Chansons choisies d’Eugène Imbert/Les Bottes de Bastien

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Chansons choisies ; [[Élégies parisiennes|Élégies parisiennes]]
Imprimerie Demoulle (pp. 1-3).



LES BOTTES DE BASTIEN1


Air connu.


Ah ! Il a des bottes,
Il a des bottes,
Bastien ;
Il a des bottes, bottes, bottes,
Il a des bottes,
Bastien.

bis.


Bastien est un grand personnage,
Au ventre rond, aux cheveux gras.
On lui donne dans le village
Du monsieur gros comme le bras.
Pieds nus, et vivant de carottes,
Hier, c’était un franc vaurien ;

Mais il a des bottes,
Il a des bottes,
Bastien ;
Il a des bottes, bottes, bottes,
Il a des bottes,
Bastien.


Des jambons volés à la brune
En plein jour il se régalait,
Et chipait, au clair de la lune,
Les lapins pris à son collet.
Des coups de trique et des calottes,
Il en reçut, Dieu sait combien !

Mais il a des bottes,
Il a des bottes,
Bastien ;
Il a des bottes, bottes, bottes,
Il a des bottes,
Bastien.

Plus tard, une hôtesse matoise,
Bravant le gourdin marital,
En cachette sur son ardoise
Marquait un fabuleux total ;
Des plus vieux piliers de gargotes
Il peut se dire le doyen ;

Mais il a des bottes,
Il a des bottes,
Bastien ;
Il a des bottes, bottes, bottes,
Il a des bottes,
Bastien.

Ces bottes doivent être fées,
Car dans le pays d’alentour
Toutes les filles sont coiffées
De ce poussa sur le retour.

Les plus laides et les plus sottes
Jadis l’accueillaient comme un chien ;

Mais il a des bottes,
Il a des bottes,
Bastien ;
Il a des bottes, bottes, bottes,
Il a des bottes,
Bastien.

Son oncle, vieux célibataire,
À ce vagabond sans aveu
Refusait même un coin de terre :
Digne oncle d’un pareil neveu !
Mais enfin, avec ses culottes,
Le ladre lui lègue son bien :


Ah ! Il a des bottes,
Il a des bottes,
Bastien ;
Il a des bottes, bottes, bottes,
Il a des bottes,
Bastien.

bis.



(1)Les Bottes de Bastien. La vogue incompréhensible qui accueillit cette chanson à l’origine, les nombreuses imitations gui en ont été faites, les bruits auxquels elle a donné cours, et même les allusions politiques qu’on y a voulu découvrir, ne permettaient pas de l’omettre dans un recueil de chansons choisies.