Biographie nationale de Belgique/Tome 2/BOISSCHOT, Jean-Baptiste DE

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BOISSCHOT, Jean-Baptiste DE



BOISSCHOT (Jean-Baptiste DE), chevalier, magistrat et diplomate, fils de Jean-Baptiste de Boisschot et d’Élisabeth Vandoorne, naquit vers 1516 et mourut à Anvers en 1580. Il descendait d’une famille dont la noblesse a surtout été relevée par Ferdinand de Boisschot, qui fait l’objet de l’article précédent. Pourvu du diplôme de docteur J. U., il commença par être avocat postulant au conseil de Brabant. Il apparut comme pensionnaire de Bruxelles en 1565, alors que le pays et surtout le siége du gouvernement commençaient à être fortement troublés par le compromis des nobles. Au mois de janvier 1566, le magistrat de Bruxelles ayant encouru les reproches de Marguerite, pour avoir appuyé les délégués des chefs-villes du Brabant et ceux du tiers-État contre le chancelier de Brabant qui avait publié les édits du roi concernant l’établissement des juges exceptionnels, Boisschot fut envoyé (le 11 mars 1566) auprès de la gouvernante pour justifier la conduite de l’administration communale. Viglius, le grand partisan de la cause espagnole, rapporte qu’il avait rendu de si grands services au roi et à la ville de Bruxelles pendant ces premiers temps de troubles qu’il mérita, en 1569, la place de conseiller et d’avocat fiscal au conseil de Brabant, vacante par la mort de Joachim Giélis (Ægidius). Il fut également nommé garde des chartres du Brabant. Par ordonnance du 12 juin 1573, le duc d’Albe l’adjoignit au conseil privé avec Delrio, le membre du conseil des troubles. Le duc n’avait pas les pouvoirs nécessaires à cette fin, mais le service semblait réclamer ces nominations, le conseil ne comptant plus que quatre membres, Viglius, d’Assonleville, Micault et Fonck. Aussi le prince jugea nécessaire de soumettre la nomination au roi, qui ne l’approuva jamais officiellement, malgré l’appui que De Boisschot avait trouvé dans le corps même et malgré les recommandations pressantes du commandeur Requesens. De Boisschot continua cependant à se faire remarquer au conseil privé et au conseil d’État par son assiduité et par son travail, jusqu’à la fin de sa carrière politique. Pendant les années 1574 et 1575, il remplit plusieurs missions commerciales et politiques en Angleterre, et réussit à conclure des traités de commerce. Les rapports qu’il a rédigés dans ces circonstances sont intéressants; ils furent mis sous les yeux de Philippe II et sont pour la plupart parvenus jusqu’à nous[1]. Dans un de ces rapports du mois de novembre 1575, il croit à la possibilité de ramener la reine d’Angleterre à la religion catholique. De Champagny, qui lui succéda en Angleterre au mois de janvier 1576, avoue que De Boisschot convenait mieux que lui pour cette mission et rapporte que le ministère anglais ne veut pas donner suite aux propositions faites par son prédécesseur.

En 1575 le grand commandeur le députa vers l’archevêque de Trèves pour applanir des difficultés qu’avaient fait naître des actes de violence commis par des soldats de la garnison de Thionville.

Lorsque, à la mort de Requesens, arrivée le 5 mars 1576, le conseil d’État prit les rênes du gouvernement, De Boisschot fut presque toujours associé à ses travaux et rédigea avec d’Assonleville la plupart des rapports. Aussi, lors du coup d’état fait le 4 septembre 1576, par le prince d’Orange et le parti national, fut-il emprisonné comme suspect d’espagnolisme et relâché seulement au mois de mars de l’année suivante par ordre des états généraux. Depuis lors il ne prit plus aucune part aux affaires politiques. Pendant la domination des états généraux et les négociations avec Don Juan, les membres qui partageaient les opinions de Boisschot avaient fui à Namur et à Louvain. Moins bien avisé ou moins prudent, il fut emprisonné à Bruxelles, puis conduit dans les cachots d’Anvers, où il mourut à la suite des mauvais traitements qu’il avait essuyés.

De sa femme Catherine Vandentronck il délaissa illustre postérité.

Britz.

Tombeaux des hommes illustres, p. 56. — Buthens, Jurisprud. heroica, p. 135 et 303 — Trophées, t. II, 29; le même, suppl., t. I, 108, 174, 177, 201, 226. — Hoynck van Papendrecht, Anal., t. II, p. 538 et 748. — Loijens, Trait de conseil. Brab., p. 368. — Mss. Foppens, n° 17611; Mémoires de Fr. Perrenot. édités par de Robaulx. — Correspond. de Philippe II, par M. Gachard, les 4 vol., passim; Mss. 17611 et 9937, p. 212 et 12383 (Foppens).


  1. V. Lettres de Boisschot dans le tome V des Négociations d’Angleterre. La liasse n° 2579 (Archives de Simancas secret. prov. de Flandre) renferme ces traités de commerce avec des lettres de Boisschot — Corresp. de Philippe II, éd. par M. Gachard, t. III, p. 275.