Catéchisme français et républicain/04

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chez Debarle (p. 12-15).

CHAPITRE III.

De la Religion.

D. Qu’entendez-vous par religion.

R. J’entends la haute opinion que l’homme à de son être, et la reconnoissance qu’il doit à l’Être suprême pour les bienfaits dont il l’a comblé.

D. Quel est le principal devoir prescrit par la religion ?

R. D’être honnête homme.

D. À quels traits reconnoissez- vous un honnête homme ?

R. Celui qui obéit scrupuleusement aux loix de son pays, et qui ne fait à autrui que ce qu’il voudroit qu’on lui fît, est assurément un honnête homme.

D. La Divinité exige-t-elle un culte public et bruyant ?

R. Je ne le crois pas ; aussi la plûpart des momeries religieuses qui ont parcouru le monde, depuis plusieurs siècles, ont-elles été inventées par les prêtres, dont le crédit a toujours été fondé sur la superstition.

D. Mais enfin, quel culte public pourroit le mieux convenir à la Divinité ?

R. Le travail ; car la fainéantise est de tous les vices celui qui déplaît le plus à l’Être suprême.

D. Mais, croyez-vous qu’il y ait un Dieu ?

R. Oui, assurément ; et s’il étoit quelqu’un qui osât nier son existence, qu’il jette les yeux sur le ciel, la terre, la mer, sur tout ce qui l’environne, et qu’il prononce.

D. Quelle religion convient le mieux à l’homme ?

R. Toutes sont égales aux yeux du sage, pourvu que leur morale et leur doctrine soient conforme aux loix de l’État.

D. Les prêtres sont-ils nécessaires ?

R. Ils ne sont pas même utiles. En général, ils ont fait beaucoup plus de mal que de bien ; et chacun pouvant adorer Dieu comme bon lui semble, il seroit ridicule d’exiger de lui qu’il confiât à un autre le soin de faire ce que lui-même peut exécuter.

D. Est-il nécessaire qu’il y ait des temples ?

R. Cette institution-là est fort indifférente ; mais, en laissant à chaque culte le soin de s’organiser à sa manière ; les diverses sectes peuvent prendre sur cela le parti À qui pourra leur convenir le mieux.