signala de nouveau à Monlereau, et, le 25, entre Troyes et la Guillotière, dégagea, avec 200 grenadiers, une forte reconnaissance ■de chasseurs menacés d’une destruction complète. Le 4 mars, entre Fisme et Château-Thierry, il enleva un convoi de deux cents voitures ; le lendemain, il lutta courageusement contre des forces très-supérieures, et l’Empereur étant accouru avec sa Garde, Guyot chargea une division de Cosaques, leur tua 600 hommes, en enleva 150, une pièce de canon et le prince Gagarin qui les commandait. Il contribua à la reprise de Reims, prit 150 hommes et beaucoup de bagages, le 14 ; le 20, avec la division Lefol, il garda le point d’Arcis, et les efforts de l’ennemi ne purent lui enlever cette position.

Le 23 mars 1815, le général Guyot reçut de l’Empereur l’ordre de mettre son régiment en état d’entrer en campagne. Le 15 juin, il commandait, en avant de Charleroi, une division de grenadiers et de dragons de la Garde. Cette division souffrit beaucoup le lendemain en chassant les Prussiens de Ligny. Le 18, elle chargea trois fois, sans canon, les masses énormes du centre de la ligne anglaise que soutenait une artillerie formidable. Dans la deuxième charge, Guyot eut son cheval tué, reçut plusieurs coups de sabre et resta au pouvoir de l’ennemi. Délivré par ses intrépides grenadiers,

ses blessures ne l’empêchèrent pas d’effectuer une troisième charge, il fut une seconde fois démonté et blessé.. Une heure après, il suivait à cheval, avec les débris de sa division, l’arrière-garde de l’armée, en ralliant sans relâche ses soldats.

Le général Guyot commandait derrière la Loire toute la cavalerie de la Garde ; il envoya sa démission à Macdonald, pour n’être pas contraint d’opérer le licenciement ; il dut néanmoins diriger sa cavalerie jusqu’à Toulouse. Mis en non-activité, il se’retira dans ses foyers.

A la Révolution de 1830, on l’envoya commander à Toulouse, et s’y montra partisan un peu exagéré de l’ordre nouveau ; quelque temps après, il atteignait l’âge de la retraite. M. Guyot était commandeur de la Légion - d’Honneur et comte de l’Empire.

F Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850 H