Catéchisme détaillé de l’Église catholique orthodoxe d’Orient/Première partie

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PREMIÈRE PARTIE


DU CATÉCHISME CHRÉTIEN.




DE LA FOI.




DU SYMBOLE DE LA FOI EN GÉNÉRAL ET DE SON ORIGINE.


Q. Qu’est-ce que le Symbole de la foi ?

R. Le Symbole de la foi est l’exposé court, mais précis de ce que doivent croire les chrétiens.

Q. Quelles sont les paroles mêmes du Symbole de la foi ?

R. Les voici :

1. Je crois en un seul Dieu Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, de tous les êtres visibles et invisibles.

2. Et en un seul Seigneur, Jésus-Christ, fils de Dieu, unique, né du Père avant tous les siècles. Lumière issue de la lumière, Dieu véritable issu du Dieu véritable, né et non créé, consubstantiel au Père par qui tout a été fait.

3. Celui qui pour nous hommes et pour notre salut est descendu du ciel, s’est incarné par l’opération du Saint-Esprit en la vierge Marie, et s’est fait homme.

4. Qui a été crucifié pour nous, sous Ponce-Pilate, a souffert, a été enseveli.

5. Et ressuscita au troisième jour, selon les Écritures.

6. Qui est monté au ciel, et est assis à la droite du Père.

7. Et viendra avec gloire juger les vivants et les morts, et dont le règne n’aura point de terme.

8. Je crois au Saint-Esprit, dominateur et dispensateur de la vie, qui procède du Père, qui est adoré avec le Père et le Fils et glorifié conjointement, et qui a parlé par les prophètes.

9. Je crois à une sainte Église catholique et apostolique.

10. Je confesse un baptême pour la rémission des péchés.

11. J’attends la résurrection des morts.

12. Et la vie du siècle futur. Ainsi soit-il.

Q. Qui a exposé ainsi la doctrine de la foi ?

R. Les Pères du premier et du second concile œcuménique.

Q. Qu’est-ce qu’un concile œcuménique ?

R. C’est la réunion des pasteurs et docteurs chrétiens de l’Église universelle, convoqués autant que possible de toutes les contrées de l’univers à l’effet de sanctionner la saine doctrine et la discipline parmi les chrétiens.

Q. Combien y a-t-il eu de conciles œcuméniques ?

R. Sept.

1. Celui de Nicée.

2. Celui de Constantinople.

3. Celui d’Éphèse.

4. Celui de Calcédoine.

5. Le second de Constantinople.

6. Le troisième de Constantinople.

7. Le second de Nicée.

Q. D’où est provenu l’usage de convoquer des conciles ?

R. De l’exemple des Apôtres qui tinrent un concile à Jérusalem. (Voyez Actes, xv.)

Cet usage se fonde sur la parole expresse de Jésus-Christ qui confère aux décrets de l’Église une si grande autorité, que celui qui les transgresse se voit privé du don de la grâce et assimilé aux païens. L’organe dont l’Église universelle se sert pour prononcer ses arrêts, est le concile œcuménique.

Dis-le à l’Église, et s’il ne daigne pas écouter, regarde-le comme un païen et un péager. (Saint Math. xviii, 17.)

Q. À quelle occasion spéciale le premier et le second concile œcuménique, auteurs du Symbole de la foi, furent-ils convoqués ?

R. Le premier pour établir le dogme véritable concernant le Fils de Dieu, eu opposition à la doctrine mensongère d’Arius qui professait sur la personne du Fils de Dieu des croyances impies.

Le second pour établir la doctrine sur le Saint-Esprit contre Macédonius qui professait des croyances impies au sujet de la troisième personne de la Trinité.

Q. Y a-t-il longtemps depuis que ces conciles furent tenus ?

R. Le premier fut tenu en l’année 325 de l’ère chrétienne, et le second en 381.


DES ARTICLES DU SYMBOLE DE LA FOI.


Q. Comment faut-il s’y prendre pour mieux comprendre le Symbole de la foi ?

R. Il faut faire attention à sa division en douze articles, et examiner chaque article en particulier.

Q. De quoi traite chaque article du Symbole de la foi ?

R. Dans le premier il est question, premièrement, de Dieu en général, et spécialement de la première personne de la sainte Trinité, de Dieu le Père, de Dieu comme créateur de l’univers.

Le second article traite de la seconde personne de la sainte Trinité, de Jésus-Christ, du Fils de Dieu.

Le troisième — de l’incarnation du Fils de Dieu.

Le quatrième — des souffrances et de la mort de Jésus-Christ.

Le cinquième — de la résurrection de Jésus-Christ.

Le sixième — de l’ascension de Jésus-Christ.

Le septième — du second avénement de Jésus-Christ sur la terre.

Le huitième article traite de la troisième personne de la sainte Trinité, du Saint-Esprit.

Le neuvième — de l’Église.

Le dixième — du baptême, où sont sous-entendus aussi les autres sacrements.

Le onzième — de la future résurrection des morts.

Le douzième — de la vie éternelle.


DU PREMIER ARTICLE DE FOI.


Q. Qu’est-ce que croire en Dieu ?

R. Croire en Dieu, veut dire avoir une profonde conviction de son existence, de ses attributs et de ses actes, et recevoir de tout son cœur sa parole révélée sur le salut de la race humaine.

Q. Peut-on démontrer par les saintes Écritures que c’est en cela que doit consister la foi en Dieu ?

R. L’apôtre saint Paul dit :

Il est impossible d’être agréable à Dieu sans la foi ; car il faut que celui qui s’approche de Dieu, croie que Dieu est, et qu’il est le rémunérateur de ceux qui le cherchent. (Hebr. xi, 6.)

L’Apôtre décrit l’opération de la foi dans les chrétiens par la prière suivante, qu’il adresse à Dieu pour eux :

Afin que, selon les richesses de sa gloire, il vous accorde la grâce d’être puissamment fortifiés par son Esprit dans l’homme intérieur, en sorte, que Jésus-Christ habite dans vos cœurs par la foi. (Éph. iii, 16, 17.)

Q. Quel est l’effet le plus prompt et le plus manifeste de la vraie foi en Dieu ?

R. La confession de cette foi.

Q. Que signifie confesser la foi ?

R. Confesser la foi veut dire avouer ouvertement que nous professons la foi orthodoxe, et cela avec une telle sincérité et une telle fermeté, que ni les séductions, ni les menaces, ni les tourments, ni la mort même ne puissent nous forcer de nous dédire de la foi dans le vrai Dieu et en notre-Seigneur Jésus-Christ.

Q. Pourquoi la profession de foi est-elle nécessaire ?

R. L’apôtre saint Paul démontre qu’elle est nécessaire pour le salut : parce qu’on croit de cœur pour obtenir la justice, et que l’on fait confession de la bouche pour obtenir le salut. (Rom. x, 10).

Q. Pourquoi est-il nécessaire pour le salut, non-seulement de croire, mais encore de confesser la foi orthodoxe ?

R. Si quelqu’un pour conserver sa vie temporelle, ou pour des avantages terrestres, venait à se dédire de la confession de foi orthodoxe, il montrerait par là, qu’il n’a pas une foi véritable en Dieu le Sauveur et en la vie bienheureuse du siècle futur.

Q. Pourquoi dans le Symbole de la foi n’est-il pas dit, Je crois en Dieu, mais qu’on a ajouté en un seul Dieu ?

R. Afin de rejeter l’enseignement mensonger des païens, qui, honorant la créature au lieu de Dieu, croyaient à l’existence de plusieurs Dieux.

Q. Quelle est la doctrine de l’Écriture sainte sur l’unité de Dieu ?

R. On a pris, dans le Symbole de la foi, les paroles qui l’expriment, du passage suivant de saint Paul :

Il n’y a qu’un seul Dieu ; car bien qu’il y en ait, soit dans le ciel, soit sur la terre, qui sont appelés dieux, comme en effet il y a plusieurs dieux et plusieurs seigneurs, toutefois nous n’avons qu’un seul Dieu, qui est le Père, duquel procèdent toutes choses, et nous sommes par lui, et un seul Seigneur Jésus-Christ, par lequel sont toutes choses, et nous sommes par lui. (Corinth. viii, 4, 5, 6.)

Q. Peut-on connaître l’essence même de Dieu ?

R. Non, elle est au-dessus de toute compréhension non-seulement humaine, mais aussi au-dessus de celle des anges.

Q. Comment en parle l’Écriture sainte ?

R. L’apôtre saint Paul dit, que Dieu habite une lumière inaccessible, et nul homme ne l’a vu, ni ne peut le voir. (I. Timoth. vi, 16.)

Q. Quelles notions peut-on emprunter à la révélation sur l’essence de Dieu et sur ses attributs essentiels ?

R. Dieu est un esprit éternel, souverainement bon, omniscient, souverainement juste, tout-puissant, partout présent, immuable, se suffisant parfaitement à lui-même et bienheureux.

Q. Montrez-nous cela dans l’Écriture.

R. Jésus-Christ lui-même a dit : Dieu est Esprit. (Év. de saint Jean, iv, 24.)

David dit de l’éternité de Dieu :

Avant que les montagnes fussent nées, et que tu eusses formé la terre, la terre habitable d’éternité jusqu’en éternité, tu es et tu seras le Dieu fort. (Ps. xc, 2.)

On lit dans l’Apocalypse la glorification suivante :

Saint, Saint, Saint est le Seigneur Dieu Tout-Puissant, qui était, qui est et qui sera. (Apoc. iv, 8.)

L’apôtre saint Paul dit que l’Évangile a été annoncé selon l’ordre de Dieu éternel. (Rom. xvi, 26.)

Jésus-Christ lui-même dit de la bonté de Dieu : Il n’y a qu’un seul bon, c’est Dieu. (Matth. xix, 17.)

L’Apôtre saint Jean dit :

Dieu est charité. (I. Saint Jean, ix, 16.)

David proclame ce qui suit :

L’Éternel est pitoyable, miséricordieux, lent à la colère, et abondant en grâce ; mais la miséricorde de l’Éternel est de tout temps et à toujours. (Ps. ciii, 8, 17.)

L’apôtre saint Jean parlant de l’omniscience divine dit :

Dieu est plus grand que notre cœur, et il connaît toute chose. (I. Saint Jean, iii, 20.)

L’apôtre saint Paul s’écrie :

Ô profondeur de la richesse, de la sagesse et de l’intelligence de Dieu, que ses jugements sont impénétrables, et que ses voies sont incompréhensibles. (Rom. xi, 33.)

Et parlant de la justice de Dieu, David s’écrie :

L’Éternel qui est juste, aime la justice, sa face regarde l’homme droit. (Ps. xi, 7.)

L’apôtre saint Paul dit : que Dieu rend à chacun selon ses œuvres et qu’il n’est point d’acception de personne en Dieu. (Rom. ii, 6, 11.)

Le Psalmiste dit en parlant de la puissance de Dieu : Il a parlé, et ce qu’il a dit a eu son être.

Il a commandé, et la chose a comparu. (Ps. xxxiii, 9.)

L’Archange dit, selon l’Évangile : Pour Dieu nulle parole n’est impuissante. (Évang. de saint Luc, i, 37.)

C’est par les paroles suivantes que le Prophète-Roi exprime que Dieu est partout présent :

Où irai-je loin de ton esprit ? Et où fuirai-je loin de ta face ? Si je monte aux cieux, tu y es ; si je descends aux enfers, tu y es. Si je prenais les ailes de l’aube du jour et si j’allais demeurer à l’extrémité de la mer, là même ta main me conduirait et ta droite m’y saisirait Si je dis : au moins les ténèbres me couvriront, la nuit même te servira de lumière tout autour de moi. Les ténèbres mêmes ne me cacheront point de toi, et la nuit resplendira comme le jour ; autant te sont les ténèbres que la lumière. (Ps. cxxxix, 12.)

L’apôtre saint Jacques dit en parlant du Père des lumières en qui il n’y a point de variations, ni aucune ombre de changement. (Saint Jacques, i, 17.)

L’apôtre saint Paul dit, que Dieu n’est point servi par les mains des hommes, comme s’il avait besoin de qui que ce soit, lui qui donne à tout la vie, la respiration et toute chose. (Actes, xvii, 25.)

C’est encore lui qui nomme Dieu Bienheureux et seul fort, le Roi des rois, et le Seigneur des seigneurs. (I. Timoth. vi, 15.)

Q. Si Dieu est Esprit, comment l’Écriture sainte lui attribue-t-elle des membres corporels, comme par exemple : un cœur, des yeux, des oreilles, des mains ?

R. L’Écriture sainte a égard en cela au langage ordinaire des hommes ; mais on doit comprendre ces expressions dans un sens spirituel et plus relevé ; par exemple : le cœur de Dieu veut dire, la bonté ou la charité de Dieu ; les oreilles et les yeux veulent dire son omniscience ; les mains sa toute-puissance.

Q. Si Dieu est partout, comment dit-on qu’il est aux cieux ou dans un temple ?

R. Dieu est partout, mais au ciel il réside dans une gloire et une majesté ineffable, qui le manifestent aux esprits bienheureux ; quant aux temples, Dieu y est présent par sa grâce et mystérieusement, en sorte que sa présence y devient perceptible aux âmes fidèles et pieuses, et qu’elle se manifeste quelquefois par des signes surnaturels.

Jésus-Christ dit : Là où deux ou trois sont ensemble en mon nom, j’y serai au milieu d’eux. (Évang. de saint Matth. xviii, 20.)

Q. Comment faut-il entendre ces paroles du symbole : Je crois en un seul Dieu le Père ?

R. Il faut les entendre par rapport au mystère de la sainte Trinité, parce que Dieu est un par son essence, mais en trois personnes, le Père, le Fils, et le Saint-Esprit, Trinité consubstantielle et indivisible.

Q. Comment est-il parlé de la sainte Trinité dans l’Écriture sainte ?

R. Les principaux passages du Nouveau Testament, où il en est fait mention, sont ceux qui suivent :

Allez donc et instruisez les nations, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. (Saint Matth. xxviii, 29.)

Il y en a trois qui rendent témoignage dans le ciel : le Père, le Verbe et le Saint-Esprit, et ces trois-là sont un. (I. Saint Jean, v, 7.)

Q. Est-il fait mention de la sainte Trinité dans l’Ancien Testament ?

R. Oui, mais pas aussi clairement que dans le Nouveau Testament, par exemple : Les cieux ont été faits par le Verbe de l’Éternel, et toute leur armée par le souffle de sa bouche. (Ps. xxxiii, 3.)

Saint, Saint, Saint, est l’Éternel des armées ; tout ce qui est dans toute la terre est sa gloire. (Isaïe, vi, 3.)

Q. Comment un seul Dieu est-il en trois personnes ?

R. Nous ne comprenons pas ce mystère renfermé dans la Divinité, mais nous y croyons, nous appuyant sur l’immuable témoignage de la parole divine. Personne ne connaît ce qui est en Dieu, si ce n’est l’Esprit de Dieu. (I. Corinth. ii, 11.)

Q. Quelle différence y a-t-il entre les personnes de la sainte Trinité ?

R. Dieu le Père n’est pas engendré, et ne provient pas d’un autre.

Le Fils de Dieu est engendré du Père de toute éternité ; le Saint-Esprit procède de toute éternité du Père.

Q. Les trois hypostases, ou personnes de la sainte Trinité, sont-elles égales en dignité ?

R. Absolument égales en dignité divine : ainsi que le Père est vrai Dieu, le Fils est aussi vrai Dieu, et le Saint-Esprit est vrai Dieu ; mais en même temps dans les trois hypostases est renfermé un seul Dieu en trois personnes.

Q. Pourquoi Dieu se nomme-t-il le Tout-Puissant ?

R. Parce qu’il tient en sa puissance et en sa volonté tout ce qui existe.

Q. Qu’expriment les paroles du Symbole : Créateur du ciel et de la terre, de tout ce qui est visible et de tout ce qui est invisible ?

R. Que tout a été créé par Dieu, et que rien ne peut être sans Dieu.

Q. Cette expression n’a-t-elle pas été prise de l’Écriture sainte ?

R. Oui, le livre de la Genèse commence par ces mots : Dieu créa au commencement les cieux et la terre.

L’apôtre saint Paul dit de Jésus-Christ le Fils de Dieu : C’est par lui qu’ont été créées toutes les choses qui sont dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles ; soit les trônes ou les dominations, ou les principautés ou les puissances, tout a été créé par lui et pour lui. (Coloss. i, 16.)

Q. Que doit-on entendre, dans le Symbole, sous le nom de choses invisibles ?

R. Le monde invisible ou spirituel dont les anges font partie.

Q. Qu’est-ce que les anges ?

R. Des esprits immatériels, doués de raison, de volonté et de puissance.

Q. Que signifie le nom d’Ange ?

R. Il signifie messager.

Q. Pourquoi sont-ils ainsi nommés ?

R. Parce que Dieu les envoie pour annoncer sa volonté, comme, par exemple, Gabriel fut envoyé à la très-sainte vierge Marie pour lui notifier d’avance la conception surnaturelle du Sauveur.

