Carnets de voyage, 1897/Promenade dans Toulouse (1863)

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Librairie Hachette et Cie (p. 77-95).


PROMENADES DANS TOULOUSE


Les gens ici me déplaisent excessivement. Il y a dans l’accent un jappement et comme des rentrées de clarinette. À les voir remuer, s’aborder, on sent qu’on est en présence d’une autre race : un mélange du carlin et du singe ; une facilité vide, une exagération involontaire et continue ; un manque de tact perpétuel. (Par exemple, un avocat, un maître de pension, nous abordent et plaident pour avoir le droit d’entrer à toute minute dans notre salle d’examens.)

Mon impression hier, sur le Cours, est que ces gens-là ont besoin d’être gouvernés par autrui. — Ils sont parfaitement incapables d’avoir le moindre empire sur eux-mêmes. Le sang, l’action, la colère leur montent tout de suite à la tête. On me contait comment ils ont manqué, en 1841, d’écharper M. Plougoulm, le procureur général…

Plus j’avance, plus je me convaincs de la tournure plate de notre démocratie. L’air y est mortel aux hommes complets, aux êtres de la grande espèce. — Il y a des monstres et des machines puissantes, rien de plus ; au-dessous, la foule des prud’hommes. C’est un idéal atteint, mais un idéal inférieur. En somme, l’homme complet est celui qui est de loisir, qui n’a pas de métier, qui ne songe qu’à demi à son intérêt propre, qui est préoccupé de vues générales et qui commande, comme l’aristocratie anglaise aujourd’hui, les Romains et les Athéniens dans l’antiquité ; pour que cette aristocratie dure et se fasse pardonner, il faut qu’elle emploie sa force et son temps au service du public. — Il faut de plus qu’elle aille chercher dans le public les enfants distingués ; un législateur doit se dire : il faut produire les plus beaux, les plus parfaits spécimens possibles de nature humaine, choisir comme dans un troupeau, faire des élèves supérieurs, au moral comme au physique, c’est-à-dire grands de cœur et d’esprit, munis de toutes les connaissances, libres de se développer jusqu’au bout, exempts de la servitude machinale du métier. — En outre, il faut que le reste du troupeau broute paisiblement, régulièrement, sous la conduite et les soins des autres. — Donner une prime magnifique, les honneurs, la fortune, la possibilité de fonder une famille, tous les plus hauts objets de l’ambition humaine aux grands mérites prouvés, quelque part qu’ils se trouvent. Cette prime, chez nous, est insuffisante ; mais il y en a une petite pour chaque petit mérite.

D’autre part, on peut répondre qu’un pays est comme un jardin, que tel produit en soi est plus beau, meilleur, mais que tous les jardins ne peuvent pas le produire ; que tout dépend du sol et de l’exposition, que le bon jardinier est dirigé d’avance, qu’il est absurde de demander des ananas à la craie de Champagne et qu’en somme, la France produit maintenant les légumes à la culture desquels elle est propre. Pour les esprits élevés, le remède est de ne pas tomber dans la vie bourgeoise, de vivre seul comme Wœpke[1], en bouddhiste.




Beaux quais, l’eau est toujours belle. Un moulin énorme avec différents étages et canaux d’eau courante, encadrés de verdure vivante. Une large écluse réunissant les eaux au centre de la rivière. — Les maisons rouges luisent d’une belle couleur franche ou sombre au soleil couchant. — En face est un vieil hôpital avec d’étranges fenêtres borgnes, mais vaste et grandiose ; le haut mur bruni, mal percé, surplombe avec un air menaçant comme au moyen âge.

Derrière, monte un grand dôme, celui de Saint-Nicolas qui, à la nuit tombée, prenait une apparence tragique.

En amont s’allonge un solide pont de pierre, flanqué à l’entrée de deux tours carrées terminées en pointe (style Louis XIII). Elles le défendaient sans doute autrefois.

