Biographie nationale de Belgique/Tome 2/BAX, Nicaise

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BAX (Nicaise) ou BAXIUS, religieux de l’ordre de Saint-Augustin, grammairien, orateur et poëte, naquit à Anvers le 1er novembre 1581, et y mourut le 22 octobre 1640. Son père, Jean Bax, échevin de la ville, envoya de bonne heure son fils au collége alors dirigé par les pères de la Compagnie de Jésus. Le jeune Bax y eut pour professeur de latin Géry Rivius, et pour professeur de grec, André Schott, un des plus célèbres hellénistes de cette époque. Entré, à l’âge de seize ans, au noviciat de l’ordre de Saint-Augustin, il prononça ses vœux solennels au couvent de Bruxelles, le 9 juin 1598. Lorsque, en 1606, les pères Augustins eurent résolu d’ouvrir à Bruxelles un collége pour l’étude des humanités, le père Bax, qui s’était déjà fait remarquer par une connaissance approfondie de la littérature classique ancienne, fut chargé de l’enseignement du latin et du grec. Il prit aussi une large part à l’organisation de l’institution naissante, et s’acquitta si bien de cette tâche que ses supérieurs le nommèrent, en 1608, recteur du collége qu’ils venaient de fonder à Anvers, et dont l’ouverture eut lieu le 30 septembre de cette année. Grâce au zèle, au dévouement et aux talents du jeune religieux, cette dernière institution s’éleva en peu de temps à un très-haut degré de prospérité, et, dans un rapport adressé, en 1615, au Souverain Pontife Paul V, l’évêque d’Anvers, Malderus, en fit le plus grand éloge : Erudiendæ juventuti in bonis literis, dit-il, egregiam operam præstant. Pendant qu’il s’adonnait à la culture des belles-lettres, le père Bax ne resta pas étranger à la direction spirituelle des maisons conventuelles qu’il habita. Tout à la fois religieux exemplaire, attaché à ses devoirs et agréable dans ses rapports, il devint successivement vicaire des couvents de Bruxelles et d’Anvers, et fut pendant dix-neuf ans sous-prieur de la maison de cette dernière ville, où il mourut. A son décès, on répandit le bruit qu’il avait été empoisonné par un juif portugais qui aurait voulu ainsi l’empêcher de rendre de plus grands services à la religion chrétienne. Cette assertion, dont quelques biographes se sont faits les échos, est restée jusqu’ici dénuée de preuves positives.

Voici la liste des ouvrages du père Bax : 1° Nicasii Baxii Augustiniani poemata. Antv., Hier. Verdussius, 1614 ; vol. in-12 de xvi-216 pages. C’est un recueil de poésies latines et grecques, divisé en neuf livres. Une tragédie intitulée Theophilus termine le volume. Ces petites poésies prouvent que le père Bax maniait avec facilité les langues classiques de Rome et d’Athènes ; cependant, leur style n’est pas irréprochable sous tous les rapports.