Q. Lesquelles des choses visibles ou invisibles ont été créées d’abord ?

R. Le monde invisible fut créé avant le monde visible, les anges avant les hommes. (Confession de foi orthod. t. i, § 18.)

Q. Peut-on appuyer cette assertion sur l’Écriture sainte ?

R. Dans le livre de Job, Dieu lui-même parle de la création du monde en ces termes : Qui est celui qui a posé la pierre angulaire ? Lorsque les étoiles furent créées, mes anges chantèrent ma louange à haute voix. (Job, xxxviii, 6, 7.)

Q. D’où vient la dénomination d’Anges gardiens ?

R. Des paroles suivantes de l’Écriture sainte : Il a commandé à ses anges de vous garder dans toutes vos voies. (Psaume xc, 11.)

Q. Chacun de nous a-t-il son ange gardien ?

R. Sans aucun doute. On peut s’en convaincre par les paroles suivantes de Jésus-Christ : Prenez garde de ne mépriser aucun de ces petits ; car je vous dis que leurs anges voient sans cesse dans les cieux la face de mon Père qui est aux cieux. (Matth. xviii, 11.)

Q. Tous les anges sont-ils bons et bienfaisants ?

R. Non. Il y a de mauvais anges, autrement dits diables ou démons.

Q. Pourquoi sont-ils mauvais ?

R. Ils avaient été créés bons ; mais ayant enfreint la loi d’obéissance parfaite envers le Créateur, ils s’éloignèrent de lui, et se plongèrent dans un abîme d’amour-propre, d’orgueil et de haine. Saint Jude dans son Épître les caractérise ainsi : Les anges qui n’ont pas gardé leur origine, ou qui ont quitté leur propre demeure. (Saint Jude, 6.)

Q. Quelle est la signification du mot diable ?

R. Il signifie : calomniateur, ou séducteur.

Q. Pourquoi les mauvais anges sont-ils nommés diables, c’est-à-dire calomniateurs ou séducteurs.

R. Parce que tous leurs efforts tendent à entraîner les hommes au mal par leurs ruses, et à les séduire en leur inspirant des pensées mensongères et des désirs condamnables. En s’adressant aux Juifs incrédules, Jésus-Christ l’atteste par les paroles suivantes : Le père dont vous êtes issus c’est le Diable, et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été meurtrier dès le commencement, et il n’a point persisté dans la vérité, parce que la vérité n’est point en lui. Toutes les fois qu’il dit le mensonge, il parle de son propre fond ; car il est menteur et le père du mensonge. (Saint Jean, viii, 44.)

Q. Que nous a révélé l’Écriture sainte sur la création du monde ?

R. Au commencement Dieu créa du néant le ciel et la terre. La terre était informe et inhabitée. Puis Dieu produisit successivement au premier jour du monde la lumière ; au second jour, le firmament ou ciel visible ; au troisième jour, les réservoirs de toutes les eaux de la terre, la terre ferme et les végétaux ; au quatrième jour il fit le soleil, la lune et les étoiles ; au cinquième, les poissons et les oiseaux ; au sixième, les quadrupèdes qui vivent sur la surface de la terre, et enfin l’homme. L’œuvre de la création fut couronnée par celle de l’homme, et au septième jour Dieu se reposa de toutes ses œuvres. Or, le septième jour fut nommé à cause de cela le Sabbath, ce qui en hébreu signifie jour de repos. (Gen. ii, 2).

Q. À leur origine toutes les créatures visibles étaient-elles ce que nous les voyons maintenant ?

R. Non. Tout l’univers créé, à son origine, était parfait en soi, c’est-à-dire pur, beau et innocent.

Q. Ne sait-on aucune particularité concernant la création de l’homme ?

R. Dieu, dans sa sainte Trinité, se dit à lui-même : Faisons l’homme à notre image et à notre ressemblance (Genèse, i, 26). Et Dieu prit le corps du premier homme Adam, de la terre ; il donna à sa face le souffle de vie ; il introduisit Adam dans le paradis ; il lui donna pour nourriture, en outre de tous les autres fruits du paradis, ceux de l’arbre de vie ; enfin il tira pendant le sommeil d’Adam une côte dont il forma la première femme, Ève. (Gen. ii, 22.)

Q. En quoi consiste l’image de Dieu dans l’homme ?

R. Elle consiste, selon l’explication qu’en donne l’apôtre saint Paul, en une justice et une sainteté véritable. (Éphes. iv, 24.)

Q. Qu’est-ce que le souffle de vie ?

R. L’âme, être spirituel et immortel.

Q. Qu’est-ce que le paradis ?

R. Le mot paradis signifie Jardin. La belle et bienheureuse habitation destinée au premier homme fut désignée par ce nom, étant décrite par la Genèse comme un beau jardin.

Q. Le paradis qu’habitèrent les premiers hommes était-il matériel, ou seulement spirituel ?

R. Pour le corps il était matériel, comme un séjour bienheureux et visible ; pour l’âme, spirituel, comme un état de grâce, d’union avec Dieu, et de contemplation toute spirituelle des créatures. (Voyez saint Grégoire, Sermons 38, 42. Saint Jean Damascène, Théol. livr. 2, chap xii, vers. 3.)

Q. Qu’est-ce que l'arbre de vie ?

R. Un arbre dont les fruits, en nourrissant l’homme, rendaient son corps même impassible et immortel.

Q. Pourquoi Ève fut-elle créée de la côte d’Adam ?

R. Afin que tout le genre humain fût un par son origine, que tous les hommes soient les membres d’un même corps, et que par là ils soient tous naturellement portés à s’entr’aimer et à s’entre-défendre.

Q. À quelle fin Dieu créa-t-il l’homme ?

R. La destination de l’homme est de connaître Dieu toujours davantage, de l’aimer, de le glorifier, et par là de jouir d’une béatitude éternelle.

Q. La volonté de Dieu qui destine l’homme au bonheur éternel, n’a-t-elle pas une dénomination particulière dans la doctrine de salut ?

R. Elle est appelée prédestination de Dieu.

Q. La prédestination divine, par rapport à la béatitude de l’homme, reste-t-elle invariable, quoique l’homme ne soit plus invariablement heureux ?

R. Elle reste invariable ; car Dieu par sa précieuse et son infinie miséricorde, a résolu d’avance, d’ouvrir à l’homme déchu de la béatitude une nouvelle voie vers la félicité par son Fils unique Jésus-Christ. Il nous avait élus en lui avant la création du monde, dit saint Paul. (Éph. ch. i, v. 4.)

Q. Comment doit-on comprendre la prédestination divine par rapport au genre humain en masse, et à chaque homme en particulier ?

R. Dieu a préconçu d’accorder à tous les hommes, et leur a accordé effectivement, une grâce prévenante avec de sûrs moyens pour atteindre à la béatitude. Quant à ceux d’entre les hommes qui acceptent volontairement la grâce qui leur est conférée, mettent à profit les moyens de salut que Dieu leur accorde, et marchent sur la voie de félicité que Dieu leur a tracée, ceux-là sont prédestinés à la béatitude.

Q. Comment s’exprime sur ce sujet la parole de Dieu ?

R. Ceux qu’il avait auparavant connus, il les a aussi prédestinés. (Rom. viii, 29.)

Q. Comment l’Église orthodoxe s’explique-t-elle sur ce sujet ?

R. Dans l’exposition de la foi des Patriarches d’Orient, il est dit : Or, puisqu’il prévoyait que les uns feraient usage pour le bien de leur libre arbitre et les autres pour le mal, il prédestina les uns à la gloire et les autres à la damnation. (Article 3.)

Q. Quelle est l’opération divine qui se rattache immédiatement à la création du monde et de l’homme, et qui concerne l’homme en particulier ?

R. C’est l’action de la Providence divine.

Q. Qu’est-ce que la Providence divine ?

R. La Providence divine est une action incessante et continue de la toute-puissance, de la sagesse et de la bonté de Dieu, par laquelle Dieu conserve l’existence à ses créatures et les conduit vers un but salutaire ; prête son secours à tout ce qui est bien ; met des bornes au mal qui naît d’une déviation du bien, ou bien redresse le mal et le fait concourir à de bonnes fins.

Q. En quels termes l’Écriture sainte parle-t-elle de la divine Providence ?

R. Jésus-Christ lui-même a dit : Regardez les oiseaux de l’air ; car ils ne sèment ni ne moissonnent, ni n’amassent rien dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. N’êtes-vous pas beaucoup plus excellent qu’eux ? (Matth. vi, 26.)

Ce passage atteste que la Providence veille sur toutes les créatures, et particulièrement sur l’homme.

Tout le psaume 90 n’est qu’une description des voies si variées de la Providence par rapport à l’homme.


DU SECOND ARTICLE DE FOI.


Q. Quel est le sens des noms de Jésus-Christ Fils de Dieu ?

R. Selon sa divinité, la seconde personne de la sainte Trinité est désignée par le nom de Fils de Dieu. Ce même Fils de Dieu fut nommé Jésus lorsqu’il naquit sur la terre, comme homme. Avant sa venue, les prophètes qui l’attendaient le nommaient Christ.

Q. Quelle est la signification du nom de Jésus ?

R. Il signifie le Sauveur.

Q. Par qui fut donné ce nom ?

R. Par l’ange Gabriel.

Q. Pourquoi le Fils de Dieu fut-il appelé de ce nom lorsqu’il vint sur la terre ?

R. Parce qu’il naquit pour le salut des hommes.

Q. Que signifie le Christ ?

R. L’oint du Seigneur.

Q. Quelle est l’origine de ce nom ?

R. Il vient de l’onction avec l’huile sainte, qui est le gage des dons de l’Esprit-Saint.

Q. Jésus Fils de Dieu est-il seul désigné du nom de Christ ou l’Oint ?

R. Non. Anciennement on nommait ainsi les rois, les pontifes et les prophètes.

Q. Pourquoi donc Jésus Fils de Dieu est-il nommé le Christ ?

R. Parce que sa nature humaine a reçu avec surabondance tous les dons de l’Esprit-Saint ; c’est pourquoi il possède au plus haut degré la science du prophète, la sainteté du pontife, et la puissance royale.

Q. Dans quel sens Jésus-Christ est-il nommé le Seigneur ?

R. Dans le sens de ce qu’il est le vrai Dieu, car le nom de Seigneur est un des noms de Dieu.

Q. En quels termes l’Écriture sainte parle-t-elle de la divinité de Jésus-Christ Fils de Dieu ?

R. Au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu. (Saint Jean i, 1.)

Q. Pourquoi Jésus-Christ est-il nommé Fils unique de Dieu ?

R. Pour prouver que lui seul est Fils de Dieu, né de la substance même de Dieu le Père, et par conséquent consubstantiel au Père. Il suit de là qu’il est incomparablement au-dessus de tous les anges et de tous les hommes saints qui sont nommés enfants de Dieu, par grâce. (Saint Jean, i, 12.)

Q. L’Écriture sainte désigne-t-elle Jésus-Christ du nom du Fils unique de Dieu ?

R. Oui. Tels sont les passages suivants de l’évangéliste saint Jean : Et le Verbe a été fait chair, et a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, une gloire telle qu’est celle du Fils unique venu du Père. (Saint Jean, i, 14.) Nul n’a jamais vu Dieu. Le Fils unique qui est dans le sein du Père est celui qui en a donné la connaissance. (Saint Jean, i, 18.)

Q. Pourquoi est-il dit encore, dans le Symbole, du Fils de Dieu qu’il est né du Père ?

R. C’est pour marquer l’attribut qui est propre à la seconde personne de la sainte Trinité, et la distingue des deux autres.

Q. Pourquoi y est-il dit qu’il est né avant tous les siècles ?

R. Afin qu’il ne vînt à l’esprit de personne, qu’il fut un temps où il n’était pas. En d’autres termes, Jésus-Christ Fils de Dieu est éternel, comme Dieu le Père est éternel.

Q. Que signifie dans le Symbole les mots lumière de lumière ?

R. À l’aide de cette comparaison avec la lumière visible nous obtenons une notion plus claire sur le mystère incompréhensible de l’origine du Fils de Dieu né du Père. En fixant nos regards sur le soleil nous en voyons la lumière ; mais la lumière de cette lumière se répand sur tout l’univers ; et le soleil et la lumière sont un, indivisibles et d’une même substance. De même Dieu le Père est la lumière éternelle. (Voyez saint Jean, i, 5.) Il engendre le Fils de Dieu, qui est aussi lumière éternelle ; mais Dieu le Père et le Fils de Dieu sont la lumière éternelle unique et indivisible d’une seule et même nature divine.

Q. Quel est le sens des paroles suivantes du Symbole : Dieu véritable du Dieu véritable ?

R. C’est que le Fils de Dieu est appelé Dieu dans la même acception rigoureuse que Dieu le Père.

Q. L’Écriture sainte s’exprime-t-elle en ces mêmes termes ?

R. Oui, dans le passage suivant de l’Épître de saint Jean : Et nous savons encore que le Fils de Dieu est venu, et qu’il nous a donné l’intelligence, afin que nous connaissions le vrai Dieu, et que nous soyons en son vrai Fils Jésus-Christ. C’est lui qui est le vrai Dieu et la vie éternelle. (I. Jean, ch. v, 20.)

Q. Pourquoi le Symbole de la foi ajoute-t-il en parlant du Fils de Dieu, qu’il est engendré et non créé ?

R. C’est pour réfuter la doctrine impie d’Arius, qui disait que le Fils de Dieu était une créature.

Q. Que signifient les mots : consubstantiel au Père ?

R. C’est, en d’autres termes, que le Fils est de la même substance divine que le Père.

Q. Comment s’exprime l’Écriture sainte à ce sujet ?

R. Jésus-Christ lui-même dit par rapport à soi et à Dieu son Père : Moi et le Père nous sommes un. (Saint Jean, x, 30.)

Q. Que prouvent les paroles suivantes du Symbole de la foi : par qui toutes les choses furent ?

R. Que le Père créa tout par le moyen du Fils, qui est sa sagesse éternelle et son Verbe divin. Toutes choses ont été faites par lui, et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans lui. (Saint Jean, i, 3.)


DU TROISIÈME ARTICLE DE LA FOI.


Q. De qui est-il dit dans le Symbole : qu’il est descendu des cieux ?

R. Du Fils de Dieu.

Q. Comment est-il descendu des cieux, puisqu’étant Dieu il est partout présent ?

R. Il est parfaitement vrai que Dieu est partout présent, et par conséquent il est toujours au ciel et toujours sur la terre ; premièrement il était invisible sur la terre, mais plus tard il y revêtit la chair, et s’y rendit visible ; c’est dans ce sens qu’il est dit : Il est descendu des cieux.

Q. Quelles sont les paroles de l’Écriture qui l’attestent ?

R. Voici celles que prononça Jésus-Christ lui-même : Aussi personne n’est monté au ciel, que celui qui est descendu du ciel, savoir le Fils de l’homme qui est dans le ciel. (Saint Jean, iii, 13.)

Q. À quelle fin le Fils de Dieu est-il descendu du ciel ?

R. Pour nous autres hommes, et pour notre salut, comme le dit le Symbole de la foi.

Q. Dans quel sens y est-il dit que le Fils de Dieu est descendu des cieux pour nous autres hommes ?

R. Cela signifie qu’il est venu sur la terre non pour un peuple quelconque, ou pour certains hommes en particulier, mais pour tout le genre humain dont nous faisons partie.

Q. De quoi nous sauve la venue du Fils de Dieu sur la terre ?

R. Du péché, de la malédiction et de la mort.

Q. Qu’est-ce que le péché ?

R. C’est la transgression de la loi. Le péché est le violement de la loi. (I. Saint Jean, iii, 4.)

Q. D’où vient le péché dans l’homme, s’il est créé à l’image de Dieu, Dieu étant impeccable ?

R. Du diable. Celui qui commet le péché est enfant du diable, parce que le diable pèche dès le commencement. (I. Jean, iii, 8.)

Q. Comment le péché s’est-il transmis du diable à l’homme ?

R. Le diable a séduit Ève et Adam, et les a engagés à violer le commandement de Dieu.

Q. Quel commandement ?

R. Dieu dans le paradis avait ordonné à Adam de ne point goûter des fruits de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, lui disant en même temps que dès qu’il en aurait goûté il mourrait.

Q. Comment le fruit de la connaissance du bien et du mal pouvait-il être mortel pour l’homme ?

R. Parce que cet acte impliquait une désobéissance formelle à la volonté de Dieu, et par là séparait l’homme de Dieu et de la grâce divine, le rendant étranger à la vie en Dieu.

