Biographie nationale de Belgique/Tome 1/ALBÉRIC DE THOSAN

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ALBÉRIC DE THOSAN ou de TERDOEST, chroniqueur, né en Flandre, vivait au xiiie siècle. L’abbaye de Ter Doest, de l’ordre de Cîteaux, située jadis au nord de Bruges et incorporée, au xvie siècle, à l’abbaye des Dunes, a produit plusieurs hommes distingués par leur science et leur génie. Le moine Albéric, flamand d’origine, plus connu sous le nom d’Albéric de Thosan, fut peut-être le personnage le plus marquant que forma cette maison.

Les biographes Foppens, Charles De Visch et les auteurs de l’Histoire littéraire de la France, qui donnent des particularités sur la vie de ce moine, n’indiquent pas le lieu de sa naissance ; ils disent seulement qu’il était d’origine flamande. Valère André nous apprend qu’Albéric traduisit du français en latin l’histoire des croisades, dont le titre était : Chronicon terrœ sanctœ sive Expeditiones Principum et Baronum catholicorum in terram sanctam. Il ajoute qu’il termina cette œuvre en 1272 et qu’elle embrassait l’époque des croisades, depuis saint Bernard jusqu’à saint Louis. Il est bien regrettable que la chronique d’Albéric soit perdue. L’autographe se trouvait dans la bibliothèque de Christophe Butkens, abbé de Saint-Sauveur à Anvers, d’où elle passa aux héritiers de ce savant historien. Albéric est cité par les chroniqueurs des xive, xve et xvie siècles. Le président Wielant s’en est beaucoup servi dans ses Antiquités de Flandre, et, au dire de Foppens, le Chronicon Alberici était réputé comme une autorité sûre, où les familles distinguées cherchaient, à défaut d’autres titres, des preuves certaines de leur origine et de leur noblesse. L’auteur s’est attaché aux personnages distingués qui avaient pris part aux expéditions contre les Sarrasins ; il n’a pas oublié les Flamands, qui avaient suivi leurs comtes dans ces entreprises chevaleresques et, à ce point de vue, la perte de l’œuvre d’Albéric est doublement regrettable. Si l’autographe a disparu, espérons que des copies en existent encore et que les traces du moine de Ter Doest, trouvées par l’auteur de cette notice, lui permettront un jour de mettre la main sur une copie très-ancienne de cette chronique.

Nous devons encore à la plume d’Albéric la vie de Barthélemy Vander Aa et l’histoire des trois monastères qu’il fonda. Lorsque la mort le surprit, en 1286, il écrivait la vie de la bienheureuse Élisabeth, abbesse de Nazareth, près de Lierre, suivie de la chronique de ce monastère. Le moine de Ter Doest, Victoricus, continua cette chronique jusqu’à l’année 1383. La vie de la bienheureuse Ermengarde, première abbesse de Magdendaele, est aussi due à sa plume.

F. Van De Putte.