Vers le Midi, les collines montent. L’air est si transparent, qu’on aperçoit dans un lointain énorme, comme une assise vaporeuse de nuages blanchâtres, la chaîne des Pyrénées. Ces collines, haussées les unes par-dessus les autres, font plaisir. La rivière arrive en les longeant, enveloppée de verdure riante. Cela m’a rappelé mon beau voyage — un beau et triste voyage, — j’en ai mis la partie idéale dans mon livre[2]. On fait toujours ainsi ; il n’y a que certains paysages, et encore à certains moments, qui présentent la beauté achevée. Ordinairement on n’a que des commencements de sensations, des motifs de cavatine ! Pour les avoir parfaites, il faut les corriger, les compléter. J’éprouve ici la même chose ; il y a çà et là une façade, quelques vieilles maisons en bois et en terre, quelques tourelles de la Renaissance, des églises gothiques. Mais j’aurais besoin d’achever le tableau.

Cependant, hier, l’église de Saint-Étienne, à six heures du soir, était grandiose et lugubre. Elle est toute biscornue, déjetée d’un côté. Mais au dedans, dans l’obscurité, un pilier gigantesque montait, noirci, indistinct, parmi des clartés indécises, des tableaux énormes, des boiseries. Je ne trouve pas de mots pour rendre ces noirceurs insondables, vagues, mouvantes, à la Rembrandt, ce grandiose vaisseau rempli d’ombres. — La rosace gardait encore quelque lumière, douloureuse et mystique avec son incarnat violacé, ses figures étranges et entrelacées, les derniers scintillements de la sanglante magnificence. Comme c’est là le ciel, vu le soir en rêve, par un homme qui aime et qui souffre !




Beaucoup de promenades dans la ville, surtout le soir. Elle est bien tortue, bossue. « C’est un Poitiers endimanché », disait le colonel. Mais il y a du mouvement dans la rue, une foule sur la place, au café ; tout cela ondoie dans l’ombre noire rayée de lumière. — Ce n’est pas une ville morte, c’est un centre, une capitale provinciale, fière d’elle-même. Elle a deux journaux fort répandus ; on les trouve chez le plus mince coiffeur ou gargotier ; ici, dans notre hôtel, qui est le meilleur, pas un journal de Paris. L’Aigle et le Journal de Toulouse s’occupent des événements locaux, de tel chanteur du pays qui vient de débuter à Lyon. Léotard, le gymnaste, est d’ici, ils s’en font un titre de gloire. Ils ont un correspondant, un certain monsieur du pays, qui traite les hautes questions politiques. Je vois plusieurs libraires ; l’un très bien fourni, avec les livres nouveaux et les réfutations de Renan, même les réfutations des réfutations. — Les gens soignent leur toilette ; les hommes ont l’air pimpant et propret, avec leur barbe noire bien taillée en brosse, leur redingote serrée à la taille. — Ce sont des diminutifs d’Italiens avec un air de coiffeur. — Mon soldat, hier (il est de Bar-le-Duc), m’en disait du mal. « Ils sont menteurs, craqueurs toujours, et ce ne sont pas des gens qui aient des mœurs. — Qu’est-ce que vous voulez dire par là ? — Eh bien, quand ils sont au théâtre, ils sifflent, sifflent, ils font un tapage d’enfer, enfin ce sont des brutaux. Ils respectent le soldat, sans cela il y aurait toujours ici des querelles. »

Figures et poses involontairement comiques de bravaches et de matamores dans les rues. — Plus souvent encore, la suffisance heureuse d’Acaste, dans Molière :

J’ai du bien, je suis jeune, et sors d’une maison
Qui se peut dire noble avec quelque raison…
Et l’on m’a vu pousser, dans le monde, une affaire
D’une assez vigoureuse et gaillarde manière…
Je suis assez adroit ; j’ai bon air, bonne mine,
Les dents belles surtout, et la taille fort fine.
Quant à se mettre bien, je crois, sans me flatter,
Qu’on serait mal venu de me le disputer.