Q. L’arbre de la connaissance du bien et du mal méritait-il son nom ?

R. Le fait le prouve ; car c’est par son fruit que l’homme reconnut par sa propre expérience quel bien inappréciable est pour lui l’accomplissement de la volonté divine, et quel mal produit l’opposition aux décrets de Dieu.

Q. Comment Adam et Ève prêtèrent ils l’oreille aux insinuations du démon, si contraires au commandement de Dieu ?

R. Dieu, selon sa bonté infinie, lorsqu’il créa l’homme, le doua d’une volonté propre, naturellement portée à l’amour du Créateur ; mais avec cela cette volonté était libre, et l’homme abusa de cette liberté.

Q. Comment le diable parvint-il à séduire Adam et Ève ?

R. Ève aperçut le serpent dans le paradis, qui lui dit que si les hommes mangeaient des fruits de l’arbre défendu, ils connaîtraient le bien et le mal, et deviendraient des Dieux. Ève fut tentée par cette promesse et par la beauté du fruit et en goûta la première, puis Adam suivit son exemple.

Q. Quel fut le résultat du péché d’Adam ?

R. La malédiction et la mort.

Q. Qu’est-ce que la malédiction ?

R. La condamnation du péché par la justice divine, et le mal né du péché sur la terre, servant de juste châtiment aux transgressions des hommes ; Dieu dit à Adam : La terre est maudite en tes œuvres. (Gen. iii, 17.)

Q. Quel genre de mort fut la suite et le résultat du péché d’Adam ?

R. Une mort corporelle qui se manifeste par la séparation du corps d’avec l’âme qui lui donnait la vie, et une spirituelle lorsque l’âme est privée de la grâce qui la faisait vivre d’une vie plus sublime et toute spirituelle.

Q. Serait-il possible que l’âme soit sujette à mourir ainsi que le corps ?

R. Oui, mais d’une mort d’un tout autre genre. Le corps lorsqu’il est mort n’éprouve plus aucune sensation et se détruit ; l’âme qui meurt par le péché est privée de toute lumière spirituelle, de la joie et de la félicité, mais elle n’est livrée ni à la destruction ni au néant, mais demeure dans un état de ténèbres, d’affliction et de souffrance.

Q. Pourquoi tous les hommes meurent-ils, et non pas seulement les premiers hommes qui ont transgressé le commandement de Dieu ?

R. Parce que tous sont nés d’Adam, souillés par le péché, et sont pécheurs eux-mêmes ; le torrent qui s’échappe d’une source impure est tout naturellement souillé comme elle ; de même la descendance d’un homme prévaricateur et devenu par là mortel, doit nécessairement être entachée de péché, par conséquent mortelle.

Q. Comment s’exprime l’Écriture sainte à ce sujet ?

R. Car comme le péché est entré dans le monde par un seul homme, et la mort par le péché, ainsi la mort est passée dans tous les hommes par ce seul homme en qui tous ont péché. (Rom. v, 12.)

Q. Les fruits de l’arbre de vie conservèrent-ils une influence salutaire pour l’homme prévaricateur ?

R. Expulsé du paradis après sa faute, il ne put en faire l’essai.

Q. Quel espoir de salut restait-il alors aux hommes ?

R. Dieu dans sa miséricorde accorda aux premiers hommes une espérance de salut dès qu’ils eurent confessé devant lui leur faute.

Q. En quoi consistait cette espérance ?

R. Dieu promit que le descendant de la femme écraserait la tête du serpent. (Genèse, iii, 15.)

Q. Comment entendre cela ?

R. Cela signifie que Jésus-Christ sera vainqueur du diable qui a séduit les hommes, et qu’il les libérera du péché, de la malédiction et de la mort.

Q. Pourquoi Jésus-Christ est-il nommé le descendant de la femme ?

R. Parce qu’il est né sur la terre, de la très sainte-Vierge Marie qui ne connaissait point d’homme.

Q. Quel fut l’effet salutaire de cette promesse divine ?

R. Ce fut que les hommes à partir de la promesse divine purent posséder la foi salutaire en un libérateur à venir, ainsi que nous croyons en lui après sa venue.

Q. Dans ces temps reculés le genre humain croyait-il à la venue d’un Sauveur ?

R. Non ; un très-petit nombre d’hommes avait conservé cette foi ; la plupart avaient perdu la mémoire du libérateur promis par Dieu.

Q. Dieu ne renouvela-t-il plus cette promesse ?

R. Oui, à plusieurs reprises. Ainsi il promit un Sauveur à Abraham en ces termes : Tous les peuples de la terre seront bénis dans ta postérité. (Genèse, xxii, 18.) La même promesse fut renouvelée par Dieu à David dans les paroles suivantes : Je mettrai sur votre trône après vous, votre fils qui sortira de vous et j’établirai pour jamais le trône de son royaume. (II. Rois, vii, 12-13.)

Q. Quel est le sens du mot incarnation ?

R. Il signifie que le Fils de Dieu a pris sur lui toute la nature humaine, tout ce qui est de la chair, excepté le péché; qu’il devint homme sans cesser d’être Dieu.

Q. À qui a-t-on emprunté le terme incarnation ?

R. À l’évangéliste saint Jean. Et le Verbe a été fait chair. (Saint Jean, i, 14.)

Q. Pourquoi le Symbole, après avoir dit du Fils de Dieu qu’il s’est incarné, ajoute-t-il qu’il s’est fait homme ?

R. Afin que nul ne s’imagine qu’il a revêtu la chair comme une simple forme, mais qu’on reconnaisse en lui l’homme complet, composé d’un corps et d’une âme humaine.

Q. L’Écriture sainte l’atteste-t-elle ?

R. Saint Paul dit clairement : Il n’y a qu’un médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ homme. (I. Tim. ii, 5.)

Q. Faut-il en conclure qu’il n’y a en Jésus-Christ qu’une seule nature ?

R. Non ; les deux natures se retrouvent en lui inséparables et cependant distinctes, la nature divine et la nature humaine ; il en résulte une volonté double, divine et humaine, en Jésus-Christ.

Q. S’ensuit-il qu’il y ait deux personnes en lui ?

R. Non. Une seule et même personne, Dieu et homme conjointement, est l’Homme Dieu, Jésus-Christ.

Q. Comment l’Écriture sainte rend-elle témoignage à l’incarnation du Fils de Dieu, par l’intervention de l’Esprit et de la vierge Marie ?

R. La narration de l’évangéliste saint Luc nous apprend que lorsque la sainte Vierge demanda à l’ange envoyé pour lui annoncer que Jésus serait conçu en elle : Comment cela se fera-t-il, car je ne connais point d’homme ? L’ange lui répondit : Le Saint-Esprit surviendra en vous, et la vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre : c’est pourquoi le fruit saint qui naîtra de vous sera appelé le Fils de Dieu. (Saint Luc, i, 34-35.)

Q. Qui était la Vierge Marie ?

R. Une Vierge pure et sans tache de la race d’Abraham et de David, de cette tige qui devait produire le Sauveur du monde, selon la promesse infaillible de Dieu. Cette vierge était fiancée à Joseph, comme elle descendant de David, afin qu’il fût le gardien et le protecteur de sa jeunesse ; car elle était consacrée à Dieu, ayant fait vœu de virginité.

Q. Demeura-t-elle en effet dans l’état de virginité pendant toute sa vie ?

R. Elle demeura telle avant, pendant et après la nativité du Sauveur ; de là lui vient le nom de ἀειπάρθενος (toujours vierge).

Q. De quel autre nom l’Église orthodoxe appelle-t-elle la sainte Vierge Marie ?

R. Elle l’appelle Θεοτόκος (Mère de Dieu).

Q. Peut-on remonter à l’origine de cette dénomination dans l’Écriture ?

R. Elle se retrouve dans les paroles suivantes du prophète Isaïe : Une Vierge concevra, et elle enfantera un fils qui sera appelé Emmanuel, ce qui signifie Dieu avec nous. (Isaïe, vii, 14.) La bienheureuse Élisabeth appelle aussi la sainte Vierge Mère du Seigneur, ce qui est l’équivalent de Mère de Dieu. D’où me vient ce bonheur, que la mère de mon Seigneur vienne vers moi. (Saint Luc, i, 43.)

Q. Dans quel sens la sainte Vierge est-elle nommée Mère de Dieu ?

R. Quoique Jésus-Christ ne naquît d’elle que par sa nature humaine, non par sa divinité qui est immuable et éternelle, néanmoins elle fut justement nommée Mère de Dieu ; car celui qu’elle enfanta, était alors comme il le sera toujours vrai Dieu.

Q. Que faut-il penser de la sublime dignité de la très-sainte Vierge Marie ?

R. En tant que mère du Seigneur, la grâce répandue en elle et le libre accès qu’elle possède auprès de Dieu, l’élèvent en dignité bien au-dessus de toutes les autres créatures ; c’est pourquoi l’Église orthodoxe l’honore préférablement aux chérubins et aux séraphins.

Q. Quelle est encore une circonstance à remarquer relativement à la naissance de Jésus-Christ ?

R. C’est que, puisque sa conception était parfaitement sainte et étrangère à toute souillure du péché, il naquit sans douleur, Dieu ayant désigné au nombre des châtiments d’Ève celui d’enfanter des enfants avec douleur. (Théolog. de saint Jean Damascène, liv. iv, chap. 14, § 16.)

Q. Quels furent les signes palpables préparés par la Providence divine, auxquels les hommes purent reconnaître qu’il leur était né un Sauveur ?

R. De nombreuses prophéties qui annonçaient avec détail plusieurs circonstances de sa nativité et de sa vie terrestre, comme, par exemple, le prophète Isaïe a prédit que le Sauveur naîtrait d’une Vierge. (Isaïe, vii, 14.)

Le prophète Michée annonça qu’Il naîtrait à Bethléem, et les Juifs entendaient le sens de cette prophétie bien avant d’avoir connu son accomplissement. (Matth. ii, 4, 5, 6.)

Le prophète Malachie, à la seconde reconstruction du temple de Jérusalem, disait hautement que l’avénement du Sauveur était proche, qu’il visiterait ce même temple et qu’il serait précédé d’un précurseur semblable au prophète Élie, ce qui indique clairement saint Jean Baptiste. (Mal. iii, 1 ; iv, 5.)

Le prophète Zacharie parle de l’entrée solennelle du Sauveur dans Jérusalem. (Zach. ix, 9.)

Isaïe décrit avec une clarté admirable la passion du Sauveur. (Isaïe, liii.)

David, dans le vingt et unième Psaume, dépeint avec une si étonnante exactitude la crucifixion du Sauveur qu’il semble en avoir cherché l’inspiration au pied même de la croix. 490 ans avant la venue du Messie, le prophète Daniel prédit sa mort sur la croix, et ce qui en fut la suite, la destruction finale du temple de Jérusalem et l’abolition des sacrifices sanglants de l’ancienne loi. (Dav. ix.)

Q. Pendant la vie terrestre de Jésus-Christ, le reconnut-on réellement pour le Sauveur qu’on attendait ?

R. Plusieurs le reconnurent par des moyens différents. Les mages ou sages venus du Levant le reconnurent par le moyen de l’étoile qui apparut dans l’Orient à l’époque de la nativité du Sauveur. Les bergers de Bethléem en furent instruits par des anges, qui leur dirent nommément que le Sauveur était né dans la cité de David. Siméon et Anna, par une révélation directe du Saint-Esprit, le reconnurent lorsqu’il fut apporté au temple quarante jours après sa naissance. Saint Jean, baptisant dans le Jourdain, connut le Seigneur par révélation lorsque l’Esprit-Saint descendit sur lui sous la forme d’une colombe et qu’une voix se fit entendre, qui proclama du haut des cieux : Celui-ci est mon Fils bien-aimé dans lequel j’ai mis toute mon affection. (Matth. iii, 17.) Les apôtres Pierre, Jacques et Jean entendirent un témoignage semblable au haut de la montagne où Jésus se transfigura à leurs yeux : Celui-ci est mon Fils bien-aimé dans lequel j’ai mis toute mon affection : écoutez-le. (Saint Marc, ix, 7.)

De plus, un grand nombre d’hommes de bonne foi reconnurent le Sauveur à la sublimité de sa doctrine et à ses miracles.

Q. Quels étaient les miracles accomplis par Jésus-Christ ?

R. Il guérissait des malades incurables et des possédés du démon, en un clin d’œil, par sa seule parole, par un attouchement de sa main, ou même en souffrant qu’ils touchassent seulement le pan de sa robe. Avec cinq pains, et une autre fois avec sept, il rassasia plusieurs milliers d’hommes dans le désert. Il marchait sur les eaux, et d’un seul mot faisait taire les vents et calmait les tempêtes. Il ressuscitait les morts ; témoin le fils de la veuve de Naïm, la fille de Jaïrus, et Lazare qui revint à la vie le quatrième jour après sa mort.

Q. Puisque le Fils de Dieu s’est incarné pour nous sauver, de quelle manière ce salut a-t-il été opéré ?

R. Par la doctrine, la mort et la résurrection du Sauveur.

Q. Quelle était la doctrine du Christ ?

R. L’Évangile du royaume de Dieu, où autrement la doctrine du salut et de la béatitude éternelle, celle que jusquà nos jours l’Église orthodoxe enseigne. (Saint Marc, i, 14, 15.)

Q. Par quel moyen la doctrine du Christ opère-t-elle notre salut ?

R. Lorsque nous l’acceptons de tout notre cœur et que nos actions sont conformes à cette doctrine. De même que la parole mensongère du démon, acceptée par les premiers hommes, devint en eux un germe de péché et de mort, ainsi la parole de vérité, venant du Christ, reçue avec ferveur par les chrétiens, produit en eux le germe d’une vie sainte et immortelle. Car ils ont été, dit l’apôtre saint Pierre, régénérés non d’une semence corruptible, mais d’une incorruptible, par la parole de Dieu qui vit et subsiste éternellement. (I. Épît. saint Pierre, 1, 2, 3.)

Q. De quelle manière la vie terrestre du Christ peut-elle coopérer à notre salut ?

R. Lorsque nous nous efforçons de l’imiter. Si quelqu’un me sert, qu’il me suive, et où je serai, là sera aussi mon serviteur. (Saint Jean, xii, 26.)


DU QUATRIÈME ARTICLE DE LA FOI.


Q. Comment arriva-t-il que Jésus-Christ fut crucifié, tandis que sa doctrine et ses œuvres étaient de nature à mériter l’adoration et le respect de tous ?

R. Les anciens et les Scribes du peuple juif haïssaient le Seigneur parce qu’il blâmait ouvertement leur fausse doctrine et leur vie perverse. À la haine se joignait l’envie, parce que le peuple le vénérait pour ses enseignements et ses miracles bien plus qu’eux. C’est à cause de cela qu’ils le calomnièrent et le condamnèrent à mort.

Q. Pourquoi est-il dit dans le Symbole que Jésus fut crucifié sous Ponce Pilate ?

R. Pour définir l’époque où cela eut lieu.

Q. Qui était Ponce Pilate ?

R. Le gouverneur romain de la Judée, déjà soumise alors à la domination romaine.

Q. Qu’est-ce qui rend cette circonstance digne de remarque ?

R. C’est qu’on y voit l’accomplissement de la prédiction de Jacob : Le sceptre ne sera point ôté de Juda, ni le prince de sa postérité, jusqu’à ce que celui qui doit être envoyé soit venu, et c’est lui qui sera l’attente des nations. (Gen. xlix, 10.)

Q. Le Symbole dit que Jésus-Christ a été crucifié, pourquoi y ajoute-t-il qu’il a souffert ?

R. Pour montrer que sa crucifixion n’était pas seulement une apparence de souffrance et de mort, comme l’ont enseigné certains faux docteurs, mais une souffrance et une mort très-réelle.

Q. Pourquoi y est-il fait mention en outre de ce qu’il a été enseveli ?

R. Pour confirmer la réalité de sa mort et de sa résurrection ; car ses ennemis mirent des gardes à son sépulcre et y apposèrent leur sceau.

Q. Comment Jésus-Christ, étant Dieu, pouvait-il souffrir et mourir ?

R. Sa divinité n’était passible ni de mort ni de souffrance, mais sa nature humaine l’était, non qu’il n’eût pas le pouvoir d’éviter sa passion douloureuse, il voulut au contraire s’y soumettre. Il le dit lui-même : Je quitte ma vie pour la reprendre. Personne ne me l’a ravie, mais c’est de moi-même que je la quitte ; j’ai le pouvoir de la quitter, et j’ai le pouvoir de la reprendre. (Saint Jean, x, 17, 18.)

