Biographies de l’honorable Barthélemi Joliette et de M le Grand vicaire A Manseau/Chapitre XV

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XV.

Nouvelles manufactures. — Cloche du moulin.


Son voyage lui avait donné l’occasion d’une foule de précieuses observations qu’il sut bientôt utiliser.

Aux deux moulins dont nous avons parlé, vinrent s’en adjoindre d’autres dont il avait pris le modèle chez nos industrieux voisins.

Bientôt des manufactures à carder, à fouler, à presser, des moulins à berly, des fabriques de clous et à bardeaux vinrent mêler leurs voix bruyantes au concert déjà assourdissant des premiers mécanismes. Toutes ces manufactures, fabriques, avaient été concentrées dans la grande bâtisse en pierre, appelée : « le grand moulin. »

Pour compléter la toilette du nouvel édifice, on avait couronné son sommet d’un riant et joli clocher. Quelques semaines plus tard, une cloche de deux à trois cents livres y était installée aux acclamations de tous les travailleurs.

Ce dût être, en effet, pour eux, une jouissance bien agréable, que d’entendre retentir au milieu des bois, les accents sonores de l’airain qui, dès l’aube matinale, les invitait joyeusement au travail. Cette voix qui, trois fois le jour, mêlait son harmonie au chant des oiseaux, au mugissement des rapides, aux mille bruits de la forêt, réveillait dans leurs âmes les plus doux souvenirs : ceux de la paroisse natale, du clocher de leur village, des parents et des amis laissés là-bas…

Et lorsqu’aux approches du soir, la cloche jetait de nouveau, sur l’aile des brises ses harmonieuses volées que répercutaient au loin les échos de la rivière, l’outil s’échappait de la main des ouvriers, toutes les oreilles étaient tendues pour savourer délicieusement ce beau concert.