Le gentleman manque en France ; voyez tous ces gros personnages, fonctionnaires et propriétaires, qui viennent au débotté nous solliciter pour leurs fils, demandant qu’on prive autrui d’une place pour la leur donner[3]. Tout cela impudemment ou délicatement, ce n’en est pas moins demander une injustice. Ils croient la faveur chose toute naturelle, et aussi l’improbité ; on a copié effrontément dans le Centre ; mes collègues me disent que de tout temps le Midi s’est montré moins loyal dans les compositions que le Nord. — C’est une tradition en France ; sous l’ancienne monarchie, il fallait aller solliciter les juges. Encore aujourd’hui, on n’a d’articles dans les journaux que par camaraderie. Au contraire, en Angleterre, C… disait qu’on ne remerciait jamais un journal pour un article ; ce serait le choquer. Voyez dans Carlyle, Life of John Stirling, la lettre de sir Robert Peel à l’éditeur du Times, et la réponse ! Ici le royaume de la grâce, et là-bas, celui de la justice.

Vieilles maisons mal raccommodées, toits en tuiles, pêle-mêle étrange de constructions de tous degrés et de tous styles. Horribles petits pavés pointus, formés de cailloux de rivière, qui blessent les pieds. — Mais la joie, la sérénité du ciel, la pureté, le rayonnement de l’azur, sont admirables.

Promenade, hier, sous la conduite de M. B…, professeur d’histoire à la Faculté. Il a cinquante-cinq ans et en paraît quarante. Il est libéral, il va dans le monde poli, aristocratique ; il est fort bien, presque artiste et antiquaire passionné. — Chemin faisant, il nous conte l’état des choses. — À Toulouse il y a soixante-dix-sept maisons religieuses sur une population de cent mille âmes ; entre autres, trois énormes collèges, l’un ayant cinq cents élèves. Quand le frère Léotade a été condamné, beaucoup de gens l’ont déclaré martyr ; l’année suivante, son collège a eu trente ou quarante élèves de plus à la rentrée. — De même à Poitiers, trente-huit maisons religieuses sur trente-cinq mille habitants. À Poitiers, à Rennes, le lycée est tombé de moitié par la concurrence. J’ai vu à Bordeaux, il y a six ans, un énorme et magnifique bâtiment que l’on construisait pour les congréganistes. — Tel de ces bâtiments, ici, a coûté deux millions. — À Paris, les pensionnats religieux font entrer par an, à Saint-Cyr, soixante-dix à quatre-vingts jeunes gens, qui font bande à part. Jusqu’à des bicoques comme Rethel, ils prennent tout et font tomber le petit collège municipal ; tout cela depuis 1852, principalement par les Jésuites. M. Billault a parlé à la tribune des legs qu’autorisait le gouvernement, legs qui vont à plusieurs millions chaque année : « Et tout ce qu’on ne déclare pas ! »

Nous n’avons pas d’idée de cela à Paris ; nous vivons dans un petit cercle de sceptiques instruits et spirituels ; nous ne voyons pas le gros public, la grosse France. Nous autres écrivains, nous avons besoin plus que personne d’apprendre ces faits. Qu’est-ce que peut lire un homme à redingote noire et à gants corrects de province, marchand, fonctionnaire, noble, campagnard, propriétaire ? Presque rien. Ils sont en dehors de notre vie. — Dans ce marais stagnant s’étend le filet ecclésiastique. Les vieilles dames, les pères devenus conservateurs avec l’âge, font des legs au clergé. Nulle excitation, nul renouvellement d’esprit : le culte avec ses pompes, l’habitude, le poids de la tradition, la litanie solennelle indéfiniment répétée, les ramènent à la vieille routine. De là le tapage causé par la Vie de Jésus ; c’est comme une pierre qui tombe dans un étang de grenouilles.

Nous discourions à table sur les conséquences probables d’un pareil état ; le catholicisme s’atténuera-t-il, comme le croit M. Guizot, à la façon du paganisme sous Julien, en se transformant, en s’interprétant, en acceptant une tournure symbolique ? Je ne crois pas, pour mon compte, que jamais un professeur dans un séminaire fasse, comme M. Michel Nicolas, de la critique ou, comme Jamblique, du symbolisme. L’avenir qu’on peut le plus raisonnablement prévoir, c’est une suite de pléthores et de saignées. Les gens d’église s’enrichiront pendant cinquante ans de paix, et quand les révolutions viendront, on leur prendra leurs biens. Mais ces purgations périodiques violentes sont malsaines.

