Chansons populaires de la Basse-Bretagne/Le clerc de Paimpol

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LE CLERC DE PAIMPOL
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Entre la petite ville de Paimpol et le palais du Roi,
Est le Duc de Goélo, en train de lever une armée ;

Est le Duc de Goélo en train de lever une armée.
Je suis un jeune clerc qui prétends partir aussi.

Comme on était au magnificat, pendant les vêpres,
Entra un jeune clerc, avec ses compagnons ;

Entra un jeune clerc, avec ses compagnons :
Le cœur de la petite bergère en fut tout réjoui.

Elle, de se détourner, de dire à sa compagne chérie :
— Voici là-bas un clerc de l’évêché de Tréguier ;

— Voici là-bas un clerc de l’évêché de Tréguier,
Si je mérite pareil honneur, il viendra me conduire a la maison.

Quand fut terminé le magnificat, et aussi les vêpres,
Elle alla saluer le clerc, en quelques brèves paroles :

— Salut à vous, jeune clerc, et à votre compagnie !
— Salut à vous, bergère, et à votre compagne !

— Et quand je marcherais ici l’espace de sept lieues à l’entour de la ville,
Je ne trouverais pas un seul homme digne de me conduire à la maison,

Je ne trouverais pas un seul homme digne de me conduire à la maison,
A moins que vous, jeune clerc, vous ne veniez le faire.

— Sauf votre grâce, petite bergère, cela, je ne le ferai pas,
Car je suis à Dieu par mes parents promis ;


Car je suis à Dieu par mes parents promis ;
Et l’obéissance envers eux, bergère, est chose due.

— Vous n’êtes pas ordonné prêtre ni à ce point consacré,
Que vous ne puissiez alléguer à votre famille un prétexte quelconque.

Et moi je vous ferai notaire ou priseur si vous le désiriez,
Dut-il en coûter cinq cents écus, l’argent ne manquera pas.

— Voici bien longtemps que je salue des filles,
Jamais je n’en avais salué d’aussi osée que vous.

Adieu à vous, petite bergère, et à votre compagne !
— Et à vous aussi, jeune clerc, et à votre compagnie.


Veuve Peutite. Kerbors, — (août 1888).
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