Q. Dans quel sens est-il dit dans le Symbole, que Jésus fut crucifié pour nous ?

R. Cela signifie que par sa mort sur la croix il nous libéra du péché, de la malédiction et de la mort.

Q. Comment s’exprime l’Écriture sainte relativement à cette délivrance ?

R. Il y est dit sur notre délivrance du péché : dans lequel nous trouvons la rédemption par son sang, et la rémission des péchés selon les richesses de sa grâce. (Éphes. i, 7.)

Sur notre délivrance de la malédiction, il est dit : Mais Jésus-Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, s’étant rendu lui-même garant pour nous. (Galates, iii, 13.)

Quant à notre délivrance de la mort, l’Écriture s’exprime ainsi qu’il suit : Comme donc les enfants sont d’une nature mortelle, composée de chair et de sang, c’est pour cela que lui-même a pris aussi cette même nature, afin de détruire par sa mort celui qui était le principe de la mort, c’est-à-dire le diable, et de mettre en liberté ceux que la crainte de la mort tenait dans une continuelle servitude pendant leur vie. (Hébr. ii, 14, 15.)

Q. De quelle manière la mort de Jésus sur la croix nous délivre-t-elle du péché, de la malédiction et de la mort ?

R. La parole de Dieu nous explique ce mystère en partie, c’est-à-dire autant qu’il est à la portée de notre intelligence par la comparaison du Christ avec Adam. Adam est, selon l’ordre naturel, le chef de toute la race humaine, qui est une et provenant toute d’une même souche. Jésus-Christ, en qui l’essence divine est jointe à l’humanité, a voulu par la grâce devenir un chef nouveau et tout-puissant du genre humain, qu’il réunit en lui par le moyen de la foi. Or, comme en Adam, nous encourûmes le péché, la malédiction et la mort, en Jésus-Christ nous sommes délivrés du péché, de la malédiction et de la mort. Sa passion volontaire et sa mort sur la croix pour notre salut, étant d’un prix et d’une valeur inappréciable, puisqu’il était le seul homme parfaitement juste et impeccable, et l’Homme-Dieu, cette mort pouvait seule, disons-nous, satisfaire entièrement à la justice divine qui nous condamnait à subir la mort par suite du péché. L’Homme Dieu, seul pouvait acquérir, par ses propres mérites, le droit d’accorder aux hommes prévaricateurs, le pardon de leurs iniquités et la victoire sur le péché et la mort, sans offenser la justice éternelle.

Vous prêchant le mystère qui a été caché dans tous les siècles et tous les âges, et qui maintenant a été découvert à ses Saints ; auxquels Dieu a voulu faire connaître quelles sont les richesses de la gloire de ce mystère dans les gentils, qui n’est autre chose que Jésus-Christ reçu de vous, et devenu l’espérance de votre gloire. (Coloss. i, 26, 27.) Que si à cause du péché d’un seul, la mort a régné par un seul homme, à plus forte raison ceux qui reçoivent l’abondance de la grâce, du don et de la justice, régneront dans la vie par un seul homme qui est Jésus-Christ. (Rom. v, 17.)

Il n’y a donc point maintenant de condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ, et qui ne marchent point selon la chair, parce que la loi de l’esprit de vie, qui est en Jésus-Christ, m’a délivré de la loi du péché et de la mort. Car ce qu’il était impossible que la loi fît, la chair la rendant faible et impuissante, Dieu l’a fait, ayant envoyé son propre Fils, revêtu d’une chair semblable à la chair du péché, et à cause du péché il a condamné le péché dans la chair, afin que la justice de la loi soit accomplie en nous qui ne marchons pas selon la chair, mais selon l’esprit. (Rom. viii, 1, 4.)

Q. Jésus-Christ a-t-il réellement souffert pour nous tous ?

R. Le sacrifice a été accompli en vue de tous les hommes ; il a mérité la grâce et le salut pour tous, mais il ne peut profiter qu’à ceux d’entre nous qui participent volontairement aux souffrances de leur Sauveur, étant rendus conformes à sa mort. (Philip. iii, 10.)

Q. De quelle manière pouvons-nous participer aux souffrances et à la mort de Jésus-Christ ?

R. Nous participons aux souffrances et à la mort de Jésus-Christ par le moyen d’une foi vive et ardente en leur efficacité pour notre salut ; par les sacrements qui confirment et résument en soi la force active des souffrances et de la mort du Christ ; enfin nous y participons en crucifiant notre chair avec toutes ses mauvaises passions et ses désirs déréglés.

Mais je suis mort, dit saint Paul, à la loi par la loi même, afin de ne vivre plus que pour Dieu. J’ai été crucifié avec Jésus-Christ. Et je vis, ou plutôt ce n’est plus moi qui vis, mais c’est Jésus-Christ qui vit en moi ; et si je vis maintenant dans ce corps mortel, j’y vis en la foi du Fils de Dieu, qui m’a aimé, et qui s’est livré lui-même à la mort pour moi. (Galates, ii, 19, 20.)

Ne savez-vous pas que nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ nous avons été baptisés en sa mort ? (Romains, vi, 3.)

Toutes les fois que vous mangerez ce pain et que vous boirez ce calice, vous annoncerez la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne. (I. Corinth. xi, 26.) Or, ceux qui sont à Jésus-Christ, ont crucifié leur chair avec ses passions et ses désirs déréglés. (Galates, v, 24.)

Q. Comment peut-on crucifier la chair avec ses passions et ses désirs ?

R. En tempérant ses passions et ses désirs par des actes qui leur soient opposés. Citons-en un exemple : lorsque la colère nous pousse à médire d’un adversaire et à lui faire du mal, que nous combattons ce mauvais penchant et que, nous souvenant comment Jésus, du haut de la croix, pria pour ses ennemis, nous aussi nous prions pour le nôtre ; en agissant ainsi nous crucifions une passion appartenant à la chair : la colère.


DU CINQUIÈME ARTICLE DE FOI.


Q. Quelle est la preuve irrécusable de ce que les souffrances et la mort de Jésus-Christ ont opéré notre salut ?

R. Sa résurrection qui a été le gage certain de la bienheureuse résurrection qui nous attend.

Mais maintenant Jésus-Christ est ressuscité d’entre les morts, et il est devenu les prémices de ceux qui dorment. (I. Corinth. xv, 20.)

Q. Que doit-on penser de l’état intermédiaire où se trouvait Jésus-Christ entre l’instant de sa mort et sa résurrection ?

R. Le cantique suivant de l’Église nous en instruit : « Ton corps était dans le sépulcre, ton âme dans les enfers et avec le larron en paradis, pendant que tu t’asseyais, ô Christ, sur ton trône avec le Père et le Saint-Esprit. Car ta majesté remplit toutes choses et n’a point de bornes. »

Q. Qu’est-ce que l’enfer ?

R. Le mot grec hades (ᾅδης), enfer, suivant l’étymologie grecque, signifie lieu privé de lumière. La doctrine chrétienne entend sous cette dénomination une prison spirituelle, ce qui veut dire la situation des esprits rendus incapables par le péché de contempler la face de Dieu, et de jouir de la lumière et de la félicité qui en sont inséparables. (Voyez Jud. i, 6.)

Q. Pourquoi Jésus-Christ est-il descendu aux enfers ?

R. Pour y annoncer que la mort était vaincue, et libérer les âmes qui y attendaient avec foi et confiance son avénement.

Q. En est-il fait mention dans l’Écriture ?

R. Le passage suivant y fait allusion : Puisque Jésus-Christ même a souffert une fois la mort pour nos péchés, le juste pour les injustes, afin qu’il pût nous offrir à Dieu, étant mort à sa chair, mais étant ressuscité par l’Esprit, par lequel aussi il alla prêcher aux esprits qui étaient retenus en prison. (I. Saint Pierre, iii, 18, 19.)

Q. Que faut-il remarquer relativement aux paroles suivantes du Symbole de la foi : Qui est ressuscité le troisième jour selon les Écritures ?

R. Ces paroles sont tirées du passage qui suit de l’Épître de saint Paul aux Corinthiens : Car premièrement je vous ai enseigné, et comme donné en dépôt ce que j’avais moi-même reçu, savoir : que Jésus-Christ est mort pour nos péchés, selon les Écritures, qu’il a été enseveli, et qu’il est ressuscité le troisième jour, selon les mêmes Écritures. (I. Corinth. xv, 3, 4.)

Q. Dans quel but est-il dit que tout s’est accompli selon les Écritures ?

R. Afin de marquer que Jésus-Christ est mort et ressuscité précisément comme les livres de l’Ancien Testament avaient prédit à son sujet.

Q. Lesquels en traitent ?

R. Entre autres, la prophétie d’Isaïe, dans son 53e chapitre, qui esquisse en traits marquants la passion et la mort du Sauveur, par exemple. Et cependant il a été percé de plaies pour nos iniquités ; il a été brisé pour nos crimes. Le châtiment qui devait nous procurer la paix est tombé sur lui, et nous avons été guéris par ses meurtrissures. (Ver. 5.)

Relativement à la résurrection du Christ, saint Pierre cite le passage suivant du 15e psaume : parce que vous ne laisserez point mon âme dans l’enfer, et vous ne permettrez point que votre saint éprouve la corruption. (Actes, ii, 27.)

Q. L’époque de la résurrection du Seigneur, nommément au troisième jour, se trouve-t-elle précisée dans l’Ancien Testament ?

R. Elle est préfigurée dans la personne du prophète Jonas : Il demeura, dit l’Écriture, trois jours et trois nuits dans le ventre de ce poisson. (Jonas, ii, 2.)

Q. Comment connut-on que Jésus-Christ était ressuscité ?

R. Les gardes qui veillaient auprès du sépulcre, s’en aperçurent avec effroi lorsqu’un ange du Seigneur en fit rouler le rocher qui en fermait l’entrée, tandis qu’un grand tremblement de terre se faisait sentir. Des anges annoncèrent aussi à Marie Madeleine et aux autres femmes, que le Christ était ressuscité. Jésus lui-même, dans la journée de sa résurrection, apparut à plusieurs ; tels furent les pieuses femmes, puis saint Pierre, les disciples d’Emmaüs, et enfin tous les apôtres assemblés dans une maison dont les portes étaient closes. Après, dans l’espace de quarante jours, il apparut souvent à ces derniers ; un jour même il se fit voir à plus de cinq cents fidèles réunis. (I. Corinth. xv, 6.)

Q. Pourquoi Jésus-Christ, après sa résurrection, ne se fit-il voir aux apôtres que pendant quarante jours ?

R. Parce que ce fut pendant cet espace de temps qu’il continua à les instruire dans les mystères du royaume de Dieu. (Actes, i, 3.)


DU SIXIÈME ARTICLE DE FOI.


Q. Le sixième article du Symbole traite de l’ascension du Seigneur au ciel, est-ce aussi emprunté à l’Écriture sainte ?

R. Oui, et nommément aux passages suivants : Celui qui est descendu, est le même qui est monté au-dessus de tous les cieux, afin de remplir toutes choses. (Éphésiens, iv, 10.) Le pontife que nous avons est si grand qu’il est assis dans le ciel à la droite du trône de la souveraine majesté. (Hébreux, viii, 1.)

Q. Jésus-Christ est-il monté aux cieux en sa divinité ou en sa nature humaine ?

R. C’est comme homme qu’il est monté au ciel, car en sa divinité il y a toujours résidé et y demeure éternellement.

Q. Comment faut-il entendre que Jésus-Christ est assis à la droite de Dieu le Père, puisque Dieu est partout présent ?

R. Il faut l’entendre spirituellement. Cela signifie que Jésus-Christ est égal en puissance et en gloire à Dieu le Père.


DU SEPTIÈME ARTICLE DE LA FOI.


Q. En quels termes l’Écriture sainte parle-t-elle de l’avénement futur du Christ ?

R. Ce Jésus qui en se séparant de vous s’est élevé dans le ciel, viendra de la même manière que vous l’y avez vu monter. (Actes, i, 11.) Ce sont les propres paroles des anges au moment même de l’ascension du Sauveur.

Q. Comment s’exprime l’Écriture relativement au jour du jugement ?

R. Car le temps vient où tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront la voix du Fils de Dieu : et ceux qui auront fait de bonnes œuvres, sortiront du tombeau pour ressusciter à la vie ; mais ceux qui en auront fait de mauvaises, en sortiront pour ressusciter à leur condamnation. (Saint Jean, v, 28, 29.) Ce sont les paroles mêmes de Jésus-Christ.

Q. Le règne éternel du Christ est-il attesté par l’Écriture ?

R. Oui, dans les paroles adressées par l’ange Gabriel à la sainte Vierge, ainsi qu’il suit : Il sera grand et sera appelé le fils du Très-Haut : le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père : il régnera éternellement sur la maison de Jacob, et son règne n’aura point de fin. (Luc, i, 32, 33.)

Q. Le second avénement du Christ sera-t-il semblable au premier ?

R. Non, il en différera essentiellement. Lorsqu’il voulut souffrir pour le salut du genre humain, c’était dans l’abjection et l’abaissement qu’il vint sur la terre ; mais alors qu’il viendra pour nous juger, ce sera dans sa majesté, accompagné de tous ses anges. (Matth. xxv, 31.)

Q. Le Seigneur jugera-t-il tous les hommes ?

R. Tous sans exception.

Q. Comment les jugera-t-il ?

R. La conscience de chaque homme sera à découvert, et non-seulement tous les actes de sa vie terrestre, mais les paroles qu’il aura prononcées, et même ses plus secrètes pensées et ses désirs seront manifestés. Ne jugez point avant le temps : jusqu’à ce que le Seigneur vienne, qui produira à la lumière ce qui est caché dans les ténèbres, et découvrira les plus secrètes pensées du cœur ; et alors chacun recevra de Dieu la louange qui lui sera due. (Corinth. iv, 5.)

Q. Se peut-il que le Seigneur nous condamne pour des paroles ou de mauvaises pensées ?

R. Sans nul doute, si nous n’effaçons ces paroles et ces pensées par la pénitence, la foi et l’amendement de notre vie.

Or, je vous déclare que les hommes rendront compte au jour du jugement de toute parole oiseuse qu’ils auront dite. (Matth. xii, 36.)

Q. La venue de Jésus-Christ pour juger les hommes est-elle proche ?

R. C’est ce que nous ignorons ; il faut donc s’efforcer à vivre de manière à y être toujours préparés.

Ainsi le Seigneur n’a point retardé l’accomplissement de sa promesse comme quelques-uns se l’imaginent ; mais c’est qu’il exerce envers nous sa patience, ne voulant point qu’aucun périsse, mais que tous retournent à lui par la pénitence. Or, comme un larron vient dans la nuit, ainsi le jour du Seigneur viendra tout d’un coup. (II. Pierre, iii, 9, 10.)

Veillez donc, parce que vous ne savez ni le jour, ni l’heure auxquels le Fils de l’homme viendra. (Matth. xxv, 13.)

Q. La parole de Dieu ne nous révèle-t-elle pas certains signes auxquels on pourra reconnaître la prochaine venue du Christ ?

R. Oui, et tels sont, par exemple, la diminution de la foi et de la charité parmi les hommes, l’augmentation des vices et des maux, la prédication de l’Évangile à tous les peuples de la terre, enfin l’apparition de l’Antechrist. (Voyez Matth. xxiv.)

Q. Qu’est-ce que l’Antechrist ?

R. Un adversaire du Christ qui s’efforcera de détruire le christianisme, mais dont les efforts n’aboutiront qu’à sa propre perte et à une chute effroyable. (Voyez II. Thess. ii, 8.)

Q. Qu’est-ce qui constitue le royaume du Christ ?

R. Le royaume du Christ c’est d’abord l’univers ; en second lieu, tous ceux qui croient sur cette terre, et troisièmement tous les bienheureux dans le ciel, autrement dit : le royaume de la nature, celui de la grâce, et enfin celui de la gloire.

Q. Duquel de ces trois royaumes soumis au Christ est-il dit dans le Symbole, qu’il n’aura pas de fin ?

R. Du royaume de la gloire.


DU HUITIÈME ARTICLE DE FOI.


Q. Dans quelle acception l’Esprit-Saint est-il nommé Seigneur ?

R. De même que le Fils de Dieu, c’est-à-dire comme vrai Dieu.

Q. L’Écriture en rend-elle témoignage ?

R. Oui, on peut s’en convaincre par les paroles que prononça saint Pierre, lorsqu’il confondit Ananie : Comment Satan a-t-il tenté votre cœur, pour vous porter à mentir au Saint-Esprit ? Et plus bas : Ce n’est pas aux hommes que vous avez menti, mais à Dieu. (Actes, v, 3, 4.)

Q. Comment faut-il entendre le surnom de vivificateur donné à l’Esprit-Saint ?

R. Cela signifie que le Saint-Esprit, conjointement avec le Père et le Fils, donne la vie à toutes les créatures, et plus particulièrement à l’homme la vie spirituelle. Si un homme ne renaît de l’eau et de l’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. (Saint Jean, iii, 5.)