Ici, toutes les sociétés sont séparées. Il n’y a qu’une maison mixte, chez une vieille dame, où M. B… voulait me conduire hier soir. — Beaucoup de petits nobles, des familles ayant de dix à trente mille livres de rente ; on passe trois mois à Toulouse avec un luxe tel quel, et le reste du temps à la campagne pour faire des économies. On fait un aîné ; les cadets tâchent de se marier richement ; pêcher à la dot est leur grosse affaire. Nulle occupation ; il n’y a qu’un emploi qu’ils consentent à rechercher, celui d’officier, officier de cavalerie. — Au-dessous sont les fonctionnaires, puis les bourgeois, les enrichis, qui sont grossiers, bien moins polis que dans le Nord. Ils ne donnent pas trop dans la mangeaille, et ils ont une maison de campagne, une voiture.

Mauvaises mœurs ; aventures de toute espèce et de tout degré. Les jeunes gens riches n’ont pas d’autre occupation. — Ce qu’il y a de plus triste, c’est qu’on dit la même chose dans tous les centres.

Voyez dans Gœthe le contraste de la bourgeoisie allemande ; je lisais cette nuit Aus meinem Leben. Quelle innocence de mœurs et quelle froideur de sang dans toutes ces libertés permises de son temps ! Les jeunes gens s’embrassent, donnent des gages, jouent au mariage, vont se promener en tête-à-tête, se tutoient, etc. Mais vous avez donc de la glace dans les nerfs ? M. B… nous montre d’abord le musée ; j’en ai parlé à la fin de mon Voyage aux Pyrénées ; il est charmant. C’est un ancien cloître ; deux cours avec des arcades qui font un promenoir carré, séparé de la cour par des piliers en trèfle. Ces cours sont pleines d’arbustes du plus beau vert, et les galeries ont des toits de tuiles rouges ; au delà monte une haute tour en briques, ornementée de petites fenêtres cintrées avec des colonnettes. — Ce rouge debout, solide, dans le magnifique bleu du ciel, réjouit le cœur. — Nous remarquons que le gothique du Nord ne s’est jamais véritablement établi ici. Voyez la collection des églises italiennes ; rien de triste, de douloureusement fantastique. Le gothique lui-même y est transformé, pacifié, tourné vers la beauté vraie et presque saine.

La grande curiosité de la ville est Saint-Sernin, église romane du XIe siècle, « la plus belle de France », dit M. B… (c’est un homme du monde, mais la passion, l’orgueil involontaire et aimable de l’antiquaire, percent sous sa modestie obligée). En effet, cette église est vaste et curieuse, d’un style pur ; on travaille à la restaurer. C’est du pur roman et encore tout latin ; à ce titre, l’esprit en est intéressant ; c’est la limite de deux arts. — Voici ce qui est latin : toutes les arcades circulaires à plein cintre, aucune ogivale ; la voûte principale elle-même cintrée par des arcs semblables ; les piliers carrés, sans ornements, ayant seulement sur le devant une colonne demi-saillante qui monte pour expliquer et soutenir la voûte supérieure. Partant, une grande impression de solidité, quelque chose de simple, de sain, de serein, qui par sa régularité et sa force paisible rassure l’esprit.

Le passage d’un art à l’autre se voit dans l’altération des chapiteaux : quelques-uns gardent l’acanthe grecque ; mais la plupart ont déjà des feuilles transformées, ou un lacis barbare de mailles et de petits animaux entremêlés les uns dans les autres.

Cinq voûtes et nefs ; à mesure qu’on approche du mur latéral, chaque voûte baisse de hauteur. Les fenêtres sont de médiocre grandeur, les murs sont très épais ; point de vitraux. Cette abondance de formes rondes et de belles structures antiques est très noble, et la transformation de l’antique par l’élévation de l’édifice, par la galerie, par le plan en croix de l’église, donne un vif plaisir, une sensation de nouveauté et d’invention.

