Biographies de l’honorable Barthélemi Joliette et de M le Grand vicaire A Manseau/Honorable

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L’HONORABLE
BARTHÉLEMI JOLIETTE.



Sortir heureux et triomphant de tous les obstacles que présentent au jeune homme orphelin, pauvre et sans appui, les premiers pas de la vie ; parvenir, à l’aide de quelques leçons élémentaires, à l’honneur d’une profession libérale ; se concilier pendant quinze ans, la sympathie, l’estime et la reconnaissance d’un vaste district ; puis, après ce laps de temps, braver hardiment toutes les prédictions sinistres, s’en venir, sous l’inspiration d’une pensée créatrice, planter sa tente dans l’épaisseur de la forêt qui va disparaître bientôt pour faire place à un riant village ; couvrir de moulins, de manufactures, etc., le nouvel établissement qui, comme par enchantement, a surgi sur les rives pittoresques de la rivière de l’Assomption ; emprisonner les eaux dans leurs lits ou se servir de leurs chûtes et de leurs courants pour transporter sur une distance de 60 à 80 lieues, le bois des Vallées et des Montagnes du Nord ; ouvrir des routes à travers la forêt et les marécages ; relier ce centre commercial à la navigation du St. Laurent, par le moyen d’un chemin de fer ; favoriser puissamment l’éducation, par la fondation d’un collège ; enfin, couronner toutes ces œuvres par la construction d’un temple splendide : solennel et vivant témoignage de foi et d’attachement à l’église ; voilà certes, de quoi illustrer plus d’une vie ; et pourtant, tel est le fruit du génie, du dévouement et du patriotisme d’un seul homme, de l’Honorable Barthélemi Joliette.

C’est le récit aussi fidèle que possible des principales phases de cette belle vie, que nous offrons au public de Joliette. Ce n’est pas que les citoyens de cette localité ignorent leur bienfaiteur ou les grandes choses qu’il a accomplies, non : mais, chacun a pu l’éprouver, il y a toujours un charme nouveau à entendre résonner à nos oreilles le nom et les louanges de ceux qui nous sont chers, et l’on pardonne alors volontiers au narrateur ses défauts de langage, pour ne savourer que le plaisir qu’apporte délicieusement au cœur, les agréables souvenirs qu’il rappelle. « L’amour, dit Lacordaire, n’a qu’un mot, en le disant toujours il ne le répète jamais. » Parlant de M. Joliette, à une population objet de sa munificence et de ses bienfaits, nous laisserons couler doucement notre plume, racontant simplement les faits, sans nous inquiéter beaucoup ni des ornements du style, ni de l’harmonie des périodes. Le sujet que nous traitons devra assez intéresser par lui-même sans qu’il soit besoin de recourir à la magnificence des images pour fixer l’attention du lecteur.