Biographie nationale de Belgique/Tome 2/BAVON, Saint

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BAVON (Saint), qui portait aussi le nom d’Alloïn, naquit au commencement du viiesiècle, dans la Hesbaye, d’une famille noble et opulente. Jeune encore, il donna les plus brillantes espérances et bientôt, en eftet, il fut appelé au gouvernement de son pays, divisé alors en quatre comtés, ce qui lui a fait donner le titre de comte et même de duc par les hagiographes. Ses mœurs, malheureusement, ne répondaient ni à ses talents, ni à sa haute position, et, quoique on ait exagéré, en parlant de ses vices, il est prouvé que sa conduite était licencieuse et sa dureté envers ses inférieurs criminelle. Sa fille unique, Agletrude, qui mérita d’être mise au nombre des saintes, réussit à le ramener à des sentiments plus dignes de son rang et de sa naissance : sa vie devint peu à peu, sinon chrétienne, du moins plus régulière ; il se montra plus juste envers tous et se fit un devoir de secourir les pauvres et les malheureux. Mais sa parfaite conversion était réservée aux prédications de saint Amand, le pieux apôtre des Ménapiens. Fidèle à la grâce qui l’avait touché, et se voyant entièrement libre par la mort de sa femme et la retraite de sa fille, il répara ses injustices passées et distribua une partie de ses grandes richesses aux indigents, en employant l’autre à l’entretien de nouveaux monastères et surtout des deux abbayes que saint Amand avait fondées à Gand, sous l’invocation de saint Pierre, et dont l’existence était encore mal assurée. Bientôt élevé à la cléricature par le saint évêque, il se plut à visiter les couvents les plus renommés par la régularité et la vertu de leurs habitants, afin de se former à la piété par leurs exemples. Trop humble cependant pour se croire déjà digne de vivre en communauté des saints religieux, il obtint la permission de se retirer, comme anachorète, dans la forêt de Metmedung, aujourd’hui Mendonck (Flandre orientale), où les rigueurs salutaires de la pénitence et la contemplation des vérités éternelles remplirent son âme des plus pures délices. La foule des pèlerins qu’attiraient ses vertus, l’empêcha de goûter longtemps le bonheur de cette solitude et le força, après quelques mois, à se retirer dans l’abbaye qui occupait l’ancien castrum de Gand et qui prit plus tard son nom. Bavon s’y livra à de nouvelles austérités, jusqu’à sa mort, arrivée le 1er octobre 654. Depuis la destruction de l’ancienne abbaye, saint Bavon est patron, non de la ville, mais du diocèse de Gand et de la cathédrale, connue longtemps sous le vocable de saint Jean-Baptiste.

J.-J. De Smet.

Acta SS. Belg., t. II, p. 486 et seqq.