Les figures debout en bas-reliefs, qui sont comme incrustées autour de la crypte, sont tout à fait primitives, dignes du Xe siècle, apparence égyptienne, jambes raides, pas de poitrine, tête tournée de côté, maladroitement, avec une expression presque grotesque. Sur l’abside, plusieurs statues à barbares costumes ont du mouvement et semblent du XVe siècle.

Au dehors, charmant clocher formé par cinq étages octogones d’arcades, les trois premières rondes, les supérieures anguleuses ; c’est original et élégant ; par derrière, une abside de chapelles rondes qui montent les unes sur les autres comme à Ravenne et à Vérone. En somme, c’est une belle œuvre, fille directe de l’architecture romane, construite comme toutes les œuvres antiques et classiques, avec une idée très simple et bien développée. — Les nefs latérales, l’étage superposé, le clocher, les absides secondaires sont le bourgeonnement de l’idée architecturale antique. — Cette idée se développe en même temps que la société et le culte. Il faut un plus grand espace pour contenir toute cette foule nouvelle, esclaves, femmes, enfants : un peuple entier. L’ancien temple était local et aristocratique.

M. B… nous montre plusieurs maisons anciennes bien conservées ; l’hôtel d’Assezat, bâti pour Marguerite de Valois ; l’hôtel des Cariatides, bâti par Bachelier sous François Ier ; d’autres encore, tous charmants. Ce style de la Renaissance, ces fenêtres encadrées de fruits, de fleurs, d’enfants nus, de satyres, de torses de femmes, ce goût pour la nature florissante, ce sentiment de l’ornementation riche et vivante, font un plaisir extrême. — Il n’y a eu d’artistes qu’en ce temps-là : nous sommes des bourgeois archéologues. Comme à côté de cela toutes nos constructions modernes, nos rues de Richelieu sont plates ! Comme le Louvre et la place de la Concorde ne semblent plus que des décorations d’opéra !

Ces maisons ont une terrasse sur le devant, avec des verdures, des vignes, des glycines pendantes ; les chevelures vertes montent parfois jusqu’au premier étage. Il y a des figures, des corps en mouvement au-dessus des portes, dans les coins ; les façades sont peuplées ; rien de plat, aucune philosophie allégorique et pédante comme aujourd’hui. — Les gens de la Renaissance aimaient à voir des êtres bien portants et vivants ; ils se réjouissaient de la vie.

B… nous conduit chez lui et nous montre son musée. — Beaucoup de goût, bien des choses rares : collection des poids du Midi, de colliers et ornements de l’époque gallo-romaine, d’ambres de toutes espèces, etc… Il aime passionnément l’art des XIIe et XIIIe siècles. Il nous avait fait voir au musée de superbes abbés courbés sur leur tombe : têtes et vêtements d’une simplicité grandiose. Il nous montre chez lui une Vierge, paysanne à grosse figure vulgaire, mais vierge, avec des bras trop grêles et des vêtements gracieusement plissés ; puis un ivoire du XIe siècle — un Christ au centre avec tous les saints personnages à droite et à gauche, hiératique et raide, vrai contemporain des massacres et des grandeurs de la première croisade. Toutes ces acquisitions ont leur histoire. Sa passion d’archéologue a conservé B… au physique et au moral, l’a préservé de l’ennui, de la bassesse, de la trivialité, il est resté ou devenu libre et fin. — Ce souci, cet idéal toujours présent, ce tact toujours éveillé, en ont fait un Parisien.

  1. Voir dans les Nouveaux Essais de critique et d’histoire la notice sur Franz Wœpke, p.317.
  2. Le Voyage aux Pyrénées.
  3. Il y a de bonnes comédies : tel père veut amener d’avance son fils à l’hôtel pour l’habituer à la figure du colonel. Un autre dépose en cadeau pour les examinateurs des bouteilles d’huile chez le portier de l’hôtel. — Nous avons dû les renvoyer au commissaire de police.