Q. D’où savons-nous que l’Esprit-Saint procède du Père ?

R. Les paroles suivantes de Jésus-Christ lui-même l’attestent : Mais lorsque le Consolateur, l’Esprit de la vérité qui procède du Père, que je vous enverrai de la part de mon Père, sera venu, il rendra témoignage de moi. (Jean, xv, 26.)

Q. La doctrine de la procession de l’Esprit-Saint du Père seul peut-elle subir une modification ou une addition quelconque ?

R. Positivement non, 1° parce que l’Église d’Orient répète mot à mot, pour appuyer ce dogme, les paroles mêmes de Notre-Seigneur ; or, il est hors de doute que les paroles de Jésus-Christ suffisent complétement à l’expression d’une vérité quelconque. En second lieu, parce que le second concile œcuménique a certainement exposé dans le Symbole tout ce qui a rapport au Saint-Esprit, de la manière la plus satisfaisante, puisqu’il avait été convoqué nommément pour établir la vraie doctrine concernant le Saint-Esprit. L’Église universelle en était tellement convaincue, que le IIIe concile général défendit, par son viie canon, de jamais composer un nouveau Symbole de la foi. C’est par cette raison que saint Jean Damascène dit dans sa Théologie : Nous disons que l’Esprit-Saint procède du Père, et nous l’appelons Esprit du Père : nous ne disons nullement que l’Esprit procède du Fils, mais seulement nous l’appelons Esprit du Fils. (Théol. liv. I, chap. ii, § 4.)

Q. Par quoi peut-on se convaincre qu’il faut adorer et glorifier l’Esprit-Saint à l’égal du Père et du Fils ?

R. On le voit par ces paroles du Christ : Baptisez au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. (Matth. xxviii, 19.)

Q. Pourquoi est-il dit dans le Symbole, que l’Esprit-Saint parla dans les prophètes ?

R. Pour confondre certains faux docteurs qui enseignaient que les livres de l’Ancien Testament n’étaient pas inspirés par le Saint-Esprit.

Q. L’Écriture rend-elle témoignage à l’inspiration des prophètes par l’Esprit-Saint ?

R. Saint Pierre dit : Ce n’a point été par la volonté des hommes que les prophéties nous ont été anciennement apportées, mais ç’a été par le mouvement du Saint-Esprit que les saints hommes de Dieu ont parlé. (II. Pierre, i, 21.)

Q. L’Esprit-Saint n’a-t-il pas parlé aussi dans les apôtres ?

R. Sans nul doute. Il leur fut révélé (aux prophètes), dit encore saint Pierre, que ce n’était pas pour eux-mêmes, mais pour vous qu’ils étaient ministres et dispensateurs de ces choses, que ceux qui vous ont prêché l’Évangile par le Saint-Esprit envoyé du ciel, vous ont maintenant annoncées. (I. Pierre i, 12.)

Q. Pourquoi n’est-il pas question des apôtres dans le Symbole de la foi ?

R. Parce qu’à l’époque où le Symbole fut composé, personne n’avait encore osé mettre en doute l’inspiration divine des apôtres.

Q. Le Saint-Esprit ne se manifesta-t-il pas aux hommes d’une manière particulière ?

R. Il descendit sur les apôtres au cinquantième jour après la résurrection du Christ, sous la forme de langues de feu.

Q. L’Esprit-Saint se communique-t-il encore aux hommes d’une manière invisible de nos jours ?

R. Il se communique à tous les vrais chrétiens.

Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? (I. Corinth. iii, 16.)

Q. Comment peut-on participer à l’Esprit-Saint ?

R. Par la prière fervente et les sacrements. Si donc vous, quoique vous soyez méchants, vous savez néanmoins donner de bonnes choses à vos enfants ; à combien plus forte raison votre Père qui est dans le ciel donnera-t-il le Saint-Esprit à ceux qui le lui demanderont. (Luc. xi, 13.)

Mais depuis que la bonté de Dieu notre Sauveur, et son amour pour les hommes a paru dans le monde, il nous a sauvés, non à cause des œuvres de justice que nous eussions faites, mais à cause de sa miséricorde, par l’eau de la renaissance et par le renouvellement du Saint-Esprit qu’il a répandu sur nous avec une riche effusion, par Jésus-Christ Notre-Sauveur. (Tite iii, 4, 5, 6.)

Q. Quels sont les dons principaux de l’Esprit-Saint ?

R. Les principaux et les plus répandus sont ceux que le prophète Isaïe énumère au nombre de sept : l’esprit de la crainte de Dieu, l’esprit de science, l’esprit de force, l’esprit de conseil, l’esprit d’intelligence, l’esprit de sagesse, l’esprit du Seigneur ou le don de la piété et l’inspiration au suprême degré. (Voyez Isaïe, xi, 13.)


DU NEUVIÈME ARTICLE DE FOI.


Q. Qu’est-ce que l’Église ?

R. L’Église est une association d’hommes que Dieu a instituée, et le lien qui les réunit est la foi orthodoxe, la loi divine, l’hiérarchie et les sacrements.

Q. Que signifie croire en l’Église ?

R. C’est honorer pieusement la véritable Église de Jésus-Christ, se soumettre à sa doctrine et à ses préceptes, dans la conviction que la grâce du chef unique et éternel de l’Église, Notre-Seigneur Jésus-Christ, demeure et agit en elle pour notre salut, la gouverne et inspire ses enseignements.

Q. Comment l’Église qui est visible peut-elle être un objet de foi, puisque la foi, au dire de l’Apôtre, est la manifestation des choses invisibles ?

R. Quoique l’Église soit en effet visible, la grâce qui lui appartient et qui agit en ceux qui lui sont consacrés est invisible ; or, c’est cette grâce qui est proprement l’objet de notre foi en l’Église.

De plus l’Église est visible en tant qu’appartenant à la terre, elle renferme dans son sein tous les chrétiens orthodoxes, vivants sur cette terre, mais en même temps elle est invisible, puisqu’elle existe aussi dans le ciel, et que tous ceux qui sont morts dans la vraie foi et dans la sainteté lui appartiennent.

Q. Que peut-on citer à l’appui de cette croyance, par rapport à l’Église terrestre formant un tout avec l’Église céleste ?

R. Les paroles suivantes que saint Paul adressait aux chrétiens : Mais vous vous êtes approchés de la montagne de Sion, de la ville du Dieu vivant, de la Jérusalem céleste, des myriades d’anges, de l’assemblée et de l’Église des premiers-nés, qui sont écrits dans le ciel, de Dieu qui est le juge de tous, des esprits des justes qui sont dans la gloire, de Jésus qui est le médiateur de la nouvelle alliance. (Hebr. xii, 22, 23, 24.)

Q. Quel témoignage nous prouve que la grâce de Dieu continue à résider dans l’Église véritable ?

R. Celui de Jésus-Christ lui-même, qui en est le chef ; l’Homme-Dieu, plein de grâce et de vérité, remplit l’Église, qui est son corps, de grâce et de vérité (Voyez saint Jean, i, 14, 17.) C’est Jésus-Christ aussi qui promit à ses disciples, que le Saint-Esprit demeurerait éternellement avec eux ; conformément à cette promesse, nous croyons que c’est l’Esprit-Saint qui institue les pasteurs de l’Église. (Voyez saint Jean, xiv, 16.)

L’apôtre saint Paul dit de Jésus-Christ, que Dieu le Père a mis toutes choses sous ses pieds, et (il) l’a donné pour chef à toute l’Église qui est son corps. (Éphes. i, 22, 23.) Le même apôtre s’adresse ainsi aux pasteurs de l’Église : Prenez donc garde à vous-mêmes, et à tout le troupeau sur lequel le Saint-Esprit vous a établis évêques, pour gouverner l’Église de Dieu, qu’il a acquise par son propre sang. (Actes, xx, 28.)

Q. Quelles autres preuves avons-nous de ce que la grâce divine demeure dans l’Église jusqu’à nos jours et ne l’abandonnera point jusqu’à la consommation des siècles ?

R. Les déclarations expresses de Jésus-Christ et les paroles de son apôtre citées plus bas.

Je bâtirai mon Église, et les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle. (Matth. xvi, 18.)

Je serai toujours avec vous jusqu’à la consommation des siècles. (Matth. xxviii, 20.)

Que Dieu le Père soit glorifié dans l’Église par Jésus-Christ dans la succession de tous les âges et de tous les siècles. Amen. (Éphes. iii, 21.)

Q. Pourquoi l’Église est-elle une ?

R. Parce qu’elle représente un seul corps spirituel, animé par un seul et même esprit divin, et n’ayant qu’un chef qui est le Christ.

Vous n’êtes tous qu’un corps et qu’un esprit, comme vous avez tous été appelés à une même espérance, et qu’il n’y a qu’un Seigneur, qu’une foi et qu’un baptême, qu’un Dieu Père de tous. (Éphes. iv, 4, 5, 6.)

Q. Quel témoignage encore plus explicite avons-nous de ce que Jésus-Christ est le chef unique d’une Église unique ?

R. Saint Paul dit, que le fondement de l’Église est Jésus-Christ, et personne ne peut en poser d’autre que celui qui a été posé, qui est Jésus-Christ. (I. Corinth. iii, 10, 11.) Or donc, l’Église étant le corps de Jésus-Christ, elle ne peut avoir d’autre chef ou tête que Jésus-Christ lui-même.

L’Église, qui doit subsister dans tous les siècles, doit avoir un chef qui demeure éternellement ; un tel chef ne peut être rien autre que Jésus-Christ. C’est par cette raison que les apôtres ne se qualifient que de ministres ou serviteurs de l’Église. (Voyez Coloss. i, 24, 25.)

Q. Quel devoir nous impose l’unité de l’Église ?

R. De nous appliquer avec soin à conserver l’unité d’un même esprit par le lien de la paix. (Éphes. vi, 3.)

Q. Comment accorder avec l’unité de l’Église la pluralité des Églises partielles et indépendantes l’une de l’autre, telles que celles de Jérusalem, d’Antioche, d’Alexandrie, de Constantinople, de Russie ?

R. Ce sont des Églises partielles, des membres de l’Église une et universelle. Leur organisation visible, et en apparence formant un tout séparé, ne les empêche pas d’être spirituellement des membres considérés du corps entier et unique de l’Église universelle, d’avoir pour chef comme elle Jésus-Christ, et d’être pénétrés d’un seul et même esprit de foi et de grâce. Cette unité a son expression visible dans une même profession de foi et une communauté de prières et de sacrements qui constituent le lien entre les Églises.

Q. La même unité subsiste-t-elle entre l’Église qui est sur la terre et celle qui est au ciel ?

R. Sans aucun doute, tant par leur relation avec un même et unique chef qui est Notre-Seigneur Jésus-Christ, que par la communion mutuelle de l’une à l’autre.

Q. Quel est l’intermédiaire de la communion entre l’Église terrestre et celle des cieux ?

R. La prière de la foi et de la charité. Les fidèles appartenant à l’Église militante sur la terre adressent leurs prières à Dieu en invoquant l’intercession des saints, membres de l’Église céleste. De même ceux-ci, arrivés aux degrés les plus rapprochés du trône de la Divinité, par leurs prières intercédant pour nous, purifient, fortifient et offrent à Dieu les prières des fidèles vivants sur la terre ; souvent même Dieu permet que l’influence bienfaisante des bienheureux sur les fidèles d’ici-bas se manifeste par une force invisible, par des apparitions, ou par d’autres moyens.

Q. Sur quoi se fonde le précepte de l’Église terrestre, en vertu duquel nous invoquons dans nos prières les saints de l’Église céleste ?

R. Sur une tradition sacrée, dont l’origine se retrouve dans l’Écriture sainte. Lorsque le Prophète-Roi s’écrie : Seigneur Dieu d’Abraham et d’Isaac, et Israël nos pères, il invoque les saints pour donner plus de force à sa prière ; de même maintenant l’Église orthodoxe s’adresse à Jésus-Christ notre vrai Dieu par les prières de sa très-sainte Mère et de tous les saints. (Voyez I. Paral. xxiv, 18.)

Saint Cyrille de Jérusalem dans son explication de la divine Liturgie s’exprime ainsi : Nous commémorons aussi les trépassés, et en premier lieu les patriarches, les prophètes, les apôtres, les martyrs, afin que Dieu, par leur intercession et leurs prières, accepte les nôtres. (Instruct. Catéch. v, ch. 9.)

Saint Basile, dans son Homélie pour le jour où l’on célébra la mémoire de quarante martyrs à la fois, dit : L’affligé accourt sous la protection des quarante martyrs, et celui qui se réjouit se réfugie aussi auprès d’eux : l’un pour trouver un allégement à ses peines, l’autre pour conserver les causes de sa joie. Que la femme pieuse qui prie pour ses enfants s’adresse à eux, et que celle qui demande avec ferveur le retour ou la guérison de son mari fasse de même. En un mot, prions avec les saints martyrs, et nos prières seront exaucées.

Q. L’Écriture rend-elle témoignage à l’intercession des saints en notre faveur ?

R. Saint Jean l’Évangéliste, dans l’Apocalypse, dit avoir vu un ange dans le ciel, qui se tint devant l’autel, ayant un encensoir d’or, et on lui donna une grande quantité de parfums, composés des prières de tous les saints, afin qu’il les offrît sur l’autel d’or, qui est devant le trône de Dieu. Et la fumée des parfums, composés des prières des saints, s’élevant de la main de l’ange, monta devant Dieu. (Apoc. viii, 3, 4.)

Q. Trouve-t-on dans l’Écriture sainte des exemples d’apparitions bienfaisantes des saints sur la terre après leur mort ?

R. Saint Matthieu nous apprend, qu’à peine le Seigneur eut-il expiré sur la croix, plusieurs corps des saints qui étaient dans le sommeil de la mort ressuscitèrent ; et sortant de leurs tombeaux après sa résurrection, ils vinrent dans la ville sainte, et furent vus de plusieurs personnes. (Matth. xxvii, 52, 53.) Un miracle si étonnant ne s’accomplit certainement qu’en vue d’un but qui en était digne ; il est donc à présumer que les saints ressuscités furent vus de plusieurs personnes, afin de leur annoncer la descente de Jésus-Christ dans l’enfer et le triomphe de sa résurrection d’entre les morts, pour faciliter par leur prédication à ceux qui étaient nés dans l’Église de l’ancienne loi, le passage à la nouvelle Église qui s’ouvrait à tous dans l’alliance nouvelle.

Q. Quels témoignages nous confirment dans la croyance que les saints après leur trépas opèrent des miracles par le moyen d’objets palpables et terrestres ?

R. Nous voyons dans le 4e livre des Rois la résurrection d’un mort par l’attouchement des ossements du prophète Élisée. (Voyez chap. xiii, 21.)

Non-seulement saint Paul opérait des guérisons surnaturelles et d’autres miracles sans aucun intermédiaire et par sa seule présence, mais même en son absence les mouchoirs et les linges qui avaient touché son corps (Actes, xix, 12) produisaient le même effet. Cet exemple suffit pour nous convaincre de la continuation de l’influence bienfaisante des saints sur nous-mêmes après leur mort par le moyen d’objets matériels et terrestres, consacrés par eux.

Saint Grégoire de Nazianze dit dans sa première homélie contre Julien l’Apostat : Votre conscience n’a pas été émue à la vue des victimes immolées pour le Christ, votre cœur n’a pas été saisi d’effroi devant de grands saints tels que Jean, Pierre, Paul, Étienne, Jacques, Luc, André, Thécla et tous les autres qui, avant ou après eux, ont souffert pour la vérité, résistant au fer, au feu, aux bêtes féroces, aux bourreaux, aux douleurs dont on les menaçait, comme à celles qu’on leur infligeait, et tout cela avec zèle comme des êtres immatériels, ou comme si leurs corps ne leur appartenaient plus. Et pourquoi le faisaient-ils ? Pour ne point trahir, même par une simple parole, la vraie foi. Or, il est juste qu’il leur en revienne honneur et triomphe, que les démons fuient devant eux, et que par eux des guérisons s’opèrent, qu’ils aient le don des miracles et des prophéties. Que leurs corps mêmes aient une puissance égale à celle de leurs saintes âmes, pour ceux qui s’en approchent avec foi et les honorent. Que même une goutte de leur sang, étant un signe palpable de leur martyre, produisent des miracles comme leurs corps. Citons à ce sujet encore un passage de saint Jean Damascène : Notre-Seigneur Jésus-Christ nous a donné les reliques des saints comme des sources salutaires et inépuisables, dont découlent d’innombrables bienfaits. À quoi il ajoute une remarque : Que par l’intermédiaire de l’âme des saints, Dieu daigna habiter leur corps. (Théolog., livr. 4, chap. xv, 3, 4.)

