Biographie nationale de Belgique/Tome 2/BOURNONVILLE, Alexandre, duc DE

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BOURNONVILLE, Alexandre, duc DE



BOURNONVILLE (Alexandre, duc DE), homme de guerre et diplomate, né le 4 novembre 1585, et mort dans l’exil, le 22 mars 1656, était fils du baron de Capres qui suit. Il fut créé, par Henri IV, duc et pair de France étant à peine âgé de quinze ans. Sa mère, qui avait été dame d’honneur de Marguerite de Parme, ne songea à faire de lui qu’un courtisan. Le château de Bruxelles, la Hofbourg de Vienne et les palais de Florence furent les seules écoles qu’il fréquenta. A vingt ans, il savait à peine tenir une plume, et toute sa vie il conserva une orthographe défectueuse. Au retour de ses voyages, le jésuite Duplessis, son gouverneur, ne trouva guère autre chose à dire à sa mère que : « Madame, je vous ramène Monseigneur en bonne santé. » Le jeune duc voulut tout naturellement suivre la carrière des armes. Les princes souverains des Pays-Bas espagnols accueillirent sa requête, le nommèrent capitaine d’une compagnie d’élite de trois cents Wallons, et, par surcroît, l’un des gentilshommes de l’archiduc Albert. Les affaires de Bohême allant assez mal, l’empereur Ferdinand II demandait avec instance de nouveaux secours en hommes à la cour de Bruxelles. L’occasion était belle : le duc Alexandre en profita. Il conduisit en Allemagne une petite armée de piétons et de carabiniers à cheval. A la prise de Piska, le 30 septembre 1620, il eut un œil crevé en montant à l’assaut. La guerre finie, il rentra en Belgique assez à temps pour prendre part aux obsèques de l’archiduc Albert. Le 29 août 1622, il se trouva à Fleurus, comme mestre de camp, opposé à Ernest de Mansfeld, qu’il avait combattu avec succès en Bohême. Cette fois, cependant, il se trouva doublement du côté des vaincus, car il n’avait pas été heureux dans ses négociations avec le célèbre aventurier flamand. Son amour-propre souffrit aussi peu de ces revers que sa fortune. Trois fois des ambassades extraordinaires lui furent confiées; deux fois à la cour de France, une fois à celle de l’empereur d’Allemagne. Il reçut encore, en 1622, le collier de la Toison d’or, et fut appelé au gouvernement de la Flandre wallone. Mais avec tout cela, le duc Alexandre était bien le digne fils de son père. Les bienfaits ne l’attachaient point. Il se laissa entraîner, en 1632, par ses deux beaux-frères, le prince d’Espinoy et le duc d’Arschot, dans une nouvelle ligue des gens d’Arras, dont le but, au rebours de la première, était de poursuivre l’émancipation politique des provinces belges. La logique triomphait en ce moment-là des préjugés, des rancunes particulières et des calculs ambitieux; mais l’énergie, la décision, l’intelligence nécessaires à des conspirateurs sérieux manquaient à ces gentilshommes. Ils échouèrent pitoyablement. Le gouvernement espagnol dissimula pendant quelque temps avec eux; ils se croyaient pardonnés quand, tout à coup, au mois de mars 1634, le grand conseil de Malines les foudroya par de terribles sentences. Le duc Alexandre et son beau-frère, le prince d’Espinoy, se sauvèrent en France. Leurs biens furent mis sous le séquestre. Anne de Melun, duchesse de Bournonville, qui s’était retirée aux Carmélites d’Anvers, y fit venir, en 1656, de Lyon, le corps de son mari et le déposa sous un riche mausolée.

C. A. Rahlenbeck.

Doze fratos de la muy antigua y ilustre casa de Bournonville, 1680, p. 111, 141-144. — Le Mausolée de la Toison d’or, Amsterdam, 1689, p. 347. — Histoire de l’Archiduc Albert, Cologne, 1693, passim. — Théod. Juste, Conspiration de la noblesse Belge contre l’Espagne en 1632, Brux., 1851, pp. 27, 63, 75-76, 83-85. — Archives du royaume de Belgique. — Papiers Roose, t. LXIX. — Apologie pour le feu duc Alexandre de Bournonville. — Papiers de la maison de Coloma. — Documents particuliers.