Biographie nationale de Belgique/Tome 1/ADELMAN

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*ADELMAN ou ADELMANNE, évêque de Brescia, théologien et poëte, décédé vers 1062. Les auteurs de l’Histoire littéraire de la France, t. VII, pp. 542-553, ont consacré un article critique à ce personnage, sans pouvoir déterminer quel était son lieu de naissance. On l’a tour à tour considéré comme français et comme allemand, et il se peut qu’il soit liégeois. Étant déjà sous-diacre de Liége, il alla étudier à l’École de Chartres, sous l’illustre Fulbert, et y eut plusieurs condisciples qui devinrent célèbres, entre autres Bérenger de Tours. Reginald, devenu évêque de Liège, en 1024, le rappela, le regardant comme son diocésain. Revenu dans cette ville, il s’y appliqua aux belles-lettres, à la philosophie, à la dialectique et à la théologie. L’école si renommée de cet évêché avait alors à sa tête le savant Wason, qui fut appelé à la cour de l’empereur Conrad et remplacé par Adelman dans la chaire de scolastique. Celui-ci imprima un mouvement remarquable à cette école et forma un nombre considérable d’élèves qui illustrèrent l’Église de Liége par leurs connaissances variées, entre autres Francon, Lambert, abbé de Saint-Laurent, et Guillaume, abbé de Saint-Remy, à Reims. Après plusieurs années d’un enseignement public dont l’influence se fit longtemps sentir, il se retira, on ne sait trop pourquoi, en Allemagne. Bientôt après, il passa en Lombardie, où son savoir et ses vertus attirèrent tellement l’attention sur lui, qu’il fut élu évêque de Brescia, en 1049 ou 1050.

Adelman a laissé plusieurs écrits, parmi lesquels sa lettre à Bérenger de Tours, son ancien condisciple à Chartres, contre les erreurs de cet auteur sur le mystère de l’Eucharistie, lettre intitulée : De Corpore et Sanguine Domini, qui eut à cette époque un immense retentissement et qui fut plusieurs fois publiée au xvie siècle. D’autres lettres et des compositions en vers sont encore attribuées à Adelman, mais elles ne sont point parvenues jusqu’à nous ; elles sont simplement signalées par Sigebert de Gembloux et Tritheim. Il a, en outre, composé, pendant qu’il était écolâtre à Liége, des rhythmes alphabétiques, consistant en strophes de trois vers, commençant par une lettre de l’alphabet, de A à Z. C’est une espèce d’éloge rimée des savants des Écoles de Chartres et de Liége de son temps, le vénérable Fulbert en tète.

Bon de Saint-Genois.

Martène et Durand, Thesaurus Anecdotorum, t. IV, pp. 113-114. — Foppens, Bibliotheca Belgica, t. I, p. 6.