Q. Pourquoi l’Église est-elle nommée sainte ?

R. Parce que Jésus-Christ l’a sanctifiée par sa passion, par sa doctrine, en priant pour elle, et enfin par les sacrements.

Jésus-Christ a aimé l’Église et s’est livré lui-même à la mort pour elle, afin de la sanctifier, après l’avoir purifiée dans le baptême de l’eau, par la parole de vie, pour la faire paraître devant lui pleine de gloire, n’ayant ni tache, ni ride, ni rien de semblable, mais étant sainte et irrépréhensible. (Éphes. v, 25, 26, 27.) Quand Jésus pria son Père pour ceux qui avaient cru en lui, il ajouta : Sanctifiez-les dans la vérité. Votre parole est la vérité même. Et je me sanctifie moi-même pour eux, afin qu’ils soient aussi sanctifiés dans la vérité. (Jean, xvii, 17, 19.)

Q. Comment se fait-il que l’Église soit sainte tandis qu’elle renferme des pécheurs ?

R. Ceux qui se purifient du péché par une pénitence sincère n’infirment point la sainteté de l’Église. Quant aux pécheurs endurcis dans l’impénitence, ils sont séparés du corps de l’Église, soit par une action visible de l’autorité ecclésiastique, soit par l’action invisible des jugements de Dieu ; comme des membres sans vie, ils sont hors de l’Église et ne nuisent aucunement à sa sainteté. Dieu jugera ceux qui en sont dehors (de l’Église). Mais, pour vous, retranchez ce méchant du milieu de vous. (I. Corinth. v. 13.)

Mais le solide fondement de Dieu demeure ferme, ayant pour sceau cette parole : Le Seigneur connaît ceux qui sont à lui ; et cette autre : Que quiconque invoque le nom de Jésus-Christ s’éloigne de l’impunité. (II. Tim. ii, 19.)

Q. Pourquoi l’Église est-elle encore nommée catholique, ou, ce qui signifie la même chose, universelle ?

R. Parce qu’elle n’a de limites ni de lieu, ni de temps ; qu’elle ne se borne pas à tel ou tel peuple, mais qu’elle renferme dans son sein les vrais fidèles de tous les temps, de tous les peuples et en tout lieu. C’est dans ce sens que saint Paul disait que l’Évangile est répandu dans tout le monde, où il fructifie et croît (Colossiens, i, 5, 6.) et que dans l’Église chrétienne, il n’y a différence ni de Gentil et de Juif, ni de circoncis et d’incirconcis, ni de barbare et de Scythe, ni d’esclave et de libre, mais où Jésus-Christ est tout à tous. (Coloss. iii, 11.)

Ceux qui s’appuient sur la foi sont donc bénis avec le fidèle Abraham. (Gal. iii, 9.)

Q. Quelle importante prérogative appartient à l’Église catholique ou universelle ?

R. C’est relativement à elle qu’il a été dit : Que les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle, que le Seigneur demeurera avec elle jusqu’à la consommation des siècles, que c’est en elle qu’habitera la gloire de Dieu en Christ pour tous les temps. Il résulte de là que l’Église est incapable de renier la foi, elle ne peut faillir dans la vérité des dogmes, ou s’abandonner à l’erreur.

Nous confessons indubitablement comme une vérité inébranlable, que l’Église catholique ne peut faillir ou errer, ni proclamer le faux au lieu du vrai ; car le Saint-Esprit agissant toujours par les Pères ou Docteurs de l’Église qui remplissent fidèlement leur mission, la préserve de toute erreur. (Épître des Patriarches d’Orient sur la Foi orthodoxe, art. 12.)

Q. Si l’Église catholique renferme tous les vrais fidèles du monde, n’est-ce pas une condition essentielle du salut que d’en faire partie ?

R. Cela est en effet ainsi. Puisque Jésus-Christ, selon les paroles de saint Paul, est le chef de l’Église et le Sauveur du corps de l’Église, pour avoir part au salut, il est absolument nécessaire d’être membre de ce corps, c’est-à-dire de l’Église catholique. (Éphes. v, 23.)

Nous lisons dans l’Épître de saint Pierre que le baptême nous sauve à l’instar de l’arche de Noé. Or, tous ceux qui furent sauvés du déluge universel le furent uniquement dans l’arche de Noé ; de même tous ceux qui trouvent le salut éternel ne le trouvent que dans la seule Église catholique et apostolique.

Q. Quelles pensées et quels souvenirs réveille en nous le nom d’Église chrétienne d’Orient ?

R. C’est en Orient, dans le paradis terrestre, que fut instituée par Dieu la première Église dans la personne de nos premiers parents, encore purs de toute souillure du péché ; c’est encore là qu’après la chute fut posé le premier fondement de l’Église de ceux qui avaient foi en un salut à venir, par la promesse d’un Rédempteur.

C’est en Orient, dans la Judée, que Notre-Seigneur ayant accompli l’œuvre de la Rédemption, fonda son Église, l’Église chrétienne ; ce fut de là qu’elle se répandit sur tout l’univers. Enfin, c’est dans les antiques Églises de l’Orient que jusqu’à nos jours s’est conservée, dans sa pureté primitive, la foi catholique orthodoxe, scellée et confirmée par les sept conciles œcuméniques, telle que nous la retrouvons chez les coreligionnaires de l’Église d’Orient, en Russie et ailleurs.

Q. Par quelle raison l’Église se nomme-t-elle en outre apostolique ?

R. Parce qu’elle a conservé invariablement et sans interruption depuis les Apôtres la saine doctrine et la transmission successive des dons du Saint-Esprit, par l’imposition des mains du sacerdoce. C’est dans cette même acception que l’Église se nomme orthodoxe, c’est-à-dire irrépréhensible dans sa foi.

Vous n’êtes donc plus des étrangers qui sont hors de leur pays et de leur maison, mais vous êtes citoyens de la même cité que les Saints et les familiers de la maison de Dieu, puisque vous êtes édifiés sur le fondement des Apôtres et des Prophètes, et unis en Jésus-Christ, qui est lui-même la principale pierre de l’angle. (Éph. ii, 19, 20.)

Q. Quel enseignement nous transmet le Symbole de la foi, en nommant l’Église apostolique ?

R. Il nous apprend qu’on doit se tenir invariablement attaché à la doctrine et aux traditions apostoliques, et s’éloigner de toute doctrine qui n’est pas basée sur celle des Apôtres, et de tous ceux qui professent une telle doctrine. Les passages suivants de saint Paul viennent à l’appui de ce que nous venons de dire : C’est pourquoi, mes frères, demeurez fermes, et conservez les traditions que vous avez apprises, soit par nos paroles, soit par notre lettre. (II. Thessal. ii, 15.) Évitez celui qui est hérétique, après l’avoir averti une première et une seconde fois. (Tite, iii, 10.) Car il y en a plusieurs, et surtout d’entre les Juifs qui ne veulent point se soumettre, qui s’occupent à conter des fables, et qui séduisent les âmes. Il faut fermer la bouche à ces personnes qui renversent les familles entières, enseignant par un intérêt honteux ce qu’on ne doit point enseigner. (Tite, i, 10, 11.) Et s’il n’écoute pas l’Église même (votre frère), qu’il soit à votre égard comme un païen et un publicain. (Matthieu, xviii, 17.)

Q. Quelle est l’institution ecclésiastique qui perpétue dans l’Église, par une succession non interrompue, le ministère apostolique ?

R. La hiérarchie, ou les différents ordres du clergé.

Q. Quelle est l’origine de la hiérarchie dans l’Église chrétienne orthodoxe ?

R. Elle remonte à Jésus-Christ lui-même et à la descente du Saint-Esprit sur les Apôtres, et continue jusqu’à nous par le sacrement de la prêtrise et l’imposition des mains.

Lui-même donc a donné à son Église quelques-uns pour être apôtres, d’autres pour être prophètes, d’autres pour être évangélistes, d’autres pour être pasteurs et docteurs, afin qu’ils travaillent à la perfection des Saints, aux fonctions de leur ministère, à l’édification du corps de Jésus-Christ. (Éphés., iv, 11, 12.)

Q. Quelle est l’autorité ecclésiastique dont la juridiction s’étend sur toute l’Église catholique ?

R. Le concile œcuménique.

Q. Quelle est l’autorité ecclésiastique qui gouverne les principales divisions de l’Église universelle ?

R. Les patriarches orthodoxes d’Orient, et le synode de Russie.

L’ordre des préséances hiérarchiques entre les patriarches est comme il suit : 1° le siége de Constantinople ; 2° celui d’Alexandrie ; 3° le siége d’Antioche ; 4° celui de Jérusalem, et 5° le patriarcat ou synode de Russie.

Q. Les provinces orthodoxes, et les villes moins considérables, dépendent-elles de quelque autre autorité ecclésiastique ?

R. Elles sont gouvernées par des métropolitains, des archevêques et des évêques.

Q. Quel rang dans la hiérarchie occupe le synode de Russie ?

R. Il est mis à l’égal d’un patriarche, ayant occupé la place du patriarcat de Russie, qui n’a été aboli que du consentement des autres patriarches. (Voyez Lettre des patriarches d’Orient sur l’établissement du synode permanent de Russie.)

Q. Pour remplir le devoir d’obéissance envers l’Église, où doit-on chercher à s’instruire de ce qu’elle impose à ses enfants ?

R. On peut s’en instruire en lisant l’Écriture sainte, les Canons apostoliques, les Actes des conciles œcuméniques et de certains conciles locaux, et enfin les règlements de l’Église.


DU DIXIÈME ARTICLE DE FOI.


Q. Pourquoi est-il fait mention du baptême dans le Symbole de la foi ?

R. Parce que la foi est scellée par le baptême conjointement aux autres sacrements.

Q. Qu’est-ce qu’un sacrement ?

R. Un sacrement est une fonction sacrée, par le moyen de laquelle la grâce, autrement la puissance salutaire de Dieu, opère mystérieusement dans l’homme pour son salut.

Q. Combien compte-t-on de sacrements ?

R. Sept : 1° le baptême, 2° la confirmation, 3° la communion, 4° la pénitence, 5° la prêtrise, 6° le mariage, 7° l’onction des malades ou l’extrême-onction.

Q. Quelle est la vertu de chacun de ces sacrements ?

R. 1° Le baptême fait naître l’homme mystérieusement à la vie spirituelle.

2° Par la confirmation l’on reçoit la grâce qui fortifie et fait croître en nous l’homme spirituel.

3° La communion nourrit spirituellement.

4 ° La pénitence guérit les maladies de l’âme qui sont nos péchés.

5° La prêtrise est une grâce particulière conférée aux personnes chargées d’engendrer et d’élever spirituellement les autres hommes en leur transmettant la saine doctrine et les sacrements.

6° Le mariage est un don de la grâce, qui sanctifie le lien conjugal, la procréation naturelle et l’éducation des enfants.

7° L’onction des infirmes sert à guérir les maladies corporelles, moyennant la guérison de celles de l’âme.

Q. Dans le Symbole de la foi, pourquoi n’est-il fait mention que du seul sacrement du Baptême, et d’aucun autre ?

R. Parce qu’il s’était élevé des doutes sur la nécessité de rebaptiser les hérétiques : le concile jugea utile de déterminer dans le Symbole que le Baptême était un.


DU BAPTÊME.


Q. Qu’est-ce que le Baptême ?

R. Un sacrement par lequel le fidèle, moyennant une triple immersion dans l’eau et l’invocation de Dieu le Père, le Fils et le Saint-Esprit, meurt à la vie charnelle et souillée du péché, et est régénéré par le Saint-Esprit à la vie spirituelle et sainte. Si un homme ne renaît de l’eau et de l’esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. (Jean, iii, 5.)

Q. Où le baptême fut-il primitivement institué, et de quelle manière s’administrait-il ?

R. Le premier qui baptisa fut saint Jean. Il baptisa du baptême de la Pénitence, en disant aux peuples qu’ils devaient croire en celui qui venait après lui, c’est-à-dire en Jésus (Actes, xix, 4). Puis vint Jésus-Christ sanctifiant par son exemple le baptême qu’il reçut de la main de Jean. Enfin, après la résurrection, le Seigneur ordonna solennellement à ses Apôtres : Allez donc et instruisez tous les peuples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. (Matth. xxviii, 19.)

Q. Quel est l’acte le plus important dans la cérémonie du baptême ?

R. La triple immersion dans l’eau, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

Q. Qu’est-il exigé de celui qui aspire à recevoir le baptême ?

R. La repentance et la foi ; c’est pour cela qu’il doit réciter avant le baptême le Symbole, qui est l’exposition de la foi.

Faites pénitence, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ pour obtenir la rémission de vos péchés, et vous recevrez le don du Saint-Esprit (Actes, ii, 38). Celui qui croira et qui sera baptisé, sera sauvé (Marc, xvi, 16).

Q. Comment se fait-il que l’on administre le baptême aux enfants ?

R. À cause de la foi de leurs parents et de leurs parrains, en tant que ceux-ci s’engagent à les instruire dans la foi, à mesure qu’ils avanceront en âge.

Q. Peut-on prouver par l’Écriture sainte qu’il faut conférer le baptême aux enfants ?

R. Sous l’ancienne loi, la circoncision se pratiquait sur les enfants, le huitième jour après leur naissance ; sous la loi nouvelle, le baptême a remplacé la circoncision : il est donc parfaitement juste de l’administrer aux enfants en bas âge.

Q. Comment peut-on s’assurer si le baptême remplace effectivement la circoncision ?

R. Par les paroles suivantes que l’Apôtre adresse aux fidèles : Comme c’est en lui que vous avez été circoncis d’une circoncision qui n’est point faite de main d’homme, mais qui consiste dans le dépouillement du corps des péchés que produit la concupiscence charnelle, c’est-à-dire de la circoncision de Jésus-Christ, ayant été ensevelis avec lui par le baptême. (Coloss. ii, 11, 12.)

Q. Pourquoi les parrains et marraines sont-ils nécessaires ?

R. Ils se présentent comme garants envers l’Église de la foi du néophyte, et ils s’engagent à le prendre sous leur protection après le baptême, afin de le fortifier dans la foi. (Voyez saint Denis l’Aréopagite, ii.)

Q. Pourquoi l’exorcisme est-il joint au baptême ?

R. Pour éloigner du néophyte le démon auquel l’homme a donné prise depuis la chute d’Adam, étant devenu en quelque façon prisonnier et esclave du séducteur. Saint Paul dit que tous les hommes qui sont en dehors de la grâce, vivent selon la coutume de ce monde, selon le prince des puissances de l’air, cet esprit qui exerce maintenant son pouvoir sur les incrédules et les rebelles. (Éphes. ii, 2.)

Q. En quoi consiste la puissance de l’exorcisme ?

R. Dans le nom de Jésus-Christ, invoqué en prière et avec foi ; témoin la promesse que Jésus a faite aux fidèles : Ils chasseront les démons en mon nom. (Marc, xiv, 17.)

Q. Le signe de la croix, employé en cette occasion et en beaucoup d’autres, a-t-il une vertu particulière ?

R. Ce qu’est le nom de Jésus le crucifié, prononcé avec foi par un mouvement des lèvres, est aussi le signe de la croix, fait avec foi par un mouvement de la main, ou représenté de quelque autre manière.

Saint Cyrille de Jérusalem écrit à ce sujet : N’ayons jamais honte de confesser le crucifié, marquons avec confiance notre front du signe de la croix et retraçons-le sur tout ce qui nous approche : sur le pain que nous mangeons, sur les coupes dont nous buvons ; signons-nous de la croix en entrant ou en sortant de nos maisons, en nous couchant et en nous levant, lorsque nous sommes en voyage ou que nous nous reposons. Le signe de la croix protége le pauvre, et devient pour le faible une sécurité qu’il obtient sans peine. Car c’est encore une grâce que Dieu nous accorde, que ce signe, qui est la marque distinctive des fidèles et la terreur des esprits malins. (Instruct. catéch. xiii, 36.)

Q. À quelle époque remonte l’origine du signe de la croix ?

R. Aux temps apostoliques. (Voyez Denys Aréopag. De la Hiérarchie eccl. ii et v ; Tertull. De la Couronne, ch. iii, De la Résurr. viii.)

Q. Quelle est la signification de la robe blanche dont on doit se revêtir après le baptême ?

R. Elle indique la pureté d’âme exigée d’une vie chrétienne.

Q. Pourquoi met-on une croix à celui que l’on baptise ?

R. Pour représenter d’une manière sensible et rappeler sans cesse l’injonction du Christ à ses disciples : Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à soi-même, et qu’il se charge de sa croix et me suive. (Matth. xvi, 24.)

