Biographie nationale de Belgique/Tome 12/LIBERT, saint

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LIBERT (saint). On ne connaît rien de certain sur saint Libert. Les seuls renseignements historiques que l’on possède sur lui se trouvent dans la vie de saint Rombaut par l’abbé Thierry, de Saint-Trond. Ce texte est malheureusement postérieur de trois cents ans aux événements qu’il raconte. À l’en croire, saint Libert aurait été le fils d’Adso, prétendument comte de Malines au commencement du VIIIe siècle, celui-là même que la tradition nous représente comme le protecteur de saint Rombaut. C’est par ce dernier que Libert aurait été élevé. Plus tard, il serait devenu abbé du monastère fondé par son maître à Malines. Lors de la grande invasion des Normands dans les Pays-Bas, en 884, il aurait fui à Saint-Trond, où il aurait été massacré par les barbares. Le bollandiste Sollerius a déjà fait remarquer que cette date est inadmissible. Saint Rombaut étant mort vers 785, Libert, déjà abbé du vivant de son maître, aurait dû atteindre l’âge d’environ cent trente ans, pour que l’on pût croire qu’il fût tué en 884. Quoi qu’il en soit, à l’époque où Thierry écrivait, c’est-à-dire à la fin du XIe siècle, la tradition voulait que le corps de saint Libert reposât à Saint-Trond. En 1169, lors de la démolition d’une chapelle dans l’abbaye, on découvrit, en effet, son tombeau. En somme, on ne connaît de saint Libert, comme de tant d’autres saints antérieurs aux invasions normandes, que son nom et le lieu de sa sépulture.

H. Pirenne.

De sancto Liberto martyre, éd. J.-B. Sollerius. Acta sanctorum Boll., juillet, t. III, p. 704. — Vita sancti Rumoldi auctore Theoderico, éd. J.-B. Sollerius, ibidem, juillet, t. I, p. 213.