Biographie nationale de Belgique/Tome 3/BROSIUS, Henri-Ignace

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BROSIUS (Henri-Ignace), publiciste, né à Luxembourg, le 17 juin 1764, de Henri Brosius, notaire, et de Barbe Schwab, mort à Aix-la-Chapelle, vers l’année 1840. Il fit ses humanités et ses études de théologie au séminaire de sa ville natale, dont son frère Pierre avait été le directeur, et s’affilia très-jeune à la Compagnie de Jésus. Dès 1783, à peine âgé de dix-neuf ans, il entra dans le journalisme et se fit bientôt connaître comme un ardent adversaire des innovations faites par Joseph II, en matière de religion. Écrivain fougueux, il fit une guerre incessante au gouvernement autrichien, lança force pamphlets contre les réformes introduites dans les administrations civiles et ecclésiastiques. Partisan dévoué de Vander Noot, il ne cessa de travailler l’opinion en faveur de la Révolution brabançonne. Dans cette polémique à outrance, il fut énergiquement secondén par d’autres journalistes, tels que l’abbé De Feller, directeur du Journal historique, et le chanoine Duvivier, rédacteur de l’Ami des Belges. Ce triumvirat combattit ceux qui voulaient une révision de la Constitution du Brabant, une meilleure représentation politique et l’adoption des formes républicaines. La virulence de leur polémique donna naissance à une brochure intitulée : Avis à MM. Brosius, Feller, Duvivier. Février 1790, 6 pages in-8°. — Brosius s’employa aussi, mais inutilement, à propager l’insurrection dans le Luxembourg, comme on le voit par un pamphlet portant pour titre : Lettre adressée par quelques notables de la province de Luxembourg, à M. l’abbé Brosius, en date du 8 mai 1790, contenant un tableau intéressant des dispositions de la ville et du pays, 7 pages in-8°. — Pie VI le créa notaire apostolique.

La révolution brabançonne ayant pris fin au mois de novembre de l’an 1790, et celle de Liége en janvier 1791, De Feller et Brosius prirent le chemin de l’exil; le premier passa à Maestricht et plus tard en Westphalie; le second, plus jeune, émigra aux États-Unis, où il resta et put vivre jusqu’en 1815, en donnant des leçons de français et d’allemand. A la chute de l’Empire français, il vint s’établir à Aix-la-Chapelle et y vécut encore pendant près de vingt-cinq ans, d’une pension qui était payée, croit-on, par l’ordre des Jésuites.

On lui doit : Journal historique et politique des principaux évènements des différentes cours de l’Europe, publié du 10 octobre 1772 au 31 décembre 1790. Le premier rédacteur était désigné par les initiales H. C.; Brosius lui succéda à dater du 1er janvier 1783. En 1788, le titre fut changé en celui de Journal historique et politique des principaux événements du temps, ou Esprit des Gazettes. Ce second titre est cause que le journal a été maintes fois confondu avec une autre publication, également intitulée : Esprit des Gazettes et faite, d’abord à Bruxelles, ensuite à Louvain. — Joseph II, ayant proscrit l’œuvre par son édit du 26 janvier 1788, Brosius se réfugia à Liége et y transféra son établissement. Le 6 janvier 1790, il y annonça chez le libraire Tutot, la continuation du Journal philosophique et chrétien. Janvier à décembre 1790, 4 volumes in-8°. Cette feuille était l’organe des états et du clergé. Il faut y joindre la brochure suivante : L’ Assemblée nationale vengée des calomnies du fanatisme, ou réfutation d’un journal imprimé à Liége, 1790, par un chanoine régulier réformé. Lille (1790), in-12, fig. Le jeune Brosius en était non-seulement le rédacteur, mais encore l’imprimeur, au dire de Van Hulthem. On y trouve des pièces qui ont conservé de l’importance au point de vue historique. Cette publication, poursuivie avec acharnement par le gouvernement autrichien, fut prohibée le 17 février 1791. Brosius publia encore : La démolition raisonnée du séminaire profane érigé à Louvain en 1786. Il fournit aussi des articles au Journal historique et littéraire du P. De Feller. Il nous est encore connu par le Catéchisme d’un bon citoyen. Liége, 1792, 1 volume in-8°. Tous ces écrits sont en faveur des états de Brabant et au profit du parti catholique, à la tête duquel se trouvaient les Vander Noot, les Van Eupen et autres, parti qui répudiait les opinions philosophiques du XVIIIe siècle, et qui, par ses tendances intolérantes, ouvrit la voie à la restauration autrichienne. — On connaît un troisième prêtre de ce nom : François-Xavier Brosius, professeur et vicaire général dans le Luxembourg.

Aug. Vander Meersch.

Michaud, Biographie universelle, t. LIX. — Nouvelle Biographie universelle, publiée par Didot. — Neyen, Biographie Luxembourgeoise. — Britz, Mémoire sur l’ancien droit de Belgique, t. I, p. 379. — De Backer, Bibliothèque des écrivains de la Compagnie de Jésus, t. VI. — Capitaine, Recherches sur les journaux liégeois. — Warzée, Essai historique sur les journaux belges. — X. De Theux, Bibliographie liégeoise.