Q. Pourquoi celui qu’on baptise doit-il faire trois fois le tour du baptistère, tenant en main un cierge allumé ?

R. On fait allusion par là à la joie spirituelle qu’il doit éprouver, jointe à une illumination de son âme.

Q. À quelle fin le Symbole enjoint-il de ne reconnaître qu’un seul baptême ?

R. Il nous fait entendre par là que le baptême ne se répète pas.

Q. Et pourquoi ne peut-il pas se répéter ?

R. Le baptême étant une naissance spirituelle, l’homme ne peut naître deux fois spirituellement, tout comme il ne naît qu’une seule fois pour le corps.

Q. Que doit-on penser de ceux qui retombent dans le péché après le baptême ?

R. Ils sont plus coupables que ceux qui n’ont point reçu la grâce du baptême, ayant eu un secours de Dieu pour le bien, dont ils n’ont pas profité.

Que si après s’être retirés des corruptions du monde par la naissance de Jésus-Christ Notre-Seigneur et notre Sauveur, ils se laissent vaincre en s’y engageant de nouveau, leur dernier état est pire que le premier. (II. Pierre, ii, 20.)

Q. Mais n’y a-t-il aucun moyen d’obtenir le pardon des péchés commis subséquemment au baptême ?

R. Oui ; et ce moyen est la Pénitence.


DE LA CONFIRMATION.


Q. Qu’est-ce que la Confirmation ?

R. C’est un sacrement par lequel le fidèle obtient les dons du Saint-Esprit qui doivent le fortifier et le faire croître dans la vie spirituelle ; sa forme sensible est l’onction de plusieurs parties du corps avec le saint chrême, au nom du Saint-Esprit.

Q. Est-il fait mention de ce sacrement dans l’Écriture sainte ?

R. Saint Jean l’évangéliste explique de la manière suivante l’action intérieure de ce sacrement : Quant à vous, vous avez reçu l’onction du Saint-Esprit, et vous connaissez toutes choses. Mais pour vous autres, l’onction que vous avez reçue du Fils de Dieu demeure en vous, et vous n’avez pas besoin que personne vous enseigne ; mais comme cette même onction vous enseigne toutes choses, et qu’elle est la vérité exempte de mensonge, vous n’avez qu’à demeurer dans ce qu’elle nous enseigne. (I. Jean, ii, 21, 22.)

L’apôtre saint Paul en parle de même : Or, c’est celui qui nous confirme et nous affermit avec vous en Jésus-Christ, et qui nous a oints de son onction : c’est Dieu même. Et c’est lui aussi qui nous a marqués de son sceau, et qui pour arrhes nous a donné le Saint-Esprit dans nos cœurs. (Corinth. i, 21, 22.)

C’est à ce passage que sont empruntées les paroles qui accompagnent l’acte même de la confirmation ou onction : Voici le sceau des dons du Saint-Esprit.

Q. L’Écriture sainte définit-elle l’acte extérieur de ce sacrement ?

R. Il est à présumer que les paroles de saint Jean l’évangéliste indiquent aussi l’onction visible et matérielle ; cependant il est plus généralement connu que les apôtres, pour communiquer à ceux qu’ils baptisaient les dons du Saint-Esprit, employaient l’imposition des mains. (Actes, viii, 14, 16.)

Les successeurs des apôtres la remplacèrent par l’onction avec l’huile sainte, à l’instar de l’onction employée dans différentes occasions sous l’ancienne loi. (Voyez Ex. xxx, 25 ; III. Rois, i, 39 ; Denys l’Aréopagite, De la hiérarchie eccl. ch. iv.)

Q. Quelle observation y a-t-il encore à faire relativement au saint chrême qui sert à la confirmation ?

R. C’est que le droit de le consacrer est réservé exclusivement aux évêques, parce qu’ils sont les successeurs directs des apôtres, et que ceux-ci faisaient eux-mêmes l’imposition des mains pour conférer les dons du Saint-Esprit.

Q. Quelle est la signification particulière de l’onction du front ?

R. La sanctification de l’esprit et des pensées.

Q. Que signifie l’onction de la poitrine ?

R. La sanctification du cœur et de ses désirs.

Q. Pourquoi oint-on les oreilles, les yeux et les lèvres ?

R. Afin de sanctifier les sens.

Q. Et enfin pourquoi oint-on les pieds et les mains ?

R. En vue de la sanctification de toutes les œuvres et de toute l’existence du vrai chrétien.


DE LA COMMUNION.


Q. Qu’est-ce que la communion ?

R. C’est un sacrement dans lequel le fidèle reçoit, sous les espèces du pain et du vin consacré, le corps même et le sang du Christ pour la vie éternelle.

Q. Quelle est l’origine de l’institution de ce sacrement ?

R. Jésus-Christ, avant sa passion, l’institua lui-même, représentant d’avance dans l’Eucharistie les souffrances qui l’attendaient. Les Apôtres communièrent de la main de leur divin Maître, et reçurent de lui le commandement de continuer à pratiquer ainsi le sacrifice eucharistique.

Q. Que doit-on remarquer encore sur le sacrement de la communion, par rapport au culte de l’Église chrétienne ?

R. Que la célébration de ce sacrement constitue la partie essentielle du culte chrétien.

Q. Comment se nomme la fonction religieuse par laquelle s’accomplit le sacrement de l’Eucharistie ?

R. La liturgie ou la messe.

Q. Que signifie le mot de Liturgie ?

R. Culte public. Mais cette dénomination s’applique plus particulièrement au service divin qui comprend le sacrement de la communion.

Q. Quelle observation nous reste-t-il à faire sur le lieu où la liturgie peut être célébrée ?

R. La liturgie doit être absolument célébrée dans un lieu dont l’autel, ou pour le moins l’antimensium qui le remplace, doit être consacré par un évêque.

Q. Pourquoi le temple chrétien a-t-il été nommé église ?

R. Parce que les fidèles qui s’y réunissent pour participer aux prières et aux sacrements composent l’Église.

Q. Pourquoi la sainte table sur laquelle s’opère la consécration du pain et du vin, se nomme-t-elle le trône ?

R. Parce que Jésus-Christ y est mystiquement présent et qu’il est le roi des fidèles.

Q. Les différentes parties qui composent la liturgie se suivent-elles, dans un ordre régulier et fixe ?

R. Oui ; la première comprend la préparation des espèces qui doivent servir au sacrement ; la seconde est la préparation des fidèles pour y assister ; la troisième enfin est le sacrifice mystique lui-même.

Q. Comment se nomme la première partie de la liturgie ?

R. L’offertoire ou oblation préparatoire.

Q. Pourquoi la désigne-t-on par ce nom ?

R. À cause de la coutume des anciens chrétiens qui apportaient ou offraient à l’église le pain ou le vin du sacrement. C’est par cette même raison que ce pain s’appelle προσφορά, ce qui signifie l’offrande.

Q. De quoi se compose cette première partie de la liturgie ?

R. Elle figure d’abord les prophéties et même toutes les circonstances qui accompagnèrent la nativité et la passion de Notre-Seigneur. Le prêtre extrait du pain de l’oblation la portion nécessaire à la consécration ; il verse dans le calice le vin mêlé d’eau dont il fera usage plus tard, il accomplit toutes les cérémonies prescrites en commémorant toute l’Église, en glorifiant les saints déjà glorifiés, en priant pour les vivants et les morts, et en particulier pour ceux qui gouvernent, et pour ceux qui par zèle ont apporté à l’église les pains de l’oblation ou offrandes.

Q. Quel est le pain dont on fait usage pour l’oblation et la communion ?

R. Celui qu’indique le nom même de pain, ἄρτος, la sainteté de sacrement, et l’exemple de Jésus-Christ et des apôtres, nommément du pain levé, de farine de froment, pur et sans mélange.

Q. Pour la communion proprement dite on emploie un pain unique ; quelle est la signification de cet usage ?

R. Il se rapporte au passage suivant de saint Paul : Nous ne sommes tous ensemble qu’un seul pain et un corps, parce que nous participons tous à un même pain. (I. Corinth. x, 17.)

Q. Pourquoi donne-t-on le nom d’agneau au pain préparé pour la communion ?

R. Parce qu’il figure Jésus souffrant la mort, de même que dans l’Ancien Testament il était représenté par l’agneau pascal.

Q. Qu’est-ce que l’agneau pascal ?

R. C’est celui que les Israélites, en mémoire de leur délivrance de la servitude d’Égypte, immolaient et consommaient chaque année à la même époque, selon l’ordre de Dieu.

Q. Pourquoi le vin du sacrement est-il mélangé avec de l’eau ?

R. Toute la célébration de la liturgie étant l’image de la passion de notre Sauveur, le vin y est mélangé d’eau en mémoire du sang et de l’eau qui sortirent de son côté percé par la lance du soldat romain.

Q. Comment se nomme la seconde partie de la liturgie, qui prépare les fidèles à la participation des saints mystères ?

R. L’Église primitive l’a nommée : Liturgie des catéchumènes, parce qu’en outre de ceux qui ont déjà reçu le baptême et qui peuvent communier, les catéchumènes, c’est-à-dire ceux qui se préparent au baptême, y sont admis ainsi que les pénitents qui sont privés de la communion temporairement.

Q. Par quoi commence cette partie de la liturgie ?

R. Par la bénédiction ou la glorification du règne de la sainte Trinité.

Q. En quoi consiste-t-elle ?

R. Elle se compose de diverses prières et cantiques suivis de la lecture de l’évangile et des épîtres apostoliques.

Q. Par quoi se termine cette deuxième partie de la liturgie ?

R. Par l’injonction de quitter l’église adressée aux catéchumènes.

Q. Comment désigne-t-on la partie de la liturgie qui comprend la consécration et la communion ?

R. Liturgie des fidèles, parce que les fidèles seuls, c’est-à-dire ceux qui ont été baptisés, ont le droit d’y assister.

Q. Quel est l’acte le plus solennel et le plus marquant de cet office ?

R. C’est lorsque le célébrant prononce les paroles que Jésus-Christ prononça lui-même lorsqu’il institua le sacrement de l’Eucharistie : Prenez et mangez : ceci est mon corps ; buvez-en tous, car ceci est mon sang, le sang de la nouvelle alliance. (Matth. xxvi, 26, 28.) Puis l’invocation qui suit au Saint-Esprit et à la bénédiction des espèces, c’est-à-dire du pain et du vin.

Q. Pourquoi ce moment est-il le plus important de la messe ?

R. Parce que c’est précisément dans ce moment que s’opère le changement ou la transsubstantiation du pain et du vin consacré, devenu le corps et le sang véritable du Christ.

Q. Comment doit-on entendre le mot de transsubstantiation ?

R. Dans l’exposition de la foi des patriarches d’Orient il est dit que le terme de transsubstantiation n’explique nullement de quelle manière le pain et le vin se changent en la substance du corps et du sang de Jésus-Christ ; car Dieu seul peut pénétrer ce mystère qui surpasse toute intelligence humaine. Ce terme sert uniquement à indiquer qu’en réalité, et substantiellement, le pain devient le corps véritable du Seigneur, et le vin son vrai sang.

Saint Jean Damascène s’exprime pareillement au sujet de ce mystère très-saint et très-pur : C’est le corps réellement uni à l’essence divine et qui naquit de la sainte Vierge, non qu’il soit redescendu du ciel, mais qu’en réalité le pain et le vin même se changent dans le corps et le sang divin. Que si vous recherchez à pénétrer de quelle manière ce changement a lieu, qu’il vous suffise de savoir que c’est par l’action du Saint-Esprit. De même dans le sein de la Vierge, par le moyen du Saint-Esprit, le Seigneur forma la chair dont il se revêtit ; il m’est impossible de savoir autre chose ou plus, sinon que la parole de Dieu est vraie, effective et toute puissante, mais le mode de son action impénétrable. (Livre IV, chap. xiii, vers. 7.)

Q. Quel devoir est imposé à celui qui désire recevoir la sainte communion ?

R. Il doit préalablement scruter devant Dieu sa conscience et la purifier des souillures du péché par un repentir sincère, à l’aide de la prière et de l’abstinence. Que l’homme donc s’éprouve lui-même, et qu’il mange ainsi de ce pain et boive de ce calice. Car quiconque en mange et en boit indignement, mange et boit sa propre condamnation, ne faisant pas le discernement qu’il doit du corps du Seigneur. (I. Corinth. xi, 28, 29.)

Q. Quel avantage retire celui qui communie de la participation à ce saint mystère ?

R. Il s’unit plus intimement à Jésus-Christ lui-même, et reçoit le gage de la vie éternelle. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et je demeure en lui. (Saint Jean, vi, 57.) Celui qui mange ma chair et boit mon sang, a la vie éternelle. (Saint Jean, vi, 55.)

Q. Doit-on communier souvent ?

R. Les premiers chrétiens communiaient tous les dimanches ; mais, de notre temps, ceux qui mènent une vie assez pure pour oser s’approcher si souvent de la sainte table, sont très-rares. La voix maternelle de l’Église recommande à tous les chrétiens de communier après s’être confessés à leur Père spirituel au moins une fois dans l’année, et pour ceux qui s’adonnent plus particulièrement à la dévotion quatre fois ou même chaque mois. (Voyez Confession orthod. liv. i, quest. 90.)

Q. Ceux qui ne font qu’assister à la sainte liturgie sans communier, quelle part y prennent-ils ?

R. Ils peuvent et doivent prendre part à la célébration des saints mystères par leurs prières, par leur foi, et surtout par le souvenir incessant de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui nous a expressément ordonné : Faites ceci en mémoire de moi. (Saint Luc, xxii, 19.)

Q. Quel souvenir se rattache au premier Introitus, lorsque, pendant la liturgie, le célébrant apparaît avec le livre des Évangiles et rentre ensuite dans le sanctuaire ?

R. Le souvenir de Jésus venant prêcher aux hommes l’Évangile du règne de Dieu. Il faut donc prêter la même attention et le même recueillement à la lecture de l’évangile qui suit, que si nous écoutions et voyions Jésus lui-même.

Q. Quelle circonstance de la vie du Sauveur doit rappeler le second Introitus, lorsque le célébrant reparaît portant l’oblation préparée par la consécration qu’il remet sur l’autel ?

R. L’entrée de Jésus-Christ à Jérusalem pour se livrer à la mort, comme une victime volontaire à immoler, tandis que des anges sans nombre étaient prêts à le défendre comme leur roi. Que toute chair mortelle fasse silence, qu’elle assiste en ce lieu avec crainte et tremblement, qu’elle s’abstienne de toute pensée terrestre. Car le Roi de ceux qui règnent et le Seigneur de ceux qui dominent approche ; il vient s’immoler et se donner lui-même en aliment aux fidèles, les chœurs des anges le précèdent avec toute puissance et domination, les chérubins aux yeux innombrables et les séraphins aux six ailes se voilent et s’écrient : Alleluia. (Cantique de la messe du samedi saint.)

Q. Que doit-on avoir présent à la mémoire dans le moment même de la célébration du mystère et pendant la communion des officiants dans le sanctuaire ?

R. La Cène mystique et sainte de Jésus-Christ avec ses apôtres, sa passion, sa mort, son ensevelissement.

Q. Que figure consécutivement le rideau tiré, la porte du sanctuaire ouverte et la présentation du calice aux assistants ?

R. L’apparition de Jésus-Christ aux fidèles après la résurrection.

Q. Quel est enfin le sens caché de la dernière sortie du célébrant qui élève en le montrant aux assistants le calice avec le saint sacrement, après quoi il le dépose dans le sanctuaire ?

R. Il figure par là l’ascension de Notre-Seigneur au ciel.

Q. Le sacrement de la sainte communion se conservera-t-il toujours dans l’Église chrétienne véritable ?

R. Sans aucun doute, il continuera à se célébrer jusqu’à l’avénement du Christ, comme nous l’apprend l’apôtre saint Paul : Car toutes les fois que vous mangerez ce pain et que vous boirez ce calice, vous annoncerez la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne. (I. Corinth. xi, 26.)


DU SACREMENT DE LA PÉNITENCE.


Q. Qu’est-ce que la pénitence ?

R. C’est un sacrement par la vertu duquel quiconque confesse ses péchés à un prêtre, en reçoit l’absolution explicitement en même temps que ses péchés lui sont remis par Jésus-Christ lui-même.

Q. Quelle est l’origine de ce sacrement ?

R. Ceux qui accouraient de toute part auprès de saint Jean Baptiste, prêchant le baptême de pénitence pour la rémission des péchés, venaient à lui confessant leurs péchés. (Marc., i, 4, 5.)

Jésus promit à ses apôtres le pouvoir de remettre les péchés par ces paroles : Tout ce que vous lierez sur la terre sera lié aussi dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera aussi délié dans le ciel. (Matth. xviii, 18.) Après sa résurrection il leur accorde en réalité ce pouvoir lorsqu’il dit : Recevez le Saint Esprit : les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez, et ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez. (Saint Jean, xx, 22, 23.)