Beatus Thomas a Villanova eleemosynarius, Ord. Erem. S. Augustini : archiepiscopus Valentæ : Ecclesiastes Imp. Caroli V, in synopsin contractus a P. F. Nicasio Baxio, eiusdem Ord. Item orationes aliquot sacræ. Antv., Hier. Verdussen, 1622 ; vol. in-12 de 294 pages. Cet abrégé est tiré de la vie de saint Thomas de Villeneuve, écrite en espagnol par le Père Michel-Thomas Salon. Le volume se termine par huit discours religieux et plusieurs apostrophes très-courtes que l’auteur intitule : Logidia pathetica. Paquot affirme que l’abrégé de Bax fut aussi traduit en flamand et imprimé à Anvers la même année. — 3° Vita beati Joannis Sahaguntini ex Ordin. FF. Erem. S. Augustini per Clem. VIII beatificati, gallice concinnata per Rever. P. F. Georg. Maigretium, S. T. D. Lovan. et per German. inferam Provincialem, latine reddita per P. F. Nicasium Baxium, Antverp. Cœnobii Vicar. Antv., Hier. Verdussius, 1625 ; vol. in-12 de viii-240 pp. Comme l’indique le titre, cet ouvrage n’est qu’une traduction de la vie du bienheureux Jean de Sahagum, écrite en français par le père Maigret. — 4° Preces Augustinianæ ex Meditationibus, Solitoquio et Manuali S. P. Augustini collectæ. Antv., Henr. Aertssens, 1628 ; vol. in-24 de 423 pages. — 5° Nicasii Baxii Augustiniani orationes. Accesserunt ejusdem aliquot versus cum indice subjecto. Antv., Hier. Verdussen, 1632 ; vol. in-12 de viii-301 pp. C’est un recueil de discours, au nombre de dix-huit, prononcés, en différentes occasions, par le père Bax. On y remarque entre autres des panégyriques, des sermons moraux et les Logidia pathetica, dont nous avons déjà parlé. On a aussi inséré entre les pages 288 et 289 quatre pages non chiffrées qui contiennent une pièce de vers intitulée : Epicennium ad duces Cæsarianos fortissimos recuperata Praga. C’est sans doute le Carmen de devicto Palatino ante Pragam, cité par Paquot dans la liste des ouvrages du père Bax, n° 8. Le même auteur donne la description d’une édition des discours de Bax, publiée à Anvers, en deux parties : la première en 1638, et la deuxième en 1640. — 6° Panegyricus Gymnasii Augustiniani Antverp. in reverendissimi atque amplissimi præsulis, necnon S. Th. Doctoris vere doctissimi Joannis Malderi, V Antverpiensium episcopi, felici inauguratione. Joannes MaLDerUs præsUL. Antv., Hier. Verdussius, 1611 ; vol. in-4o de 13 pp. Poëme cité par Paquot, n° 1. — 7° Thesaurus elegantiarum seu latinæ phrases, ex Aldo Manutio aliisque optimis Phrasiologis electæ et jam auctæ per P. F. Nicasium Baxium Augustinianum, cum indicibus Latino Synonymo, Gallico et Teidonico. Antv, Hier. Verdussius ; vol. in-12. Cet ouvrage, en forme de dictionnaire, eut au moins six éditions de 1617 à 1642 ; il fut composé pour faciliter aux élèves l’acquisition d’un style latin correct. Paquot y signale, avec raison, quelques imperfections. — 8° Elegantiæ rhetoricæ opera Nicasii Baxii concinnatæ. Ejusdem orationes aliquot et logidia pathetica. Antv., Hier. Verdussius, 1618 ; vol. in-12 de 314 pp. — 9° Amplificandi formulæ oratoriæ et figuræ aliquot Rhetoricæ ex M. T. Augustiniani. Cic. concinnatæ, opera P. F. Nicasii Baxii. Antv., Corn. F. Verdussen, 1769, vol. in-12 de iv-108 pp. Cet ouvrage a aussi été publié sous le titre de : Medulla eloquentiæ et figura, etc. Kilionii, Joach. Reumannus, 1685 ; vol. in-12. — 10° Rhetorica Cornelii Valerii Ultrajectini versibus et exemplis aucta per F. Nicasium Baxium Augustinianum. Antv., Hier. Verdussius, 1615 ; vol. in-12 de 230 pp. L’ouvrage de Valerius, refondu et augmenté par le père Bax pour l’usage des élèves, eut un grand nombre d’éditions ; il était encore classique dans quelques colléges à la fin du xviiie siècle. — 11° Le père Bax fit des additions au Thesaurus phrasium poeticarum de Jean Buchler, et retoucha la Grammaire de Simon Vérepée. Paquot attribue encore au père Bax les ouvrages suivants, qu’il dit n’avoir pu découvrir, et pour lesquels nos propres recherches sont aussi restées infructueuses : 12° Epitome constitutionum ordinis Eremitarum S. Augustini. — 13° Grammatica, syntaxis et prosodia græca e diversis concinnatæ.

E -H.-J. Reusens.

Sweertius, Athenæ belgicæ, p. 570. — Elssius, Encomiasticon Augustinianum, p. 500. — Foppens, Bibliotheca belgica. t. II, p. 898. — Paquot, Mémoires, éd. in-fol., t. I, p. 617.