Q. Qu’exige-t-on d’un pénitent ?

R. Qu’il éprouve de la contrition d’avoir péché, qu’il ait une ferme résolution d’amender sa vie, enfin qu’il possède la foi en Jésus-Christ, et qu’il se confie entièrement en sa miséricorde.

Car la tristesse qui est selon Dieu, produit pour le salut une pénitence stable. (II. Corinth. vii, 10.)

Lorsque l’impie aura quitté son impiété, et qu’il aura fait ce qui est droit et juste, il vivra dans sa justice. (Ézéchiel, xxxiii, 19.)

Tous les prophètes lui rendent témoignage (à Jésus-Christ) que tous ceux qui croiront en lui recevront par son nom la rémission des péchés. (Actes, x, 43.)

Q. N’y a-t-il pas encore d’autres moyens préparatoires pour seconder l’œuvre de la pénitence ?

R. Oui ; tels sont l’abstinence et la prière.

Q. L’Église n’a-t-elle pas encore un moyen particulier pour purifier des souillures du péché et rétablir la paix dans la conscience du pécheur repentant ?

R. Oui, c’est d’imposer certaines pénitences canoniques.

Q. Qu’est-ce qu’une pénitence canonique ?

R. Ce mot en grec (ἐπιτίμιον) signifie interdiction ou injonction (II. Corinth. ii, 6). Sous cette dénomination l’Église prescrit au pénitent certains exercices pieux ou privations qui servent à effacer les traces de ses péchés, et l’aident à surmonter des habitudes vicieuses ; telles sont le jeûne et l’abstinence en sus des carêmes fixés pour tous les fidèles, et en cas de péché mortel la privation de la sainte Communion pendant un temps déterminé.


DE L’ORDRE OU DU SACERDOCE.


Q. Qu’est-ce que le sacerdoce ?

R. C’est un sacrement par lequel le Saint-Esprit institue ministres des sacrements et pasteurs du troupeau des fidèles, ceux qui ont été élus canoniquement et ont reçu l’ordination des mains de leur évêque.

Que les hommes nous considèrent comme les ministres de Jésus-Christ, et comme les dispensateurs des mystères de Dieu. (I. Corinth. iv, 1.) Prenez donc garde à vous-mêmes, et à tout le troupeau sur lequel le Saint-Esprit vous a établis Évêques, pour gouverner l’Église de Dieu, qu’il a acquise par son propre sang. (Actes, xx, 28.)

Q. Que signifie paître ou gouverner l’Église ?

R. Instruire les hommes dans la foi, la piété et les bonnes œuvres.

Q. Combien y a-t-il de degrés requis dans le sacerdoce ?

R. Trois : l’épiscopat, la prêtrise et le diaconat.

Q. Qu’est-ce qui distingue ces trois différents degrés de hiérarchie ?

R. Le Diacre sert à la célébration des sacrements ; le prêtre les accomplit, mais toujours dans la dépendance de l’Évêque ; l’Évêque a non-seulement le droit de célébrer les mystères, mais le pouvoir de transmettre, par l’imposition des mains, à d’autres le don de dispenser les sacrements et d’officier.

Saint Paul définit l’Épiscopat dans son Épître à Tite comme il suit : Je vous ai laissé en Crète, afin que vous y régliez tout ce qui reste à y régler, et que vous établissiez des prêtres en chaque ville, selon l’ordre que je vous en ai donné. (I. Tite, i, 5.) Il dit aussi à Timothée : N’imposez légèrement les mains à personne. (I. Timothée, v, 22.)


DU MARIAGE.


Q. Qu’est-ce que le Mariage ?

R. C’est un sacrement qui confère une bénédiction spéciale au futur époux et à la future épouse, en vertu de leur libre promesse, donnée devant un prêtre, et à la face de l’Église, de garder la foi conjugale. Cette union est bénie et consacrée, à l’usage de l’union spirituelle du Christ avec l’Église, afin d’obtenir pour les nouveaux époux la grâce d’une concorde parfaite, et celle de mettre au monde et d’élever chrétiennement leurs enfants.

Q. Qu’est-ce qui indique que le mariage est un sacrement ?

R. Ce sont les paroles suivantes de saint Paul : C’est pourquoi l’homme abandonnera son père et sa mère pour s’attacher à sa femme, et de deux qu’ils étaient ils deviendront une même chair. Le sacrement (μυστήριον) est grand, je dis en Jésus-Christ et en Église. (Éphes. v, 31, 32.)

Q. Le mariage est-il du devoir de tout homme ?

R. Non. L’état de virginité est supérieur à l’état du mariage pour ceux qui peuvent le garder dans toute sa pureté.

C’est à ce sujet que Jésus-Christ a dit : Tous ne sont pas capables de cette résolution, mais ceux à qui il a été donné d’en haut. Qui peut comprendre ceci, le comprenne. (Matth. xix, 11, 12.)

Et l’Apôtre s’exprime en ces termes, là-dessus : Quant aux personnes qui ne sont point mariées, ou qui sont veuves, je leur déclare qu’il leur est bon de demeurer en cet état comme j’y demeure moi-même. Que s’ils sont trop faibles pour garder la continence, qu’ils se marient : car il vaut mieux se marier que de brûler. Celui qui n’est point marié, s’occupe du soin des choses du Seigneur, et de ce qu’il doit faire pour plaire à Dieu. Mais celui qui est marié, s’occupe du soin des choses du monde, et de ce qu’il doit faire pour plaire à sa femme ; et ainsi il se trouve partagé. Ainsi, celui qui marie sa fille fait bien, et celui qui ne la marie point, fait encore mieux. (I. Corinth., vii, 8, 9, 32, 33, 38.)


DE L’ONCTION DES INFIRMES OU EXTRÊME-ONCTION.


Q. Qu’est-ce que l’Extrême-Onction ?

R. C’est un sacrement établi pour invoquer la grâce divine sur un malade, et lui obtenir, par l’onction de différentes parties de son corps avec de l’huile, un soulagement spirituel et corporel.

Q. Où voit-on le commencement de ce sacrement ?

R. Au temps des Apôtres, qui ayant reçu leur mission du Seigneur, prêchaient aux peuples et oignaient d’huile plusieurs malades, et les guérissaient. (Marc, vi, 13.)

Les Apôtres transmirent ce sacrement aux ministres de l’Église ; on peut s’en assurer en relisant les paroles suivantes de l’Épître de saint Jacques : Quelqu’un parmi vous est-il malade ? qu’il appelle les prêtres de l’Église et qu’ils prient sur lui, l’oignant d’huile au nom du Seigneur. Et la prière de la foi sauvera le malade, le Seigneur le soulagera, et s’il a commis des péchés ils lui seront remis. (Saint Jacques, v, 14, 15.)


DU ONZIÈME ARTICLE DE FOI.


Q. Qu’est-ce que cette résurrection des morts que le Symbole de la foi dit que nous attendons ?

R. Ce sera une nouvelle manifestation de la toute-puissance de Dieu, par laquelle toutes les âmes des trépassés se réuniront à leurs corps, et ces corps revivront d’une vie spirituelle et immortelle.

Il est mis en terre comme un corps animal, et il ressuscitera comme un corps spirituel. (I. Corinth. xv, 44.)

Car il faut que ce corps corruptible soit revêtu de l’incorruptibilité, et que ce corps mortel soit revêtu de l’immortalité. (Idem, 53.)

Q. Comment ressuscitera ce corps putréfié dans le sein de la terre, et entièrement dissous ?

R. Puisque Dieu créa primitivement le corps humain de la terre ; il lui est bien possible de renouveler de même ce corps réduit en poussière. Saint Paul pour expliquer la résurrection des corps se sert de l’emblème d’une semence mise en terre, qui doit se décomposer pour produire une plante ou un arbre. Ne voyez-vous pas que ce que vous serez ne prend point de vie, s’il ne meurt auparavant ? (I. Corinth. xv, 36.)

Q. Tous ceux qui sont morts doivent-ils ressusciter ?

R. Tous les morts doivent en effet ressusciter ; et, quant à ceux qui à l’époque de la résurrection générale seront encore en vie ici-bas, leurs corps terrestres et opaques seront instantanément convertis en des corps spirituels, radieux et immortels. Nous ne mourrons pas tous, mais nous serons tous changés en un moment, en un clin d’œil, au son de la dernière trompette : car la trompette sonnera, et les morts ressusciteront en un état incorruptible, et alors nous serons changés. (I. Corinth. xv, 51, 52.)

Q. Quand aura lieu la résurrection des morts ?

R. Lorsque la fin de tout ce monde visible sera arrivée.

Q. Donc tout l’univers doit finir ?

R. Cet univers sujet à la corruption aura un terme, mais il sera transformé, et deviendra incorruptible et impérissable. Les créatures mêmes espèrent d’être délivrées de cet asservissement à la corruption pour participer à la liberté de la gloire des enfants de Dieu. (Romains, viii, 21.) Car nous attendons, selon sa promesse, de nouveaux cieux, et une nouvelle terre, où la justice habitera. (II. Pierre, iii, 13.)

Q. Par quoi le monde sera-t-il transformé ?

R. Par le feu.

Or, les cieux et la terre d’à présent sont gardés avec soin par la même parole de Dieu et sont réservés pour être brûlés par le feu au jour du jugement et de la ruine des impies. (II. Pierre, iii, 7.)

Q. En quel état se trouvent les âmes des trépassés jusqu’au jour de la résurrection générale ?

R. Les âmes des justes dans une lumière et une tranquillité qui est comme un avant-goût de la béatitude céleste, et celle des pécheurs dans l’état opposé à cette paix bienheureuse.

Q. Pourquoi les âmes des justes ne goûtent-elles pas immédiatement après leur mort la béatitude céleste dans sa plénitude ?

R. Parce que l’entière rétribution, selon les œuvres, ne peut appartenir qu’à l’homme complet, après la résurrection des corps et le dernier jugement de Dieu.

Saint Paul en parle ainsi : Il ne me reste qu’à attendre la couronne de justice qui m’est réservée, que le Seigneur, comme un juste Juge, me rendra en ce grand jour, et non-seulement à moi, mais encore à tous ceux qui aiment son avénement. (II. Timothée, iv, 8.)

Et ailleurs : Nous devons tous comparaître devant le tribunal de Jésus-Christ, afin que chacun reçoive ce qui est dû aux bonnes ou aux mauvaises actions qu’il aura faites pendant qu’il était revêtu de son corps. (II. Corinth. v, 10.)

Q. Quelle certitude a-t-on d’un état de félicité transitoire qui précède pour les justes le jugement dernier ?

R. Le témoignage irrécusable de Jésus-Christ qui nous apprend dans une parabole que Lazare à peine mort fut porté dans le sein d’Abraham. (Voyez Luc, xvi, 22.)

Q. Cet avant-goût de la béatitude céleste est-il joint à la contemplation de Notre-Seigneur Jésus-Christ ?

R. Cela doit être ainsi, du moins en ce qui regarde les saints, comme saint Paul nous le fait entendre, disant : Car je désire d’être dégagé des liens du corps et d’être avec Jésus-Christ. (Philipp. i, 23.)

Q. Quelle remarque nous reste-t-il à faire relativement aux âmes de ceux qui sont morts dans la foi, mais dont le repentir n’a pas eu le temps de porter fruit ?

R. Que pour leur obtenir une résurrection bienheureuse, les prières de ceux qui sont encore sur cette terre peuvent être d’un grand secours, surtout lorsqu’elles sont jointes au sacrifice non sanglant de la messe, et à des œuvres de bienfaisance accomplies avec foi en mémoire des trépassés.

Q. Sur quoi se fonde cette doctrine ?

R. Sur la tradition constante de l’Église universelle, dont les traces se retrouvent même sous l’ancienne loi. Judas Macchabée offrit des sacrifices à Dieu pour l’âme des soldats tués sur un champ de bataille. (II. Macc. xii, 43.) De tout temps, la prière pour les trépassés a été une partie intégrante de la Liturgie chrétienne ; témoin la plus ancienne de toutes, celle de l’apôtre saint Jacques. Saint Cyrille de Jérusalem s’exprime sur ce sujet de la manière suivante : Il est d’un grand avantage pour les âmes de ceux qui nous ont précédés, que l’on prie pour elles durant le sacrifice saint et terrible. (Instruction catéchétique, v, 9.) Saint Basile de Césarée, dans les Prières de la Pentecôte, dit que le Seigneur nous fait la grâce d’accepter nos prières expiatoires et nos sacrifices, en faveur de ceux qui sont retenus dans l’enfer, et qu’il nous permet d’en espérer pour eux la paix, l’adoucissement de leur état et la délivrance.


DU DOUZIÈME ARTICLE DE FOI.


Q. Qu’est-ce que la vie d’un siècle futur ?

R. C’est la vie qui commencera pour nous après la résurrection finale et le jugement universel du Christ.

Q. Quelle sera cette vie ?

R. Pour les fidèles qui aiment Dieu et pratiquent les bonnes œuvres la béatitude sera si grande, que dans l’état de dégradation où nous sommes maintenant, notre imagination même ne peut se représenter une semblable félicité.

Ce que nous serons un jour ne paraît pas encore. (I. Jean, iii, 2.)

Je connais un homme en Jésus-Christ, dit saint Paul, qui fut ravi dans le Paradis, et il y entendit des paroles ineffables, qu’il n’est pas permis à un homme de rapporter. (II. Corinth. xii, 2, 4.)

Q. Quelle sera la cause première de cette félicité ineffable des bienheureux ?

R. La contemplation de Dieu dans toute sa splendeur et toute sa gloire, et l’union avec lui. Nous ne voyons maintenant que comme en un miroir et en des énigmes ; mais alors nous verrons Dieu face à face. Je ne connais maintenant Dieu qu’imparfaitement ; mais alors je le connaîtrai comme je suis moi-même connu de lui. (I. Corinth. xiii, 12.) Alors les justes brilleront comme le soleil dans le royaume de leur Père. (Matth. xiii, 43.)

Lors donc que toutes les choses auront été assujetties au Fils, alors le Fils sera lui-même assujetti à celui qui lui aura assujetti toutes choses, afin que Dieu soit tout en tous. (I. Corinth. xv, 28.)

Q. Le corps participera-t-il à la félicité dont jouira l’âme bienheureuse ?

R. Le corps sera pareillement glorifié et brillant de l’éclat de la lumière divine, tel que le corps de Jésus resplendit sur le Thabor lors de sa transfiguration.

Il est mis en terre tout difforme, et il ressuscitera tout glorieux. (I. Corinth. xv, 43.) Comme donc nous avons porté l’image de l’homme terrestre (qui est Adam), portons aussi l’image de l’homme céleste, qui est Notre-Seigneur Jésus-Christ. (I. Corinth. xv, 49.)

Q. Tous les justes jouiront-ils d’une béatitude égale ?

R. Non, il y aura divers degrés de béatitude, chacun sera rétribué selon la mesure de sa foi, de sa charité et des bonnes œuvres qu’il aura faites durant sa vie terrestre. Le soleil a son éclat, la lune le sien, et les étoiles le leur, et entre les étoiles, l’une est plus éclatante que l’autre. Il en arrivera de même dans la résurrection des morts. (I. Corinth. xv, 41, 42.)

Q. Et que deviendront les incrédules et les violateurs de la loi de Dieu ?

R. Ils seront livrés à une mort éternelle, ou, pour s’exprimer plus clairement, à un feu, à des tourments qui n’auront pas de terme, avec les démons. Et celui qui ne fut pas trouvé écrit dans le livre de vie, fut jeté dans l’étang de feu. (Apocalypse, xx, 15.)

C’est là la seconde mort. (idem, 14.)

Retirez-vous de moi, maudits, allez au feu éternel qui avait été préparé pour le diable et pour ses anges. (Matth. xxv, 41.) Et alors ceux-ci iront dans le supplice éternel, et les justes dans la vie éternelle. (Idem, 46.)

Il vaut mieux pour vous, que, n’ayant qu’un œil, vous entriez dans le royaume de Dieu, que d’en avoir deux, et être précipités dans le feu de l’enfer, où le ver qui les ronge ne meurt point, et où le feu ne s’éteint jamais. (Marc, ix, 47, 48.)

Q. Pourquoi les pécheurs impénitents seront-ils traités si sévèrement ?

R. Non parce que Dieu désire leur perte, mais ils périssent parce qu’ils n’ont pas reçu et aimé la vérité pour être sauvés. (II. Thess. ii, 10.)

Q. De quelle utilité peut-il être pour nous de méditer souvent sur la mort, la résurrection, le jugement dernier, sur la béatitude éternelle et la réprobation sans terme des maudits ?

R. Ces méditations nous aident à nous abstenir des péchés et à nous détacher de l’affection aux choses de ce monde ; elles nous consolent dans la privation des biens de la terre, nous engagent à conserver la pureté d’âme et de corps, à vivre pour Dieu et en vue de l’éternité, et à atteindre par là à la béatitude céleste.